CHAPITRE XXI
(3-27 novembre 1881)
Bartlett porte à Melville la dépèche envoyée à Geeomovialocke. — Melville se rend à Bouroulak. — Rencontre des gens de la baleinière. — 1 les expédie à Bouloun
et à Yakoutsk, — Départ pour le nord, — Boulcour. — Les deux croix. — Matvai. — Kas Karta. — Bouloun au nord. — Une note du capitaine. — Balloch, — La cache du grand cotre, — lietour à Bouloun du nord, — Osoktok. — Sister Ga-
nach. — Plus de traces! — Position dangereuse, — Retour à Bouloun du sud, — Melville ramène son détachement à Yakoutsk. — Danenhower part pour Irkoutsk. — Son retour en Amérique,
Le commandant de Bouloun, en partant pour Gecomovialocke, emportait le long télégramme que Nindemann et Noros avaient préparé pour le ministre d'Amérique à Saint-Pétersbourg. 11 le remit entre les mains du lieutenant Danenhower, qui l’expédia tout de suite à M. Melville par le chauffeur J. H. Bartlett, ajoutant que lui-même le rejoindrait dès que, de gré ou de force, il pourrait remettre le commandant en route. Le lendemain même de l'arrivée de Melville à Bouloun, Bartlett l’accostait avec la dépêche et une lettre du délégué russe au staroste du village, ordonnant de fournir au « capitaine » un traineau et des rennes pour descendre le fleuve jusqu'à Bouroulak, à mi-chemin de Geemovialocke, où on le trouverait avec les gens de la baleinière.
En conséquence, le 4 novembre au soir, Melville gagnait Bouroulak et y faisait halte jusqu’au lendemain, où son détachement parut, escorté par le haut fonctionnaire. Les deux officiers conférèrent longuement : Melville annonça son projet de partir aussitôt pour le nord, à la recherche du capitaine. Quant à Danenhower, il continuerait sa route jusqu'à Bouloun,
e se rend à Bouloun
Malvai.
ch. — La Sister Gadu sud. — ' Irkoutsk.
omoviat Noros -Pétersnhower, hauffeur lès que, dant en ouloun, délégué 1 « Capiuve jusle trou-
gagnait on détaes deux n projet apitaine.
jouloun,
LES PREMIÈRES RECHERCHES. 623 y prendrait Nindemann et Noros, encore trop malades pour être aventurés dans la campagne que préparait Melville; Bartlelt seul resterait à attendre ses ordres. Danenhower et sa troupe partiraient pour Yakoutsk, où le lieutenant entrerait en communication avec le gouvernement russe et le ministre des États-Unis à Saint-Pétersbourg. Melville ne pensait guère le rejoindre avant un mois.
Les deux officiers prirent congé l'un de l’autre : à Bouloun, et devant l'insuffisance des moyens de transport (douze cent cinquante milles, 2235 kilomètres, les séparaient de Yakoutsk), Danenhower se décida à laisser les plus vigoureux de ses hommes, Lauterbach, Manson, Noros et Aneguin, à la disposition de Melville et sous les ordres de Bartlett. Nindemann voulut aussi rester. Il étail loin d’avoir repris ses forces, mais il se sentait mieux et espérait que sa connaissance des lieux pourrait être utile à M. Melville. Danenhower partit le 12 novembre avec M. Newcomb, Cole, Leach, Wilson et le maître d’hôtel chinois, el n’alteignit Yakoustk que le 17 décembre.
Avant de se mettre en route pour le nord, M. Melville avait soigneusement transcrit toutes les informations à lui données par Nindemann et Noros : son intention élait de refaire leur marche en sens contraire, autant du moins que le lui permettrait le peu d’exactitude de la carte, puis de s’avancer jusqu’au point où le capitaine avait atterri. On lui livra deux attelages de chiens et leurs conducteurs, plus dix jours de poisson séché pour les hommes et les lireurs. Immédiatement après sa conversalion avec Danenhower, il monta dans son traineau et, avant la nuit, était à Kou-Mark-Sourka; le lendemain, il arrivait à Boulcour, les huttes dans une desquelles les naturels avaient découvert Nindemann et Noros; il fut obligé d’y passer la journée, pour cause de violente tempête. Du reste, il n'était pas entièrement rélabli de la gelure contractée pendant le voyage en baleinière, et, dans la course de Bouloun à Bouroulak, ses pieds avaient de nouveau pris mal.
Il repartit de Boulcour le 8 novembre au matin et descendit, point par point, sur la trace des deux voyageurs. Le 8, il gagnait la cabane où ils avaient brûlé les traineaux pour se réchauffer, et campa plus loin dans la neige. Étape, quarante milles (75 kilomètres).
Le 9, il était au lieu connu sous le nom des « Deux Croix », où Nindemann et son camarade se reposèrent après leurs longs zigzags sur le fleuve; il fit halte le soir à Mat-Vaï, la hulte où les deux marins avaient passé la nuit du 11 octobre et la journée du 12. Nindemann, en lui racontant son voyage, négligea de nommer ce lieu et de bien le décrire, de sorte qu'un moment M. Melville crut avoir trouvé des vestiges indubitables d’un séjour de M. De Long : les branches sur lesquelles s'établirent les deux marins pour ne pas toucher le sol en dormant élaient rangées de façon à former une sorte de lit aux pieds tournés vers le feu, contre la coutume des naturels de la région. On y ramassa un ceinturon dont la boucle, examinée par Melville, fut parfaitement reconnue pour avoir été fabriquée dans la forge de !a Jeannette.
Très perplexe dans ses conclusions, il se résolut à suivre la rive de l’oues!; mais le lendemain matin, 10 novembre, quand il donna l’oräre du départ, les indigènes prétendirent qu'il fallait s’en retourner, gens et bêles n'ayant plus rien à mettre sous la dent. Or il savait qu’on avait emporté pour dix jours de rations complètes : il demanda la distance du village le plus proche : « Cent milles, lui fut-il répondu; mais nous ne voulons pas y aller, nous voulons revenir chez nous! » Melville, le plus sérieusement du monde, leur affirme qu'ils continueront : on mangera les vingt-deux chiens, d’abord; puis, ceuxci épuisés, il passera aux hommes!
Sa résolution leur impose : ils se mettent en marche pour le village, Bouloun du nord, près des rives de l’océan Polaire. Melville vit nombre de huttes, et s'arrêta pour la nuit dans un lieu nommé Kas-Karta, où l’abon‘lance de débris de chair de renne lémoignait clairement que le capitaine et les siens n’avaient point passé par là. La roule fut très difficile. Le 11, à minuit, quand ils arrivèrent à Bouloun du nord, M. Melville, gelé raide, dut être porté du traineau dans la hutte. Les naturels se pressèrent autour de lui, et, pour la premitre fois, il trouva des « reliques » de ses camarades : un Yakoute lui remit un papier, une des notes laissées par le capitaine pendant la marche; le lendemain, il lui en porta d’autres, ainsi qu’un fusil. Ce jour-là il faisait grand vent, et le voyageur resta au logis.
r'oix », s longs ulte où e et la égligea
qu'un indubiquelles en dorlit aux ls de la aminée briquée
aivre la , quand nt qu'il , mettre ix jours lage le nous ne felville, ntinues, CEUX-
he pour Polaire.
dans un hair de ens n’a- Le 11, à Melville, es natu- > fois, il e lui rependant si qu'un resta au
? LÀ “( nBALLOK es 24Vy