LIVRE XVI, CRAPITAE VI
à Olympie des ministres des autels qui s occupaient de faire la banque (i), ainsi que de chanter les oiEces; et il n^étaît pas nécessaire d'attendre le retoul* des panégyries, pour être adaus a bi octinter ou à présenter des offrandes aux dieux. Indépendamment des jeux solennels , on y en fiiisait chaque aimée de pakticuliers en l'honneur de Mercure Ischenus et de sa nièce Hierea » qui avaient un autel près du stade (a). Les Ëléens immolaient tous les jours des victimes à Jupiter Olympien, et on célébrait des sacrifices au retour de chaque néoménie. Ainsi il existait, constammènt a Olympie un concours de pèlerins, qui venaient acconipllr des vœux particuliers, offrir des dons, ou trafiquer avec les prêtres. Par conséquent, il y avait nécessité absolue d^entretenir des hôtelleries pour les recevoir; et comme je Fai dit, il y exista une ville afin de subvenir aux besoins des personnes attachées à l'administration publique et au ser* vice des temples. Voilà ce que font présumer laspect d'Olympie et les raisonnements appuyés sur les récits des anciens. On voit dans un fragment de. Phlegon de Trallteque la Pythie qui parle d'Olympie, se plaint de la décadence des pompes de Jupiter (3) qui tom-
(i) Les pràtres de Jupiter donnaient de l'argent à intérêt aux étrangers, et ils en prêtèrent même à Apollonius de TyatH> , qui comme tous les aventuriers de son t spèce, n'était pas indifférent aux profits de ragiotagc. Ils pi claieiu aussi à dos villes et à des provinces (Thucydid., lib. 1, p. 49; Deiuosthen. ^ Advers* Midiam, p. 56i).
{%) Is. Tzetzès in Lycoph. Cassand.
TOTAGC DE LA GRitCE.
baient à Delphes^ ai Athènes, et dans toute la Grèce. Quant à l*époqiie de l'abolition des fêles ^ on serail porté h croire qu elles ne cesser en l que vers le cinquième siècle de notre ère, si on en juge par le reproche que saint lean Cbrysostôme adressait aux chrétiens de son temps, de préférer ces solennités à ses sermons auxquels il les conviait d'assister (i).
Il ii*est pas fiicile de justifier le choix de rempiaœ* ment d'une ville aussi célèhre qu'Olynipie; et on concevrait diiHcilement , sans un motif religieux tel que la mànifestation d'un oracle, pourquoi on plaça aes premières habitations dans les marais de l'Alphée. Il est probable qu en cela les fondateurs du culte de Jupiter, comme tous les chefs de secte, se cachaient^ et qu'ils étaient bien éloignés de prévoir que leur autel rustique deviendrait le centre d une ville et des fêtes les plus éclatantes de la Grèce. Ainsi le hasard fixa la position dX)lympie an fend d'une gorge malsaine et brûlante, où la vue est bornée de tous cotés par un horizon de montagnes sourcilleuses (a); l'usage l'y maintint contre toute raison.
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(i) Sanct. J. Clirysost., WomiL adi^^ Hœbr.
(^9 1 Cet emplacement est décrit en ternies Univalents par
Lucien, dans son discours intitulé, Hérodote ou Action, lorsqu'il se compare à rhistorien lisant sts ouvra^'es tlevaiit les Gi-ecs assemblés aiu jeux olympiques : « De mcoïc , dit-il à sis
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habitants aciuêls, que des ^^iisid^ratibfis teïi*
gieuses n'attachent plus au bord de TAlphée, ont éta* bli leurs cabanes au lieu où, suitatit toute apparence, exista la première Pise. Ils y jouissent de l'éclat du soleil avant qu'il éclaire le stade, et long-teinps après qu'il a cessé de briller pour la gorge encaissée où fleurit Olympie. Éloignés des bords fiévreux de TAlphée^ ils respirent un air sain sur le plateau de Miraca, sans pouvoir cependant s'y soustraire aux poursuites des esaaîins de moustiques , qui font le tourment des villages situés près des eaux, ou bien h la lisière des forêts. Le sieur Pasqualigo, notre guide, qui connaissait le pays, s'était pourvu de moustiquières en gaze de Calamate , que nous trouvâmes tendues dans le grenier où nous nous retirâmes, après avoir soupe en plein air. Malgré cette précaution qui valait mieux que Tin* terventida d'Apollon Jpomjos {i)^ notre gîte était si mauvais que nous devançâmes le retour de lu divine aurore^ pour sortir de ce hangar. La lune éclairait encoine les coteaux de TAlphée et les forêts d'Olympie^
« auditeurs > je vous trouve réunis. J'ai dcvaot moi Télite de « chaque cité de la Macédoine. Nous sommes dans l'enceinte « âi*une vUie du premier ordre, maïs non à la manière de Pise, « dans ses vallons étroits, sous ses tentes, dans ses cabanes « sombres, au milieu denses insupportables chaleurs. »
Vil ancien disait à ce sujet, qu'il aimerait mieux être condamné à travailler dans les boulan|^eries cW la Grèce qu'aux jeux olympiques.
On sait que le philosophe Thaïes y mourut asphyxié par la chaleur. Dioc£M. Laert., In Fit» Thaietis.
(i) Apollon Jpon^osy le chasseur des mouches^ avait un auiel à Olympie sous cette d^nominatîmi*
lorsque nous descendîmes de la tour de Taga ; cl vi\ attendant le lever du soleil, nous déjeûnâmes afin de prendre des forces pour nous rendre a Psophis.