LIVRE XIII, GHA.P1TB£ V
du Corydalus, coteaux remplis de bartavelles et surtout de cailles dans le temps du passage, he vallon d'Athènes , piacé dans cet encadrement , est divisé du nord au midi par l'arête du Brilesis, qui laisse le mont Anchesme isolé au milieu de la campagne.
En descendant de Colope , nous suivîmes le* Cephisse ; Euripide dit que Vénus , ayant habité sur ses bords, don aux Athéniens du plus pur des zéphirs, et de l'IuUeine tnéme des Amours couronnés de roses cueillies dans les bosquets de Paphos ( i ). Les choses ont bien changé, car je ne vis dans ce fleuve quSin ruisseau fengeux, dont on détoume lea eaux pour arrosier les champs. A peu de distance, nous traversâmes le Céramique, terrain oîi Fon découvre souvent des restes d'antiquités, et nous pas-, sâmes de là dans les jardins d'Académus (a).
A la place de 1 autel de l'Amour, qu on trouvait à l'entrée de l'Académie entouré d'adorateurs qui lui immolaient des cygnes (3) , on voit un de ces séràîls orientaux, où la beauté captive ne connaît que les caprices^ d'un maître absolu. Ses ombrages, célébrés par Horace (4) 9 existent. Je lus sur un des bassins le nom de Platon et de quelques-uns de ses disciples; mais on chercherait en vain, dans ces lieux toujours agréables pour leur verdure, les autels de Prométhée, des Muses, de Mercure et d Hercule, qui y sont aussi inconnus
(i) Eurîpid. Medea, 836 et seq. m ehor.
(a) Cic. de Fin, lib. Y, c. i. llesych. Suid. f^) Paus. lib. I, c. So. 8omn. Socrat. de Platon. Apul. lib. (le Doginat. Platouis.
(4) Uorat. iib. II , epist. % , v. 4^.
que la tour de Timcm et Fécole du divin Platon : le temps a tout détruit.
Nous sortîmes de ces jardins pour prendre une voie bordée de ciguë et de datura fastuosa, dont les svlcs sont aussi dangereux que du temps de Socrate. Nous pariions des systèmes des philosophes, qui connurent jusqu^au somnambulisme. Gela égaya la compagnie, quand ua Atliéiiien, qui avait pris la parole, nous rappela Thistoire d'Hermotime de Clazomènes. — Cet homme, poursuivit-il, qui était de la secte de Pythagore, avait le secret de séparer son arae de sou corps, comme ou dépouille un habit. Dans cet état^ et libre de ses liens, elle se transportait aux lieux les plus éloignés, et se mettait cii état de faire les prédictions les plus merveilleuses, lorsqu'au retour de ses courses elle s'était de nouveau revêtue de sa dépouille iiiorLelle. Mais des envieux, ayant gagné sa, femme, pendant un des voyages de Tame d'Hermo* time, brûlèrent son corps, qu'ils firent passer pour celui â*un homme mort, afin que Tame ne pût à son retour y rentrer. J'ai lu cela dans un de nos auteurs , et si ce n'est pas du somnambulisme, quel nom lui donnerez-vous? Nous éclatâmes de rire, et, comme W soleil baissait, nous nous dirigeâmes vers la ville.
Nous remontions du coté d'Athènes, lorsque nous rencontrâmes un paysan qui chassait devant lui un baudet chargé de raisins. « Vous venez de voir des ruines , me « dit M. Fauvel; voici un autre débris des révolutions «politiques de ce pays-ci: c*est Neri, descendant des « derniers princes de la ville de Minerve. 11 ne revencc dique pas la couronne ducale de ses glorieux ancêtres, «et il s'embarrasse aussi peu de son extraction que
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