Vii£ xiii, cif A PI xii i; i
« cadavres de tant de villes fameuses sont étendus de* ce vant nos yeux sans forme et sans vie ( i ).
Strabon , (]ul voyageait posterieuK iiirnt à Ciceroii, dit que le Pirée était mluit à la condition d*un chétif village , disséminé aux environs du port et autour d*un temple de Jupiler-Sanvcur. T^'liaj)tère en élait orné de statues (9) ; et , parmi les peintures des plus habiles maîtres qui ornaient son portique, on remarquait encore un tableau d'Arcesilas , représentant Léostliènes et ses enfants (3). Les ïhalassiarques , les Triérarques , les deux Apôtres ou intendants de la marine avaient cessé d'exister, ainsi qne l'ordonnance qui prescrivait à chaque père de famille de faire apprendre à lire et à nager à ses enfants. Maintenant tout a disparu : les ossements du cadavre de cette place opulente sont pidvérisés, et la nature seule a résisté au temps pour conserver la forme primitjve qu'elle reçut.
Le port du Pirée comprend , comme autrefois , plu* sirurs moiullages qui, à Texception de celui de Zéa , ou port au blé, sont toujours accessibles aux vaisseaux de haut bord. On dit que la presqu^le dont il est en** vironné fut séparée du continent (4), mais la nature des lieux semble contredire cette assertion. LVusenible du bassin était surnommé le triple port (5), divi-
(i) Cic. Epist. lib. IV, Epist. V.
(a) Strab. IX, p. SgS.
(%) Paus. Attic. lib. I , c. 1.
(4) Strab. lib. I, p. $9 et elle avait pris son nom de ni>av, qui signifie aig^-àelà,
(5) Cornet. Nepos in vil. Themistocl.
iiii VOYAGL DL LA GR^CE*
sioh correspondante aux cales de Zea (i), d'Apbro* sidion (2) et de Cantaros (3), dont les sinuosités embrassent deux milles environ de développement, jusqu'au goulet compris entre les promontoires Alcime et £élionée. Les Athéniens fortifièrent et fermèrent dans la suite ce chenal au moyen d'une chaîne (4) ou entrave, qu'on levait probablement tous les soirs ^ comme cela se pratiquait autrefois à Marseille.
Strabon affirme que l'arsenal de Philon pouvait con^ tenir quatre cents vaisseaux (5) : Pline porte ce nombre jusqu'à mille (6), ce qui me semble exagéré, car dèsi le siècle de saint Paul, qui vivait à-peu-près au tempa de Tailleur de l'hibloire naturelle, les bâtiments marchands étaient déjà d'une grande portée (7)* On sait que le Pirée, qui est appelé Kalen par les Turcs, prit au moyen âge les noms de Porto-Dracone et de Porta" Liofie, à cause d'un lion en marbre de grandeur co^ lossale, représenté la gueule ouverte du côté de la mer, comme rugissant et prêt à s'élancer sur les vaisseaux qui entraient au port. Ce monument, qui fut trans* porté en 16^ à Venise , s'y trouve encore à la porto
(i) Hesych. v. IInpaMi>(.
(a) A cause d'un temple de Vénus qui était voisin. (3) Xav6apou Xi(im. Aristoph., Faix^ 144. ^4) Thucyd. HUt. Il, i4«f 94*
(5) Strab., lib. IX, p. 39$ ou 3oo.
(6) Plin. Hist Nat. lib. VII, c.
(7) Nous étions, dit l'apôtre, deux cent soixante-seise per sonnes en tout. On eommença à jeter le blé à la mer, et».
Act. àpostol. «7-37^
Digili^uG Uy
LIVRiS Xllff CftAl^JTllfe t.
de 1 arsenal qui a perdu, comme le Pirée, sa spien> deur et son commerce. T.e mouillage de Zéa est maintenant envasé au point de n'être plus accessible aux moindres barques, et de rendre Tair insalubre. Les vaisseaux de haut bord peuvent laisser tomber l'ancre , par neuf, dix ^ douze, et jusqu'à quinze brasses de fond, dans le ^^rand port, dont l'enfoncement court N. N. K.
Je vis sur rade huit bâtiments psariens et hydriotes. Les pécbeurs que nous avions rencontrés dans le canal de Salamine, n'avaient pas été heureux, aussi menacèrent-ils St. Spiridion de ne plus lui donner de bougies. J'entendis un des plus furieux traiter St. Nicolas de Paximadoklephtis , ou voleur de biscuit^ parce < qu'il avait consommé ses provisions satis rien prendre. Je parlai à quelques bateliers d'Égine, qui me dirent que leur île avait autant d'églises que de jours dans l'année; leurs bateaux et ceux des marins de Salamine étaient chargés de fruits et de légumes. Après avoir blasphémé père et mère, ils entonnèrent un cantique , et appareillèrent de conserve au point du jour en faisant voile pour Hydra, qu'ils fournissent de plantes potagères ; car TAttique est un des jardins de ce rocher, qui ne possède que de Tor , des marins audacieiu et des vaisseaux rapides.
A neuf heures du matin les chevaux que nous avioûs fidt demander arrivèrent et nous partîmes. Je savais que la distance mesurée du centre du port Pirée au Partiiénon est de 8829 mètres 3; ainsi je n'avais plus que des détails de route à noter, car on entre aussitôt , comme le dit Properce, entre les longs murs (i).
(f) Inde obi Pirad capient loe Uttora portas,
Scandam ego Thesese braoW» loii|« Tilé. P»omv«
3o YOTAGR DE LA GRlkCE*
En avançant dans FAttique, on serait tenté de croire que le serinent de ne rétablir aucun des temples détruits par les hordes de Xerxès, vient d'être prononcé ( I ). Hélas ! leurs décombres, monuments de l'impiété des Barbares, sont tombés au pouvoir des Turcs, que la civilisation repousse ; mais il semble à leur arrogance qu'ils ont imposé à l'Europe les conditions hu- , miliantes du traité d'Antalcidas. Nous suivions la partie boréale des longs murs renversés sous la tyrannie des Trente, relevés par Conon, détruits par Sylla (a), restaurés sous les règnes de Yalérien et de Gallien pour s'opposer à une invasion des Scythes ou Gotlis (3) , dont les soubassements existent comme des pierres d'attente. Quoiqu'il soit probable que ces grands débris appartiennent à des constructions du moyen âge, il i'xiste cependant dans <|Lielques endroits un tj(pe d'antiquité qui est facile à démêler.
On reconnaît sur la voie rurale que nous suivions plusieurs tombeaux nommés par Pausanias,que M. Fauvel a fouillés et explorés. A mi-chemin d'Atliènes , on nous fit remarquer un de ces monuments, qu'on dit être le sépulcre de l'amazone Malpodie. Kous passâmes presque aussitôt le lit desséché du Céphisse attique, et nous entrâmes au milieu d'un plant d'oliviers, qui divise le viiUon dçpw la bauleur de Colpne jusqu'à unedemi-
(1) , Jurafneninni graoc. ap. Lycurg. orat. contr. Leoc edit. Reiske^ p. 193.
(2) L'an de Rofoe 669 , soms le consulat, de ^. Corn. Cinna, III, et de Cn. Papirius Carbo.
(3) A. C. !i53-a59, Syncel., p. 38i; Zonar., t, l, 629; Anastas. • p. ; GotL Striit., c* x , S. 6. , ,