‹ Voyage de la GrèceChapitre 182 sur 224 · LIVRE XVII, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE XVII, CHAPITRE III

de Sparte Élisaient retetitir de leura tm lés éclios du Ta ygète, qu'elles parcouraient en portant des thyrseset des

flambeaux. Dans logaroinent dont leurs esprits étaient frappés par la présence de Bacchus , elles ne croyaient^ doniikie Pénthée, pouvoir mieux Thonorer qu'en voyant deux sotëils, et lorsqu'elles ne reconnaissaient plus leurs propres habitations. Les sommets du Taygète, entrecoupés de crevasses produites par les tremble» ments de terre ^ ne pouvaient eii effet être parcourus quepar desMénades, ôu furieuses, au risque dy périr eu célébrant les Bacchanales.

Les Grecs eurent le talent d*embellir jusqu'à la démence ! Ils avaient enchante les sites les plus sauvages de leur pajs. Les voyagours qur arrivaient à Sparte^ par la route de T^ée, rencontraient le long du chemin les Hermès, et traversaient sans doute le même bois de chênes que nous avons indiqué dans une des notes précédentes. Ils lappelaieut Scotitas , non à cause de son obscurité, mais parce que Jupiter y était honoré sous ce nom. Son temple était situé à dix stades du chemin^ sur la gauche; en avançant dans la Laconie, on trouvait la statue et le trophée d Hercule, le sentier qui mène à Garyès^ lé temple de Diane au noyers, les raines de Selasie^ et après avoir franchi le mont Thornax, on arrivait en vue de Sparte(i).

Sparte porta ce nom dès son origine, mais dans

dieu suprême. Aristophane prêtead qu'on ne délibérait qu'après avmr bu et qae les résolutions n'en étaient que meilleores. Nestor portait une coupe à la main an mitien des héros de son temps , et le goût du vîn inspira les résolutions les plus généreuses*

(ij Paus. Laconie. , lib. III, c, lo.

53o VOYAGE DE LA GRirCB.

la suite, elle prit égaiemeut celui de Lacédémone , . parce que le pays était ainsi appelé (i). Si elle était dévastée un jour, dit Thucydide, s'il n'en restait que les temples et les édifices , la postérité pourrait douter de son importance, comparée à sa gloire^ C'est le contraire pour Athènes qui, réduite au même état, semblerait le double de ce qu'elle fut en réalité (a). Sparte consistait eo quartiers disséminés; Polybe assure qu'elle occupait un espace circulaire, irrégulièrement parsemé de monticules, ayant au levant l'Eurotas, qu'on ne peut guéer pendant une partie de l'année, à cause du volume considérable de ses eaux. Une suite d^aspérités qui se rattacltent au ifiont Menelaion encaissent la rive opposée du ileuve, du côté où la ville se déploie en Élisant ÙLce à l'orient d'hiver, de façon que leurs ressauts escarpés dominent le terrain compris entre Sparte et l'EurotasfS). Sou développement, ajoute Polybe, est de quarante-huit stades de circonférence, et, sous ce rapport, elle est inférieure à Mégalopolis qui en a cinquante ; mais elle la surpasse par le nombre de ses habitants (4)> lis restèr^iîut long-temps ses plus formidables remparts (5), et ee ne fuit que sous ses tyrans qu'elle fiit entourée d'une enceinte fortifiée, qui n'en rendit la conquête que plus facile, long-temps avant de recevoir le joug des Romains. Ses fortifications furent alors rasées, ses lois tombèrent eo àésaé-

(i) Pans. , III , c. II.

(a) Thucyd. Hist. I, VI, 9, 10.

(3) Polyb. Hist. V, c.*aa.

(4) Id. Hist. IX, c. ao.

(5) TiL-Liv. XXXIV, 38; XXXVIU, 34.

Page 1