‹ Voyage de la GrèceChapitre 34 sur 224 · LIVR£ XIII, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVR£ XIII, CHAPITRE VI

A ce tableau dicté par la passion, nous ajouterons

quelques détails fondés sur nos propres observations. L'administration d'Athènes a conservé ses archontes , magistrats pareils aux Eupatrides, queThéophraste représente coiffés de hauts bonnets ou cal packs, pour qui les rues et les places pubhques n étaient pas assez, spacieuses, et ne s^occupant guère du bien public; L*hâpital de Saînt^piridion n'est qu*un lieu derefiige, ou plutôt une sorte de dépôt de mendicité, où les pauvres trouvent pour tout secours du pain, un grabat et le couvert. Les revenus de l'évéque, quiétiéent autrefois de douze mille francs, ont quadruplé^ la vigne du seigneur prospère par toute terre , son règne est arrivé. £n 1751. et 175^ , temps où Stuart se trouvait à Athènes , la population était de neuf à dix mille ames, dont les quatre cinquièmes étaient chrétiens. En 1795, on portait le nombre des maisons habitées» a 1,600, ce qui faisait, à cinq personnes par foyer, huit mille individus; la plupart des Turcs avaient péri dans les deiix dernières pestes que la ville avait « éprouvées. En 1 797 , deux cent cinquante familles albanaises, qui avaient fui les persécutions du vaivode AH aga, se rapatrièrent après sa mort, et la population actuelle se compose de quatre mille Schypetars chi^tiens, trois mille Grecs et autant de Turcs. Comme partout, le Mahométan, grave et dissimulé, repousse la confiance; le -Grec réduit à tromper, par la fausse po» sitiou dans laquelle il est placé, est souple et rusé; tandis que l'Albanais caucasien, servant et méprisant ses oppresseurs, leur résiste, ouAût vers d'autres contrées, ([Liaiid la fortune trahit son espérance. Un dit quil y a de belles femmes dans la caste mahométane,

très-peu parmi ies Grecques, qui ne furent jamais renonmées pour leur beauté dans Athèoes, mais le uombro enr est oonstdéraUe dam les familles albanaises. J'ignore si ces faits sont exacts; mais, d'après ce que j'ai vu, le sang athénien ne m'a pas paru fiivorisé de la nature. Oo ne reneontre nulle part autant d'aveugles, de borgnes et de gens attaqués d'ophthalmies, dépendantes des mêmes, causes qui oocasionnent «die des Egyptiens: cette maladie est oemmune surtout parmi les payain& L'A ttiqœ se divise en quatre cantons principaux, qui

' soBl^Mesogea, Gato-Lama, Ëleusiua avec le mont Cacha, et le Pédion ou plaine d*Athènes. La liste dè leurs, principaux villages, au nombre de quarante-deux, non compris ceux de la Mégaride^ ayant été donnée par Spon (i), nous nous dispenserons de la répéter, en jious contentant de tracer quelques itinéraires à travers cette province , dont on pourra avoir une carte ancienne et moderne parfiûte si M, Fauvel réalise la promesse qu'il nous en a faite. Quant à sa description régu-

* Itère, elle exigerait un long séjour, des dépenses, et une liberté qu'on ne peut espérer de la part des Bar* bar es dont la présence a trop long -temps souillé ce noble pays; ainsi je me renfermerai dans les limites des renseignements que je me suis procurés et des obser^

vations t|ui me sont parLiculières.

Il est peu de voyageurs qui visitent Athènes sans faire un voyage à Céphissia, village renommé à cause de la maison de campagne d'Hérode Atticus. Près de cette route, on remarque le rocher de Panacôta,sur lequel il existe des insopptions presque illisibles, quelques

(t) Voy. Spon» T. II, p. 144, 145^ 146.

LIVUE XlIIf CBTAPITIIB Vf. 9I

tombeaux anciens et les listes d'un dème ou bourg, qui fut le lieu de naissance de Pisistrate, tyraa dont leloquence avait tant de charmes qu'il persuada aux Athéniens, de renoncer aux^iois de Selon pour se sou* mettre à son autorité. On trouve ans enviions qudcpies vestiges de fortifications , et dans l'église du monastère dédié à saint Démétrius, successeur de Gybèle, les fûts dé sept colonnes ^ùtéte ionien*. £n avançant par une voieix>rdée de vignes , on remarque à travers quel* ques débris d'aniicjuité un puits, chose commune dans l'Attique^ dont la mardelle est cannelée et . en marbre blanc, ,avèc des siUons ii rintérienr, qiii prouvent que Ton y puise.de Teau depuis un grand nomi>re d'années. A, droite, on signale une tour ruinée, bâtie sur un montieule détaché du mont Briiessis. On traverse ensuite un torrent rempli d agnus castus , qui reçoit ses eaux du mont Uymette. Vo^s découvrez de là un aquéduc ruiné à gauche , et sur la droite le couvent de saint Jean le chasseur on cynégète.Vous traversez ensuite un sentier flanqué de deux tumulus, oii reposent les cendres ignorées de quelques hommes qui furent peut-être aussi illustres de leur temps qu'ils sont maintenant inconnus : les marbres capables de trans(nettre leur souvenir ont disparu; le voyageur fouie peut-être les cendres de quelques héros. Vous traversez plus loin un bois d'oliviers, ensuite un aiûuent du Céphisse; un cimetière turc avec ses cippes ornés de turbans annonce Céphissia. Un platane et une des sources du Céphisse, qui se mêle avec celle du monastère d'Agios Sotîros, retraite bâtie près du mont Pentélique, des fontaines fraîches et copieuses , et le château de Rokinara , c'est là tout ce qu ou voit de nos jours dans ce dème, où sont ensevelis

gn VOTAOB DB LA GRECS.

des trésors qui eanchiraient la numismatique et l*his-. toire(i).

Le Céphisse, qui prend sa source auprès de l'église de Saint-Sauveur 9 sort de terre avec fracas, ayant un cours impétueux de trois pieds de largeur^ eirconstanoe qui porterait à le faire regarder comme ta renaissance du ruisseau qu'on voit dans la plaine de Marathon. 11 passe de oette hauteur à travers les bois d'oliviers et les jardins qui ont remplacé les thermes et les parterres d'Uérode Atticus, lieux jadis fréquentés par la jeunesse studieuse d'Athènes. II poursuit de là son cours dans la direction S. O. à travers la plaine , entrecoupée de ravins qui lui portent le tribut des eaux de plusieurs versants, pendant la saison des pluies. Il se montre ensuite dans les bosquets de l'Académie, puis

(i) Route par dutanees Athènes h Céphisna*

NOKBBK

Nombre

de

DÉTAILS D£ ROUTE

(l'henres.

m în 11 tes.

D'Athènes au rocher de Paiiacota. 1

Extrémité «eptentriooâla du inont Ancheirae; dé*l filé «Dira «ette monUgn» «t 1« mont BrileMbi

pont roiaé, tpmbean. 1 Croix, cbcnun qni mène A Angelo-Kypos. 1

Église St-Démétriu8y lontaine à droite , oliviers, j

Trois puits. 1

Église un mille à droite. 1

lo

Raines d'un déme ob boar|[. 1

Torrent.

ir

Bois d'oliviers. f

Église et deux colonnes à droite , maison» à gaache.i

Piasieura chapelles bâties avec les dâtris des tem* pies, rainei d'an dème. 1

aS

CéphiMia.

ToiAi., a heures i6 minutes de marche.

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