‹ Voyage de la GrèceChapitre 87 sur 224 · NON · texte numérisé non relu

NON

a4P VOYAGE 1>£ LA ORÈCB.

posent cachés sous cette terre, entre les thermes, temples, les amphi théâtres, les théâtres, et une nmlti* tade de tombeaux qu'on retrouverait si la Grèce était affranchie du joug ignoimiueux des Turcs.

L'horizon visuel du bois sacré est borné par les chaînes harmonieuses des monts Araehné^Tilheion et Cynorthon aux sommets arides^ dont les flancs sont garnis de touffes de lentisques, de romarins^ de myrtes, de genévriers, et de lauriers delphiques qui servaient à tisser les couronnes des prêtres d'Épidaure (i). C'était k Hiéro que les médecins étaient formés dans Tart divin d^ippocrate, le grand homme des siècles , dont le temps a confirmé les aphorismes. Il dut parier en préceptes, et ses préceptes sont des oracles : car l*ari, est long^ la vie est éphémère y et les paroles du prince de la médecine seront immortelles comme sa renommée.

Nous dirons, comme remarque générale, que tous les temples d'Esculape de la Grèce, de TAsie et do Pltalie, furent bâtis sur un type commun, que notre célèbre architecte Gondoin a heureusement suivi , en rappliquant à récole de médecine de Paris. La slalae du dieu était placée sur l'ouverture d'un puits dont l'exhalation produisait le même effet que l'huile qu'on entretenait au pied de la statue de Minerve à Athènes, afin de conserver la beauté de Tivoire qui entrait dans sa composition. Elle était Touvrage de Thrasymède,

( i) Je crois, contre l'opinioa deGédoyii,qui a traduit le mot ^ par homes, qn'il faut conserver la restitution d'Ânîasée 2poi, et entendre la zone de montagnes qui enveloppent l'horizon. A quoi auraient servi des homes autour d*une enceinte beaucoup plus grande (]ne celle du bois de lîoirlognc ? mieux cÛL valu un mur, et cela »i aiii ait guère coûté plus cher.

fcIVRB XIV, tiHAI^ITRfe IV. a4 1

fils d'Arignote de Paros. Près de ce temple on avait bâti des maisons pour la commodité des personnes qui venaient adresser leurs ofTrandes à Esculape, et une rotonde en marbre Jblanc enrichie des peintures de Pausias* Dans le temple ^ l'auteur a sans doute voulu dire dans le bois sacre qui portait le nom de hiéron, on avait construit un théâtre , qui ^était ainsi que la rotonde un ouvrage de Polydète. L'établissement d'une galerie pour se promener ou pour discourir, et d'un théâtre, prouvent que les ministres du dieu d*Épidaure savaient qu'il fiiut quelquefois s'appliquer plutôt à la guérison morale qua celle des maladies physiques. Ils avaient probablement songé aux mélancoliques et aux hypo» oondriaques, mais il est probable qu'ils ne laissèrent jamais jouer le Plutus d'Aristophane, qui se moque des prêtres d'£sculape, de leurs collyres^ qui ren^ daient aveugles ceux qui y voyaient clair, de leurs recettes empiriques, et du dieu même, que sa mordante satire livrait à la risée des Athéniens. Quoique tout dégénère et s'avilisse sous rcmpire de la superstition ^ il est probable qu'il y eut cependant autre chose que des sycophantes à ÉpidaUre, s'il est vrai qu'Hip*pocrate y recueillit les matériaux des ouvrages que nous possédons.

Le diamètre du théâtre construit dans le creux d'une col! ine qui ne s*élève guères au-dessus des dernières assises, est de vingt-six mètres; le nombre des gradins est de cinquante*neuf , qui sont ainsi que le cœlon assez bien conservés. «Tandis qu'un jeune Rhodien, «qui était mon compagnon de voyage, ajoute M. Dite dot, placé à l'endroit ou exista la scène , récitait des « vers de Sophocle , je m'asseyais à divers endroits du V. 16

24'^ VOYAGK DK LA GRFCF.

« théâtre, afin déjuger de leifet produit pàr sa vohc* cf QuoiquVlle f&t sourde, et que les arbrisseaux et lés « broussailles^ qui sVIèvent au milieu des gradins, dusa sent en amortir le son , je ne perdais quelques mots, «quVn me tenant au haut de l'édifice^ et encore du <c côté seulement où le vent souillait, k cette distance « les acteurs devaient paraître extrêmement petits, et ce comme on ne pouvait distinguer leurs traits, ni -aper- « revoir le jeu de leur physionomie, qui n était pas «lédairée comme sur nos théâtres, on conçoit que

« l'usage (lu masque et du cotliurnc, qui nous semblea rait ridicule, était nécessaire pour produire une im* « pression profonde^ sur une aliène 'exposée en plein « air. »■

Du milieu du théâtre d*£pidaure on a devant soi le mont Arachné, au haut duquel Clytemnestre vit briller les ieux dont le signal lui annonçait la ruine de Troie. Ce fut Théodpse qui porta les derniers coups h Épidaure; ses ruines attestent sa barbarie et celle des stupides théologiens dont il exécutait ainsi les volontés (t)é Mais que le voyageur, en déplorant

Inter^tions à ffiéro*

A4»AIZTOY

Page 1