CHAPITRE IV
Ruines de Tirynthe. —Distance entre cette place et Naupifie.— • Férocité des Turcs. Route entre Mycènes» Tirjnthe et !P7aup1te. — Description de cette ville. — Attaquée et prise
j>ar Baiberocisse. — Notice sur crt homme de mer. — Force de son assiette. — Palamicle. — État de la garnison. — Inscriptions anciennes et modernes. — Entrevue avec le Mouphli chef des Émirs*. — Port Avion ou Tolon. — Route de NaupUe à Lyconrio. — De Lycourio à Hiéro ou bois s«eré d*Esculâpe. ÉpidâUre. Route par distances entre Épidaure et€orintlie. — «Trétene, aujourd'hui Damalas. — Méthana. — Cap Scyllaeum. — Hermiune on Castri. — Cranidi. — Port Bisati. — PortDrapano. — Considtîrations sur l'importance de la presqu'île composant le canton de Nauplie.
La démarcation entre les cantons deNanpIie et d'Ar*
gos est tracée par Une ligne tiiée du Trété, qui vien-. drait aboutir au golfe Argotique deux milles et demi a Foccident de Tirynthe. La partie supérieure de la vallée, qu'elle divise dans sa longueur, passe pour jouir d'un air aussi salubre, qu'il est funeste an voisinage de la mer , à cause des rizières situées \ Fembouchure de riaachus et près de Nauplie ^ ville qui est clevenm le séjour de l'anarchie et des fièvres pernicieuses.
La distance d^Argos k Tirynthe est de quatre milles. Pausanias dit qu'on trouvait sur cette route, qui était celle d'Épidaure , un édifice bâti en forme de pyramide, où Ton gardait des boucliers faits à la manière de ceux des Argiens. On traversait à partir de là le champ de bataille de Prœtus et d*Acrisius. « Plus loin , poursuit-il, M sur la (Imite, vous découvrii t z les ruines de Tirynthe, « car ie& Argiens ont détruit cette ville pour en transr « porter les habitants à Argos ^ qui avait besoin d'être
LIVIIE XIY, CHAPITRE ai5
« repeuplée; il n'en reste tjue les murs, qui passent pour « avoir été bâtis pai^ les Cyclopes(i). » Prœtus les avait fait venir de Lycie (2) , et ce furent ces manouvriers , qu'il ne faut pas confondre avec les Cyclopes de la mythologie, qui firent de Tirynthe une place d'armes, dont Lycimna (5) était probablement la citadelle ott acropole. Lies ruioes seules de ce donjoa existent de nos jours; ainsi il y eut à Tirynthe comme à Mycènes . une ville basse et une ville haute , qui furent probablement construites à des époques différentes.
L'acn^le est bâtie en pierres sèches d'une telle dimension qu*tl faudrait, dit Pausanias, deux mulets pour traîner la plus petite; elles étaient autrefois jointes ayee des pierres de moindre dimension, qui cadraient si juste avec les polygones, qu'il ne paraissait aucun Vide (4). Trois mille ans ont passé sur cette éton-
(1) Pans., Ub. Il, c. a5.
(a) Strab. ^ lib. YIII, p. 372*
(3) I/es savants auteurs de la traduedoD française de StraboQ
font observer que comme il est question des Cyclopes qui accompagnaient Persée, petit-fils d'Acrisius, dans sou retour de ^ la Phénicie (SphoL Apollon. Argonaut., lib. IV, v. 1091 ) , il est probable que c'étaient des ouvriers phéniciens habiles dans fart de bâtir et dans celui de forger les métaux ( Creuaer. Historié. Graecor. Aiit. Frag. p. 78] ,qui étaient venus à diverses époques dans la Grèce , et partiçulièrenient dans le PélopiK nèse. D'riiities écrivains (Stnrtz. Pherecyd. F'ragm. p. 82) croyent que U'> Cyclopes étant, suivant le scholiaste d'Euripide (in Orest. v. 96^), un peuple de la Thrace qui, chassé de son pays , alla s'établir en divers lieux , quelques-u^ d'eux pouvaient s'être fixés dans l'île de Seriphe, d'où ils autaieot suivi Persée à son retour de Phénicie.
Note 3 , p. ïB4 , lîv. THI^ de ta traduct de Straboii^ (^4) Pau», y lib. lif c. 25.
nante architecture ^ et des siècles s'écouleront avant qu'elle soit anéantie. Quoique Pourroont se soit
vaoté d'avoir renversé Tirynthe, elle est toujours en place. Ses ruines, appelées Pakea NaupUa^ la vieille Nauplie^ sont situées sur une éminenoe en partie abrupte, qui s'eiève à rextrémité de la plaine d'Argos. Les murs d'enceinte renferment un espace de deux cent quarante-quatre pieds anglais en longueur sur cinquante - quatre en largeur, suivant M. DodweU(i); et leur épaisseur varie de vingt à vingt- cinq. Leur hauteur est de quarante -trois pieds dans la partie la mieux conservée. Les pierres les plus grandes qui entrent dans leur construction ont neuf pieds quatre pouces de long sur quatre pieds d'épaisseur; les autres ont communément sept sur trois pieik de dimension , et il est probable que les murs avaient soixante-dix pieds d élévation lorsqu'ils étaient entiers (a).
(i) Mon ami M. Smart- Hughes dit : its dimensions are agS \ards by 75. Whcre the breadth is Gieatest. Vol. , I , p. ao6.
(%) Le R. Smari'Uughes donne d*après M. Cockerell la note suivante des plus grandes pierres employées dan^ les pr^çir paux édifices connus.
Pieds.
A Tirynthe.... 9
A rAtréom de Ifycèiiei 37
A un mur dans Tile de Cëos . 19
A l'opisthodome du Parthénon en marbre aS
Pouces ançlai*.
6 de loug.
o larg.
10 épaiss
o long
6 hr%.
6 épaiss.
o long,
o larg.
6 épaiss.
o long.
6 larg>
9 épaiifi*