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LES CAMPAGNES DU PRINTEMPS, 633 vèrent à Ouslerda, où le capitaine De Long avait traversé le fleuve pour gagner la berge de l'ouest, Nindemann reconnut tout de suite l'endroit el se mit en quête de la hutte où Ericksen élait mort : une fois découverte, les recherches seraient bien simpliliées! Ils s'enquirent, près des conducteurs des allelages, de toutes les cabanes des alentours, et visitérent celles que les indigènes disaient répondre plus où moins aux descriptions de Nindemann., La neige couvrait le sol à une grande hauteur, interceplant toutes les traces; ils avaient euxmèmes à se défendre contre la tempête et parfois à fuir devant elle; la violence des rafales les contraignit enfin à retourner à Kas-Karla. L'allelage de Bartlett était prèt. Melville l'expédia à Mat-Vaï, avec ordre de marcher ensuite au nord sur le plus large bras du della qu'il pût trouver: lui et Nindemanniraient au contraire au sud. Is partirent en même temps. Bartlett gagna Mat-Vaï quelques heures après; Melville et son compagnon durent camper toule la nuit dans la neige, n'arrivant que le lendemain à Qu-Vina, où Bartlett les retrouva dans la journée, La tempête qui soufflait en bourrasques, mullipliait au centuple les difficultés; enfin, laissant Bartlett à Qu-Vina, les autres prirent la roule de Mat-Vaï., Dès que le temps fut débrouillé, ils s'avancèrent sur la grande baie au nord de laquelle se déploie un vaste éventail de courants, afin de visiter l’un après l'autre chacun des becs qui les séparent.
« Nous suivimes la baie, dit le récit de M. Melville, jusqu'au soir assez lard, et, après avoir parcouru tous les promontoires, nous arrivämes enfin à la plus large des branches, dontle cours étail encombré de débris de glace, Je sautai sur l'avancée de terre, et tombai presque aussitôt sur les restes d'un feu très grand, ayant occupé un diamètre de six pieds au moins, fait de rondins énormes, un feu de signal sans doute. J'appelle Nindemann et les indigènes : « Voici quelque chose! » Tous sont de mon avis : Nindemann et Noros n'ont point, dans leur voyage, construit de bûcher semblable : quelques tisons seulement, dans des fissures de roche. Les Yakoutes disent que jamais ils n’allument de feu pareil, Nindemann reconnait positivement la pointe qu'il a contournée avec son compagnon, le courant qu'ils ont longé ensuite. Évidemment le capitaine ct sa troupe se sont arrèlés ici, et, sans doute, comme Nin-
lé
AWENSTEN, N.Y. 14580 \716) 872-4503
demann et Noros, ils auront tourné à l’ouest... cherchons du côté de l’ouest.
« Nindemann m'avait parlé d’un vieux chalan qui pourrissail sur {a rive à quelque distance en amont : si nous le trouvons, plus de doute, le bras sera bien celui sur le bord duquel s'élève la hulte où Ericksen est mort. Je veux aller jusque-là, recueillir les objets qu'on y a laissés, puis retourner à notre promontoire et continuer les investigations entre ce point et Mat-Vaï.
« Les vents qui balayent sans cesse la surface du steppe (toundra), précipitent la neige en bas de la berge, élevée ici de 8 ou 10 mètres au-dessus du lit de la rivière; peu à peu elle s’y est accumulée en un talus large de 12 à 15 mètres et montant presque au niveau de la falaise.
« Nindemann part en têle avec ses chiens; je le suis à 400 ou 500 mèlres de distance. I signale le bateau plat. En allant le rejoindre au plus vite, j'éiais assis sur le traineau, la facc tournée vers la berge, à l'exemple des naturels qui, en procédant à leurs recherches, restent sur le véhicule : si une chose les étonne, ils descendent poui l’esaminer ou s’en emparent en passant. C'est ainsi qu'à 500 mètres des débris du grand feu, j'ai vu, s’élevant de 45 centimètres au-dessus de la neige, qualre piquels à bouts croisés ct liés d’une corde. Je me coule aussitôt du traineau, je gravis le talus : une carabine Remington est suspendue à ce faisceau, la bouche du canon émergeant de 20 centimètres. Le conducteur voit que j'ai fait une découverte, Il arrête ses chiens. Je l'envoie chercher Nindemann et donne aux autres naturels l’ordre de creuser audessous des quatre montants. Je suppose que nos camarades, las de porter papiers et livres, les avaient placés dans un trou, puis marqués par un signal, pour revenir les prendre, une fois en lieu sûr. Nindemann arrive, nos hommes piochent encore. Nous grimpons sur la berge afin d'observer le cours du fleuve. Mon compagnon veut continuer vers le nord jusqu’à ce qu’il ait retrouvé la hutte d’Ericksen. Pour moi, armé dela boussole, je marche quelque peu dans la direction du sud; je désire prendre les relèvements de Slobolvoï et de Mat-Vaï, où je retournerai ce soir si la nuit menace d'être mauvaise.
« En m'avançant vers une pointe où je compte placer l’in-
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