‹ Voyage de la GrèceChapitre 91 sur 224 · IVRB.X1V, cnAPfTRle IV. a · texte numérisé non relu

IVRB.X1V, cnAPfTRle IV. a

(le la mer, du temps de Pline, l'île de Santorin , comme on a vu ^ il y a un peu plus d'un siècle, naître les îles Camènes, ou Brûlées, situées dans son voisinage. Le poète attribuait ce changement à la violence des vents renfermés dans le sein de la terre, qui firent enfler comme une outre , le soi d abord mou , qui s'endurcit dans la suite (i). Cet événement est rapporté au temps où Antigone, fils de Déraétrius, régnait en Macéilôine (a), et Strabon, plus positif qu'Ovide, l'attribue à un volcan (3)^ dont le cratère éteint égale celui du Vésuve en hauteur. Il est vraisemblable que les îles éparses aux environs ont une même origine, sans en excepter Ëgine; quant à Salamine, nous pensons qu'elle a fait partie du continent.

La plaine qui s'étend à Torient, depuis Trézène jus* qu'à la mer, se termine, au port Pogon, où l'on peut s'embarquer pour passer k Caiaurie ou Calaurée que les modernes appellent Poros. Le pays qu'on parcourt est généralement fertile, entrecoupé d'eaux courantes,

(i) £sk prope PitlfacAm tumulof Tro»ena , aine nllb Ardnus arboribns ; quondam planitiiiiui campi

Area , nnnc tamalns : nam (res horrenda relatu )

\is ieia ventorum, cxch inclusa cavernis, Exspirare aliqnà cupiens , luctalaque f rustra Lille l iore fnii ccelo,quuiu carcere rima NulLi loret toto, nec pervia flatiba» esset , Exteutain tninefecit humnm ; ceu splritus orî» Tenderc vesicam solet,aut derepta hicomi l'erga capro : tumor îlle loci) pcnuansii , et alti Collia habet speciemy longoque iaduruît aevo.

Met* f lib. XV 9 t. 396 et scq.

(n) Paus. , lib. XXXII , c. 34.

(3) Strab. , lib. I , |). 5<^.

a54 VOYAGE DE LA GERCÉ.

parsemé de jardins, de vergers et de quelques eabaneSi

Strabon fixe la distance de Calaurie au oootment h quatre stades ( f ) , et Pliae à cinq cents pas(a) ; quant à son rapport avec Da^nalas, il est d^une heure trentehuit minutes. La ville de Poros^ qui a pour habi« tants une population albanaise, est b&tîe sur un «n • cher uni à l île par une langue de terre basse, et tellement étroite qu'elle est couverte par les eaux de la mer quand les vents de nord et de midi soufflent avec impétuosité. Les maisons, de couleur gris-foncé^ sont bâties en. pierre volcanique, et sa population est représentée par tous les voyageurs comme une exception dans la Grèce, à cause de son inhospita' lité et de la haine qu'elle porte auK étrangers. Le port^ qui est un des meilleurs de ces parages , a deux entrées, Tune au midi, abritée par deux écueils, et 1 autre dans la partie du nord. Quant à la marine des Calauriens, elle est, comme nous le dirons dans utie autre partie de ce voyage, extrêmemcut diminuée, et le commerce des habitants se réduit presque à la vente des limons, dont ils expédient plusieurs c-argaisons à Constanlinople.

Calaurie, primitivement consacrée à Apollon, fut douïue, comme on l'a dit en parlant de Delplies, «i Neptune en dédommagement de sa part dans le drojt de prophétie qu'il cida au fils de Latone. 11 n'est pas d'étranger qui ne recherche l'emplacement du temple de Neptune, oii I on montrait du temps de Pausanias le tombeau de Démoslhène , qui est situé à une lieiie

(1) /<f.,Hb.yiII,p. S69.

(2) PHd. Hbt. Nat., lib. IV, c. ta.

LIVE£ X4V, CSAPiTRS iW* a5i5

(le la moderne Poros. Denys Périégète donne à cet le île l'epitliètc d'âpre, Tpa^^eta ( i ) , qui correspond à celle àtsaxasa de Festus Avienua (a)» qu'elle mérite à cause de son aridité , car on n'y voit que quelques oliviers , des pins, des lentisques et des plantes communes aux moAtagDeS' de la Grèce. On retrouve plusieurs débris du temple de Neptune , et les soubassements de la cella attestent qu'il était d'une petite dimenaion^ On montre, comme ayant appartenu au monument funèbre de Démostbcnc, quelques blocs de pierre, mais aucune inscription ne rappelle le nom du prince des orateurs, que la haine de «Philippe poursuivit jusqu'au pied des autels du dieu oii il expira en prononçant le nom d'Athènes, dont ses derniers regards saluèrent l'acropole, car le promontoire de Méthane, (jui eu dérobe maintenant la vue, n'était pas encore sorti du sein, de la mer»

Du point oh Ton prend ordinairement terre sur le continent après être sorti de Poros, il y a une heure de chemin jusqu'au col de la presqu'île de Méthane. L'as» pect seul de ce vaste promontoire annonce par sa forme conique et les anfractuositcs dont il est coupé, qu'il est le produit des volcans. L'entrée en fut fortifiée, on ne sait à quelle époque , mais la maçonnerie solide de ce rempart porterait à croire, comme le disent Diodore de Sicile et Thucydide, que ce fut par les Athéniens, à l'époque de la guerre du Péloponèse. Ptoléraée se contente d indiquer cette presqu'île sans la désigner autrement. Du temps de Pausanias, qui Tap-

(i) Diooys. Perieg. v. 498.

(1) F. R. Avien. orb. Ikscript. v. 671.

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pelle Méthana, nom qu'elle conserve, on y voyait un temple dédié à Isis; deux statues érigées à Mercure et à Hercule ^ sur Pagora ou pbce du marehé. Les habitants, qui sont aussi doux et polis que les Schvpi tars (le Porcs sont grossiers et méchants , montrent avec plaisir aux étrangers les mines de Méthana , qui était bâtie en plaine au voisinage de la mer. Cest là qu'on retrouve les débris de deux monuments , Tua dorique et Tautre ionien , une fontaine dont Teau est impotable, difTérents débris d'architecture, et deux inscriptions recueilhes par M. Dodwell (j). C'est à peu près le seul voyageur qui ait vu jusqu'à présent la presqu lie de Méthana , dont il serait important d'avoir uuê description géologique et botanique.

(t) Comme tout le monde ne possède pas l'ouvrage de M. Dodvell, je crois faire plaisir au leclear en rapportant ici les deux inscriptions qu'il a découvertes à Metbana.

Inscription en partie submergée,

TnFPKASTAEnmTOAEMAIOV

KAIfiA£IA12£U2KA£OnPAXPA2e£aN4>lAOMH

OPONIKAITO. . • • ' • dEQIZ

MBrAAOJ£ETEPrETOI2. . * .NOAlON. .OXTN. .UO . ... .ENTPZ

A Vacropole»

Atoi«ïGioNArAe4nnoAm*EiAimoAir

EXCAMENONTENOMENONABIUNEMIINA

EPMOrEiVHCTONeEIONKATATHNBOÏAHCl»

TUinA iPOGTOÎiPHTOPA

tiVRE XIV, CHAPIfRK tV. ^5^

En reprenant nos descriptions^ à partir de Damalas, on compte onze milles jusqu'au promontoire Scyllaeuin ^ que les anciens attribuaient à rHei iiiionide (i j. Ils plaçaient aux environs de oe cap l'endroit par lequel Hercule descendit aux enfers, d'où il ramena le chien Cerbère. En prolongeant la côte, on voit Hydra^île devenue célèbre par le courage et l'opulence de ses armateurs, que nous ferons connaîtré en parlant de l'état de la marine de TArciiipei, et presque en face, sur la terre ferme, on trouve les restes du temple de Cérès Thermesie , ainsi que le port et la plage de Casfri.

La distance de Damalas à Castri , qui est Fancienne Hermione (a), est de quatre heures trente minutes de

(i) Strab., VII, p. î?^ ; X , /i84 ; Enstalh. ad Homer. lib. II , 56o; Dionys. Perieg. v. /^2o; Voss. ad Scyl. Pcrip* p. 20, edit* Oxon. Tit-Liv. , l XXXI, c. 44-

(a) Roule par dbtances de Damalas à Castri. 35 minutes^ an sortir du village raisseau » plus loin monastère situé sur un rocher élevé près duquel il y a une fontaine; on arrive an sommet d'une montagne. 89 mîn. sommet plus élevé d*où Ton découvre Hydra et plusieurs autres îles. 5 rain. route tle Thermesie à gauche. 40 min. port de Thermesie à gauche, château ruiné sur un rocher. 20 uiui. ruisseau dans un vallon à droite.

min. à droite Soucoula village, roche isolée sous laquelle les bergers et leurs troupeaux se réfugient. 10 min. Soi-oro- Potamos rivière; mauvab chemin. 10 min. plaine couverte de halhers , derven ruiné à gauche, ruisseau venant de la droite. 6 min. chapelle ruinée, ruisseau, chemin do Thermesie à gauche, vestiges d'une ancienne ville au milieu d'une plaine qui a deux milles de large. 7 min. Xiios, v-illage. 10 miu. traces de constructions. 17 min. descente, belle fontaine. 17 miu. bois de genévriers. i3 min. vallée inégale. i5 min. Castri. Total déroute, 4 heures 3o minutes.

a58 VOYAGE ]>£ LA GRàCfi.

marche. Cette ville était ruinée du temps de Pitu^nias, mais, il en restait enivre quelques édifices, tels que

le temple de Neptune, le stade des fils de Tyndare, la chapelle de Minerve , un temple du Soleil, un bois consacré aux Grâces, un temple dlsîs et de Sérapis, où Ion célébrait les mystères les plus secrets de Gérés. Une ville nouvelle s'élevait à quelque distance au penchant du mont Prauds. Ce sont les débris de ses édifices et ceux de son enceinte qui se présentent aux voyageurs en arrivant au milieu de ses monuments , dont la destruction est antérieure ii la conquête des Turcs. Comme Herinione était hors delà portée des invasions, et quelle na pas été restaurée depuis {>lusieur& siècles^ ou y trouve une si grande quantité d'inscriptions (i), qu'on pourrait restaurer son liis* toire jusqu'au moyen âge. Son port, qui est maintenant appelé les Salines (Alikiai\ est rançien Buporthmus,au fond duquel est situa le hameau dllio ou Ilei. Celte vaste baie, divisée en plusieurs mouillages, est comme le canal d*Hydra, un abri commode aux vaisseaux, qui peuvent laisser tomber l'ancre partout où bon leur

(i) A Hermioney à l'église St, ^Nicolas,

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LfVR£ XIV, CHAPITRE IV. 269

semble, depuis le cap Maie jusqu'à Alîkiai par huit et dix brasses fond de coquillages , en ayant la précaution de se ranger très près de terre. Ca^tri, qu'on retrouve au milieu des décombres d'Hermione, est

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