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cjuek|ues pas de Psophis; et personne, excepté nous, ne savait plus dans TAreadie le nom de cette ville, orguetlkmae d'avoir donné le jour à Aglaus, que l'orade de Delphes déclara plus heureux que le roi de Lydie. Je m orientai au moment où le soleil colora de roses les dernières neîgés de TÉrymanthe. Les vents , en* dormis dans te sein des forêts, se réveîilèrent en agi> tant les feuilles; et les oiseaux entonnèrent Thyrane ma* iinal qui annonçait le retour de la lumière.
Allons à Psophis^ dis^je à mon ami Gartwright; el nous nous acheminâmes à pied, en descendant la live droite de llsméaus (t), .qui se perd dans le cours de rÉrymanthe, dent les rives sont couvertes de rosiers et d'aubépines (2). Nous nous arrêtâmes, chemin faisant, à examiner un sacellum situé au confluent des deux rivières ; et nous montâmes ensuite vers l'entaUement des coteaux sur lequel exista Psophis , qui était bâtie au-dessous de Phégia, séjour de sa colonie fondatrice. Les anciens prétendaient que cette ville était située au centre du Péloponèse, à Toccident de l'Arcadie, non loin des frontières des Aciiéens (3), à trois journées de marche de Caphyes pour une armée. A ce sujet, Geilarius (4)^ qui s'imaginait pro*
(i) £t celer Ismeniu corn P«opbaeo Ei7mantho.
Ovin., ilfream. lib.II.
(1) NfinlilMifqas pbs& ■yWas BtjBMilthidis ambit.
Ov»., Metam, lib. II.
(3) Ktitm fjf; |^ «n>(imîmc lïûMewtrhw kat« t^v {U9^at«v* aifToTc Tnc ÀpXflt^ac iièi tcT; irpo; ^uouà; nepaai , erttvaicrcûcmç toî;
PoLYB., lib. IV, c. 68, 70.
(4) Cellar., Geograph. jinliq., lib. II, c. i3, p. 1224.
448 VOYAGE D£ LA GaàCE»
hablement connaître mieux le pa)s (|uo Poi)be de Mégalopolis, crie à Finexactitude, sans réfléchir que les cartes de la Morée dont il s'est servi n'étaient que des à^peU'^res pour guider les yenx des lecteurs qui étudient Thistoire, plutôt que des travaux positifs. Pour moi y je trouvais Polybe d'une exactitude rigoureuse; et en voyant les lieux , je demeurai au contraire persuacîé que la partie du voyage de Pausanias qui traite de Psopiiis avait dû être tronquée (ij, car je n'j reconnus point sa précision ordinaire.
J'avais fait mes relevés généraux sûr les parties prin* cipales de notre horizon , lorsque nous arrivâmes au pied du rempart , qui , comme mur de revêtement et d*enceinte , flanquait la ville , dans une étendue de deux cent cinquante toises. Sa coupe, incsunc sur cette ligne, représente un tétragone^ défendu aux angles seulement par des tours carrées qui formaient un rentrant, sans dépasser en dehors le niveau du mur d'enceinte. Je remarquai un de ces bastions, dont la construction , comme celle du rempart , est en pierres de taille superposées par assises régulières. A trois cents pas de Tau^ie occidental de la ville, j'arrivai à la cella en pierre d'un temple autrefois entouré d'un . péristyle de quatorze colonnes en marbre blanc. Étaitce celui que Pausanias dit avoir été consacré à Vénus Érycine? je l'ignore. En dirigeant de là au nord-ouest, je trouvai les restes d'un second temple ; et avec la description incomplète de Pausanias, je restai convaincu (jiie nous étions à Psophis. Ce dernier édifiée était entouré d'un péristyle, dont les colonnes avaient qua-
( 1 ) / oyez Fans. , lib. YIII , c. aS.
LIVRJS XVIy CflAPITHE Vfll. 449
torze ))ouoe8 de diamètre. La hauteur des blés nous empêcha Je faire d'autres découvertes, et j'eus même quelque difficulté à recounaitre le soubassement de la imrtie du rempart qui s'étendait le long du mant Érymanthe.
Arrivés à cette distance, notre guide me fit remarquer, au couronnement d'un mamelon aride, une. acropole en maçonnerie cyclopéenne, qui est sans doute Phégée, qu'on disait avoir été fondée pur lu fi cre de Plioronée sur les ruines d'Érymanthe. Il est probable qu'elle fut délaissée, lorsque les habitants, plus nombreux, bâtirent Psophis à mi-cote au bord de la plaine cpii est baignée par le fleuve Erymanthe. La porte de cette forteresfiie, appelée Figla par les paysans, étant fermée par un mur en pierres sèches, nous renonçâmes a gravir une hauteur assez considérable, pour voir de plus près la ville de Phégée (i). Je m eu dédominageai en poussant mes explorations au midi de Psophis, où je trouvai des constructions , ainsi que remplacement d*nn théâtre.
Après cette excursion, nous rentrâmes dans l'enceinte de la ville, doii nous sortîmes pur une porte ouverte à l'orient A peu de distance, nous passâmes devant une butte isolée du corps principal de la montagne, ou l'on nous montra un tumulus des Hellènes, au sujet duquel les paysans racontent des histoires merveilleuses. Pour «loi, je crus y reconnaître le site du mo* nument funéraire d'AIcméon , qui était entouré de
ÇiiARAC. , Hellenic. IV.
45o VOTAGJS DC LA CRàCE.
cyprès (i / , ainsi (jue cette butte Test maiiiLciianl. ' Comme il n y a pas d'arbres de cette espèce dans toute U vallée de l*Éryinaiithe » il est probable qu'ils se soiu reproduits sur ce terrain, comme pour marquer jusque dans la postérité la plus reculée le tombeau d'un parricide. Une destinée particulière semble ainsi avoir conservé des monuments funéraires , tandis qu'elle a abandonné aux coups des Barbares les plus beaux ouvrages des hommes. Mycènes possède encore les sépulcres de lei^écrable tamille des Atrides, et Ton n'y connaît plus THéroum sur lequel ses premiers habitants sacrifiaient aux iiiuiiurtels ; les cyprès de Psophis indiquent la sépulture d'Alcméon, aux lieux où ton chercherait en vain les monuments admirables de Proinachus et d'Echéporus (2). Ainsi le temps, qui a effacé le sanctuaire d'Éleusis, lecole de Platon, le tombeau de Socrate , a respecté le dernier asyle de quelques scélérats fameux; et les cendres d'un parricide reposent en paix aux bords de l'Érynianthe, où Ton reconnaît à peine les restes de Psophis.
£n partant de la butte aux cyprès , nous commençâmes à remonter , par sa rive droite , TÉrymanthe ou fleuve de Livardgiou ; et dans trois quarts d'heure de marche, nous passâmes aux magasins ( â{A[jL7apia ) où Ton râmasse les produits de la dîme impériale de cette vallée. Le village de Livardgiou nous restait une demi-lieue à gauche dans la montagne, et je pense qu'on peut assigner à ce hameau la démarcation entre le
(i)Paus. , lib. VIII, c. a4.
(a) Paus., hb.VIlI, c. a/i; liv.Vl, c. 17; Apollod., lib. III, 5. 7, S 5-
LIVRK XVI, CilAPllRi: VIJI. ^Sl
mont Érymanthe et sa partie orientale^ qui prenait à cette hauteur le nom de f^mpé. Cette cliatoe, la' plus*
élevée de TArcadie, s agiaiitlit en s'einbranchant avec le Cyllène et le Crathis, qui forment le noyau principal des montagnes du Péloponèse. Mon horizon visuel était borné du coté de TAchaîe par les dernières neiges du Lampe ( i) ; au levant , par la zone bleuâtre des montagnes de Mélissi , qui séparaient jadis le territoire des Psophidiens de celui des Clitoriens. Nous marchions dans cet encadrement, en iPaisant route au nord-est, au unlieu d'un vallon fertile arrosé par la rivière de Trivadi; dénomination que TÉrymanthe prend à cette distance , et qu'ane de ses branches conserve jusqu'à Sopoto, bourgade florissante, où les Grecs ont fondé un collège.
Nous laissâmes Sopoto une lieue environ à Torient, en traversant un bas-fond sur une chaussée bordée de saules. Les paysans qui travaillaient étant accourus à notre rencontre , une jeune Arcadieune s'approcha avec confiance ; et après m'avoir long-temps examiné pendant que j'écrivais mes notes, elle rompit le silence [loiir me demander « quand les maux des Grecs fini- « raient ; combien de temps encore ces campagnes se- « raient possédées par des maîtres impitoyables ?» Ce langage , dans la bouche d'une femme de l'Érymanthe, m'étonna; et comme je iui répondis en montrant
(l) , Candenst^ue jtigi;. Larnpca nivoiiis.
TheàaitL, lib. IV, v. 390.
I^ampus mon* , Plin. » lib, IV, c. 6. Pars Erymanthi montb Âftttictta. Apoll., Hb.I, V. 122; Cellar., Géographe Antiq., Ub.
II4 c. 1321.
/jS-i VOYAGE »E LA CRÈCR.
le dd , elle fit le signe de la croix et s'éloigua. Alors uu vieillard , qui était préseat, s*ëcria : Nos espi* ronces ne reposent donc que dans V avenir ! Il allait continuer, lorsque, d'autres paysans étant survenus , je ne trouvai moyen de me débarrasser de leurs questions qu'en leur distribuant quelques pièces de inounaie, qui ne parurent pas les consoler du ton évasif de mes réponses.
A un quart de lieue de l'ouverture de la grande vallée de Sopoto, nous passâmes au village de Lycouri, dont les environs sont baignés par une multitude de ruisseaux. A quinze minutes au nord de ce hameau, nous guéâmes la rivière de Brovolovo , qui reçoit les ruisseaux de Dcssini et de Coméniani , villages situés une lieue au nord-est dans les montagnes. A Tendroit oix ces courants d'eau se réunissent dans un même lit, ils prennent le nom de Fleuve de la Grande-Source^ ce qui me porterait à croire qu'ils sont l'origine véritable de rÉrymanthe. Nous avions au nord plein le faite culminant du mont Lampé , appelé Zembi , dont les deux principaux sonlmeis sont désignés sous les noms de Caprivani et de Libounia*
£n poursuivant notre route au nord-nord-ouest, nous accostâmes, au bout de huit minutes, une autre rivière bordée de peupliers blancs; et à égale distauce plus haut , nous atteignîmes le village de Saint* Anastase. Nous n'e&mes que quelques pas à &ire pour arriver à la grande source qui est appelée Mâna ( la Mère). En montant, à partir de là, un sentier tracé en spirale sous une voûte de chênes verts , nous employa mes- un quart d'heure pour parvenir au monastère de Saint- Anastase, qui embrasse le couronnement
LITRE XTI, CnAPITRE VtlI.
d'un pic y auquel on arrive par une espèce de galerie aérienne.
On nous ayatt aperçus de loin , et ie prieur nous attendait à la porte de Téglise , où il nous introduisît pour présenter nos offrandes à saint Théodore, protecteur de cette retraite religieuse (i). Après cette cérémonie, nous entrâmes dans la cour, où nous trouvâmes les moines occupés à rebâtir un mur d'enceinte renversé par un tremblement de terre qui s'était fait ressentir, quelques jours auparavant, dans toute l'Acbaîe. On nous conduisit dans une cellule remplie de provisions et de peaux, qui exhalaient une odeur hircine* Cette espèce de cambuse était la chambre du supérieur , et le seul endroit logeable du couvent , dont , les réduits et les corridors étaient d'une telle malpropreté que je n'ose en parler.
Nous dînâmes avec nos provisions ; et pendant le repas , nous fâmes Tobjet de la critique des bons pères, qui étaient scandalisés de nous voir manger du jambon à cause quon était dans le carême des apôtres, qu'ils observaient à cette époque. £n vain nous leur représentâmes que la régie de ootre église ne nous astreignait pas à leurs ab&tinences, ils souriaient avec dédain ; et nos raisons ne leur parurent bonnes que lorsque nous donnâmes quelques sequins à saint Théodore, lis convinrent alors que nous étions de très-
(i) Cet usage de condaire les étrangers à l'église est tiré de la r^le de St. BeD<^t. SwtcepU hmpites ad orationem et poOm eum eiiêedetU Prior nut eitijusserii ipse; legaturcoram Aospite hx dtvina ut ediflcetur et post kœe omnis eierkibeatur humu^ nita*. — Reg. S. Benedict., c. 5H, t. XI , Biblioth. Veter. Patr.
454 VOTAGK J>£ LA GRÈCE.
bons chrétiens. Ils nous servirent le meilleur vin de
leur cellier; ils offrirent de nous faire roiir de la volaille, et ils poussèrent la courtoisie jusqu'à nous présenter des fleurs et des bouquets de roses.