‹ Voyage de la GrèceChapitre 181 sur 224 · LIVRE XVII, CHA^PITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE XVII, CHA^PITRE III

avec des cris pins semblables à des hurlements qu'à des voix humaines. Arrivés au village de Magoula, des femmes lacédémonîennes nous invitèrent à entrer dans ua verger que la Thiase baigne de ses eaux. A l'aspect du pays, je présumai que nous foulions le sol du Plataniste, où les filles de Sparte, couronnées d'hyacinthes, répétèrent, en formant des danses pudiques, répithaiame d'Hélène et de Meaéias (i). Les bords de r£urota8, qui retentirent des chants, d'un hymen si

(i) Év «ox* ^« 2ir«pr^> Ç«v9oTptxt ««Cf MevtXâ»,

IlOf^f VtMIt 0«>AoVTa XO'fAflCtC 6^XIVOOV ^X^MT At ,

àéàtaut rai irpÂTat iro).tcc , x. t. X.

Theocrit. Idyll. XV 111.

Ménélas venait d'obtenir Hélène et de se renfermer avec elle lorsque

Dôme Tietges, le« ham laollemeiit enlacés,

Frappant tontes le sol de leurs pas eadençés, <

S'avancent, et de flears la tète conronnee *

Remplissent le palais des diants de Phyménée.

Qaoi ! lorsqn*! peine luit PétoUe de Véntu,

To don, époux chéri, tn dorai est-ce Bacebos

Qui pour ti^ du lepoa hlle rbenre ordiuaùe ?

Si la main de ce Dieu pesait sur ta paupière ,

Tes sens d'un doux sommeil ponmient être charmés ;

Hais du moins partageant nos jeux accontnmÀ,

Sons les yeux de n mère , Hélène aurait encore

Attendu parmi noua le retour de Panroce*

]H*est-el1e pas & toi , le soir et le matin.

Chaque jour, duujne année F ob! quel heureux destin ,

Qad fiivorahle dieu t*a conduit à Mycène,

A la Tille on vingt rois se disputaient Hélène?

Tn viens; et tn peux seul, parmi les demlf^lieux,

Dotaner le nom de père an souverain des çieox;

Sa fiUe, partageant ta couche nuptiale.

Ne voit point de beauté <p» marche son égsle.

SaS VOTA6B OK LA GRiSGE*

saintement juré et si fatal aux Grecs, me rappelaieot le lieu de la scène tracée par Théocrite, Si je ne voyais plus Tarbre de la sœur des Dîoscures recotn- } mandé au respect du voyageur par les compagnes d Hé- 1 lène (i)» je me trouvais entouré d'inuombrables ber- ' ceaux de vignes enlacées aux mûriers, de citronniers et de grenadiers qui mêlaient leurs fruits de pourpre et d or, en formant des voûtes de 0eurs et de verdure. Tétendis mon manteau de voyage sous le feuillage d'un oranger remarquable par sa grandeur; et, après m'y être reposé quelques instants, je dirigeai mes pas vers les lieux où exista Sparte, que Simonide surnomme la dompteuse d*hommes (a).

Strabon nous apprend qu'un de ses faubourgs s'élevait au milieu d'un terrain marécageux, qui fut exhaussé dans la suite, de façon que le temple de fiaochus Lunaœ se trouva dégagé des inondations (3). Ou ne voit plus , comme je viens de le dire , que des vignes appendues aux mûriers à l'endroit où L'on pré- i sume qu'était situé l'édifice consacré à Bacchus , qui fit des Hellènes un peûple àiévelpides ou confiants dans la fortune^ auquel l'avenir se présentait toujours en • beau (4). Cétait pendant ses fêtes que les jeunes filles

« Sur son écorce on lit en hngne dotienne :

« Ptiiim, flctpccte moi ; je $nis Varbre d^HAenck»-

Traduction d;e F irmin Bidot.

(a) Plut. Vit. Agesil. § a. • .

(3) Strab., liv. YUI, p. 362.

(4) Bacchus avait des autels dans toate U Grèce; c'était le

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