LIVRE XIII, CHAPITRE IX
Mégaricîe. Aussi reïnarcjuc-t-on parmi eu:: un air duisaiice et de coutentemeut qui n'est pas ordinaire «ux chrétiens asservis. Leurs maisons, bien bâties, sont propres; leurs vêtemeutSj eu toile de colon, ([uolque sans recherche, ont de la iraiclieur; et ie cliiton(i) m iaiae dont ils se couvrent en hiver, rappelle le cos* luiuc des anciens pajsansde TAttic^ue au.\ joui6 de leur prospérité.
Nous primes notre repas en plein aîr, sur la ter*
rasse de la maison, environnés du tableau animé de la population entière de Mégare, qui disait ratenlir Tair de ses chants. Les maisons, groupées en amphi* théâtre, étaient illuminées à 1 occasion de la pauégyrio qu'on célébrait. On apercevait, à la lueur des torches de bois gras qui en éclairaient les terrasses, des danses cl des familles rangées autour de leurs tables. Celle de notre bote n était pas sans doute la moins nombreuse, car il donnait à souper à dix - sept enfiints male:s assis à ses côtés. Uaîné entrait dans sa vingtdeuxiètoe année; le plus jeune était sur les genoux de la mère , qui était enceinte pour la dix-huitième fois; et le père de cette maison bénie du ciel paraissait à la fleur de lage* Il m'assura , en rendant grâces à Dieu de la fécondité de son épottse , que toutes les iâmiiles (les villages de 1 Islhme étaient si nombreuses, ({u'au premier signal d'alarme, donné par le poste militaire du grand défilé , chaque maison pouvait fournir quatre iiommes armés. Ce calcul était peut-être exagéré : ce-
(i) Xu^dv, Kustath. , //^. X9 est oe que les Grecs actuels appelteni pMoaoa^ qui est luie tunique en laine 5j|n$ manches» descendant jusqu'à mi-jambe.
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pendant il faut convenir que les detvena c/tona,éUkïit peu opprimés, sont plus peuplés que les villages de
la plaine. Ainsi il est démontré ici, comme partout où le peuple est à son aise, que le nombre des hommes est plutôt encore le signe représentatif de la bonté du gouvcrnemeat que de la fertilité du sol qu'ils habitent.
Nous avions une noce dans notre voisinage ; on criait et on chantait à tue-tête, en s'accompagiiaat avec des lyres rustiques et des tambours de basque* Je vou^ lais me rendre à ce sabbat; mais on m'en détourna, en me représentant que c était le troisième jour de la féte. « Vous seriez , me dit-on , étoufie par les convives. « Entendez -vous leurs hurlements? les malheureux «sont tellement ivres, qu'ils boivent dans leurs sou- <c liers. Lé nonos (i) ne commande plus; il a donne « pleine liberté à chacun de faire ce que bon lui « semble (a). » Je renonçai , d'après cette observation, à voir une alogie avilissante pour l'homme, qu'elle ravale au*dessous de la condition des brutes.
, (i) C'est, ooinfne je l'ai dit ailleurs , le parraÎD de la couronne, qui est le roi du banquet; il prescrit les santés et les cérémonies d*étiqtiette.
(2) Le troisii nic jour des noces représente Icsalogicbj dans lesquelles les anciens se livraient à tous li s excès du vin et de la débauche. Ce nom dérive d'àXoyoçs animal sans raison, qui est mainienant celui d'un cheval, parmi les Grecs. On se préparait, dés la veille, à ces désordres par les rép^Ua^ cérémonie dans laquelle on se remettait à boire après le repas. On faisait \e passe-hoitie des Anglais; et les Romains, qui avaient imité ces cérémonies des Grecs, en fixèrent la dépense, par un article de la loi Julia, ù mille sesterces.
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Parmi les objets d antiquité qu'on troave le plus eommanément à Mégare, on remarque* des urnes de cîix-iiuit à vingt pouces de long sur douze à quatorze de large. On distingue dans .quelques- unes la forme des maisons grecques, avec la porte tantôt fermée , tantôt ouverte, et quelquefois occupée par le génie de la mort C'est peut-être à cause de cela que les tombeaux sont appelés des demeures étroites , et qu Horace a dit :
Jam te premet nox, fabulaeqne mancs, £t domus exilis Piutonia(i}.
Un papas, qui passa une partie de la soirée avec Dous, me vendit des médailles (2) , et m'indiqua plu^ sieurs marbres, parmi lesquels mon frère acheta, dans la suite, deux piédouches, réservant à d'autres temps racquisition d'objets plus précieux. Le prêtre m'assura que la destruction complète des édifices de Mégare venait de la nature des pierres échimtes employées dans leur bâtisse, qui sont susceptibles d'un détériorement rapide. C'est pourquoi on retrouve les
(1) Lib. 1 , od. IV.
(2) Médmliet.
Bronze. Poisson daus un grénetis.
A Trépied, ME.
Argenu Téte d'ApoHon laurée , à gauche, il. Trois croissants opposés par leur centre an milieu ; monogramme effacé.
Jrgent, Même médaille, avec les lettres MT-
Argent» Tcle d A])()ilou laurée, à gauche. R. Trois croissaots réunis par leurs poiulcs, renfermant les lettres MET.
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remparts construits avec la roche primitive des inouïs Gérauiens , qui a résisté au temps y taudis qu(e ks temples et ks édifices helléniques bÂiis en pierre tendre,
appelée ïL(i^jyrf\^^ coquillière ou porique, ont disparu.
On ne récolte dans la Mégaride que la qiumtififlf de vin nécessaire à k eonscHRination des habitants; le froment et l'orge y sont eu excédant, sans tourner an ptrofit des cnltivateurs, paroe que k bey de Gorinthe en fait le monopole. Les paysans se dédommagent de cette avanie par la vente du uephtyac^ ou huile de térébenthine, des caroubes, du merraîn, du beurre, da miel et de la cire. Tels sont sommairement les productions et les objets de trafic avec lesquels les Mégariens se procurent quelques retours en argent et plusieurs articks essentiels à leurs besoins.
Diyiiizeo by GoOgI