LIVRE XIV, CHAPITRB IV. aij
La galerie, qui est probablement l'espèce de casemate que Pausaaias décore du uom de chambres des filles de PrœtuSy est un souterrain de forme ogivale de quatre-vingt-quatre pieds de long sur cinq de large, où les chevriers parquent leurs troupeaux. Les chauves-souris et les chèvres sont en possession de ce corridor, qui n'était suivant toute apparence qu un magasin desUné à renfermer les approvisionnements de bouche et les armes nécessaires à la garnison de cette place, qui pouvait passer pour inexpugnable dans le temps où elle florissaity quoique les Argiens s*en soient emparés ainsi que de Mycènes.
Pausanias fixe la distance entre ïiryntbe et Naupiie à douze stades, ce qui revient à peu près à l'e^ time des voyageurs, qui l'évaluent de trente à quarante minutes de marche. C'est de ce côté que les anciens plaçaient la fontaine Ganathienne, dans laquelle Junon descendait chaque année pour se baigner et recouvrer la fleur objet des regrets de Sapho ; icap Oevia. Les mythologistes ont célébré cette source sous le nom d Aiiiynione , dont ils attribuaient la découverte à une des filles deDanaùs, pour prix des faveurs qu'elle avait accordées à Neptune. Cette partie de l'Argolide et les environs de Tirynthe sont couverts de cotonniers et surtout de vignobles bien soignés. Pausanias raconte à ce sujet que la taille de la vigne fut primitivement
A Balb^c, au soubasseiAent d'un temple 56
A un autre temple » 60
Au pftlak Pîtti à Florence 97
Au Louvre, une pierre 36
Pouces anglais.
o de long, o long, o long, o larg.
o épaîss.
o long.
ai8 VOYAGE 1)K LA GE£C£.
mise en pratique par les Naupliens, qui en conçurent
ridée en vo^^^anl un à ne brouter des ceps. Cette leçon ne serait pas la première et la moins profitable que les hommes auraient reçue des bêtes ; ra|xffÀ0T0fi(«, ou taille de la vigne ^ devint ensuite une fête publique dans la Grèce insatiable de solennités* Que n'a-t-elis encore des législateurs pareils aux baudets , cela serait préférable aux Mahométans! Au moment où je me trouvais à Argos , on racontait que quelque temps avant , Ali Pharmakî de LAla , qui avait reçu un affront d'Arnaoute Oglou, n'ayant pas de moyens de vengeance directs, ordonna dWréter onze chrétiens vassaux de cet aga, qu'il fit empaler, pour outrager dans leurs personnes Tautorité de son ennemi. Le souvenir de cette atrocité qui me £aiit encore frémir était cité comme une prouesse et une action de bonne compa* gnie, par les Turcs de Naupiie.
Le chemin entre Mycènes et Tirynthe est évalué s trois heures et demie de marche. 11 semble que Pausa nias n'avait pas exploré attentivement cette partie de TAi^olide, oii il exista anciennement des choses inté» ressantes à observer, si on en juge par les ruines qui se trouvent de ce coté (i).
(i) Route par distance de Mycèoes à Naupiie , en passant par Barbttza et les ruines de Tirynthe. De Mycènes route à l'Est entre deux montagnes. 5 minutes, roche à Ui base de laciaelle
sort la foiit.iiiie de P* rséc. 8 min. restes d'anciennes murailles, pont antique sur un torrent^ on tourne à droite. 7 min. sommet du défilé , chemin au Sud en suivant le cours d'un ruisseau ; pic de la montagne à droite, ao min. poste militaire, ouverture de la vallée I mont Arachné sur la gauche. 5 min. église de St.Diroitri. 3 mtn. grande église dédiée à la Ste-Vierge , source
Livjaj-: XIV, CHAPITRE IV. aig
On remarque à dix «huit minutes de Garvatlii, en
toui llant vers Tirynthe, des vestiges d antiquités, et à peu de distance, uu temple changé en église, dont les colonnes d'ordre dorique et les brique s peintes an* noncent un ouvrage des beaux siècles de la Grèce, qui Ait probablement restauré par les Romains. A quelques pas de ce monument , une autre église présente plusieurs morceaux d arcliitecture qui méritent d'être étudiés. Tout auprès, on voit deux puits et deux ter« Fasses attiiicielles pareilles aux tombeaux héroïques ' de la Béotie qu'on a fait counaitre : j^gnore à quoi se ratta<dient historiquement ces tumulus , qu'on pourrait fouiller 'avec succès , car cette contrée ne Ta jamais été. Â sept minutes des buttes tumuiaires, on arrive à Phonica, village bâti sur une éminence oii Ton re« marque un puits entouré de colonnes doriques , et les fondations très-étendues d'une enceinte qui fut probablement celle d'une place dont le nom est oublié depuis long-temps. En continuant de marcher dans la direction du golfe, on passe à Aniphi ou Anasissa
abondante qui jaillilenboujUoniiant et seperdà peu de distance sous terre. 7 mm. ruisseau, émmeiiee ù gauche. 5 min. tour fortifiée , grotte. 6 min. chapelle St-Gcorge. 4 ni^n* ruine romaiee de forme octogone, Barbitza restant un mille et demi à gaache sur une hauteur. i5 min. le chemin suit le lit d*un torrent, gorge encaissée, Ci^ùora oïi défilé. 17 min. ouverture de la vallée vers la plaine d'Argos, ruines à droite sur une éminence. 18 min. grand ptrc à droite, tour sur une hauteur à gauche, villages, deux puits ^ fragment d'une colonne. 7 min. deux villages à droite. 8 min. village à droite ^ églises et anciennes fondations à droite. i5 min. trois villages. 7 min. on traverse la route d'Ai^goS à Épidaure. S min. ruines de Tiryntlie. 3o min« NanpUe. Total de la route 3 heures a6 minutes.
haineau entouré dé quelques oliviers et <fe cliamps bien cultivés. Dix minntes sur la gauche, on se rend
à Platanista, village dont l'église mérite d'être visitée, à cause de quelques colonnes doriques. De lii à Mibaca il y a un quart d'heure de chemin. On trouve dans un rayon de ciuq à dix minutes autour de ce village des débris de colonnes, de constructions^ ^ des jardins cultivés d où l'on tire presque tous les végétaux nécessaires à la consommation d'Argos et de INauplie. Les hameaux de Coutchi ( les oiseaux) et de Gopbina bordent le plateau qui doit appeler, comme le remarque M. Dodwell , lattention des voyageurs futurs. De Cophina à Tirynthe le chemin est d'une demi -heure de marche; nous avons donné la distance de ces ruines à Naupiie, chemin sur lequel on ne trouve plus, au lieu de Midea eide Sepia, qu'une vieille tour*et un caravanséraii délabré.
Strabon donne le nom d'échelle ou port d'Argos à Nauplie, oh l'on montrait l'âne emblématique de Tignorauce des Naupliens (i), qui est maintenant remplace sur la porte d'entrée de la ville par i'hippogryphe de Venise ou* lion de Saint-IMarc , que les Turcs ont laissé subsister comme un trophée de leur conquête sur ces infidèles. Cette place était presque déserte dès le second siècle de notre ère , mais il est probable qu'elle se repeupla, car on trouve up de ses évéques nommé dans les actes du synode pour la restitution de Photius au siège patriarchal de Constantinople. La chronique de Morée en fait mention comme d'une des prin-
(i) Strab., Ub. VIU, p. 363; Paus., iib. U, c. ^y&o- Fab. ii6.