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prisonnier. Pour moi, je n'ai pas renoncé au royaume de Naples. Mes droits sont intacts. La loi des nations ne permettrait pas qu'on me punit autrement que par la privation de ma liberté ; mais rassurez-vous : mon tle Sainte-Hélène, ce sera Naples. »
Dans la nuit qui suivit immédiatement cet entretien , le 28 septembre, la petite expédition partit d'Ajaccio. Le ciel était pur, la mer tranquille, le vent propice, la suite du- roi pleine de courage et d'ardeur, le roi lui-même heureux et plein d'espoir. Promesses trompeuses de la fortune? La cour de Naples était instruite des mouvements de Joachim, et voici comment. Aussitôt qu'elle le sut en Corse, elle chercha un homme pour espionner ses démarches, et à cet effet se présenta aux autorités, pour cette ignoble mission , ou leur fut recommandé par sa réputation en ce genre, un certain GarabelU, Corse d'o^ rigine, employé autrefois par Joachim pendant son règne, homme habile et fin, prêt à tout faire et incapable de reconnaissance. Ce misérable vint en Corse et se fit introduire sans peine auprès de Murât, qui ne se défiait pas de lui. Cependant , quoique ennemi et envoyé par des ennemis , les conseils qu'il lui donna étaient bons. Sous l'apparence d'un grand dévouement à ses intérêts, il cherchait à le détourner de son dessein, fidèle aux instructions du gouvernement des Deux-Siciles, qui ne se dissimulait pas les dangers que lui ferait courir une descente de Joachim dans le royaume. En même temps, Carabelli informait la cour de Naples des projets de Murât, de ses espérances , de ses préparatifs et de toutes ses démarches ; mais elle ne prenait aucune mesure de dé-