‹ Voyage de la GrèceChapitre 80 sur 224 · LIVRE XIV, CUAFITRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE XIV, CUAFITRE IV

cipales forteresses de FArgolide. Ranusio, qui rapporte

son occupation par les \i' ai tiens a Tannée i ^.oS, dit qu'un certain prince Giovanitza la reprit peu de temps après ; mais il est probable qu'il ne la conserva pas long-temps, car, suivant Verdizotti, elle appartenait dans le même siècle à Marie d'£rigono , veuve de Pierre , fils de Fré* déric Corner Piscopia , qui en fit donation à la républ ique. Les Vénitiens , maîtres de cette place, repoussèrent plusieurs fois les attaques des Turcs, jusqu'en 1 460 , temps oii ils se convinrent de gloire, en obli^ géant Mahmoud, lieutenant de Mahomet II, à lever le siège qu il avait mis devant cette ville. Soliman ne fut pas plus heureux en 1 537 ' ^^^9 <l^ux ans après , elle fut conquise par Cassim, son sérasker, et les Turcs la possédèrent en vertu d'un traité pendant cent cinquantequatre ans.

La prise de Nauphe par Cassim , ou plutôt par Khair-Ëddin , est liée à une histoire si étonnante , que nous croyons à propos d'en rapporter les traits principaux. J ai pour autorité Brantôme et la tradition conservée parmi les Turcs , qui donnent à cet aventurier célèbre une origine française. Ainsi Cuprugli, Czerni Georges le dernier des chrétiens de la Servie, tii*aient leur extraction de cette vieille France qui fut toujours le berceau héroïque des braves.

K.bair-£ddin était, dit-ou, de la maison d'Authon en Saintonge. Sa mère , Marguerite de Marcueil , avait apporté en dot à son père les terres et seigneuries de Bernardièreset des Combes. D'Authon s'était joint à l'armée commandée par M* de Ravastein , que Louis Xil envoya dans le Levant au secour.s des Vénitiens, qui étaient ' en guerre contre les Turcs, il se lia d'amitié pendant

TOTAGE DE LA. GKÈC£.

cette campagne avec Montsoreau , cadet de la maison

de Berneuil eu Anjou. Ces deux chevaliers se trouvèrent au siège deMitylène^ où la discorde ayant édaté entre les Français et les Vénitiens, les confédérés se séparèrent sans obtenir aucun résultat favorable. Il nen fut pas ainsi de D'Authon et de Montsoreau, qot ayant armé en course, ne reparurent en France que chargés de butin et de richesses. Le chevaher D'Authon assurait qu'il apportait avec lui une coiffe de la Vierge, qu'il avait trouvée, par une espèce de miracle y près de Jérusalem. Cliacun voulait voir cette précieuse relique, que D'Authon crut à propos de donner à la paroisse de Champeou , dans laquelle était sa terre des liernardières. Il voulait y finir ses jours; mais quiconque a goûté des hasards de la mer, renonce difficilement à la vie aventureuse qu'on y mène.

D'Authon et Montsoreau ne parlaient que de Mitylène, où étant revenus pour se faire corsaires, ilsembrassèrent le mahométisme et se dirent frères issus d un renégat juif, originaire de Lesbos. Ce fut alors qu'abjurant le baptême et leurs familles, ils s'appelèrent Tun Rhaïr-Eddin , du noiu de Caïn , son prétendu père, et l'autre Horouz, auquel il ajouta le sobriquet de fiarberousse. Associés à un ancien portefaix, qui n'est connu que par le titre de Hamal, corsaire intrépide, on sait comment Barberousse se comporta en i5i7 devant Alger, dont il devint roi, et de quelle manière Khaîr-Eddio, continuant le métier de pirate, se réunit encore une fois à Barberousse pour faire trembler la chrétienté et triom» plier de Charles-Quint. Pizarre était présent à la lui* taille de Tunis oii se trouvèrent les deux renégats; il comprit ce que pouvait la discipline contre le «ombre

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des Barbares, et ce fut de ià qu'il partit pour ravager le Nouveau-Monde. Barbe^ousse mettait en même temps

à la voile pour Constantinople, d'où, maître d'une Hotte et d'une armée de terre formidable , on le vit mai'cher vmRome , et après avoir épouvanté lltalie, s'emparer deSyros, Patmos, Paros, Egine, Naxos, Nauplie, et mettre en fuite la flotte redoutable de Doria.

Qu'on me pardonne d'avoir mêlé, à l'exemple de Pausanias, uu récit douteux dans quelques points, aux descriptions de mon voyage. Vers la fin du règne de Henri IV , la France avait établi à Nauplie un consul et une mission desservie par les capucins de la rue Saint'Honoré^ qui reçurent dans la suite leurs vases sacres de la société des Frères du Saint -Sacrement de Paris (i). La Guilletière y trouva les choses établies sur ce pied, lorsqu'il traversa une partie de la Morée. Il avait remarqué l'esprit aimable des Grecs et la méchanceté des Turcs de Nauplie. Nous lui devons la connaissance de la charité apostolique du père Bamabé et de sa résignation, lorsque ayant arraciié à Tapostasie un orphelin français qu'il avait envoyé secrètement à Toulon , il comparut devant le Sanhédrin ottoman , ou le cadi prononça contre lui la sentence de mort. On est l^rieux d'appartenir à la classe des consuls du Licvant, diezqui la philanthropie s'est perpétuée, quand on voit à cette époque Chastagner, consul du roi très-chrétien^ exposer sa vie pour sauver celle d*un humble et pieux capucin , qui n'avait plus que la seule pensée de

(i) JnsctyHioif sur yn marbre existant en 1799.

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SANGTISS»" SACRA

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