‹ Voyage de la GrèceChapitre 96 sur 224 · LIVRE XIV, GttAPITBK V. tkQj · texte numérisé non relu

LIVRE XIV, GttAPITBK V. tkQj

La nuit, qui surprit M. de Châti*aiibriand du niilieu de ces çloaques , 1 empédia de \oii celte partie du golfe Aigolique, et il fut non-seulement heureux de ne pes se noyer dans les lagunes, mais de n*y avoir pris qu'une fièvre epliémèf e , car les exhalaisons pestiientieUes des marais de la Grèce sept ordinairement morteUea àceux

qui y passent seulement une nuit ( i ).

La distance entre Argos et Lerne est de deux lieues , et de sept befires de mardie depuis cette rade foraine jusqu'à Tripolitza, en remontant la vallée d*Apobathme (Aglado-Gampos) par le Trociios, ou Strata-Chalil- Bey^ Mais en tournant au midi, si on prend le défilé de la Laconre, on entre dans la Cynurie, qui compose maintenant le canton de Saint- Pierre* Cette contrée^ qui est bornée à l'occident par le territoire de Tripo* lilZ4, par la mer à Forienl , et au midi par la grande

vallée de TEuroUs^peut être considérée comice un canton revivifié. Elle était presque abandonnée aux nomades , lorsqu à répoque de la sanglante révolution de 1770, les paysans chrétiens de TArgolide, de la Té* gratide et de la Laconie, vinrent y chercher un asile, afin de se soustraire au glaive des mahomét^ans. cbaine du Malévo, nom générique sous lequel on dé^ signe rOlympe, le Thomax, le Ménélaon et le Parnon^

(i) Les marais de la Grèce exhalent les vapeurs tes plus malfaisantes. Les fleurs, les gazons frais, les arbres vigoureux qui les couvrent , cachent des poisons mortels. On a vu peru' des postes entiers de soldats français dans les bocages de Govioo, près Corfou. Les fièvres qu'ils prenaient les enlevaient presque tous dès le troisième accès ; et celles qui se prolongeaient, après les avoir tourmentés pendant plusieurs années , les ont presque généralement conduits à Thydropisie, on bien au marasme.

qui n'était regardée par lesMoraitesqiie oomme un port

dans la teinpcte , devint pour eux, même après Forage, une patrie nouvelle. Alors les émigrés des difTéreuU cantons de la Cyourie se reconnurent pour Tchacons,

ou Lacédcmoniens ; et le villa^u^ de SaiuL-Pierre, tjui n'était que le chef-lieu d'un villaïéti peu considérable, acquit une importance nouvelle par la colonisation de ces pauvres fugitifs.

Pour s'orienter dans la topographie du canton de Saint-Pierre, il faut supposer le village de ce nom à six lieues et demie âu midi, quelques degrés ouest d'Argos, dans la partie du mont Pamon oh les géographes placent Tbyréa(i). En tirant de là au sud pendant quatre lieues, on trouve les cabanes de Prasto, qui mériterait plutôt que Saint-Pierre le titre de chef* lieu de canton , à cause de sa population composée it neuf cents familles chrétiennes. Ce fut dans le creuK d'un gouffre naturel formé par la triple enceinte du Coraco^Vouni, que les familles du Péloponèse qui craignaient pour leurs jours au temps de la catastrophe de 1770 se réfugièrent particulièrement. £lles y trouvèrent les cabanes d'été des habitants de Saint-Bhéontas; et de part et d'autre, ou s entendit pour bâtir une ville, qui nVst, comme celle des hautes régions du Pinde , habitée que pendant la belle saison. Après diverses vicissitudes, il s'y est établi quelques familles à poste fixe; mais cW ordinairement vers le temps de la semaine samte (j/.eyaArj éôào^aùa) que les Prasiens

(1) Thyréa. Pans., Hb. II, c. 38; Herodot., lib. I , c. S; Isocral. , In Archidam. ; Thucyd., lib, II, C. 27 , et Ub. IV, C. 56; 8trab.,lib. VIU,p. 376.

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