LIVRE XVI, CHAPITBE Ilf
lages fréquentes par les vaisseaux. Vers le midi , on
voit le lac de Cast«i , où l'on recueille des roseaux qu'on emploie au lieu de lattes pour souteuir iej» tuiles dont on couvre les maisons. Ce marais ^ qui est un peu reculé à rorient , verse ses eaux dans l'étang de Mouria , qui se prolonge jusqu'au-dessous du village de Saint-Jean , près dqquet on reconnaît les restes de I^étrînus. Au-delà et toujours au midi , commencent les salines de Pyrgos , qui , avec celles de Léclieaa près de Gyilène , de Phar^ , de Cranidi dans l'Hçrmionide , et de quelques plages de la Laeonie , fournissent aux. besoins de la Morée. Celles de Pyrgos donnent ' un miiriate de soude à base terreuse imprégnëe de soufre , qui est nuisible à la santé ; mais la ' misère des paysans les oblige de s'en contenter.
En poursuivant ma route par le chemin ordinaire, je passai , sur un pont en pierre, à peu de distance d'Alépouchori , une rivière qui coule des montagnes voisines. Un quart de lieue au-delà , je laissai à gauche le village de Xërochéra , ayant en vue , une tlemi-iieue au midi, celui de (latzarouni. Mou horizon était eutièreinent libre du coté de la mer. Je parcourais une campagne composée d^un terreau noirâtre ou Ton fait très- souvent jusqu'à deux récoltes par an , quand les pluies et les irrigations secondait les efforts des laboureurs* J'admirais la beauté tles moissons qui couvraient la plaine , lorsqu'à trois quarts de Ueue de la rivière d'Alépou-Cliori , je guéai celle qu'on appelle Potamos-tis^Kyras-Langadi ( Pleuve de la Dame de la Vallée ) , qui conflue avec la première ; et je pense que c'est au cours réuni de ces deux rivières qu'on peut donner le nom de Selleis Éléen.
384 VOTAGB J>E LA GRÈCE.
A peu de distance de ses bords, je laissai à gauche le village de Gioîa ; et à une demi-lieue de là , j'arrivai à Pyrgos , dont la distance avec Gastauni est cotée à quatre heures de clieiniu pour un cavalier , et à ami et demie pour les piétons.