‹ Voyage de m. le maréchal duc de Raguse, en Hongrie, en Transylvanie, dans la Russie méridionaleChapitre 37 sur 42 · I$6 NOTE · texte numérisé non relu

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par effet du liasard , le navire se rendit sur tin autic point de la cdte, et Murât, après ravoir longtemps attendu et cherché , voyant poindre les premières lueurs du jour 4 se retira et se mit à errer dans les bois et les vignes. U trouva heureusement un antre asile , échappa à de nouvelles embûches , et enfin sortit de France sur un petit vaisseau qui fit voile pour la Corse, Ile hospitalière , patrie d'un grand nombre d'hommes qu'il avait eus pour compagnons d'armes et de gloire* Après deux jours de navigation, il s'éleva une tempête soudaine qui força le capitaine de carguer la petite et unique voile latine de son bâtiment et de courir trente heures au gré des flots. Cependant la tempête se calma , et ce fut trèsheureux , car le navire, fort maltraité en plusieurs endroits, ne pouvait plus faire une longue résistance. Us découvrirent alors un autre vaisseau plus grand qui se dirigeait du côté de la France, et quand ils l'eurent atteint, une des trois personnes de la suite de Murât demanda au capitaine s'il voulait les recevoir et les coi^dnire en Corse, moyennant une somme considérable d*argent. Celui-ci , soit dureté de cœur, soit crainte de quelque piège ou de la peste, repoussa dédaigneusement leurs prières et leurs offres. Mais la fortune voulut que peu après le paquebot chargé de la correspondance entre Marseille et Bastia, et qui fait conlinuellement ce trajet, consentit à les recueillir. Cette fois, Murai, se mon- Irant à visage découvert, dit son nom à l'équipage, en ajoutant : « Français, je parle à des Français, et menacé de faire naufrage, je demande assistance à qui navigue sans danger. « On le rej^ut à bord du

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paquebot et on lui rendit les honneurs dus à un roi. Le lendemain il débarquait à Bastia. La Corse était, à cette époque, bouleversée par les discordes civiles et déchirée par les royalistes, les bonapartistes et les indépendants. Le premier de ces trois partis était faible et peu nombreux ; les deux autres , qui avaient plus d'importance, fondèrent sur Joàchim Tespoir d*une révolution. Aussi les autorités de la Corse ftirent-elles alarmées de son débarquement. Leurs soupçons forcèrent même Murât , par prudence et pour se mettre en sûreté , de passer à Yescovado , et puis à Ajaccio , toujours poursuivi par leurs agents , et toujours défendu par les populations', qui se soulevaient au nom de Joachim Murât. Cet accueil populaire lui rendait les illusiotis de la dignité royale, et il semblait que la fbrtune recommençât à lui sourire. Aussi disait-il souvent : « Si des hommes qui ne me connaissent pas prennent les armes pour moi, que ne feront pas les Napolitains? j*en accepte Taugure.» C*est alors qu'il forma , sans le révéler à d*autres qu'à ses plus sûrs et fidèles amis , le projet de débarquer à Salerne , où se trouvaient réunis et dans Tinaction trois mille hommes de son armée, quMl savait mécontents du gouvernement des Bourbons. De Salerne , il passerait à Avellino ; son armée se grossirait sur la route de ses partisans et de ses anciens soldats. Il gagnerait trois jours de marche dans la Basilicate sur les troupes autrichiennes qui de Naples s^avanceraient probablement à sa rencontre pour Tarréter et le combattre. Le bruit de son nom et le souvenir de sa r^'.oire se répandraient aussKôt dans tout le royaume; il ne se presserait pas de marcher 5 93

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mir la capiUl^ av^nt que la renommée de ses $imnk$ ii*e^4é«ofKaQi9é Jegouwiwweii^et quedanaton troubte le Tiem tti e<kt 4e iwuTeav [^Ht la fiill/^. Il ne pt^e yai t |MM«la «lalhaufa et «a amiolait peu 4ea teiifiii, gfà«i à aoii îDir^^iW «alureVQ» à aa langue liablMe 4a la 9ierfQ at ^ «a aaofiance 4^iia la f^itww^ In aa liwaiit k eea ealenU, il rafienbla ma petile Ireapa 4a 4a« aem oinwanle Caraes, liamea éétaiwnés ei^hm Mv awa p qnl é|Wf^v4 à aa iiersaivae, et loua ali karqinaa iiour ae trampoiiar aveo eux mr lea e^^ 4« royame 4aNaI4ea^

ILa jour du 4érail Malt déjà $%é ; maie , un pm na«t de «a iQ^ra en mer, ^oaeblm reçut de Haceaani une lettre éerile da CaWU pa^ laqveUe eet officier M anna«çail qu'il partait {lottr Ajaeeio avee de bawwanauTeilea. Mural loulut Tatiendre , et le ^it arrii^er la kawloaMia, Maaefoni lui raconta en peu dea mota a^aa^antmeaet lui remit une lettre ftpançaite qui portait *

« S. M. IVmpereur d'Autriehe aeeorde un aaila a« roi JoaelMHift aaua les conditioia tuivantei ;

» |»l.a rai prendra un nom da mple parlienlievw U r«na ayant adopté eelui de comtesse de Upmw, il aamUa que le r^ pourrait le prendre pour M-

« 9» I<e rei pourra établir sa résidence dans m» Tilla de la Bobéme, de la Moravie ou de V Autrialie «ivétiawa | il pourra ^taiemeot h son cbiotx babiter nue cw#afa» dans les mêmes protintees.

» 3^" U ^'engagera sur Vbonneur à ma paa<pulter laa l^.tataaiiMilMs»9 sanalaoonsentemant^V'^dft l^tapa*

m»^ «t d*y Yiwe «n simple particulier èoutniB àttit toii d« la monarchie autriciiienne.

» Doimé à Paris, le 1«' septembre 1915.

» Par ordre de S. M. I. R« A.

» Ll VRinCB ht MlBTTSâlfICH.»

t €*est donc Une prison qu^on m^ùtfte pour asUe ! s^é-^ cria Joachim après itvoir lu cette lettre; une prison ^ c*est un tombeau ! un souverain déchu de sa grandeur n'a plus qu^a mourir en soldat. Voui arrires trop tard , Mâceroni» Ma résbluiion est prise ; mon sort est fiité^ J*ai attendu pendant trois mois la décision des rois alliés. Geuit qui nai^uèrè ambitionnaient mon alliance et re^ cherchaient mon amitié m^ont abandonné ensuite à la Yengeance de mes ennemis. Je vais reconquérir mon royaume ; Je pars avec confiance et sous d^heureux mté^ piees. La malheureuse guerre d*Itaiie ne m'a rien fait perdre de mes droits. Les couronnes se perdent et se gagnent par les armes-, les droits une fols acquis Ue changent pas , et les rois tombés du trône y remontent au gré de la fortune , instrument de la ProYidence. Si mou entreprise échoue et que Je sois fait prisonnier, la nécessité me servira de justification et d'excuse,' mais Je ne chercherai jamais , esclave volontaire de lois bârbttres , à conserver dans ta captivité un misérable reste d'existence* Bonaparte avait renoncé à la couronne de France : il Ta momentanément reconquise de la même manière que je vais le tenter. Battu â Waterloo, le VOllà

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