‹ Voyage de la GrèceChapitre 65 sur 224 · LIVRE XIV^ CHAPITRE II. I · texte numérisé non relu

LIVRE XIV^ CHAPITRE II. I

tait huit heures du matio lorsque nous sortîmes ' ^ M^^^9 mîmes ciitquante- huit minutes

du cadastre de ta Corinthie en dehors de tisAme.

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l84 VOYAGE DE LA GRÈCE.

pour arriver aux buttes appelées jàsprochôma. Nous

passâmes iraraédiatenient sur un poiit le ileuve Longos ,

Suiie du CndaAre de la Corinthie en dehors de tiâthme.

Mon» d«s ville»» bofirfft et TiUeffei. Nombre dee famUle*.

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Total des familles 4>^^9

Total de la population,

. LITRE XIT, CHAFfTRS IL l85

en laissant à main gauche un autre pont situé sur le cbemin ({ui conduit par Ângélo-GaBtron à Épidaure. Nous gravîmes à partir de là , pendant dix minutes, une colline inculte; et une denu-lieue plus loin, nous retombâmes au bord de la rivière Longos, qui prend le nom d'Omer« Tchiaoux. Nous étions en vue du mont Pente-Scouphi, au pied duquel il existe un village de cinq familles albanaises. Notre horizon était fermé à droite par les montagnes de Phoûca , dans lesquelles Fourmont raconte quil existe des mines de cuivre, que personne ne connaît maintenant. Enfin nous avions au midi la chaîne des monts Stéphani , qui se projettent vers Épidaure.

A une lieue environ du moulin de Bouioukli,

près duquel je prenais ces gisements, nous passâmes devant Omer-Tchiaoux , village de quinze feux, situé sur un coteau couvert de vignobles et de cyprès. Le fleuve qui le baigne par sa rive droite prend , indépendamment des noms de Longos et d'Omer-Tchiaoux , ceux de Vasili et de Clégna, ce qui m'engage , pour régulariser ces dénominations, à lui laisser celle de Cieoues, qu'il portait anciennement. Je ne vis point les colonnes delà maison aux jardins, que M. Fauvel m'avait indiquées; mais, après avoir poursuivi notre route pendant une demi4ieue , j'aperçus un village appelé Ëxamili et de grandes arcades ombragées de saules pleureurs. On m'assura que c'étaient les restes des aqueducs d'Hadrien, qui conduisaient les eaux de la source du Stymphale à Corinlhe. Je comptai de loin huit arceaux , que je n'eus pas le loisir d'examiner ; et j'alignai ces débris antiques deux lieues à l'occident, sur le sommet culminant des montagnes de Piioûca, qui en-

l86 VOTA6K DE L4 GRàcS.

voient un ruisseau au fleuve de Cléones. Nous passimes sur un pont en pierre cet affluent , qui se gros&it considérablement en hiver, avant de monter une coUtoft d'uu mille environ de développement. Bientôt je reconnus, près du sentier que nous suivions, les soubassements d'un grand édifice , qui fixèrent mon attention. £n examinant le terraiii , je remarquai au centre un chapiteau dorique à moitié enfoui , et un grand espace couvert de débris , qui me portèrent à croire que j'étais sur l'emplacement de Ténée, ville que Pausanias( i ) indique à soixante-dix stades de Corintbe. Je conjecturai, avec quelque vraisemblance, que je venais de retrouver ^ remplacement du temple d'Apollon (2); et si j'avais eu le temps, j'aurais sans doute fait quelques découvertes. Nous avions, une lieue au S. S. £. , le village de Saint- Basile, au-dessus duquel on aperçoit les ruines de Cléones, qu'Homère qualifie de bien bâtie {3^) y et la cita^ délie de Ckurinthe restant N. 65 Ë.

Ce qui existe des remparts de Cléones est d'une belle conservation. Des Monceaux j vit « d'asse» beaux pro- « fils de corniches, des colonnes de pierre commune ic de quatre pieds de diamètre et pas une seule iuscripce tion. I» Cette ville dut être importante si l'on en juge par ses débris, et d'après les médailles autonomes quon y trouveavec le type d'Hercule, dieu protecteur de cette contrée, et qui y possédait un temple. C'est probable-

(i) Huit milles trois quarts; lib. II > c. 5; Cicer. ntdMtic,^ lib. VI , epist. a.

(a) Strab., lib. VIII, c. 38o, §. vi.

(3)//W., lib. n, V. 569, 570; Pausan., lib. II, c 1$; PHn., lib. XXXVI, c. 5; Silîus Ital., lib. III, v. 36; Strab., lib. VllI , p. 379. •

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LIYHE XIV, CHAPITBE II. 187

meDt poiïr cette raison que les jeux Néméeiis lurent

quelquefois célébrés à Cléones(i), dont les campagnes, tour à tour iniis&tées par le ùi& d'Àctor et par le lïou , avaieoi été pui gées de ces monatr^ par le bâtard de JupiUT et (rAlcrnène (2).

A partir de 1 emplaoemeat préaumé de Ténée , noua mîmes un quart d'heure pour arriver au khan de Courtessa ; triste auberge, où nous ne trouvâmes ni une chambre logeable, ni le moindre gite à Tahri 'du vent, et dont les puces ne tardèrent pas à nous chasser. Nous demaudàuu's du pain et tlu vin au cabarelier ; il n'y en avait pas. On nous procura en rechignant une salade d'olives; et, avec le surplus de nos provisions, nous nous etabiiuies sous un arbre, atin de prendre notre' repas, qui ne fut pas de longue durée.

Nous étions à onze milles environ ile Gorinlhe (3).

(i) Pind. Nom. od. IV, v. 27; Plut, in Vit. Arat. Strab., lib.VIII ; p. 38o; Paos. , lib. II , c. 5. Cette ville est même quelquefois prise pour Némée. G. Yaler. Fiacc Argon., Hb I, t. 34,35.

(a) Hesiod. Thcogon. v. 35 1.

(3) Voici ce ([lie dit à ce sujet SU'abon. « Cléoncs, que nous «avons aperçue tie la citadelle de Coiinlhe, est à 80 stades « de cette dernière ville et à 120 de celle d'Argos». Strab.»

lib, vm, p. 377.

Roule par distances en marchant à TO. ^ 10 minutes ruisseau* tomin. on trsyer^ deux rui^aux. 16 min. ravin profond qu'on passe sur un pont, on perd de vue le gotfe de Coriuthe.

A gauche, pont et chemin d'Angelo-Casrron. imn. montée rapide, butte, carrière. 5 min. ravin et pont. 5 min. Rachani, village. lo min. montée et descente, rivière qu'on traverse deux fois ; moulin de Boioukli. aS min. moulin. a5 min. torrent. 5 min. Khan. Total a heures 3o minutes.

l88 ▼OTAGE DE LA GRECE.

J apercevais encore son acropole enveloppée, à une grande distance , par la chaîne du Solygée, que les modernes appellent, de ce côté, montagnes de la Vierge (jpa navayucç)^ qui se rattachent à celles de Gléones. Tueurs longs escarpements , couverts de forêts , sont remplis d'une quantité considérable de loups , de sangliers et de chevreuils, que les Turcs de Corinthe, qui y font de temps à autre de grandes parties de chasse, ne parviendront jamais à détruire.

A quelques pas du caravansérail de Courtessa , nous passâmes sur un pont en pierro la rivière d'Agion- Oros (i), qui se rend à celle de Cléones au S. de Kurica, après un cours d'une lieue et demie; et dès que nous eûmes doublé un coteau de deux milles de développement, nous entrâmes dans une gorge parsemée de caïeux de scille et de touffes d'asphodèle , qui se termine à la fontaine deRito(2). Nous arrivions ainsi àlentrée du Trété , défilé formé par le mont Coumbiki d'un côté, et de l'autre par un contrefort du Tricorpho , qui dépend des montagnes de Mycènes. Les dervendgis , qui nous régalèrent d'eau fraîche, cérémonie qu'ils pratiquent de temps immémorial à 1 égard des voyageurs, voulaient nous conduire aux Colonnes y restes du tem-

(i) AgioD-Oros, village de 80 familles albanaises chrétienoes, une heure au S. O. La vallée pierreuse que nous parcourûmes N. S. jusqu'au Rito a un quart d'heure de longueur. Il est parlé d'Agion-Orj>s dans la Chronique de Morée :

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Âir^ t6 fftipc; AajK.aXà %Û toQc ^ooç>

M. de la BihL du Roi*

(a) Rito, village de 35 familles grecques , une demi-heure S.

IïlVR£ XIV, CHAP1XB£ II. 189

pie de Jupiter Néméen ; comme nous devions bientôt

eatrer dans TArcadie par cette vallée, nous les remerciâmes de leur bonne volonté.

Nous tournâmes au sud -est, en prenant le Trété, dans lequel coulent la rivière et les eaux de la source de Kito, au milieu d'un fourré épais de myrtes, de lauriers - roses et d'arbustes. Il est possible, puisque Pausanias le dit, que cette anfractuosité ait été autrefois une route pratiquée par les chars; mais elle est actuel* lemeut dans un tel état de dégradation , qu'on a quelque difficulté à y voyager à cheval. J'employai trente-huit minutes, au pas ordinaire, à là parcourir, avant d'entrer dans la plaine d'Argos, qui prend, à son ouverture méridionale, le nom de Chcurip-du^Drognian, Mous avions à main droite un large torrent et l'entrée d une gorge qui condaiL au village de Zacharias. Nous cherchions Mycènes, et nous avions beau demander à nos conducteurs oit était Carvathi (nom sous lequel on désigne ses ruines), ils faisaient la sourde oreille. Nous les laissâmes donc aller en avant avec un de nos janissaires, en leur ordonnant de préparer notre logement à Argos , et nous nous rapprochâmes des montagnes de gauche, pour trouver la ville que nous voulions visiter.

Le mont Tricorpho, vers lequel nous marchions, élève trois sommets grisâtres qu'on découvre des environs deCléones et de la plage maritime deTirynthe, quand on débarque aux. rivages de TArgolide. En a vantant, je ne tardai pas à apercevoir à leur base, au couronnement d'une butte aride , des pans de murs ;-et un jeune pâtre nous apprit que c était la porte sur la-

quelle ii y a deux lions^ que Ton croit être louvrage desCyclopes(i). Nous y arrivimes en courant, et je vis

Mycènes. Des ruines sur lesquelles vingt-deux siècles ont passé existent encore telles que î^ausanias les a décrites, tandis que la superbe Gorinthe est ensevelie sous la poussière. Argos, Sparte, Mégaiopolis, ont disparu , tandis que les tombeàux du roi des rois , et ceux do sa dynastie, ont bravé le temps. Je mis pied à terre précisément aux deux sépulcres désignés par M. de Cbâteaubriand comme étant ceux d'Égisthe et de Ciytemnestre (2).r.élais frappé de l'idée que je foulais les

fi)Paus.,1il). TT, c. 16

(1) (domine j'avais en main 1rs rroquis de Fourmont, et un plan de Mycèoes» levé par MM. Fonrherotet Fauvel, quif marquent les tombeaux en question , je. vis qu'ils étaient cocmas bien antérieurement au voyage de M. de Châteaubriaml Il en est de même des ruinés de Sparte, relevées par Fourmont et Foucherot. Ce dernier y a copié plusieurs inscriptions, parmi lesquelles j'en poiurais citer quatre inédites qui se tionveiit dans le carton n" H6 des papiers de Villoison déposés à la Biblkirthèque du roi. Je suis loin cependant de partager le sentiment du docleur Avramioti , qui relève avec ironie Texclamation de M. de Ghâteaubriand , lorsqu'il dît : Singulière destinée qui me fait sortir de Paris pour fixer l'emplacement de Sparte, et découvrir les cendres de Clytemneslre ; et je me (garderai bien de lui répondre : l\on hifolco e pastore che non le conosca ! Les paires ci les c}ie\>riers ne sont pas experts en ces sortes de matières , dans lesquelles M. Avramioti est luimême un très-mauvais juge. Il aurait dû savoir que ces sépultures appartiennent, l'une à Halil, Aga d'Argos, assassiné en 177 1 par les brigands, et Taiitre à son domestique, qui eut le même sort; voîlà à quoi se réduisent les prétendus tombeaux d'Égisthe et de Clytemuestrc.

LIVKE XIV, CHAPITRS II. I9I

tombes sacrilèges des meurtriers d'Atride Âgatnemnon ;

mais quand 1 imagination eut payé son tribut aux illusions, le voyageur se mit à raisonner.

Ces tombeaux, que j'avais sous les yeux, étaient dis^

posés dans la iornie suivante :

et, en faisant attention à leur construction , je vis qu'ils étaient turcs. J^en avais remarqué autrefois de sem«> blables aux Sept-Tours; jVn trouvai quelque temps après de pareils à Élis, avec des proportions qui prouvent que les conquérants du Péloponèse étaient dans Tusage de faire de grandes lombes, pour donner aux peuples une idée extraordinaire de la force de leurs guerriers. Cette réflexion m^ayant mis sur la voie , je me détournai un peu vers les montagnes de gauche, où Founnont,qui a levé un plan deMycènes en 172^99 indique les ruines qu^on pourrait regarder comme celles de XHéreum^ ou Héroum^ mentionné par Pausanias; mais je n'en vis plus que la poussière. £n poursuivant mes recherclies , je suivis une ligne de soubassements d'ennîinte, qui séparaient les monuments funéraires d'Égisthe et de Clytemnestre de la ville, au moyeu de murs implantés sur la cretc d'un coteau parallèle à l'acropole de My cènes. Or, comme Pausanias dit que les tombeaux des parricides se trouvaient hors de la place qui renfermait le caveau sépulcral d'Agamemnon , il faut les chercher de ce côté , et non pas à Tendroit oit Ton a cru les avoir découverts.

ig^ VOYAGE DE LA GRÈGE.

Nous montâmes vers la porte qui s'ouvre au nord

de la citadelle , et je reconnus Texactitude du dessin que Fauvel m'avait communiqué. IjCs lions, hauts de di& pieds 9 poses comme dans les blasons, ont t litre eux une colonne renversée, qui est sculptée, ainsi queux, dans une énorme pierre ogivale placée sur le linteau de l'entrée. Dans Fintérieur de l'acropole, je trouvai, coniinc à Doduiie , des puits revêtus en maçonnerie, et au mur oriental, deux ordres de codsp t motions cyclopéennes, qui diffèrent entre elles par la grosseur des pierres. Quehjues voyageurs pensent que la colonne placée entre les deux lions est le sym* bole d*un Pyrée, emblème du soleil; comme ces animaux sont, dit-on , le signe de l'élément liquide, dans la langue hiéroglyphique des Égyptiens. Il serait possible que ces signes et ces emblèmes eussent été introduits dans l'Argolide par les colonies d'Inachus. Quant à lacropole deMycènes, sa forme est celle d'un triangle irrégulier qui s'étend de IVst à l'ouest, dont les murs suivent les sinuosités du terrain sans être garnis de tours ni de contreforts. 11 serait intéressant de déblayer une espèce de poterne qu'on remarqfue à la partie orientale de cette forteresse., parce qu elle est regardée comme l'entrée d'un tombeau de la même espèce que

La citadelle, que les poètes appellent le palâis des Pélopides(i), ses murs solides (a), qui s'élevaient jusqu'aux cieux(3), ainsi que les hypogées duiit on va par-

(i) Awijia mXo^i^wv. Sophocl. Elcctr.

{i) EuxTiftevov iTToXuôpov. Iliad. II.

(3) Oùpavta Titxu. SophocL ElecCr.

LIVAB XIV, CHAPITEE It. 1^3

1er y portent le caractère des constructions égyptiennes. Cependant presque tous les auteurs anciens les regar* dent coiiiine l'ouvrage des Cyclppes^ aux(j[uels on attribue toutes les maçonneries pélasgiques connues (i). Pausanias, Strabon, et Diodore de Sicile, parlent de Mycènes comme d'une ville 'anéantie, récit erroné, ainsi qu'on peut en juger d'après l'état de conservation de ses principaux monuments.

Comme je n'avais rien de plus à voir au milieu de ces ruines , je revins dans la ville basse pour examiner les chambres souterraines, que je crois-être des tombeaux et non pas des œrarium , à moins qu'ils n'aient réuni ^ cpmme notre abbaye de Saint -Denys, les noms de trésor et de tombeaux des rois. Je ne sus nui gré au dévastateur du Parthénon d'avoir fait nettoyer le caveau qui posséda les dépouilles mortelles d'Agamemnon : un pacha, pour les mêmes motifs de cupidité, aurait entrepris ce travail. M. Fauvel, avant lui, avait fait mieux, puisqu'il nous en avait donné une description. « Le grand monument funé- «( raire de Mycènes, écrivait -il alors, est construit a en pierres énormes d'une égale dimension. On

(i) Euripid. Hercul. Fur. v. 94^; id, Iphigen. in Aulid. v. 556. KvxXmttuv ttlce«(L^«9 ilnd, v. i5a.É» MuiriW«c <^è Tàc xuxXwiKiaiC» ibid, a65. noXcafMcIIt^tfifttc KwcXit«Mv mvovxt^&v» iHb^ T« i5oo. KvxXi^wv gètlpa, Herc. fur. V. 944; Thyest. Act. III, v. 407;

majusmibi

Bdlom Myoeni» nsUt , ut Cyclopea BTcna wanibiis nx* noBtris coaciciftot.

cerao Cyclopom aacras

Tune»» labore nwjm htmiuio deciu.

194 VOVAGE LA. GRfeCE.

« arrive par une tranchée en talus a la porte , qui « est plus étroite d'en haut que den bas. Au-dessus, a elle est traversée par un linteau qui supporte l'en- « cadrement d'un évent triangulaire de vingt - deux ic pieds. La hauteur de la chambre est de cinquante n pieds sur quarante^six de largeur ; elle communique <c à un autre caveau taillé dans le roc , mais beaucoup tu plus petit, qui a une porte et une ouvérture en forme 9 d*tinpostes semblables à celle qui donne entrée dans « la première chambre. » Telle est la description qUc M. Fauvel donnait, il y a quarante ans, de ce monument, ([iii servait alors de bergerie (i).

Qu'il me soit permis de demander maintenant à M. Gell s'il est probable qu'Agamemnon ou les siens aient fait construire avec tant d'appareil un cerariurn hors de Tacropole, où devait naturellement se te* nir la garnison , afin d'y déposer leurs trésors. Comme il faut rendre raison de tout t^uaiul ou émet une

(i) Le baron deHalîer, qui a mesuré cet édifice avec le plus grand soin, lui clumie les dimensions siiivaotes, qui diffèrent de celles de M. Fanvel, sur lesquelles je leur donne la préférence : Diamètre, 47 pieds hauteur, 4^ pieds 7 pouces; porte d'entrée, 17 pieds 2 pouces i/4; largeur, 7 pieds 9 pouces t/%\ évent triangulaire pratiqué aunlessm de la porte« lA pieds II pouces; grande pierre de l'architrave, longuenr, 22 pieds 1/2; diamètre, 20 pieds 1/2; équarrissures , 4 id,-^ petit caveau latéral, 10 pieds sur 27 3/4; hauteur de la porte, 9 pieds 4 pouces; largeur, 4 pieds 1/2; construction générale en assises régulières, formant une cavité paraboloïde, idée pri* mitive de la voûte et des dômes.

Quelques clous en 4>ronxe sans crochet portent à croire que l'intérieur était revêtu en lames de cuivre^ et plusieurs pcirsonnes prétendent en avoir vu des restes.

L1VA£ XIV, CHAPlTHfc II. 1^5

ofMiioa âussi «xtraordinaire^ il ii*élait pas plus déplacé

d ajouter que le caveau latéral était destiné à renfermer les bijoQK de la couronne; le roman aurait été complet. Mats est -il crojrable que le rot des rois eût des trésors considérables, dans un temps où les métaux prédeux étaient si rares, qlieladivine égide est estimée par Homère qui peignait les èiècles héroïques, non pas en espèces ayant cours, mais au prix de cent hécatombes, parce que les richesses publiques étaient alors des troupeaux^ des armes ^ ou des ust«»nsiles h Ttisage des hommes^Mais, sans discuter ces iaits, la forme pyramidale des caveaux de Myoènes, construits dans le s^le égyptien, retrace Tidée reçue de Rêroum consacré aux divinités Gatacluhonieunes. Enfin nous ajouterons que c$ édifice est peut-être une construction des Bélides, qui succédèrent à la colonie d^Ittachus dans la possession de TArgoUde.

Il est probable qu'Agamemnon fut dépossédé de sa dernière demeure par les Argiens, qui renversèrent Mycènes; car dans les orages politiques, les passions humaines ne respectent ni les •autels des dieux, ni la majesté terrible des toniboanx (r). Il îhp restait à découvrir la sépulture commune de Téiédame et de Pélops, et je crus la trouver (car il &ut beaucoup su pposer), dans une seconde pyramide souterraine démolie jusqu'au niveau du sol, qu'on voit à peu de distance de la porte aux Lions. C'est à l'occident de cet autre caveau que passe le rempart de la basse ville , qui embrasse tous les lieux que j*ai énumérés, en se prolon-

(i) Ot événement est rapporté <i la première année de la LXXVIU d ysipiade. Diod* Sic. ^ tib. XI , c. 65.

IqG V0YAG£.1>£ la OAÀCB.

géant au midi jusqu'à rextrémité de la batte ^ pràs d^uue chapelle où Ton remarque un tomijeau dans lequel on enterra peut-être les meurtriers d'Agamemnon.

Je n'ai point vu les débris du temple de Junon (i); niais il est probable que nous suivîmes le cours de la fontaine Ëleuthérie, dont l'eau est maintenant conduite par une ornière jusqu'au village de Garvathi (a). * Quelques paysans, qui labouraient aux environs, nous offrirent des médailles romaines que je n'achetai pas, à cause du prix exorbitant qu% en demandaient. Mes relevés, pris de cette hauteur, me donnèrent ^auplie quatre lieues environ au midi,. et Argos deux heures au S. O. J'avais sur la droite, à la distance de trois milles, le village de Dictys, et un peu au-dessous celui de Coutzopodi.

Nous traversâmes le hameau de Carvalhi pour arriver au caravansérail de ce nom, près duquel nous rentrâmes dans notre chemin. On ne trouve plus sar cette route, qui fut celle de ÎMveènes à Argos, le monument héroïque de Persée ; mais le village de Dictys semble rappeler le 90m de celui qui avait tenu lieu de père à ce héros (3). Le soleil baissait, et un voile

(i ) Pausanias place ce teœple à quiuze stades de Mycènes (un luiiie lib. IX, c. 17.

(a) hucriptùm troupée au vilUtge de CarvaihL

nHFH XAIPB TIKTOMAi EN ATAIZ KAI OTNNO

(3) Dictys, frère de Polydectc , et Clynaèiie, Icmaie de Dictys, avaieut clcvé Persée, libérateur d'Andromède, dans l*ilc de Sériphe, où il fat, dit'-on , apporté par les flots.

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