LIVRE XIV/ CHAPITRE II. I
de tristesse couvrait les campagnes sans arbres de l'Argolide qui étaient dépouillées de leurs luoissoiis. fftvais relu au pied du mont £ubée les cartes de M. Gell et du géographe d'Anacîiarsis. Je m'orientais en examinant la chaîne nue des montagnes de la Trécénie; et je reconnus, dans le mont Mégavouni, l'Artémisius, que je devais bientôt prolonger pour pénétrer dans TArcadie. Tindiquai sur mon carnet la position de Midée, que je place près d'Anasissa, charmaiil village que nous laissâmes à gauche, à trois quarts de lieue de C^rvathi , sur le chemin qui conduisait par Lessa à Épîdaure. Une demi4ieue plus loin, je pris le croquis du Charadrus, torrent fougueux, maintenant appelé Xéra, sur lequel il y a une chaussée en pierre percée de trois arches. Je pense qu*il serait di& ficile d'indiquer aux environs le lieu où exista le monument consacré à Thyeste ( i); mais je présume que le temple de CérèsMysienne se trouvait à l'endroit oh Ton voit une chapelle en construction hellénique. On venait de déterrer tout auprès un marbre dont rinscription rappelle les mysticités des Ba»Iidiens (a). Le
(1) Paus., lib. II, c. 18.
(2) Ce marbre représente dans un encadrement la figure de la sainte Vierge , le front surmonté d'un croissant et la téte entourée de sept étoiles. Sur la bordure, on voit les douze signes du Zodiaque, et au bas, l'inscription suivante, composée en termes cabalistiques , qu'on retrouve dans le grimoire du pape Ht)noniis, imprime sous la rubrique de Rome, avec la date de Tanné 1670 :
UIA. 4»PAm<MPL KAHOOPA. ATSTITrA. AmSKA. KI£ TAI2 TH 2ABAiie. ABOaEPEPZAZ.
Ce marbre appartient maintenant au lieutenant-colonel M. d^ Bosset.
igS VQTAGH DB LA GRI^CE.
chemul aboutit, quelques pas plus loii),à riaachiiSf oi» Planitza, fleuva impétueux, qui était saDB eau au imh ment où nous le passâmes. Les Argiens réparaient une longue muraille quiU ont construite pour défendre leur ville contre ses inondations e( la quantité de galets que ses eaux entraînent quand les pluies de l'hiver le font sortir de son lit. Au lieu des portes du Soleil et de Lncine , qui donnaient entrée dans Argos , nous ne vîmes que quelques huttes basses, au mUieu desquelles nous errâmes avant de trouver le logement iju'on nous avait préparé dans une vaste maison.
. Dans la soirée, nous reçûmes la visite des archontes , parmi lesquels je trouvai M* Avramioti. Après s'être ju»tifié de llndifférence qu'il m'avait témoignée au temps de ma captivité, il se plaignit de M. de Chateaubriand , contre lequel il méditait une diatribe. Je voulua en vain
l'apaiser, en lui conseillant: de terminer sa carrière sans se mêler d'écrire; il jura par Bmcchus (per Bacco.) qu'il noircirait du papier, et il a tenu parole (i).
(i) Cette misérable brochure est intitulée : Alcuni cenni cri-^ ttci sul viaggh m Grecia deisignor F. A. Chàteaubnaad.
(Pâdova. i8i6i.)'
LIVRB XIV, GUAPITEE III. IQQ