CHAPITRE VI
moderDe d'Athènes. — Académie. ^ Savants.^ Divisions territoriales. ^ Itinéraire d'Athènes à Géphîssîa. — Sources et cours du Céphisse. — Konte de Céphissia à Brauitm. — Pe Brauron, en passant par le port Raphti, à Keratia. — De Keratîa à Sunium. ■ — Ruines de Thoricos et de Sunium. — Chemin de Sunium à Olympos. — D Olvmpos à Vari. — De Vari à Athènes. — d'Athènes au sommet du mont HytiK tte. — Monastère de Syriaui. — Route d'Athènes à Kastia. — Distance entre Kastia et Thèbes. — £iitre Thèbes et Orope. <^ D'Orope à Marathon. ^ De Itffaratbon à Athènes^
La moderne Athènes, comme le descendant des Neri, "
devenu raïa très - orthodoxe , a subi tant de métamorphoses , qu on ne reconnaîtrait rien de sa physionomie antique, si on n'avait que ses habitants pour juger ce qtfeile fut aux siècles de Thémistocle et de Périclès. Le génie, les lettres et les beaux-arts ont fui de ce pays désolé. £n vain on a cru les ressusciter aux lieux qui furent autrefois leur sanctuaire , eu fondant une
académie clans Athènes; Técole illustrée |)ar Zenon et les jardios d'Académus sont fermés pour jamais. Le nom sous lequel on a créé une société qui n*est ni savante, ni enseignante, et qui pourrait être l'un et l'autre, est cependant la chimère de quelques voyageurs anglais. Lord Byron en posa les fondements. On y enrôle des acadénpiciens , et on y salarie des professeurs. Pour siéger parmi les premiers, il ne s'agit pas d*étre distingué dalis les sciences, d'avoir fait preuve de talent, de donner des dîners, ou d'étrè un grand seigneur; c'est pour la modique somme de trois talaris, que les femmes, les enfants et les hommes sont inscrits dans la confrérie, qui donne en signe d'alliance aux initiés une bague en fer ornée d'une chouette.
Les chaires de professeurs ne sont guère mieux .occupées que les bancs de l'Académie. Loin de les confier au mérite joint à rcxptirlence , on les a livrées à des jeunes gens infatués des idées d'une antiquité que la civilisation européenne même n'admet pas. Us ont cru , en débaptisant leurs élèves pour leur donner les noms d'Alcibiade,. de Cimon, de Miltiade et de Socrate, avoir relevé le portique et la tribune aux harangues, oii Démosthène tonnant oréa en quelque sorte les lois de l'éloquence (i). Au lieu d'apprendre à lire et à écrire correctement à leurs élèves, en leur montrant un avenir dans la modération, ils les ont jetés dans des aberrations, sans danger à la vérité^ mais contraires à l'espèce de paix et de bonheur auxquels lea Grecs asservis peuvent aspirer.
(i) Oratçrum longe princeps Démosthenes , ac peepe lex orandi fait. Quintîl. lib. X, c. t.