‹ Voyage de m. le maréchal duc de Raguse, en Hongrie, en Transylvanie, dans la Russie méridionale (volume 2)Chapitre 6 sur 26 · JAFFA. 7Z · texte numérisé non relu

JAFFA. 7Z

Ce couvent fut fondé par Philippe-le-Bon , duc de Bourg^ogne. Les arbres qui Tcntourent le décorent d'une manière charmante; un magnifique réservoir rassemble les eaux qui pourvoient aux besoins des bestiaux; près de là sont des fontaines alimentées par des machines hydrauliques, mues par des che* vaux , et qui sont constamment en mouvement.

C'est à Rama que j'ai vu les premiers palmiers productifs. Ils étaient en petit nombre , mais sur* chargés de ftruits. Il n'y en a plus que trois à Jérusalem; Î1& ne portent que rarement des fruits, et encore qui ne mûrissent pas. La plaine de Rama donne des récoltes de toutes les espèces , particulièrement de froment. Tout le midi de la Palestine, et surtout les plaines deGazza,sont riches en grains et en froment ; c'est le grenier de la Syrie.

Les pèlerins s'arrêtent ordinairement à Rama en allant à Jérusalem; lorsqu'ils en reviennent, ils trouvent un asile charitable, et un bon accueil, dans le couvent des moines catholiques de la Terre- Sainte. Je ne réclamai pas leur hospitalité, étant pressé d'arriver à Jalfa, où j'entrai une heure avant iecoucher du soleil.

En approchant de Taffa , la beauté et retendue des jardins qui environnent cette ville charmèrent ma vue. Chacun d'eux renferme un ou deux puits; des roues à pots , mues par des animaux , servent à élever Teau el; procurent des arrosements abon-

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danU. L'eau Ht à Une trèa-petUe profondeur, et ces machines donnent ainsi de grands et de fiiciles résultats. Dans ce canton , presque touyôurs une petite maison d'habitation est jointe à un Jardin, et ces campagnes sont tout à la fois des lieux d'agré* ment et de produit. La clôture des Jardins est formée par des haies de figuiers d'Inde ; en une année ces arbustes prennent un si grand défeloppement, ils ont acquis tant de force et de hauteur , leurs branches sont tellement entrelacées, qu'ils forment un obstacle impénétrable. Indépendamment de cet objet, qu'ils remplissent parfaitement, ils donnent une assez grande quantité de ft'uits d'une médiocre qualité ; leurs feuilles , couTertes de pointes aiguës et piquantes, font «une nourriture de choix pour les dromadaires et les chameaux. C'est une chose singulière, que ces animaux puissent, sans se blesser la langue et le palais, employer de pareils aliments : il faut que ces organes aient cbex eux une constitution toute particulière*

J'étais annoncé à Jaffa par Ibrahim-Pacha , et j'y fus reçu arec de grands honneurs. Le général qui y commandait et le musselim , ou gouyerneur civil, Tinrent à ma rencontre. Je descendis chez un négociant ft^anc, nommé Damiani, qui gère plusieurs consulats européens , et en particulier le consulat de France. Il m'ayait écrit pour me prier de loger chez lui , et son fils était venu jus-

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qu'à Rama pour attendre mon arrivée. Je fus trisbien reçu par cette famille hospitalière. J'occupai dans sa maison la chambre où avait couché M. de Lamartine , et j'y retrouvai les hôtes qu'il y avait laissés, des hirondelles qui voltigeaient sans cesse, non pas en aussi grand nombre qu'il le raconte , mais cependant encore assez pour troubler le re* pos des voyageurs. J'avais donné l'ordre à mon bâtiment de venir m'attendre dans la rade de Jaffa, et, au moment oiî je descendais de cheval, il jetait l'ancre.

Le 26, je visitai la ville et ses environs. Elle est située dans un monticule de sable , et les fortifications qui Fenveloppent sont composées d'un mur. Je reconnus le point par lequel l'armée fï'ançaise , en 1708 , l'avait attaquée. Une batterie de six pièces de douze avait suffi pour ouvrir l'enceinte , et un seul assaut donné à la place, en rendit maître. Cela devait être avec des troupes aussi braves que celles qui l'attaquèrent, et des éléments de défense aussi incomplets.

Après un jour de repos je m'embarquai pour Saint-Jean-d*Âcre. Je ne pourais me résoudre à quitter la Syrie sans yoir une ville qui a eu sur la destinée du monde une immense influence, en arrêtant la fortune du général Bonaparte. Si Saint- Jcan-d'Acre se fût rendu , la Syrie était conquise , rien ne pouvait mettre obstacle aux entreprises de Tarmée française : les populations du Liban prenaient les armes et nous fournissaient des soldats , Topinion nous devenait si favoraole , que tout cédait devant nous , et même se réunissait â nous. L'habileté politique de Bonaparte, ce talent supérieur qu'il possédait pour manier les hommes et pour les entraîner , eussent trouvé de belles occasions de s*exercer, et il aurait eu de grandes applications à en faire. Groupant autour de lui ces

populations éparses que renferme FAsie, lenrs intérêts, liés aux nôtres, auraient ajouté beaucoup i m moyens; Tempire otton^an , déjà si faible , s'écroulait sous son attaque et sous ses coups, et un Qonrel ordre politique surgissait nécessairement (1) • Haitre d'un grand pays, fondateur d'un nouvel empire, pouvant distribuer les richesses de l'Egypte et de FAsie à ses compagnons , sans doute Bonaparte se fût contenté de recommencer Alexandre, et il n'aurait plus pensé à un retour en France, retour si difficile et si hasardeux. Dieu sait dans quel état la France était alors et ce qu'elle serait devenue sans lui : Dieu seul aussi sait quelle marche auraient suivie les événements en Europe; mais, quoi qu'il fût arrivé^ nous y devenions étrangers : un empire français s'élevait en Orient. La résistance imprévue de Saint- Jean-d' Acre a ramené Farmée française en Egypte, elle a mis le général Bonaparte en contact avec les nouvelles de l'Europe, à portée des bâtiments qui pouvaient l'y transporter , et maître de tenter cette chance , parce qu'il laissait son armée victorieuse, bien pourvue, et en possession d'un pays peu étendu, riche, soumis et

(1) On verra , lorsque j'aurai l'occasion de parler du désastre naval d'Aboukir, quelles étaient les grandes pensées du général Bonaparte sur TOrtent.

J'ai placé aussi à la fin de ce volume quelque documents relatifs à rexpédiiion d'Éçypte.

7$ SAlNT-JEàR'ft'ACRS.

facile à défendre. La résistance de Saint- Jean-d*Aere a donc décidé de son sort et de celui de l'Europe ; car Tun s'est trouvé lié à l'autre. Cet échec lui parut un grand malheur, et cependant c'était tin bienfait inespéré de la fortune , qui le conduisait par des voies mystérieuses à l'apogée de sà grau* deur.

Un accident de mer retarda notre départ. Cependant nous mîmes enfin è la voile, et le 28, im matin , nous étions devant CéïfPa. Nous aurions dû et pu mouiller à SaintJean-d'Acre; mais mon igncr* rant capitaine assura que la chose était très-dangereuse. Nous jetâmes donc Tancre an mouillage de Cal£Ea , qui est à l'extrémité sud de cette immense rade foraine , au nord de laquelle est placé Saint- Jean-d'Acre.

Je pris terre immédiatement. Le musselioi éiBÎt prévenu, et aussitôt j'eus à ma disposition, pour moi et mes compagnons , des moyens de transport pour nous rendre à Saînt-Jeam-d'Acre.

De Caiffa il 7 a encore quatre lieues, et Ton suit toujours la côte, qui est souvent jonchée de débris de bâtiments, caria mer j est habituellement mdu^ vaise. Avant d'arriver à la presqu'île à la pointe de laquelle Saint-Jean-d'Acre est bâti , je trouvai la rivière de Coppa, l'ancien Bélus^ que je traversai à son embouchure. Après l'avoir passée, je me portai à la droite, sur une hauteur, en avant dePiethme,

^ui commande la presquMle et la plaioe* liCt nombreux débris qyi la forment en grande partie» et de vieilles constructions, marquent remplacement de l'ancienne Tille de Ptolémaïs.

A cinq ou six cents toises , en se rapprochant de la pointe de la presqu'ile , est la ville de Saint- Jean^d'Acre. Ses fortifications, du côté de terre, n'ont pas plus de cent vingt toises de longueur : le front est flanqué par trois tours carrées , il regarde Test; le rempart tourne au midi, et suit immédiatement le bord de la mer. €*est dans cette partie qu*est situé le port. Ce rempart continue du midi à l'ouest, et vient par le nord retrouver le front de terre. Le grand diamètre de cette place ne dépasse pas trois cents toises. Une seconde eoceinte, du c6té de Fisthme, ressemble à la première j mais elle est encore moins bonne ; elle est intérieure. Celle-là seule existait en 1799, L'enceinte extérieure fut construite par Djezzar-Pacba, après la retraite de l'armée française.

L'intérieur de la ville ne présentait, quand je le visitai, qu*une masse de décombres; le dernier siège fait par Ibrabim-Pacba avait tout détruit. On était occupée déblayer ces ruines et à reconstruire la ville et Ton rétablissait les fortifications , telles ^'elles étaient auparavant.

Lé gouverneur me reçut de son mieux ; il me fit faire le tour de la place et me montra tous l^s

BO 6At]<rT-JEAN-D*ÂCBE.

travaux. Un ingénieur italien, qui avait servi autrefois sous mes ordres en Dalmatie , les dirigeait, et il m'expliqua, sur les lieux mêmes, tout ce qui pouvait m'intéresser dans les temps anciens, comme pour les événements modernes.

Je visitai le point d*attaque qu'avait choisi le général Bonaparte, en 1798 , un peu à gauche du centre du rempart qui regarde l'isthme. Je reconnus la brèche faite par rartlllerie française , aux réparations qu'elle a nécessitées ; une maçonnerie différente de celle de l'enceinte les fait remarquer. Je commandais alors à Alexandrie , et j'avais fait embarquer quelques pièces de gros calibre sur une flottille qui fut prise parles Anglais. Cette batterie était plus que suffisante pour mener promptement le siège à bien : ayant manqué, il en résulta un grand embarras: on fut réduit à employer seulement les pièces de douze de campagne. Ces pièces firent une brèche. Impatient d'emporter la place, le général ordonna l'assaut avant que la brèche eût été rendue suffisamment praticable, et l'on fut repoussé. Les approvisionnements, peu considérables, s'épuisèrent bientôt : on en avait fait un emploi mal entendu, par suite d'une malheureuse rivalité et du peu d'accord qui régnait entre les chefs de l'artillerie et du génie. Plusieurs assauts se succédèrent sans réussife, et dégoûtèrent les troupes, tandis que celte résistance inês-

pérée encouragea les Turcs dans leur défense.

L'armée française, peu nombreuse au moment de son entrée en Syrie , avait éprouvé des pertes qui l'affaiblirent. La peste vint ajouter ses ravages à ceux que causait le feu de l'ennemi, tandis que la garnison, de deux à trois mille hommes dans le principe, reçut successivement par mer des renforts qui la portèrent jusqu'à douze mille; de manière qu'elle était plus forte que l'armée qui l'attaquait. Tout espoir de prendre la place s'évanouit donc ; il fallut renoncer à l'entreprise, et lever le siège. Le général Bonaparte n'avait plus rien à faire que de rentrer en Egypte avec son armée , et c'est ce qu'il effectua.

Après avoir parlé du siège de Saint-Jean-d'Acre par Napoléon , je parlerai de celui fait en dernier , lieu par Ibrahim-Pacha. Entre les deux événements il n'y a aucun rapprochement possible ; tout y est différent. Ibrahim-Pacha entre en campagne avec une armée nombreuse, un équipage d'artillerie complet, une escadre et des moyens immenses, et il est resté six mois devant cette place. Quelques fortifications ajoutées nouvellement aux anciennes, et tout aussi mal entendues que celles-ci, n'auraient pu prolonger la résistance que de peu de jours si le siège avait été convenablement conduit; mais ancune attaque ne fut dirigée d'une manière régulière; et, si les inspirations du génie

8) SilIfT-^Biir^n^ÀGEK.

peuvent à la guerre quelqqefoU suppléer i f ei(pé^ rience et aux études, il n'eu est pas de même dans l'attaque des places. C'est une affaire spéciale, qui exiçe des connaissance» positives, une science exacte dont les principes sont connus, quia ses application» déterminées et précises , et dont oq ne peut s'écarter sans s'éloigner du but que Von »q propose d'atteindre.

C'est ce qui est arrivé ici. Une énorme quantité deprqjectiles fut lancée contre Saint^Jean^d'Acre, les maisons furent détruites, mai$ les ren^parts i peine endommagés restèrent intacts. I4ea Égyptiens n*ayant ni fait une brèche , ni ouvert un chemin pour pénétrer dans l'enceinte, la ville tint se» por^ tes fermées et continua à se défendre par une simple force d'inertie. Fatigué de tant de délai, d'une si grande perte de temps, et de tant de munitions consommées sans résultat, Méhémet-Ali envoya à ce siège un ingénieur napoUtain,^ pommé Roset, qui était en Egypte. Il conduisit une attaque régulière, et au bout de quinze jours la place était prise. C'est à peu près ce qui serait arrivé dès k commenceînent du siège, si les attaques avaient été dirigées par un homme de métier un peu habile.

La position de Saint-Jean-d'Acre est si favorable, qu'on peut, avec une faible dépense, en faire une excellente place capable d'une résistance prolongée,, et susceptible à la fois d'être défendue par peu de

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monde , et de recevoir et mettre en sûreté toute une armée. Il faut pour cela ne considérer la place actuelle que comme un réduit; faire, quatre-vingts toises en avant sur la capitale du saillant de gauche, une grande lunette à flanc , à casemate et à feu de revers; une autre lunette plus petite , en rentrant entre la première et la mer, au nord de la ville , et un demi-bastion sur Tisthme et sur le bord de la mer, en avant de la porte de terre. En ajoutant à cela un bon ouvrage , avec établissement complet , blokaus intérieur et chemin couvert sur la hauteur des ruines de Ptolémaïs, enfin des inondationa à droite, au moyen de la rivière, on fait de 6alat-Jean-d*Acre une véritable ville de guerre, dont l'attaque exigerait une grande réunion de moyoDs.

Cette ville est d^une importance extrême pour Mébémet^Ali : elle e^ centrale , et peut servir , en cai d'événeai^nts malheureux» de refuf^ à sou «rméei. £Ue est mariUme et peut recevoir dea se* cours de FÉgypte au moyen de sa marine. £Ue jouit d*une grande réputation, et sa possession est d'un puissant effet moral. Méhémet-AIi ne saurait trop si'oGeuper de la rendre aussi forte qu'elle peut le devenir^ et il devrait y avoir toujours de grands magasins de vivres et de munitions de guerre.

Après cette longue digression sur Saint-Jeand'Acre, je reviens â mon voyage. Je l'etournai lé soir même à GaïfFa oii le gouyerneur et les principaux officiers voulurent me reconduire. J'y arrivai fort tard. Une mer extrêmement houleuse , et un vent impétueux, empêchaient toute communication avec mon bâtiment: je fus forcé d'aller demander Thospitalité au couvent du Mont-Carmel, qui en est â peu de distance.

Les moines qui Toccupent sont de Tordre des carmes. Il a été détruit, il y a quelques années , par Abdallah-Pacha, sous un vain prétexte, mais en réalité pour faire servir à des constructions , destinées à son usage personnel, les matériaux que Ton pouvait en tirer. Des réclamations , qui arrivèrent de toute part à Constantinople , firent don-

xoirr-ruAMfit. Stf

fier des ordres pour protéger ces moines , qui depuis ont entrepris de rebâtir le couvent , et y sont parvenus, à force de volonté, d'industrie et de persévérance. Des quêtes ont été faites dans toute l'Europe ; plusieurs souverains ont répondu avec générosité à cet appel à leur piété.

Le couvent du Mont-Garmel est aujourd'hui le plus beau , sans comparaison , de toute la Terre- Sainte. Il est bâti sur un cap avancé et domine la mer â une assez grande hauteur. Il est vaste, trèsbien construit , et disposé pour la défense. On pourrait y soutenir un siège ; et , pour peu que Ton voulût résister, il serait imprenable pour des gens quiTattaqueraient sans canon de gros calibre. Les portes sont revêtues en fer , défendues par un flanquement et des feux de protection ; des créneaux et des meurtrières sont ouverts dans toutes les directions, et la terrasse est défilée des hauteurs qui la dominent. C'est un moine que j'y trouvai, qui en a été l'architecte : il entend bien les constructions civiles , et n'est pas étranger aux constructions militaires. L'église n'était pas complètement achevée ; elle est bâtie avec un goût exquis , sur la grotte qni servait d'asile au prophète Élie. De ce point aussi la Vierge vit , dit-on , dans une nuée qui s'entrouvrit , des signes de sa destinée Allure.

Je trouvai dans ce couvent une excellente hos-

Bê ]fOW1HG4l|«ia„

pîtalité. I^e^ carmes occupent dana la hiérar())iif religieuse m rang supérieur à celui de» frauci»*caîDs ; mai» les uns et les autres riyaliseot de zèl^ envers le» voyageur». Ea général , ou est toujour» frappé de Thospitalité de rOrianti constamment exercée avec plaisir , avec empressement Qt grâce f et reçue avec uue vive reconnaissance,

Je fu» frappé de la quantité de palmiers qui croissent sur cette côte. C'est i Saint^Jean-d'Acre qu'ils commencent, et le nombre en augmenta constamment à mesure que l'on s'avance ver» \t sud ; les pays les plus stériles, le» sables U$ moio» productifs, sont le» lieux qui leur sont le plus fa* vorables (1).

On ne saurait trop admirer la manière dont la providence sait tout disposer dans on but utile i raçcompll9sement de se» vue»» Qn dirait que ce»

(1) J'ai pris des renseignementt tur les produiU que Ton tire (les palmiers, dans cette province. Les dattes sont d^nne qualité inférieure à celles de l'É^pte , des Oasis et de U Nubie. Le palmier ne donne des fruits ordinairement qa*uiM fois «ur dçux nos { dès Tâffe de quatre «m il prodvtt, «I r^nd de cent vingt jusqu'à sis ceats livres de datte«. U y en « d# deux qualités; les rouges et les blanches, qui «ont lea meilleures , et se vendent jusqu'à dix paras la livre ; les dattes brunes , qui se vendent quatre paras. On fait des caisses avec les branches du palmier ; et, avec les parties cheveloes, qui les environnent à leur naissance , on tresse d'excellentei contes. Le corps de Tarbre peut servir à quoique çoiiftniotions.

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montagnes de sable , que le vent soulève et emporte, qui sont privées de Feau des sources et de celle des pluies t sont destinées à une stérilité absolue. £h bien , il y a au milieu de ces sables un arbre qui s'y plaît, qui y croit avec la plus grande facilité ; cet arbre produit des fruits bons et abondants, toutes ses parties servent à une multitude de choses usuelles. Ainsi , pour franchir le désert , il faut être pourvu d'eau et de provisions. Ces provisions ne peuvent être portées par des chevaux , des ânes ou des bœufs , qui ne sauraient se passer d'eau, et la providence a créé un animal, qui mange peu , vit sans boire , porte de grands fardeaux , et qui , lorsqu'il le faut , parcourt en peu de temps d'immenses distances* C'est le dromadaire et le chameau. Grâce à son secours , le désert peut être habité et traversé ; aussi a-t-on appelé les chameaux les vaisseaux du désert.

Le 29 au matin , je quittai les bons moines du Mont-Carmel ^ et je retournai à bord. Mon intention était d'aller à Sour , pour visiter les ruines , ou plutôt l'emplacement de l'ancienne ville de Tyr, mais un vent du nord prononcé y mettait obstacle, tandis qu'il favorisait notre navigation pour l'Egypte. La saison m'autorisant à craindre qu'il ne soufflât pas longtemps , et ensuite ne devint rare , je me décidai à me diriger immédiatement sur Alexandrie.

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