‹ Voyage de la Jeannette [microforme]Chapitre 109 sur 148 · COPIE DE LA NOTE PLACÉE DANS LA CAISSE A INSTRUMENTS · texte numérisé non relu

COPIE DE LA NOTE PLACÉE DANS LA CAISSE A INSTRUMENTS

Lundi 19 septembre 1881, Delta de la Léna.

De Long, Ambler, Collins, Nindemann, Gürtz, Ah-Sam, Alexey, Ericksen, Kaack, Boyd, Lee, Iversen, Noros, Dressler, en tout quatorze personnes appartenant à la Jeannette, sombrée dans les glaces le 12 juin 1881, latitude 77015N,, longitude 1552 E., ont débarqué ici le soir du 17 courant, et partent cet après-midi pour essayer de gagner à pied quelqu’une des

stations russes des bords de la Léna,

Nous avoas laissé un document analogue dans un trou, sous un pieu, à un mille au nord de la pointe sud de l'ile Semenovski. Les trente-trois

en consées de nuit.

officiers ou matelots composant le personnel tout entier de la Jeannette ont quitté cette ile le matin du 12 septembre, il y a aujourd'hui une semaine, Le mème soir, une bourrasque nous à séparés; depuis, nous n'avons pas revu les deux canots. Dans l'éventualité d'un accident pareil, j'avais donné l’ordre que chaque bateau eût à se diriger de son mieux vers les établissements de la Léna, sans s'occuper d'attendre les autres. Mon votre a touché terre le malin du 16 courant; nous sommes, si je ne me trompe, dans le delta du fleuve. Je n'ai pu prendre de hauteur depuis notre départ de l'ile Semenovski. Après avoir essayé pendant deux jours d'aborder sans échouer, ou d'atteindre quelqu'une des bouches de la rivière, nous avons dû gagner la côte à gué, charroyant sur notre dos vivres et altirail pendant plus d'un mille et demi. Avec l’aide de Dieu nous tâcherons de marcher jusqu’à une station russe. La plus proche est, je crois, à quatre-vingt-quinze milles. Nous sommes en bonne santé ; nous avons encore pour quatre jours de vivres, des armes et des munitions ; nous n'emportons en plus que les papiers du bord, les couvertures, les tentes et quelques médicaments : nos chances de réussite paraissent bonnes.

GeonrGe W. DE LoxG,

Lieutenant commandant de la marine des États-Unis,

Ce matin, Alexey a Lué une grosse mouctte, dont nous faisons la soupe du diner : potage, 180 grammes pemmican, du thé dont les feuilles ont servi déjà. En route à deux heures quafante-cinq; à quatre heures trente, campement. Fardeaux trop lourds; tous exténués. Lee gémit piteusement, Ericksen, Boyd, Ab-Sam, boitillent à grand’'peine. Trois haltes d’un quart d'heure chacune ne nous reposent pas. Route mauvaise. Partout la glace nouvelle se brise sous nos pas; on y enfonce jusqu'aux genoux. Décidé de renvoyer au premier camp les livres de bord, un fourneau, deux bonbonnes d'alcool, une tente, des longuesvues. On allume un feu flambant devant lequel nous nous séchons pendant le souper. Nindemann, Alexey et Dressler rapportent là-bas les objets en question; à leur retour, on se traine sous la loile pour essayer de sommeiller, Beau soleil tout l'après-midi. Légère brise du sud, A huit heures du soir Île temps se brouille, le vent tourne au sud-est ct fraichit,

20, — Lever à six heures trente. Mieux dormi que nous ne pensions sur nos couchetles de bois d’épave; parfois le froid nous réveillait grelottants. Malades dans le même état. Départ à huit heures cinq. Laissé derrière nous la tente n°1, décidément trop lourde. La tente n° 6 est en colon et prend un peu moins

Jeannette hui une uis, NOUS nt pareil, lieux vers tres. Mon je ne me ur depuis eux jours hes de Ja notre dos de Dieu roche est, nté ; nous ons ; NOUS s tentes et

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