CHAPITRE VIII
Démarcation entre le mont t^holoé et l'Érymantlie. — Biviérea conflaentes de la Bogana, — Ruines de P^ophis. — Roii^te jusqu'au mont Lampée , ou Zembi- Monastère de Saint-
Théodore»
Le voisinage des glaciers de l'Érymantiie nous fil éprouver un froid piquant pendant la nuit que nous passâmes au magasin de Tripotamos. Nous n'avions plus à craindre , comme au voisinage de TAlphée, les piqûres des moustiques; mais en revanche, nous fûmes assaillis par une multitude de rats. Ces animaux , qui paraissaient enragés , fondirent sur nos provisions , dévorèrent nos habits; et, quoique armés de bâtons pour les repousser, nous ne trouvâmes de repos qu'en allant nous établir sur le préau pour attendre le jour. Les paysans assuraient qu'ils n avaient jamais vu autant de rats ; ils en concluaient que Tannée serait stérile en grains , et leur prédiction fut justifiée par la disette qui eut lieu à la fin de 1 8x6.
Conime nous n'avions rien de mieux à faire jusqu'au
lever du soleil, nous déjeûnâmes aux Oambeaux, avec des truites de TÉrymantlie, qu'on nous avait apportées la veille ; et dès que l'horizon se fut éclairci , je repris mes travaux.
Les anciens divisaient la région des montagnes de l'Arcadie qui avoisinent l'Élide en deux parties distinguées sous les noms de Pholoé et d'Erymanthe. D'après cette remarque, les géographes s'accordent à com-
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prendre sOus la déaomînation de Pholoé (i) les étages qui s'étendent depuis Divrîs , en se prolongeant vers Olympie et le Cœlé, jusqu'aux promontoires Piiéïa et Ichthys. Dans cette hypothèse, le Chimarrus serait la rivière deNoussa (2); le Livardgiou, FÉrymanthe; et les rivières de Scoupi et Découmi sembleraient correspondre au Tragus et à l'Arsénius , dont la réunion forme llsménus aux ondes pures. Je hasarde ces conjectures ; car si, dès le temps dé Strahon, la plupart des noms anciens étaient altérés ou changés , à plus forte raison il est difficile de se reconnaître au milieu de la iionieiiclaturc des modernes.
-. Kûtre guide, qui était un homme intelligent, me dit qu'en remontant la vallée arrosée par le Scoupi , on arrive, dans vingt-cinq minutes de marche, au village d'Alopéki. Un quart de iieue plus loin au sud-est, on retrouve les traces d'une voie pavée dont on suit les restes pendant dix' minutes, et qui se termine aux moulins de Versiki. Enfin la gorge finit une domilieue au-delà à un endroit où l'on voit les ruines d!un
(i) Pholoé, ville de monta çjnc. Plin., lih. IV, c. 6; Ovid., Fast., lib. II, V. 278; Stat. , J heh.y lib. X, v. Id.^ Achill.^ Ub. I, v. 168; Stiab., lib. VUI, p. 336, 338 ^'uirifxsirai txç ÔXu(i.inaç iyyoTotTw • opcç Âpxei^ticôv» p. 357- An-
dessns d'Olympie est encore le Pholé , montagne d'A.rcadie. Il en est si prés , que ses pieils sont censés appartenir à la Pisatide. Si Pauw observe que le nom de la- ville ne se trouve nulle part accolé à celui d'Olympie , on peut lui répondre que celui de
Xwfx, contrée ou pays^ n'y est pas joint ici, ce qui prouvfrait cju'on en parle comme d'une ville.
(a) NoOavA siguilie , ilans l'idiume actuel des Arcadieus , un canard; ainsi ffaussa-Potamos veut dire la rivière des canards.
4^6 voYAf^B nn t,ik oa^ce.
temple qui fut peut-être ceiui de Minerve Coria (i), au-dessus ducpiel on découvre le hameau de Déooumi. A un quart de Iteue nord^uest de ccTtlIage, bn aperçoit celui de Scoupi , situé sur un rocher , oit Ton trouve des murs et des colonnes qui semblent ayoii* ajipartenu a l'antique Paos (2). L'oiiverture de la vallée où je me trouvais est terminée par un coteau boisé, et îa prairie que je ibulais me retraçait en miniature le beau plateau du mont Ltngon. Là, comîne sur le Pinde, les narcisses, les violettes, le muguet confondaient leurs parfums; la verdure était celle du printemps dans sa fraîcheur, qui embellissait cette retraite de TArcadte lorsque les plaines de FËlide n^offtaient plus que des chaumes et des guérets arides.
- Je mesurais des yeux les croupes de TÉrymantlie, qui s'enchaîne avec l'CMénos ; j'apercevais ses vallée pastorales; je plongeais sur sa rivicre limpide (3); je jouissais de laspect de ses forêts chéries de Diane; j'avais devant moi le tableau d'une des scènes les pins riantes de l'Odyssée, auquel il ne manquait que le cortège brillant des dieux qui ont abandonné ia Grèce; car tout était en place, et les peupliers blancs de la Thesp rôtie me rappelaient jusqu'au passage d'Hercule (4) sur cette terre d iiistorique méiuoire. Nous n'étions qu a
(1) Pans., Ub. Vm, c. ai.
(a) PackS et Sira étaient dettx bout^ades iKNstnes situées sar les eonfins du fenitoire des Glitoriens et des Psophidiens.
Paus., Jhtd^y c. a3.
(Vj èpuaavôcç cfoç r.y.'. TTcrajxôi , Steph. Byx.; IIôXiç, Paus., UH*i.i Yirg., jEneid., lib. YI, v. 801.
(4) Paus. , IbitL , c. a4*