‹ Voyage de la GrèceChapitre 7 sur 224 · LIVRE Xlily CHAPITHE I. aS · texte numérisé non relu

LIVRE Xlily CHAPITHE I. aS

o chaîne des tabernacles, avec du froment de Juda, deâ m laines teintes de Damas, des cannes succulentes et « des parfums de Saba et de Rema (i). Nous sommes «fidèles à nos engagements, et connus dans le com- «merce dès la plus haute antiquité. Avant la guerre « de Troie, deux cent soixante ans après lentree de nos «pères dans ia terre promise^ car nous ne possédâmes «januus entièrement le pays de Cham, nous étions pasc ses du service des Hyscos à celui des Phéniciens, qui « étaient déjà répandus dans toutes les îles de t'Ârchi* apei, où ils vendaient des marchandises du golfe Per- « sique et de la mer Érythrée, oit ils avaient bâti deux « comptoirs du même nom que la ville florissante de *Tyr, qu'ils habitent maintenant. »

Les juifs, qui abhorraient les statues et les tableaux, en vendaient par commission, comme leurs descendants vendent aujourd'hui à Jérusalem des croix et des chapelets, dont ils sont les principaux fabricanU. Quoiqu'ils ne connussent qu'un livre, celui de Moyse, ils achetaient ceux des Grecs, et ils s'humanisèrent plus tard au point de lire Platon, mais ils restèrent toujours étrangers au milieu du peuple aîné de la civilisation.... Les en&nts d'Israël n'abordent plus au Pirée, me dit un des douaniers à qui je demandais s'il 7 avait des sentais juifs à Athènes, il ne leur est pas même permis d'y demeurer plus de trois jours. Grâces à la Panagia , nos enfants les sentent au fiimet, et les guérissent de i envie d*y brocanter, en les pourchassant & coups de pierre. Que viendraient -ik faire d'ailleurs

(î) Fqy. pour le oommerce de Tyr, Esechiel. c.

aG VOYAGK DE LA GUfvCE.

parmi nos compatriotes : un Athénien vaut trois Hébreux. C'est chez les Béotiens, bonnes gens , simples et gras comme des outardes , que la synagogue s*est transportée corps et biens.

Plus d'Israilites , plus de Phéniciens, plus de Romains, plus trAthéniens niéaie établis au Pirée ! Les cris de j^gai/ié Tyché^ à Ui bonne aventure ; Euphia^, bon vojagc; Pronoia Sozousa, que la providence vous consente y ont cessé d'ébranler les échos du rivage. Une échoppe , quelques magasins , un marchand qui vend des olives, du fromage, du pain de mais et une espèce de pi([uette amère, cinq ou six idonia ou maltotiers^ voilà ce qui reste d*un port où tant de nations abordaient autrefois. Sa décadence était elïrayante dès le temps ou Servius Siilpitius écrivail à Ciceron , voyageant dans la Grèce, cette lettre mémorable qui peint et la situation de Rome au déclin de sa grandeur, et Tétat malheureux de la Hellade.

« Je ne puis oublier une réflexion qui m'a beaucoup (t soulagé, pour diminuer votre affliction. A mon retour *< d*Asie, je faisais voile d'Égîne vers Mégare : j'ai fixé « les yeux sur les pays qui étaient autour de moi. Egîne « était derrière, Mégare devant, le Pirée sur la droite « et Corinthe à ma gauche ; foutes villes autrefois « célèbres et florissantes, qui sont aujuui d'iiui ren- « versées et presque ensevelies sous leurs ruines. A ir cette vue je n ai pu m^empécher de tourner mes pen- « sées sur moi-même. Hélas ! disais je, cuniment nous u agitons-nous, pauvres niortcls? Comment nous li- « vrons-uous amèrement à la douleur pour la mort dé « nos amis , dont la vie est si courte , tandis que les

Digiti^uG Uy

Page 1