‹ Voyage de la Jeannette [microforme]Chapitre 10 sur 148 · KR AR SS N—— . SERRES · texte numérisé non relu

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glaces, soit pour les recherches astronomiques et magnétiques, les expériences sur la pesanteur, les collections d'histoire naturelle. Bon navire, bons marins, bonne nourriture, que faut-il de plus pour « oser tout ce qu'homme peut oser » ?

Dès le commencement de février, M. De Long, nous l'avons dit, avait été mandé à Washington, où il resta jusqu’à la fin de mai, s'en remettant à MM. Chipp et Danenhower de la surveillance personnelle des préparatifs. Mais il n’en perdait pas de vue un seul des innombrables détaiis. En communication constante avec ses officicrs à San Francisco, avec le ministère de la marine à Washington, avec M. Bennett en Europe, il suivait avec sollicitude les travaux exécutés sur le navire, usant de son lact habituel pour écarter les difficultés parfois très sérieuses qui survenaient fréquemment, et se chargeant de l’achat et du transport des vivres. De plus, il avait à choisir les membres de l’expédilion, à examiner avec un soin extrême les instruments nécessaires aux observations scientifiques, enfin, à répondre gaiement et sans retard aux demandes et aux queslions qu'on lui adressait de tous côtés.

La composition de son personnel élait chose de la plus haule importance. Par bonheur, le gouvernement et M. Bennett — qui refusa absolument d’avoir égard sur ce point aux prières de ses amis — le soutinrent dans sa résolution de ne prendre que des hommes évidemment qualifiés pour cette pénible campagne. On connaît déjà MM. Danenhower et Chipp. L’affection née entre ce dernier et M. De Long, pendant la course en chaloupe de 1873, ne s’élait jamais refroidie, et les toutes premières espérances du capitaine au sujet de la Jeannette furent partagées par son ancien camarade, alors sur l’Ashuelot à Fou- Tcheou (Chine), d’où il lui écrivit le 21 juin 1877 :

Mille remerciements pour votre promesse de m'appeler si l'expédition a lieu : à votre premier signe, je me mets en route! Je regrette que ce ne soit pas cet été; peut-être serons-nous plus heureux l’année prochaine,

Au printemps de 1879, dès qu'il fut détaché de l’escadre, il se rendit à San Francisco, où, quelques jours après, uüe lettre du capitaine saluait son arrivée :

Washington, 21 avril

Je n'ai pu vous dire plus Lôt la joie que j'éprouve de vous savoir là-bas, prèt à prendre votre part de notre œuvre, Danenhower vous en aura

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PRÉPARATIFS DE L'EXPÉDETION. 47

conté l’histoire passée; quant à mes projets, vous n'avez qu'à lire mes instructions et les lettres que je lui adresse. Aussitôt que vous aurez recu votre commission, vous serez le plus ancien officier présent au navire, et par conséquent le directeur en chef des opérations jusqu'à mon retour, vers le 15 mai, Pour la simplification et la régularité des choses, je vous prie de laisser Danenhower terminer ce qu'il a entrepris, vous chargeant seulement de le conseiller etde le diriger, dans l'intérêt de nos plans. Melville part avec les dernières instructions de l'ingénieur en chef; vous et lui serez certainement d'accord, Je suis tellement pressé de beso-

Gcorge W. Melville, chef mécanicien.

gné que je n'aurai pas le temps de revenir sur ces détails : soyez sûr que nous nous entendrons en tout, échangeant nos observations, ete, Tous nous travaillons à un but commun, le succès de notre entreprise, laissons les cérémonies de côté,

L'ingénieur George W. Melville avait élé le camarade de De Long à bord du Lancaster et par lui choisi dès le début comme mécanicien en chef de la Jeannette, Le ministre de la marine ne le prèêla qu'à regret, dans la crainte de remplacer difficilement un oflicier de ce mérite. Pour le service médical, une de ses plus sérieuses préoccupations, M. De Long, après avoir vainement cherché un homme qui lui parût répondre à loules les exigences possibles, songea un instant à en emmener deux. On lui parla du docteur Ambler, Voici, à ce sujet, sa réponse à un poslulant :

Je vous dois d'autant plus d’excuses de mon long silence, qu'une nou-

velle lettre de vous (24 mai) vient de m'arriver. Vous savez probablement déjà que M. Ambler, aide de 1" classe, est nommé chirurgien de la Jeunnelle.

Cela ne signifie nullement, croyez-le, ou que je doute de votre savoir, où que je ne prenne point en considération votre grand désir de nous accompagner aux mers polaires. L'espace très limilé dont je dispose à bord pour les officiers me force à me contenter d'un seul chirurgien, Il est donc de toute nécessité de choisir un homme qui, à une connaissance approfondie de sa profession (de ce côté-là vous seriez cerlainement en règle), joigne une pratique prolongée des navires et des marins, et cette

Le docteur J. M. Ambler.

pratique, votre récente entrée au service m'autorise à dire que vous ne la possédez pas.

De mes conversations avec d'éminents chirurgiens de marine, il ressort que les conditions ci-dessus énumérées ne peuvent être rempiies que par un aide de 1" classe; c’est ainsi que le poste en question à été offert au docteur Ambler, qui, prévenu par le bureau de médecine ct de chirurgie, m'a notifié son acceptation,

Vous comprendrez, j'espère, que ma responsabilité est particulièrement grave, Malgré ma haute idée de vos mérites professionnels, et l'estime que je fais de vous, personnellement, je ne puis vous demander d’être notre seul chirurgien, simplement parce que votre peu de temps de navigation n’a pu vous donner l'expérience qui me semble absolument indispensable,

Si pourtant, trouvant où caser un second docteur, je reviens à l'idée d'en avoir deux et que vous soyez encore disponible, je vous prendrai avec le plus grand plaisir. Je ne puis et ne veux oublier que vous êtes

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PRÉPARATIFS DE L'EXPÉDITION. 49 le premier el le seul chirurgien qui se soit offert à nous, et que vous avez montré une ardeur ct une persévérance trop rares pour que je les traite légèrement.

Le pilote glacier ful W. Dunbar, de New-London (Connecticut), ancien maitre à bord des baleinicrs fréquentant le détroit de Béring el la région plus au nord; le méléorologiste, Jérôme J. Collins, membre de la rédaction du New-York Herald, qui, dès l'abord, se recommanda au capitaine par son zèle intelligent, son activité à se procurer les instruments nécessaires et

William Dunbar.

à perfectionner ses éludes en vue de ses devoirs spéciaux. — Dans une leltre à M. Bennett (25 mars 1879), M. De Long disait :

Collins me plait beaucoup, Il possède un excellent fonds d'informations générales el se fera certainement un nom dans les annales polaires. Déjà la photographie n'a plus de secrets pour lui. Je veux l'appeler à Washington el prier le professeur Baird de lui donner au Muséum 2.7 ‘sonien loutes les facilités que l'on offre à notre futur chirurgien, Je présenterai la même requête à l'amiral John Rodgers pour l'Observatoire et au Capilaine Patterson pour le Bureau de l'inspection des côtes, afin d'assurer à M. Collins le bénéfice de ces établissements nationaux,

Dès ce moment le capilaine et son nouvel associé travail lèrent ensemble, et de tout leur cœur, à la partie scientifique de la mission,

M. Raymond L. Newcomb, de Salem, Massachusetts, fut choisi pour naturaliste. Au sujet de ces trois membres de l'expédition, une difficullé technique s'éleva, sur laquelle le ministre écrivit à M. De Long (26 mai) :

J'ai reçu votre lettre du 18 courant, demandant l'inscription officielle du méléorologiste, du naturaliste, du pilote glacier choisis par vous, Je ne crois pas avoir le droit de nominer à ces postes, purement civils, à mon sens. La loi me confère le devoir de commissionner les officiers et d'inscrire les matelots : ces messieurs ne sont ni lun ni l'autre, Tout ce que je puis faire et que je ferai à votre volonté, c'est de donner mon con-

Walliam Nindemann, cuarticr-mailre sentement. S'ils se laissaient porter au rôle de l'équipage, le but serait atteint; en ce cas ils devront, comme les autres, être soumis à la discipline. (App. B.)

Ce parti fut adopté : ils signèrent leur engagement de matelots, pour la forme seulement. Sur la place qu’occuperaient à bord MM. Collins et Newcomb, M. De Long s’expliqua dans une lettre au professeur Baird (Muséum Smilhsonien) :

.… L'idée exprimée par le Secrétaire de la marine a été présentée à M, Neweomb comme pure formalité; il n°ÿ fait pas d'objection. Vous pensez bien qu'en aucune circonstance il ne sera traité comme matelot ; il aura le nom et le rang de naturaliste de l'expédition; il partagera la chambre et la table de l'état-major et sera membre de ma famille d'officicrs.

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PRÉPARATIFS DE L'EXPÉDITION. 51 Le recrutement de l'équipage n’exigeait pas moins d'attention:

Si vous pouvez vous procurer de bons sujets à San Francisco, mandail le capitaine au lieutenant Chipp, spécialement chargé de cette tâche, il vaudra mieux ne pas faire la dépense d'en prendre dans l’est, où j'en trouverais à foison. Points importants : célibataires. — Santé parfaite, — Force considérable, — Tempérance éprouvée. — Gaieté. — Lire et écrire l'anglais, — Excellents marins, ça va de soi. — Musiciens, si possible, — Prélérer Norvégiens, Danois ou Suédois, — Lviter Anglais, Irlandais, Écossais, — Refuser sans merci Français, Italiens, Espagnols. — Pas nécessaire que le maitre d'hôtel soit marin, mais je le veux numéro un, — De mème pour le cuisinier qui aura à fournir les deux tables, — Cherchez

Raymond L. Newcomb.

d'abord parmi l'équipage provisoire du navire. — Mème paye que la marine de l'État, — Obéissance absolue elsans hésilation aux ordres, quels qu'ils soient, Excusez ce style bref ct cahotant: je suis terriblement pressé, (App. ©.)

La découverte de ces hommes ne fut pas pour M. Chipp une mince besogne : par contre, le nombre était grand de ceux qui voulaient accompagner l'expédition autrement que comme simples mariniers, Le capilaine élail assiégé, Un jeune homme, un enfant presque, le bombardait de lettres le suppliant de le mettre à l'épreuve en tout el pour tout, appuyant sur ses

talents lilléraires : il éditerait un journal, organiserait des divertissements pour égayer les nuits de l'hiver polaire... La réponse de M. De Long à tous ces postulants était à peu près la même : « J'ai à vous dire une seule chose : il n’y a de place à mon bord que pour les officiers et les matelots; en d'autres termes, pour les marins et pour les hommes qui nous seront utiles au point de vue scientifique. Or je ne vois point par vos lettres que vous puissiez être classé avec les uns ou les autres. »

On pense si, dans cette conjoncture, les donneurs d'avis, de

conseils, d’avertissements, manquèrent à leur devoir : un théoricien écrivit solennellement que les exploraleurs étaient à la veille de faire une grande découverte devant laquelle pälirait celle de l'Amérique par Christophe Colomb : au 87° parallèle, ils se trouveraient dans une région où la chaleur tropicale surgit du globe, creux à l’intérieur. Un autre était convaincu de la possibilité d'ouvrir au commerce un passage entre le Pacifique et l’Angleterre par le détroit de Béring, l'océan Glacial, les détroits de Melville, de Lancaster, de Davis et ia mer de Baffin. Pendant l'été, la route serait excellente pour les grands transports; il ne fallait que la baliser et y élablir des phares. Un ami de l’expédition recommandait les queues de chat placées en guise de doublure entre deux épaisseurs de drap : le plus parfait des non-conducteurs!

Un jovial compagnon, ancien camarade du capitaine, lui fit une seule requête, c'est qu’il voulût bien emporter une flûte, sa très précieuse propriété, au bout du monde, s’il y allait. Cette flüle, entre les mains de M. De Long, lui avait une fois donné un plaisir exquis : « Elle n'aura besoin, j'en suis sûr, que d’un second voyage avec vous pour me revenir la plus mélodicuse des flûtes. Si vous en jouez près des rivages de l’Ounalaska!, le long hurlement des loups répondra à vos accords, vous rendant ainsi grand service quand la brume régnera sur la mer. Puis, si l'équipage traverse quelque période de découragement, le capilaine se placera devant le mât et exécutera les varialions du « Pinafore ». Un autre, aimable présage, fit tenir à De Long, pour les emporter au Pôle, un portrait du capitaine Hall et un morceau du pavillon du Polaris,

1. Allusion à un vers de Campbell dans The Pleasures of Hope.

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PRÉPARATIFS DE L'EXPÉDITION. 53 La Jeannette recut sa commission le 28 juin 1879, ct déroula au vent la flamme de soie cousue par Mme De Long et qu'on devait arborer en prenant possession de nouvelles terres au nom des États-Unis et à la plus haute latitude gagnée. Les instructions signées à Washinglon par le ministre (18 juin) reproduisent les décrets du 18 mars 1878 ct du 27 février 1879, et continuent comme suit :

D'après l'autorité à nous conférée par ces actes du Congrès, la Jeannette a été acceptée, armée, pourvue de ses officiers et de son équipage sous les ordres de mon Département qui vous remet le commandement du voyage d'exploration.

Aussitôt que la Jeannette sera, sous tous les rapports, prête à prendre la mer, vous partirez avec elle pour le détroit de Béring, afin d'exécuter la mission importante et hasardeuse qui vous est confiée. Le Département en laisse les détails à votre expérience, prudence et jugement. Ia la certilude que vous ètes qualifié de tous points pour assurer le salut du navire, le maintien de la discipline, de la santé, du bien-être général des officiers et des hommes, et la fidèle recherche du but principal de la campagne,

Au détroit de Béring, vous aviserez soigneusement, dans tous les lieux qui vous sembleront propices, à obtenir des informations sur le professeur Nordenskjüld, dont nous n'avons encore reçu aucune nouvelle positive. Si vous avez alors de bonnes et suffisantes raisons pour croire qu'il est en sûreté, vous continuerez votre ronte vers le Pôle Nord. Dans l'autre alternative, vous prendrez les mesures qui vous paraitront nécessaires pour aller à son secours.

Dès que l'occasion s’en présentera, vous informerez le ministère des fails de votre vavaue et de tout ce que vous désirerez nous communiquer, Vous souhaitant une campagne prospère et remettant à la protection du Dieu Tout-Puissant 8, les officiers, l'équipage et Je but de votre entreprise,

Je suis, très respectueusement,

R. W. Tnompsox,

Secrétaire de la marine.

Au grand désappointement de M. De Long, le promoteur de l'expédition ne put se rendre à San Francisco pour prononcer « VA Dieu va! » Pendant leurs longues relations, il n’y avait eu ni frottements ni mécomples : d'un côté, libéralité et confiance sans bornes: de l’autre, absolu dévouement. Aussi, lorsque avant son départ M. De Long eut vainement demandé au gouvernement un navire d’escorle jusqu’au détroit de Béring, il ne put s'empêcher de « s’écrier » dans un de ses télégrammes

au représentant de M. Bennett : « Je remercie Dieu d’avoir sur qui m’appuyer quand mon pays m'abandonne! » Les dernières instructions envoyées d'Europe pour le capitaine, au moyen du câble transatlantique, se terminaient par ces mots :

Lui exprimer mon vif chagrin de n'être pas là pour lui souhaiter bon voyage, mais mon espoir de le féliciter à son heureux retour. Lui dire que j'ai la plus grande foi dans son énergie et son courage ; que je lui suis sincèrement reconnaissant de sa fidélité, Au printemps prochain, qu'il marche vers le nord en toute sécurité, S'il était pris dans les glaces, je n'épargneïais ni argent ni influence pour le secourir dès l'année mème; lui ni ses hommes n'ont rien à craindre. Je veux que ce soit un triomphe pour l'Amérique. S'il revenait sans avoir atteint le but (mais je crois à la réussite), j'organiserais crès certainement une nouvelle expédition l'année d'après, et ans 5 suite jusqu'à victoire complète : j'aimerais mieux la lui voir remporter qu’à tout autre, Enfin, s'il ne revenait ni l'année prochaine, ni jamais,je m'occuperais des veuves des membres de la mission: qu'il n'oublie pas de le leur dire.

La Jeannette allait partir : le capitaine svait apporté aux préparalifs du voyage sa propre expérience et celle qu'il avait retirée d’une étude longue et attentive de toutes îès campagnes polaires. Outre ses connaissances nautiques, il était initié aux plus minutieux détails de la mission à lui confiée. Généreusement muni par M. Bennett de toutes les choses nécessaires, armé de l’autorilé remise par le gouvernement, commandant un navire dont il se déclarait pleinement salisfait, des officiers et un équipage en qui ii avait toute confiance, ses seuls regrets, nous l’avons dit, furent de ne pas prendre en personne congé de M. Bennett et ie refus du ministre de lui fonrnir un vapeur pour porter jusqu’à l'ile Saint-Michel des provisions supplémentaires : son entrée dans l'Océan du nord en allait être inévitablement retardée.

L’esquisse de son passé, ce que nous avons entrevi caractère, nous montrent à quel point M. De Long était é pour sa mission : pendant des années entières, son esprit à fut uniquement occupé; poussé dans cette voie par son enthousiasme et son énergie, il y fut retenu par l’idée d’une grande œuvre à accomplir; le commandement de la Petite Juniata lui avait valu la science pratique des difficultés de l’entreprise, tout en lui donnant la certitude qu’il ne manquait d'aucune des qualités de l'explorateur. Plus il réfléchissait au problème

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PRÉPARATIES DE L'EXPÉDITION., 55 du Pôle, plus croissait son désir de contribuer à l'éclairer; mieux encore, d'en donner la solulion au monde, Ce n'était point vaine gloire où imprudente confiance en lui-même : jamais il ne se dissimula les dillicultés de la tâche, jamais il ne compla sur un caprice heureux de la fortune, Il faisait partie de ces hommes qui ont voulu de grandes choses, non pour s'en allribuer l'honneur, mais parce que ces grandes choses peuvent seules salisfaire leur nature, et il se lança dans la carrière avec une sérieuse ardeur et une parfaite confiance en Dieu. À

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