‹ Voyage de la GrèceChapitre 35 sur 224 · LIVRE XIII, CHAPITRE Vf · texte numérisé non relu

LIVRE XIII, CHAPITRE Vf

il coule sur les fondations du mur sepUmtrional du Pîrée, et disparaît à deux milles de ce port au milieu

des oliviers et des champs où ses eaux se consomment pour servir aux irrigations. Il est probable que, sans les dérivations qui l'épuisent^ le Géphisae arriverait

comme autrefois jusqu'à la mer. Ainsi on peut dire à la rigueur que, depuis Corinlhe jusqu'au cap Sunium, il n'y a pas un fleuve illustré par lliistoire qui se jette maintenant dans le golfe Saronique, dès le commencement de l'été , temps où le ciel est presque toujours serein dans la Grèce.

La route qui de Cephissia conduit à Brauron offre les particularités suivantes. Vous laissez un tumulus à <;aucbe , et, tournant à droite versGalandri, après être desiendu à travers des vignobles, vous aniv(z à un défilé ouvert entre les monts Pentélique et 1 Hymette; et vous avez: bientôt en vue le hameau de Pélica. On

passe un torrent (pu a son origine au-dessus du mont Penteli, on remarque des tumulus, et une colonne auprès d'un second torrent qu'on traverse en des* cendant pour se rendre à Athènes. Une colonne t u marbre blanc avec une inscription du moyen âge ap* paraît à l'extrémité septentrionale du mont Hymette. Des pins odorants, deux chapelles, la vue des hameaux d'Alopeci, de Krysaiadèz, de Keratia, signalent le canton de Mesogea , sur lequel on domine en prolongeant un chaîne de monticules. Une tour circulaire sert à fixer le gisement du mont Gargettius, où naquit Épicure, que Lucrèce a immortalisé, à défaut de ses ouvrages, dont la perte sera Tobjet étemel du regret des savants. Ck»mment ce flambeau de la pliiiost)- .phie 9. 91/1 waii tant d*amis^ pour nous servir des

94 VOTAG£ J>£ LiL GRÈCE.

parolesde Laerce, que Us villes mêmes n^auraient pu

les contenir; comment celui à qui l'Egypte et l'Asie eu voyaient en foule des disciples, a-t-il pu être taxé d*inipiété ? Voilà ce qui serat tnexplicable, si Ton ne savait pas par qui Socrate fut condamné à mort. Les décombres qu'on trouve auprès d'une chapelle seraientib. les débris de son école? les vestiges de ses jardins ont disparu, deux tamolus et le vilbge d'Apangellaki , qu on croit avoir succédé à Fantique Aggèle, sont tout ce ipii existe de ce dème (i).

(i j ^ JtoiiDP par distances de Céphtssia à Srauron.

Nombre

de mmalM.

DÉTAILS DE ROUTE

Défilé.

Chapelle , Pélica on mille à droite. (

Torrent.

Deux tamnlai.

Second torrent.

Fotitleiueats d'une grande maraille.

Tumolus.

Colonne.

Deux, chapelles.

Deux églises.

Tour, Kravri!.T village, mont Caigettîas à gauche. Église à droite, traces d'aati(jaités à gandie, tn-

mnliuiy deux église».

Âpangelleki.

Chapelle , lalos village , diemin qaî condait à Pata, village oà i*on troiive un éung et un lion

en in^irbre.

Église, route qui conduit à Sparta à droite » raines d*an dème on bourg.

Bronba, village à gandie.

Palaeo-Braoura , ferme.

Kuioes de iirauron.

ToTa.i>9 3 heures 55 minutes de marche.

LIVRB XIII, CHAPITRE VI. gS

Avant d'arriver à lalou ou lalos , on passe daas un défilé qui semble avoir été fortifié. Toute cette contrée est couverte de chapelles la plupart abandonnées ou tombant eu ruines^ qui sont le signalement d'autant de temples, de monuments ou d'antels sanctifiés par le chris^nisme. Avee ces jalons, on pourrait restau* rer TAttique. Quant à Brauron, quon appelle maintenant Yrana, Pausanias n'en parle que transitoirement. « Ce lieu, dit*il , n*est pas éloigné de Marathon, il est « renommé pour avoir reru Ipliigénie, fille d'Aganiem- « non, lorsqu'elle se sauva avec la statue de Diane tau- « Tique; on sait comment elle alla ensuite à Athènes, « et d'Athènes à Argos. »

Ën descendant du métoeceou tchîfUik de Yrana, on trouve au fond d*un ravin une fontaine ombragée de

sauk's de Babylone. On aperçoit de là une tour trèsélevée, et on arrive sur remplacement d'un bourg entouré de remparts bastionnés. Bientôt on découvre le port Raphti , nom barbare dérivé d'une statue placée sur un écueil, que les marins comparent à un tailleur. On sait que c'est Tancien mouillage de Prasi» , lieu fréquenté autrefois des navigateurs, d'où partait annuellement la tiiéorie chargée de porter à Délos les oiFrandes envoyées par les Hyperboréens. La position d'une chapelle qu'on remarque dans cette presqu^le et le village de Gorouni rappellent ie souvenir de Corouée, qui fleurit aux mêmes lieux. Nous i*avons dit et répété, la Grèce ancienne est ensevelie sous les atté* risscments de la Grèce moderne, car une partie du port Raphti conserve encore le nom de Prasi»; peutêtre avait|-il reçu Tépithète de Panorme, à cause de la facilité qu'on y trouve pour appareiller par tous les vents. Ce port, bordé de terrains incultes, est fer-

6 VOYAGE DE LA GRIcCE.

mé par une île qui le met à couvert des vents du S. G. , ainsi que par quatre îlots sur lesqueh on trouve des restes d'antiquités. En s'éloignant de Prasiae, clans mie heure de warclie on arrive au grand village.de Kerati% dont le nom dérive du double sommet du mont Paniès^ qui s'élève en forme de contes , qu'on découvre à une grande distance (j).

Strabon place sur cette partie de là oàte méridionale de TAttique les dêmes des Thorenses et des Oréens ou montagnards qui appartenaient à la tribu Antiochide , ainsi que ceux des* deux peuplades appelées Lampren* ses, des ^glnenses, des Anaphlys tiens et des Azenenses. Eu quittant Keratia, si on fait route à Forient à travers une plaine onduleuse et cultivée, on ne tarde

( 1 ) MotUe par Stances àe Brauron à Kéraiia,

NOMBBB

Nombre

DÉTAILS DE ROUTE

^rbcnreB.

de

QÙnutes.

De Braaron à la fontaine des Saule».

Eaceinte d'aae irilie ancienoe.

Montée.

PaiU.

Biortille aneieiuie.

Vieux mars.

Port Raphtû

Défilé et port.

PraiU».

MofSt culture.

En tonmant à droite» torrent, chemin pscarpt*'.

Bois de pins, grottes , anciennes fondations.

Fontaine du Figuier entourée de débris d'anti* quité.

Murs antiques.

Moulin à vent «yee des débdb antiqiitBS.

Kécatie.

1 ToTVL

, 3 heures 4 minutes de marche.

LiVEB Xlfl, CHAPITRE TI. 97

pas à suivre une route pavée qui couduit à Métropisi, village bâti près des ruines de Taiicientie Amphitropée, franchissant ensuite un coteau couvert de pins ratx>ugrisy 011 plouge sur les îles d'Hélène et de Cëos. Des monceaux de scories, que les esclaves passaient deux &is au creuset avant de les mettre en tas , avertissent l'étranger du voisiuage des mines du Laurium, et bientôt il arrive à Thoricos , port que les marins ont surnommé la Mandri , à cause de quelques parcs de bergers établis sur les montagues environnantes. On est dans le dème de la tribu Acamantide , qui avait cousacré un trépied placé sur le monument choréi^i(|Lie vulgairement appelé lanterne dv Diogène. On loge ordinairement dans une chapelle délaissée , d'oîi Ton peut partir pour fixer le gisement des ruines qui couvrent c( lit* contrée. Là, on reconnaît les restes d'un temple qui avaât sept colonnes au fronton, quatorze sur les cotés» et un développement de quatre-vingt-douze pieds sur quarante-six environ de large. Tout auprès on retrouve un théâtre d*une forme oblongue , les restes (.lune acropole, cl des décombres qui annouccul Tiniportance de Thoricos , quoique son port fût moins florissant que le Pirée.

En tournant à droite, ou entre dans une cliaîne de montagnes appelée La urion-Oros, on traverse un bois; on remarque des galeries creusées dans le roc, sans aucune trace de route, car on tenait cette contrée séparée de TAttique. Au haut d'une montagne, on observe les restes de quelques cabanes, ceux d'un fort servant à tenir en respect une contrée habitée presque entièrement par des esclaves; et i aspect montueaiL de cette extrémité de la presquHe se termine V- 7

98 VOYAGE DE h^ GR&CB.

au [)romontoire Suniuiii (i).Taiit de voyageurs ont parlé du temple de Minerve , dont les dessins et les plans sont publiés et connus, qu'il n'y a plus rien de particulier à dire au sujet de cet édifice. Que le voyageur soit cependant saisi d'un saint respect en pensant qu'il liil une des écoles de Platon ; qu'aucun navigateur ne passe dans ses eaux sans le saluer: c'est le phare de la Grèce. On lit sur une de ses colonnes le nom de Caroline de Bourbon j reine de Naples. Arrachée de la Sicile, cette souveraine exilée voulut qu'il y fût inscrit pour attester à la postérité la violence faite à ses droits par Fimplar cable Angleterre, ses infortunes, et lingratitude de l'Autriche, qui lui refusa la consolation de revoir le

(1) Route par distances entre Kératia et le cap Sunium,

d,*h0iitie8<

NoMBRK

de minutes.

DÉTAILS DE ROUTE

Eoate veniiit de la gandw, tamnlus.

Voie pavée.

Ruines d'Âmphitropé.

Montée, tnmalus.

Thorioot.

Raines.

Faits, blocs de pierre.

Pointe d« terre qui s'evanoe dans la ■

Baîe.

Laurion-Oros.

Bois.

Monticolett galeries des nlneon. .

Roioes d*aiie forteresse*

Tour.

Vestiges de plasieors coastmctions.

Puitai &aamfttre.

Baie dangereuse bordée de rétifs.

Xcnide de Mtoerre Soniade.

ToXAS» 4 heures 1^ roinntes de mnrcl

If.

LIVRC XIII, CHAPITRE Vl. 99

palais de ses pères. Un port mai abrité est le seul point V d'abord de cette cote ; c'est au mouillage de Maltemé que les vaisseau): doivent laisser tomber l'ancre.

En rétrogradant de Sunium pour se rendre à Athènes, ou descend par un sentier très -escarpé, entouré de tombeaux sur une plage sablonneuse , et en tournant au N. 0.9 après avoir parcouru une galerie taillée dans le rocher, on entre dans une petite plaine couverte de pins et d'arbres résineux. On quitte la cote à cette distauce^ pour parcourir un vallon boisé qui aboutit à Allegrana, métœce ou ferme dépendante du couvent de Penteli , et bientôt on découvre du faîte d'un monticule nie de Pbégie. On parcourt durant un quart de iieue des aspérités et quelques champs où t'on cultive le coton , jusqu'à une tour des gardes-cote près de laquelle est située la ferme de Catophegée , dont le nom rappelle Phegée. Anaphiystos et Bésa fleurirent dans cette contrée , où l'on ne rencontre que les hameaux de Panari et d Anabasi ; ce dernier, qui indique le nom de Besa, est la propriété des moines du couvent de Syriani. On est en doute si Ol^mpos a succédé à Olympis, ou à Hermos; il n'y existe pius qu'une tour et quelques cabanes (i).

( i) Route par distances fie Sunium à Olympos.

Ujl'heares.

Nombre

de minatea.

DÉTAILS DE aOUX£.

Grève s;ihiouneuse da port Sunincn.

Rocher île marbre blauc, tombeanx , monceaax de scories.

lOO VOTAGE DE LA GRÈCE.

Toutes les hauteurs entre lesquelles on circule à partir d'Olympos, semblent avoir été fortifiées et défendues par des tours. C'est la solitude de TAttique jusqu'à Vari, village appartenant aux religieux du monastère d'Asomatos ^ situé dans le mont Anchesme( i ),

Suùe de la route par distances de SuniuiH à Ofympos.

d'heures.

NOMBRt

de mioateii.

DÉTAILS DE RQUTE. 1

Report.

la

Route taillée daui» ie rocher. jl Poitt Minnâtre, port Coiaca. || Allegrana. Il Baie aîtaée â Tooest. 1 Raines snr la hauteur* 1 Katapliégi. Il Auapiiissus , yillage. || Boia de pins, Fanari, église à gaaelMy Auahasill denx hearea de Koratia. H Ruines d*nn mnr ancien. Il Église à <Î!oi»<*, ^MAWh fia mont Olympo*. || Olympos ou lïUjmbos, tonr, cabanes. il

TOVAI.

f 3 heoMs 3i minntet de marché. Il

limite par distances d* Olympes à VarL

Nombre d'heures.

Nombre

de minutes.

DÉTAILS DE ROUTE

Église snr «ne haoteor à gandie, minef A droite

sur une éminence.

Tour à gauche, forêt d'arbrea rjatnenx.

Plaine coaverte dehaisioiMy deox rocbera àgau>

cke.

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