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deroin et des privilèges en furent la conséquence, et Tobligation. du service militaire, ainsi que le droit de siéger dans les assemblées de la nation, résultèrent de cette nouvelle organisation pour tous les possesseurs de fiefs.
La nation se composant de Sarrasins, de Normands, de Grecs et d'indigènes, chaque fraction se gouvernait, en ce qui n!était pas féodal, d*après les lois et les usages qui lui étaient particuliers. Les corvées, les impôts de diverses espèces variaient suivant les différents peuples dont se composait la nation. Ces contributions formaient une partie du patrimoine des barons. Mais aucun impôt direct ne put être exigé que dans des cas qui furent déterminés par la diète de Roncalia , origine du parlement et dont les actes ont servi de fondement au droit public.
D*aborà le parlement ne fût composé que des barons , des prélats et de ceux que le roi trouvait bon d'y appeler. Il n*avait ni durée ni périodes fixes ; mais plus tard, ayant reçu une organisation plus régulière, il restreignit et régla le pouvoir des barons , et sous le roi Frédéric d'Aragon il prit une haute importance qui ne cessa de s'accroître sous ses successeurs. Depuis, le besoin d'argent se faisant sentir sous Ferdinand d'Aragon et sous Giarles-Quint , le parJemeat £ot assemblé fréquemment pour en obtenir les \
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néeessalm aux hcfoias tle la cooroone <1}.
Le parlement étak composé de trois cliafflbre$, appelées bras, nom indiquant sans doute la forée ée F^Cat et en présentant l'image. Les bras ée^ elésiastique, baronial et domanial délibéraieiit séparément^ et une déj^utation de ntiuf membres , choisis à raison de! trois par chaque bras, surveillait remploi deft aonuoes votées et en m^me temps l'exécution de» lots et des franchises du royaume.
Dans les derniers temps ^ le parlements'assemblait régulièrement tous les trois ans pour Toter les subsides et réclamer du roi ce qu'il croyait utile au bien du pays : deux cent trente et un membres le composaient; soixante et un prélats, évè^ ques, etc., formaient le bras ecclésiastique, présidé par rarehcYèqne de Palerme; cent vingt-quatre barons, présidés par le plus ancien baron du royaume, le bras baroaial; et quarante-six députés des qnarante^lx villes appartenant au domaine
(i) La plm «ndeo parWmeafc dont le» «elet rëgnliert toienl eoDtanrét ett de 144S.
C*e«t Mui le règne de Charles-Quint que fut fondée la banque de Païenne et établie la milice bourgeoise* composée de douze mille bommes, dont deux mille de cavalerie. On constrnisit aussi à la même époque les phares et tours servant aux signaux pour avertir promptement et sur toute la o6te de la présence des Barbaresques.
ITt TOTâSI IM sieiu.
ropl, présida ptar le prétinir de PaWme, chef muiileipal de là ville, nommé par éleetioii) ibrmaient le bras domaniale I^ea ÈtH repréfe<HitflDt li prepriété, lé baron qui en pœsédait plusieurk Hunissaiton oonbre deToix é|^ à cAni de set fieiS) et à ce titre le jurinee luttera en a?ail datait dans le braa baroniaL Choque braa délibérait sar lea questiotts proposéee^ et iii eolnouiniqtiâielit en^ tn eux par des eommisaaiéea.
Toutes les fortunes étaient constituées en majiH rats et en ildéleonimîs et poseédées par les diefl de femille, «Mis des dots «t'des lé^times étaient duss aux filles et aux cadets«
Le eomnenoetdent du règne de Ferdinand fat signalé pat* des restrietions importantes dans les droit» féodaux^ l*expttision des jésuites, la rédiietien des eouvetiU^ la défense faite «ui main-inoh' tables d'acquérir de nouveaux biens et les eneears' geinenls donnés k regi^oilture^
Les événements de la ré? dution et les conqa^ tes de l'empire survinrent, et deux fois la cour Ait obligée de se réfugier en fiieile. La présence da souverain pouvait être un grand bienflit peur la Sicile, un brûft de cJhoseé Salutaire poUtëft eb fésuttéf, <^â^ ^^ àei plUs grands malheurs dé ee pays, une des causes de sa décadence résultait d'avoir été gouverné pendant trois cents ans presque toujours par des vice-rdis.
ftovTttiiiwiirr M «icnu. ITO
Le pirtabiitBty contoqué à dlTerses époques, aoecmla les subsides demaodës; mais eu lëlO le bras bârsmal se roidit cootre les exigeoees de la cour s le parlement n*accorda qu*une partie des subsides fédainés, régularisa l'impdt et rétablit sur de ■leilkures bases , eu le Adsaut supporter par toutes les prupriélés sana distiuction .
Uii nouveau parlement convoqué persista dans les résolutions du précédent. Alors des coups d'É^ lat et des perséeutions surTinrent. Le gouYsrne^ ment anglais interTint par rentremise de sir Wil-^ Ham feentiuk, tout à la fois son ministre et son général conunandant les troupes daus File. Le parlement se rassenri[>ia , et lé vicaire général , Valter egOj dépositaire momentané du pouvoir royal, lui proposa une referme dans son organisation. Alors s'exerça Tinfluence anglaise ; mais au lieu de ré* fermer œ que l'ordre de choses existant pouvait avoir de vicieux et d'embarrassant daus la marcbiB dos affaires, encouragé par des novateurs et entre autres par un abbé Bdtramo ^ homme influent à cotlsiépoque et désireux de placer son nom parmi les légblateurs eâM>res, le parlement entreprend un ouvrage eottiplel, il pose des bases préliminai* res sages que ibnt bientôt perdre de vue des dis^ eussions amères. Le parlement, éougédié, coovo^qué dans les nouvdies formes, renvoyé denouveau^ rappelé plus tard, se rassembla deux fèis en 1814 ^
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abandonné à luNmème par le départ dea Anglais, conduit par des hommes peu habiles , une agonie de près d'une année conduisît à hi destmctîan da nou?el ordre de choses.
La réunion en un seul royaume , de Naples et de la Sicile, décrétée jMir le roi, amena la suppression des institutions nouvelles et mit obstacle au rétablissement des anciennes. Ainsi les efforts faits au nom de la liberté, dans un temps dit de liberté, entraînèrent en Sicile, comme dans beaucoup d'antres pays, la perte des franchises et des immunités du peuple et des garanties de ses droits.
Le parlement de Sicile avait supprimé hi féodalité, mais conservé les fidéieommmis et les nmjorats; bientôt un décret royal les supprima tous les deux.
Gomme pour accroître la confusion, il introduisit, sans mesures préliminaires , le Code Hè" poléon. Mais la suppression des idétcommii. rendait exigibles tes dettes dont les biens éCaient frappés, et les dettes étaient immenses. La snoocs* sien des siècles et des générations les avaieot tomées. La loi avait permis forcément que les dois et les légitimes fussent payées en rentes; ks rentes , non exigibles et non rachetables, hypotbé* quées sur les propriétés du chef de la famille, divisées par les partages, avaient créé une foule de
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créaneiers et grçvé lea bîeiMoiuU d'une masse de dettes énormes, encore accrue par des emprunts aotorîsés dams des circonstances déterminées pour faire face aux besoins propres des seigneurs , en sorte que ces immenses propriétés ne compo^ saient plus en réalité ^ue des fortunes apparentes dont les^ titulaires étaient seulement les adminis* traleurs.
Telle famiâe ayant œot mille onces (douze cent mille franes) de rçYenu , devait quatre- Tingt mille onces d'in^réls annuels et ne jouissait ainsi que du cinquième de la fortune qu*elle semblait posséder et dont elle touchait les re* Tenus.
Lorsqu'on entreprit la liquidation, on sentit l'impossibilité d'y parvenir : il était impossible que le pays fournit 1 argent nécessaire à une pareille opération. La Tente des propriétés dcTait indispensablement avoir lieu ; il ne se trouTait pas d'acheteurs pour y mettre un prix. Alors le roi Ferdinand détermina, par unecédule royale, que les payements s'effectueraient en nature et que chaque seigneur donnerait à son créancier un bien d'une Taleur égale è la dette qu'il avait contractée envers lui. Mais là était une difficulté insurmontable.
La valeur d'un bien n'est pas fixe et appréciable comme celle d'une pièce de monnaie, dont le ti-
i8i YtrvitfB tif 9ldft.lt.
tre ^t téûmi et ^àrûnnp^it VÈM, Le cr^tûti^ et fé â€bitettr ne pif reM |at6at» ^àocarûef i«r k tamt des pf opi'fétés, et tèiit k*eita m lUige et flM^ faîDx Les tribunaux elrai'gés^ prononcer , acca* bléaé'un noiUbre de procèè «t prodigieux, n^ei^ sayèfent paê même d'entreprendre de les juger, étie ^bayernement, en attendant là aoltttion, leur ayant donné Tadministration des terres en eon-» ie^târtion, lesjuges eurent intérêt i la eoiiser^er et S Vestes dans un cbaoS dont eut eeute tiraient pio* fit. Lés débitettrs se crUréM libéi^^ les oréànciari ne se reconnurent paaremboursi^^et les blefes, abandonnés pai" teùx qui araient Intérêt à leur conservation , spoliés par cenx entre les mains d« qui ils étaient déposes , perdH<ent chaqae innée de leur valeur et aujourdliïii s<JËt tombée l h moitié dé celle qu'ils réprésentaient pHmltitMttént^
Le iMl ?» cMilmaent «d avgiQmHanl , et ob oe peut préf^ir à qiMt jteme H s-arréteea : i( «e complique de e^naidératkHif potitiq«fa, dk Mr greta pour iiiie législalioB aboi», de répugaasce pow celle lëgaiemeiit en viçtt^r ^ Faiiarekie eM dana ka Ms , âaiw la JHatke , et la ptopriiété te eonatitue d'une manièpe^sléoiatique. Une pareille cotrepriae ne poOTait être menés à bien qu'avec le aecoura du tempa et èeW d'une puîaaance finan.'elère aervant d'intarmédiaire entre ka cféanaiem et lea débiteurs.
Si une banque iarritoriale, âondée par l'Etat ^^na eet objet, pourvue d'un ca||^lial connenaUei avail été chargée de recevoir le nontfnt des dettes annuelles, au mojrend'eQgagemcsCsaignés. paries
seigneurs, e( se fût substituée â ceux-ci dans le payement de leurs dettes et que chaque année elle eût payé le trentième du capital en se remboursant sur la vente de la trentième partie des biens hypothéqués , ropération aurait marché régulièrement: les créanciers eussent pu avoir de la banque des effets négociables dont le remboursement successif aurait cadré avec les ventes.
liCS ventes , faites avec intelligence et discrétion par trentième sur tous les points de l'Ile à la fois, auraient conservé aux tenues leur valeur en mettant â la portée de chacun celles qu'il pouvait vouloir acquérir. Les effets donnés par la banque eussent trouvé un emploi facile , ' pttÎBqu'on les aurait reçus en payement des propriétés. Celui qui recevait un remboursement pouvait choisir une propriété â sa convenance, et on aurait évité rkiconvénieiit de le forcer à accepter des bleus qui ne lui oftent , pas d'avantages. Les biens dcistiaés à ^Ure «eodos seraient restés dans les mains de leurs propriétaires jusqu'au moment de la vente, et ceunHfi, in* téressés à les voir vendus le ^us cher possible, leur auraient conservé parkiws soins toute tour valeur.
Une mprehe régulière aiu^aît amené une liqnipation universeUe , dont le mouvement aurait pu ^re beaucoup accéléré par les premiers succès obtenus et dans tous es cas aurait opéré sans se-
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cou8$e le changement de mains des propriétés. Mais le mode adopté a jeté dans un labyrinthe îneitricable dont on ne peut entrevoir Tissue;. Peutêtre le mode indiqué plus haut serait-il encore le seul à snivre, mais il y a une horrible complication causée par la détérioration des propriétés désignées depuis le moment où la mesure a été prise : alors, conservées et recevant un emploi prudent et habile, elles pouvaient payer les dettes ; aiyour* d*bui elles n^en représentent pas la moitié.
On voit , par ce qui précède , que Tanarchie a été mise dans la propriété , mais elle Test aussi dans la législation.
An régime des fidéicommis on a substitué celui tles partages égaux , et en même temps on a adopté pour toute la Sicile le Code ISapoléon, très-légèrement modifié. 'Mais ces lois, loin d'être populaires, sont repoussés par l'opinion, et les juges répugnent à les appliquer. D'un autre côté , les anciennes lois qu'ils regrettent ne sont plus en vigueur. Pour mettre en harmonie ces divers sentiments, les juges s'abstiennent de juger, et l'anarchie se trouve ainsi dans les lois.
Enfin une dernière circonstance contribue, mais à tort, au mauvais esprit des Siciliens : une pauvreté générale , résultant du bas prix du blé , les afflige; mais cette condition est celle de toute TEu-' ropè comme de tous les peuples qui ne modifient 5 16
1S6 VOTAOE IN UGILB.
pBé leur cuUure sui?aDt les tempe, les circoastaih ecteilesbetoiiis.
L'agricullure ayant partout fait de frtmdt pr»- ^ès et kl eulture des sokmées dittiAuant la aan^ aoumiatiiin du blé , il y en a en sorabondioee partout ; la paix établissant ulie libre navifation et des rapports faciles entre les pays les plus éloi'gnés, ceux dont la fertilité est plus grande, où h niain«d*œuf re est à .vil prix , les pays nooveàax enfin , entrent depuis peu dans les coDibinaifODi de l'Europe dvee un avantage immense sur lius les vieux pays^ et ceux^-ci, en Conservant lean habitudes, doivent tomber dans une extrènde mi* aère^ comme cela arrive partout où l'on ne s*élève pas a des calculs en rapport avec le temps présent*
La Sicile est précisément dans ce cas, et elle sent d'autant plus les effets de Tétat de choseï actuel, 4|ue pendant la guerre elle se trouvait dans des circonstances particulières, toutes favorables aux propriétaires et aux cultivateurs de blé. Séparée du continent, elle était hors de toute coa-* currence avec lui et fournissait à la consommatioB de l'Angleterre ; une armée anglaise nourrie par elle versait plus de douze millions de fi*ancs cha* que année dans le pays et enrichissait le$ habi* bitants* Ils jouissaient donc alors d'une iproflférHé fort grande, mais due à des ciivonstaMes faut
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exceptionnelles et momentanées. Aucun effort, aucune combinaison ne peut jamais les faire renaître, et les Siciliens sont injustes quand ils accusent le gouvernement d'une misère qui résulte de la force des choses et aussi en partie de leur incurie.
Supposez-les indépendants comme quelquesuns en éprouvent le désir , comme d'autres en conçoivent l'espérance, ils ne seront ni plus ni moins riches qu'à présent, car leurs denrées ne se vendront qu'au même prix.
Le Sicilien est spirituel, actif, brave, énergique et passionné; on peut appliquer ses facultés à des choses utiles. La passion, ce mobile nécessaire à rhomme, le principe du bien comme du mal, mais toujours indispensable pour les grandes choses, Tentralne souvent dans de violents écarts : de nombreux assassinats sont commis par vengeance, rarement' par intérêt.
Le nombre des condamnés placés dans des maisons de réclusion est prodigieux et dépasse le nombre de douze mille : eu égard h la population qui les fournit, la proportion est la même que si la France en avait deux cent trente mille, charge énorme et plaie épouvantable. On y porte remède en recrutant dans les prisons les deux régiments
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siciliens que le roi de Naples enlretieot dans son armée. La nature des crimes n*entralnant pas le déshonneur dans Topinion, cette mesure est dhine exécution praticable, et cependant cette fleur d'honneur qui doit accompagner Thomme de guerre se trouve flétrie ici , et le beau nom de soldat est entaché par les circonstances de la vie antérieure de celui qui le porte. Une discipline sévère , terrible, nécessaire avec une pareille composition de troupes, n*empèche pas de nouveaux crimes de se commettre : le naturel prend le dessus , remporte sur la crainte , et alors la punition du sang devenue indispensable est mise en usage.
On peut reconnaître dans ce qui précède les causes principales d'une souffrance universelle et d'un mécontentement générai etk Sicile qui frappent les yeux les moins exercés. Mais où sont les remèdes ? La question politique ne peut sans doute être reproduite. Le sort de la Sicile de ce côté est fixé d'une manière irrévocable , et on ne peut ni revenir sur le passé ni rassembler des débris épars et peu propres h rien reconstruire ; mais les questions vitales , relatives à l'état de la propriété, à l'exécution des lois, doivent être résolues sans retard , il y va de la conservation de la société.
Il faut, après avoir pesé les avantages et les inconvénients des moyens à employer, mettre de la
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force et de la eonstance à les appliquer , et pour y . parvenir rien assurément ne serait plus fisTorable que la présence pendant plusieurs mois , chaque année, du souyeraip dans ce pays, digne d*unsi grand intérêt: elle y établirait Fobéissance, y porterait la Tie et fonderait une marche régulière, première garantie du bon ordre et du bien-être des sujets. Il faudrait enfin qu'une administration ferme et éclairée ( et quand elle est telle ses résultats sont immenses ) compensât par ses bienfiiti tout ce que les Siciliens ont perdu.
Après un séjour de près d'un mois en Sicile^ le bateau è Tapeur le Ferdinand nous reprit et nous ramena sous les frais ombrages de Gastellamare, où nous attendaient les douceurs d'un repos sniffié par le charme de Tamitié et celui d'iine société agréable et choisie*
SDR LA TEMPÉRATURE