‹ Voyage de m. le maréchal duc de Raguse, en Hongrie, en Transylvanie, dans la Russie méridionaleChapitre 7 sur 42 · T0TA6I IH SICILE · texte numérisé non relu

T0TA6I IH SICILE

L'université possède une bibliothèque de soixante et dix mille Tolumes et quelques manuscrits qui ne remontent pas au delà du quinzième siècle. Les cabinets d'histqire naturelle , de physique et de chimie sont peu de chose; on s'occupe à les augmenter. Le nombre des élèves qui suivent les leçons est de deux cents à deux cent cinquante, et les. cours embrassent trois ans.

Après avoir vu en détail l'université , nous nous rendîmes au couvent des bénédictins. C'est un bel édifice, quoiqu'il ne soit point encore achevé : quatre-ving^ personnes, dont quarante pères, rhabitent. L'église est construite dans de très-vastes proportions, du stjrle ca usage en Italie, que je Bâ saurais admirer^ elte possède «n orgue magnifiquo fiiit à Catanfa et qui donne une Idée favorable des ^esaouifées de cette ville pour les aris f cet instrument, dont im moine, organiste du eolivent, joua devant nous «vec beaucoup 4e talent, e viugt et un registres et «inq elavien^

Les re^iÉBue eu couvent s'âèvent à quatre^vîngt mUle ducati ( trois eent vingt mille lirancs). I/aèM est erossé et milré c il était alors président dee bénédietins dltalie. Les couvents de bénédîctiBe établis dans la péninsule et en Sicile forment une congrégatioii. Tous les trois ans ils élisent un pré* aident et un procureur général ; celui-ci, Gluug<

des intéiMs de l'ordre, réside à RoDl» auprès dv saiot-père.

Le monastère de Catania se fait remarquer par UB ea^actère dt dignité et de grandeur qui a ti^ujours été l'apanage de l'ordre des bénédietios : pour 7 être admis, il ftiat être gtentilhodime*

La règle de oe courent a établi un usage singu*» lier : les moines ont deux réfectoires distincts, un pour If s Jours maigres, où l'on doH s'abstenir dé parler pendant le temps des repas , eC l'autre pour lès jours gras , où il est permis de s'adreser la parole, Ob a coniacré par là cette vérilé, qu'obliger i'iMmme au éilence c'est lui imposer une priratioil pénible : elle devient bien plus vive à mesure que les foeultés intellectuelles plus déreloppées rendent dé8ir2â>le l'échange des idées. Â ce titre les bénédictins deyaient y être plus sensibles que d^atttres , eux en général si studieux , si instruits, eux qui nous ont conservé le flambeau de l'iiistêiré et - des connaissances humaines au milieu de la barbarie el des bouiererscmenls du ÉioyeB àge«

Le eouventde Gatania renferme une h&liothèfue nombreuse et bien chmsie^ elle est confiée è la di* reetion dâ père Gerbiga et offre un modèle de ce bon clasoemeat des livres qui en facilite l'usage» Une réunion importante d'objets d'antiquité ou d'histoire natnrelie y est annexée. £n un mot ce couvent eat sans contredit le plus beau de l'Italie;

60 TOTAQl BU 8IGIU.

mais U est înlérieur aux établissements de ce genre de l'Allemagne et à ceux que possédait antreÂMsla France.

Le jardin a peu d*étendue; le mur qui faii sert d'enceinte arrêta les laves de l'Etna lors de l'éruption de 1669 : au lieu de s'amonceler, comme il arriyed'ordinaire, et de frandûr l'obstacle qu'dles rencontraient sur leur route , elles chaînèrent de direction, contournèrent la Tille en se portant ▼ers la mer, et Gâta nia fut sauvée.

Après aToir passé trois heures remplies d'intérêt che2 les bénédictins de <Iatanîa, nous allâmes voir le cabinet du chevalier de Giné. On y trouve, rangé séparément:

1<* Toutes les pierres et minéraux du Vésuve;

â« Les pierres et minéraux de l'Etna ;

3* Toutes les espèces d'ambre de là Sicile ;

4<» Tous les coraux;

50 Enfin divers objets curieux du pays.

Nous achevâmes noscourses en visitant en détail le musée du prince Bischery. U se compose d'un nombre considérable d'objets d'antiquité trouvés à Gatania. Parmi eux sont des statues, des bustes, etc., dont plusieurs d'une beauté remarquable; une grande variété de bronzes; une collection complète de vases étrusques et grecs et de poteries communes ; enfin une collection très-étendue de marbre de Sicile de toutes les espèces , de miné-

CATAm*. 61

raux, de coquillages, pétrifications, coraux, d'objets se rapportant à^ la société du moyen âge, avant rinrention de la poudre, comme Yètêments et armes. Ces diverses collections ferment une des réunions les plus riches qu'un particulier possède.

Après la trentième olympiade (six cent cinquantesix ans ayant Jésus-Christ) , Carondas , législateur célèbre^ donna des lois à Gatauia; au nombre des institutions qu^elle lui dut étaient des gymnases publics qu'il fonda afin d'adoucir les mœurs des Siciliens. On y enseignait à la jeunesse à bien écrire et à bien parler.

Dans la . trente-septième olympiade ( six cent TJngt-huit ans avant Jésus-Christ), Élionotte et Amériste brillaient dans cette école, le premier par ses connaissances dans les lois , le second comme géomètre. A cette époque ta géométrie était à peine connue et enseignée en Grèce par Thaïes. Hais Catanià eut aussi ses révolutions et ses infortunes.

Hiéron, souverain de Syracuse, supposant qu'elle lui était ennemie , transporta à Léontium ses habitants, qu'il fit remplacer par des Syracusains et des Péloponésiens , et changea son nom en celui d'Etna. Onze ans après il y mourut, et un tombeau magnifique lui fut élevé, comme à un héros, par les nouveaux habitants. Etna reprit bientôt son

que dkpttis «lie «onsmâ t plas lird la place d'armes i te aiége de Sfraeose.

dhne première imputoion :

I , Itea d'étude et d*cBaeigiiemeBt dans raoliqaité la plus reculée, était ao moyen âge le liëge de nui^iie nifcRilé de la Siefle , et maintenant enear» dk eal te ?iOe apéctete des seienees i des artsctdtrindaatrîe.

Po^r ébffyser la Awrée d« notr« yojrage el hker Q9tne Biariehe, DMms oousdéeidàffi«8 è aopis rendre par n^er jà Syracuse. Eoeibarqttéa «ur un speronare, Bouf qi^tti^s f e p<Nr|; de Catanîa au oommeafis^* ment de la auit ; i huit beui^a du matin, nous entri<mdan8 celui de Syraqaae* Rien de pluimagni- £que que e^ tte rade , autrefois le gp^and port : ifua déyelDppemeDt de àmx lie«es, fermée k tous lei^ Ye^tB^ sm entrée est d'une largeur suffisante pour pers^ettre aux vaisseaux d'exécuter avec faeâité toojtf s Ict^rs évolutions , et leUe est en même temps tris*ftidi^ â déi^ndre.

Mous trouvâmes les autorités ciquressées à sous

bien accueillir, et nous eûmes beaucoup h nous louer du général commandant Taulis et de Tintendant baron Yintimille. Mais la personne dont l'aide, les lumières et les conseils nous servirent davantage fut M. Tarchevèque Amorelli , bomme aussi distingué par son urbanité que par son savoir : un long séjour h Rome , une instruction étendue et une bienveillance particulière pour les étrangers lui donnent une amabilité peu commune.

En se rendant à Syracuse , on vient chercher d'illustres souvenirs, seule espèce d'intérêt que puisse y rencontrer aujourd'hui le voyageur; mais les lieux sont tellement reconnaissables que chaque pas rappelle les grands événements qui s'y «ont accomplis.

Cette multitude de villes indépendantes et sans cesse en guerre entre elles , qui couvraient la Sicile autrefois, créa mille combinaisons diverses, des alliances et des confédérations où le plus habituellement les faibles tombèrent sous la tyrannie des puissants, et parmi ces derniers , Syracuse occupa le premier rang. Les villes, agitées par de fréquentes révolutions intérieures , passent de la démocratie à la tyrannie , de la tyrannie h la liberté, et leurs alliances prennent leur source dans les besoins d'un peuple qui appelle des libérateurs ou ceux de souverains qui réclament des secours pour étayer leur pouvoir.

8YBACV8I. 65

L*iDterveniion des Carthaginois dans les affaires de la Sicile, leur ambition et leurs intrigues Tinrent compliquer cet état de choses et donner naissance à de nouvelles guerres. Au milieu de ce conflit, de ces désordres incessants, Syracuse , cité puissante par ses richesses et sa population considérable, dictait souvent s es lois. GouTcrnée par une suite de grands hommes dont le génie exerça une haute influence sur sa destinée, elle sortit yictorieuse des diverses crises qui paraissaient devoir amener sa ruine ; elle se grandit des obstacles qu^elle avait surmontés et devint le cœur et la tête de la Sicile , le foyer de son intelligence et la base de sa force morale. Aussi fut-elle la maîtresse de nie ou du moins investie d^ine puissance prépondérante : à elle seule la Sicile dut le r^le qu'elle joua dans Thistolre et l'importance qu'elle acquit; sans Syracuse, la Sicile entière aurait été promptement réduite h la condition de province carthaginoise.

Archias , Tun des Héraclides sortis de Corinthe ^ fonda cette ville. Après avoir chassé les Sicules qui occupaient l'Ile d'Ortlgia, il s'y établit avec les Corinthiens qu'il amenait. Cent trente-cinq ans après, cette ville avait pris assez de développement pour qu'il en sortit jinç colonie qui fonda Camarina.

Gela, ville voisine établie par une colonie de Cretois et de Rhodiens, était gouvernée par Hip* 5 6

^ VOTAGi; MM SICILE.

poi^ate. VouJaiM; IransineUre à «e$ enfant^ m kàê âge sç$ richesacs et son pouvoir, il confii^ en moii^ rapt lei|r tutelle à Géloq , aoii préfet de eavaletie, Bienldt /eelu|-^i exerce Yàv^ofiti ^ #on pom prfl^ pre et dépouille aea pupilles. |1 fj^it I9 guerre /aiuK ÉgestaiQS et ^ni^ PhéDÎ|;ieq« soijif priétexte d^ v^^pr ger le meprtre d^Dosiocua; puis prpfitaot de I9 dijB^orde existant ejatre les babiCants rîchef (i§ Sfr racuse e^ le bas peuple j i| intejrvieiit etjif feô^ maitre de la TÎjile (1),

Arrivé au pojipvpia' pas 4ss içoyeiis cood,a|U)ar blés f il légitiiQa sop uiurpaÇiou eu en faisanl um usage hiepreux et en jetant le pi^Dijer les ^i^dements de la puissance et de la grap4^r ^ ^Vfp

(t) Utte ies roii d« Sytaoïue.

ArrÎTé au p^UToir Taa Mort ou /ijant penda

le pouvoir l'an

Gélon 491 av. J.-C. ...... 478 av. J.-C.

Hiéron 1 478 467

Trasybul 467 466

Denis 1 405 368

Denis II 568 , S49

Agathocles. .... 317 ...... â89

Nicétas 289 ...... 280

Tyniob 280 278

Pyrrhus 277 276

Hiéron H 276 215

Ht^ronyme 215 214

Marcelltts f'e^^^e de Syracuse 212ansaT#ii|t. J.-C.

ârfBi#D9B. et

tili. 11 remit le ^oùyèrneinent de (léfâ i son ttité Biétùû, détriiilit CamaHtia et Mégara, tîHea dé^ ifiendaniteè et l'ebellea et en transporta les habitants à Syracuse. Cest ainsi que Rome s'accrtit et détint promptement redoutable au moyen des populations d'Albe et des autres Tilles qiii y furent violemment incorporées.

Pendant ee tempe , Théron régnait h Âgrigente: uni d^nté^ét et pdr le sang ê Gélon, eesdeut t^l'inceé eiérvèrent utie influence saltitdire stil* le déyeloppement delà prospérité et de là cirUisatioii d« la Sidilè , et Gélôn , vainqueur dcé CaHha|riQois pH!s d'Hymèfes , leur imposa la cèndition de renoncer aui saerifleeë humains. Déraarate^ femme de Gélotl , avait iiégOcié te traité; les Garthaginoil lui offîrirent étt récompense une couronne d'or qui fut convertie plus tard en une pièce de monnaie , du poids de cinquante livres, a laquelld où doAna le ndiii dé démarcatii^fé.

Â|)rè8 un règlQié de sept ans , Gélon mourut dans la trbisième année de la soiiante-quinzième olympiade (quatre cent sdîxante-dii-sept ans avant Jésiis-Christ) , et les Syracusains lui élevèrent un itiagnillqne tombeau , près du temple de JUpiter- Olympted , à peu de distdnce du fleuve Anapus.

Son frère Hiéron lui succéda et gouverna pendant onse ans avec sagesse et gloire. Il garda une alliance èth)ite avec Agrigente et appela à sa cour

68 TOTAGB IM SICIU.

Pindare, Simonides, Eschyle, Bacchylîde, Xéno« phane, Pharmicides, Épicarme , auteur comique qui modifia l'alphabet et Taugmenta de Yà et de Vjp pendant queCorace, de Syracuse, donnait les pre* mières leçons de rhétorique.

Parmi les sculpteurs 'de cette époque , on cite Pythagoras, au dire de Pline, supérieur au célèbre Mîron. Enfin Hiéron protégea les sciences, les lettres et les beaux-arts, et les monuments qu'il éleva, les présents qu'il envoya à Olympia attestent son goût et sa magnificence.

Tindarus, après lui, ayant voulu s'emparer du pouvoir suprême, trouva la mort dans son entreprise. Cet événement fut la cause de l'étrange loi , pétalisme, qui condamnait à cinq ans d'eiil celui qui s'élevait au-dessus de «es concitoyens par ses richesses ou ses vertus. Son absurdité la fit abro* ger au bout de peu d'années.

Syracuse prit une part active 2 la guerre du Péloponèse , oiï, pendant vingt-sept ans, les Athéniens et les Lacédémoniens se disputèrent la suprématie. Les Syracusains ayant voulu s'emparer de Léontium , cette dernière ville implora l'appui des Athéniens. Gorgias, le plus éloquent sophiste^de l'antiquité, fut chargé de cette mission. Des se* cours puissants envoyés par Athènes furent d'abord funestes aux Syracusains. La guerre était partout et menaçait de destruction la Sicile entière quand

STBACDW. 69

un congrès amena une pacification générale. Mais bientôt la discorde, fomentée par les intrigues des Athéniens, ramena les hostilités , et la guerre des Ëgestains avec Sélinonte motiva l'envoi d*une flotte et d'une armée athénienne , commandée par Alcibiade, Niciaset Lamacus , contrôles Sjracusains. Ceux-^se mirent en état de défense et cherchèrent des alliés. Sélinonte, Hymère, Gela se joignirent à eux , tandis qu'Agrigente et Naxas s'unissaient aux Athéniens et que Messine , Mégareset Catania restaient neutres* .

Les Athéplens tentèrent sans succès de s'emparer de Messine; ils prirent Gatania par trahison et en firent leur place d*armes et la base de leurs opérations.

 cette époque, Syracuse avait.pris un grand dé* veloppement. D'abord bornée à Itle d^Ortigia , ette s'étendait maintenant sur le plateau en hce, qui la commande, et embrassait une immense étendue divisée en deux quartiers fermant à eux seuls des villes , Achradina et Tiché.

Achradinâ, située vis à vis d'Ortigia, était jointe avec elle par des ponts.

Tiché, placée à l'ouest d'Achradina , terminait de ce c6té la ville, que des murailles enfermaient de toutes parts; au delà, le plateau en s'élevant formait un mamelon appelé Épipolis, dont le point culminant, qommé Labdale, dominait la ville.

Les Athéniens , campés près de Gatania, s'occupaient de leurs préparatifs. Âpres un hiver passé è les achever et pendant lequel ils avaient reçu d*Athènes de la cavalerie et de l'argent, ils mirent en mer et débarquèrent au port de Tapsos. Leurs vaisseaux placés en sûreté sous la presquMle, ils s'avancèrent par l'Euryale, sur TÉpipolis, qu'Us gravirent , et poussant sur les dernières hauteurs à Labdale, ils y construisirent un fort pour mettre à couverts leurs dépôts et leurs aiiprovisionne* ments, et étant accrus de quatre cents cayaliers envoyés d*Égeste ou par leurs autrefli alliés, ils commencèrent le siège. L'armée athénienne était commandée par Nicias et Lamacus, Alcibiade ayant été rappelé par le peuple pour rendfe compte des

offenses qu'il ayait commises envers les dinix.

De leur côté les Syracusains avaient ajouté à la défense de leur TîUe, et divers travaux amenèrent plusieurs combats. Le siège continuait, et Tabandon desalliés de Syracuse semblait (trésager sa chute quand un* secours puissant, envoyé par les Lacédémoniens, sous les ordres de Gylippe, après avoir pris terre à Messine, arriva h Syracuse. A peine sa -jonction opérée, Gylippe marche aux retranche* ments ennemis , s'empare de Labdale et somme les Athéniens d'évacuer la Sicile. Nicias, convaincu qa^il oe peut se soutenir sur l'Épipolis, se retire au Plymmerium et s'y fortifie. Gylippe Fy attaque une première fois sans succès; mais renouvelant ses efforts, il s'empare des premiers retranchements des Athéniens. Alors ceux-ci appellent à eux leur flotte dans le grand port, s'établissent solidement dans cette presqu'île et y attendent les renforts qui leur sont promis. Mettant à profit ce délai, Gylippe parcourt les villes alHés de Syracuse et en ramène der troupes.

Be retour, il persuade aux Syracusains de tenter une bataille maritime , et leur flotte , sortie des deux ports, combat avec succès celle des Athéniens, tandis que Gylippe enlève, par une attaque sinmltanée sur terre, plusieurs retranchements des Athéniens et r^serre davantage leur armée. L'arrivée de Démosthènes avec soixante-cinq vaisseaux

74 YOTAfll m MCILK.

et im grol eoi^ de troupes rend le bmÊT9§^ ittt Athéniens; Yonlant profiler de la bonne dispèsitlon de ses troupes, Oëmosthènes, par «ne marche de nuit , tiasse l'Anapns et attaque le fort étabH à Laln dalé au seoiraet de l'épipolis ; maïs ses troupes sorti battues, mises dans le plus grand désordre et se retirent dans lenr camp. Les athéniens^ ne pou* vaut plus former Fespoir raisonnidilé de se rendra maîtres de Syracuse, n'avaient d'autre parti h pren* dre que de se retirer; leur salut, dans h position qu'ils ayaient ^tï$e , dépendait umqueinent de leur supéf iorité sur la mer, et diaque nioment pou? ait la leur enlever.

NiciUs s'opposa d'abord A tette retraite $ puis re* connaissant sa néotissité j il suspend M départ^ effrayé des présages sinistres qu'il tire d'iule ëdqiëc de lune* Pendant ce temps « lesSyracuSainsi ayant renforcé et amélioré leur flottu, liyrent plusieurs combats dont le dernier est une rtetoire signalée t alors ils forment, par des Taisseaut à ranere^ des chaînes et des trayaux , l'entrée do grand port et oéeupent tout Fespaee entre l'extrémité méridionale d'Ortîgia et la pointe opposéedu Pljrminerium.

Les Athéniens^apris avoir foitune tentative désespérée et infructueuse pour briser cette barrière et sortir, brûlent leurs yaisseaux et entreprennent une retraite par terre sur Gatania. Formés en. deux masses, la première commandée par Nieias et rau«-

tft iMN^IMoiafUièQM, ils se meUeol en mafcbe,. fjMpeBt PAmpiif êi UfumiM Syraeaie; mais arrêtés à chaque pas par J'ennemiy CrouvaDt las cUSlas reMadiésM inpivasiblas à forcar^ ils S€ résolycnt i pélrapradar «t repasseal FAimpus dans ^ b«M. i'mmife sur fw^ua piHiiC dis )a c^la iiae TiHis ;»iM# iSii aaaeiK làîUf pour m pas teiyr rester où ils paissait «a r^fui^ar^ sa déteadre et atta«df a dea secours. Nicias, précédant Démosthènes , gagne de Vmmf^i Wwn^Hm^ fVl le aujjt .s'éi^e, et le déifiai4r^ ae pfft flmn «b» trpnpas, ep^eloppées H aUWMle« 4ê toutes parts et q^i épr^ouriept les par* tes Ma ptoi grjB^Aes. E^fia , ^ÇGat>14# par le poinbre cAa9Pw4^ dea^areiidreffecfaTlefaifre, six mille bompçi, ^ PfH ^uryécu i ^ee désastre, mettient Iw les isrinei «k so«t fajjto prisonniers. Ajtteiat i spipfottri ispr tes feprds 4v U^"^^ Asiaia>e, 4oDt l'MUiepu iOpeMP^ d^j^ to rife opposée, Ni<»u ^ ceii4 ^ di«créMo9 afieic I^ peu 4e monda fui lui

Aûisi ^ détiwÂle un$ aipiée da quaraïae mi|ie iMNiun^» U plus gi:?9de qu'et^t jamais rassemblée Athènes et dont la perte entraîna immédiatement sa r«ine, résultat MfstiUiUe des entreprises supé- Fieujres aux moyens des empires qoi les font, tandis ^e l'opinion ajouta beaucoup à h puissance de ^yrajcuae* Cèlte v^ souilla sa gj^ire eo f^s^nt W0ufi^ Ificiiss et l^oathtees; jf^ajs e^ seliyraot

76 VOTIGS Blf SICILE.

i la barbarie et ë la cruauté alors si babitoeHes, elle ne fit que suivre l'exemple souvent donné psr les Grées durant eette longue guerre.

Les Syracusains , sortis de oette crise par hor courage, leur persévérance et le secours de lenrs alliés, et ayant retrouvé le repos, a'occupèceDt de raméllor^tion de leurs lois. Dioclès leur donna celles qu'ils suivirent jusqu'à la conquête des &omains.

Les Carthaginois, occupés à mettre ~â exécutioD leurs Tuesanlbitieuses, réunirent une armée et une flotte nombreuse pour conquérir la Sicile. Les Syracusains courent aux armes et battent leur flotte. Malgré cet échec , les Carthaginois débarquent et prennent Âgrigènte , Selinonte et Hymère. Le salât de la Sicile ne repose plus que ivir Syracuse^ où les habitants des villes conquises viennent chercher un asile. Alors Denis parait. De basse extraction, il remue les passions du peuple pour conquérir u confiance, puis se fait déléguer le pouvoir; il l'exerce d'une manière ferme, contracte des alliances illustres et s'occupe de combattre les Carthaginois.

Après une lutte longue et opiniâtre et une alternative de succès et de revers , il fait la paix avec Carthage et profite des loisirs qu'elle lui laisse pour étendre sa domination sur diverses rilles de l'Ile* Après avoir fait d'énormes préparatift , îl recoin-

SYEACUSË. 77

I la guerre. Les Carthaginois accourent pour défendre leurs possessions. Réduit à la défensive, Denis est bientôt assiégé dans Syracuse, et lesCartliaginois viennent camper sur les bords de l'Ânapus. Secourus par leurs alliés du Péloponèse, les Sfracusains échappent au péril qui les menace, et les Carthaginois, attaqués par la peste, payent trois centa tulents à Denis pour obtenir de lui qu'il accorde aux citoyens de C^irthage la liberté de se retirer sans obstacle, abandonnant à la discrétion des Syracusains leurs alliés et les barbares qui servent dans leur armée.

Après avoir réprimé diverses révoltes, établi son autorité ou son influence sur la plus grande partie de rile et régné trente-huit ans , Denis termina sa carrière et transmit le pouvoir à son fils, Denis le jeune. Mais celui-ci ne le conserva pas longtemps. Peu après, Timoléon, envoyé de Corinthe avec des troupes, vient, sur la demande des Syracusains, rétablir la paii troublée. 11 fait régner chez eux le bon ordre , y attire un grand nombre de Grecs , et après un gouvernement de plusieurs années, il laisse la Sicile tranquille et florissante. Les villes confédérées envoyèrent alors en commun une députation à Babylone pour complimenter Alexandre le Grand.

Bientôt Tambition d'Agathocles causa de nouveaux désordres à Syracuse. Après s'être fait un 5 7

78 VOYAOB M SICILE.

grand renom par sa capacité et sa brafoure, il arriva au pouvoir, mais à la suite d'excès atroces. H fait la guerre aux Carthagioois avec des chaoees variées. Vaincu à Hymère, il se retire à Syraeuse, que les Carthaginois assiègent. Alors Agathocles exécute une graude résolution , et après avoir confié la' défense de Syracuse à son frère , il porte la guerre en Afrique , obtient de brillants succès et menace l'existence même de Carthage. La terreur y fut telle , que pour apaiser les dieux les prêtres immolèrent à Saturne trois cents hommes et deux cents enfants choisis dans les premières familles.

Les succès d* Agathocles continuent en Afrique , où il prend le titre de roi. Agrigente, voulant alors substituer sa domination en Sicile à celle de Syracuse, fait la guerre à ses alliés, et il en résulte une confusion générale ùani ce pays» Agathocles accourt , vient y prendre part, laissant le commandement en Afrique à ses fils. La fortune les abandonne, et la puissance qu'il a élevée en Afrique s'écroule. Il se jette dans de nouvelles aventures > finit par mourir assassiné, et Syracuse fait la paix avec Carthage.

De nouveaux troubles déchirent bientôt Syracuse, et les habitants appellent Pyrrhus roi d'J^ire pour les apaiser. II arrive et remplit leur attente; mais la manière dont il abuse de son autorité ne tarde pas à le rendre odieux , et il quitte la Sicile.

On dit qu'en partant il s*écria : u Quel palestre je laisse aux Carthaginois et aux Romains ! »

La Sicile, demeure sans gouyernement , ap* paufrie par' les concussions d'Agathocles et par ces guerres continuelles , était près de sa ruine. Syracuse choisit pour chef Hiéron, rejeton d'une illustre famille et homme d'une grande vertu.. Il rétablit Tordre partout , forme une armée uniquement composée de Siciliens et fait reconnaître de oouTeau le pouvoir de Syracuse par un grand nom* bre de Tilles de Tile. Alors le peuple lui défère la couronne et lui donne le titre de roi. Les Romains interfiennent , et les Syracusains , d'abord leurs eonefflis, concluent avec eux une trêve de vingtcioq ans qui les sépare des querelles des Romains et des Carthaginois. Ils deviennent les alliés des Romains ; qui soumettent tout le reste de Tile.

Exempt de guerre , Hiéron tourna avec tant de succès ses soins vers la prospérité intérieure, IV griculture, le commerce et l'industrie, que la réu* nion des villes formant son royaume suffisait à ' fournir à tous les besoins du reste de l'Ile ravagée par la guerre, et des armées belligérantes, et même à ceux de Rome. La population augmenta et s'enrichit, et la ville s'embellit. Sous ce règne vivait Archimède. Hiéron réunissait à sa cour les plus illustres poètes de son temps , Théocrite, Moschus et Bien.

80 VOTiLQS SR SICILK. '

Cette première guerre punique, qui avait duré vingt-quatre ans, fonda la puissance des Romaini en Sicile. Les Carthaginois ^hetèrent la paix en renonçant à leurs possessions, et particulièrement à Lilibœùm (Marsalla), assiégée depuis dix ans; ils promirent en outre de vivre en bonne harmonie avec Hiéron et les autres alliés des Romains; ils payèrent comptant à leurs vainqueurs mille talents, prirent l'engagement d'en donner deux mille deux cents autres dans un espace de temps déterminé, et les Romains désignèrent la partie de la Sicile qu'ils possédaient par le nom de première province romaine.'

Au commencement de la seconde guerre punique, ils envoyèrent en Sicile une nombreuse ar- ^ mée, commandée par le préteur Émilius, pour la défendre contre les Carthaginois; mais deux flottes et deux armées parurent à la fois. L'une attaqua Lilibœum, l'autre Syracuse. Hiéron et Émilius s'opposaient avec succès aux Africains quand la ' mort de Hiéron changea la destinée de la Sicile. A quatre-vingt-dix ans il perdit la vie, après en a?oir régné cinquante-quatre , regretté de ses sujets et de ses alliés. Simple dans ses mœurs , ne se servant de ses richesses que pour le bien de ses sujets, il fut l'inébranlable ami des Romains. Il voulait déposer la couronne avant de mourir, et ne la conserva que sur les instances des Syracusains.

Son petit-fils Hiéronymus lui succéda, mais pour la ruine de ses sujets. Ayant renoncé à Talliance des Romains, il se lia aux Carthaginois, et après ayoir mis à la tète de ses troupes deux Carthaginois, Syracusains d'origine, Hippocrate et Épieide, il entra en campagne et fut assassiné par ses soldats*^

L'armée proclama la liberté t la liberté enfanta des troubles continuels. Les uns voulaient Falliance des Romains, les autres celle des Carthaginois; une anarchie complète désolait le pays quand Marcellus accourut en toute hâte, entreprit le siège de Syracuse par. terre et par mer. On sait les moyens de défense que créa le génie d'Archimède. L'inter- Tention des Carthaginois étendit le cercle de la guerre. Marcellus, ayant introduit ses troupes par surprise dans l'Ëpipolis, s'empara de Tica et de Néapolis, et Syracuse, réduite à Achradina et à Ortigia , tint encore en échec toutes les forces romaines. Les chefo syracusains, Millon et Hippocrate , étaient campés arec une partie de leurs forces sur TAnapus. Secourus par les Carthaginois, ils attaquent de tousc6tés les Romains, mais sans succès. Ce fut le dernier grand effort tenté par eux. Les maladies causées par le yoisinage des marais portèrent leurs ravages dans l'armée de Syracuse , qui vit mourir ses principaux chefs.

Les Carthaginois amenaient de nouveaux ren-

S3 VOTAGl m SICILE.

forte quand la flotte romaine alla à leur rencontre et les força à se retirer. Alors, désespérant de prolonger davantage la résistance , Épicide se retira à Agrigente, et les Syracusains entrèrent en négociation a?ec les Romains.

Les soldats étrangers, mécontente de la convention, se révoltent, égorgent les préteurs , et résolus à se défendre encore, se donnent de nouveaux chefs; mais les Romains, introduits par trahison, tombent sur les révoltés et en font un affreux carnage. Alors les Syracusains se rendent en deman* dant seulement la vie sauve. La ville est saccagée , et malgré les ordres de Marcellus, le grand Archimède tombe frappé au milieu de cette confusion. La défense de Syracuse avait duré trois années.

Telle fut la fin de cette ville et en même temps de la gloire, de la prospérité et de la puissance de la Sicile.

Ai^ourd'faui Syracuse compte seize mille habi-^ tants. Boroée à l'Ile , formant TancieD emplaoe» ment d*Or(igia, elle est entourée d'une bonne en* ceinte. Des ouvrages multipliés la cou?rënt du côté de terre et gardent le débouché en ayant des ponts. Commencés par Philippe II , roi d'Espagne , ils ont été terminés par jCharle^Ul. Dominés à trois cents toises et entièrement à découvert , ils auraient be« soin , si cette ville reprenait quelque importance maritime, d'être précédés par un fort bâti sur le plateau.

Dans son enceinte actuelle on retrouve la ibntaine Aréthuse, célébrée par les poètes. Elle continue à couler avec abondance. Autrefois divinité, plus modeste aujourd'hui, elle ne sert plus qu'aux

usages les plus obscurs et les plus yulgatres. Mais la succession des siècles n'empêche pas les noms de la fable et de TOIympe d*ètre encore vivants en Sicile.

Au milieu des eaux de la mer., à peu de distance du rivage , surgit une autre fontaine d'eau douce appelée vulgairement Vœil de Zilitca. Les poètes l'avaient aussi divinisée et la supposaient le fleuve Alpfaée venant mystérieusement des montagnes d'Arcadie pour se joindre à sa bien-aimée Aretbuse.

Syracuse est peu riche en antiquités; elle donne cependant par l'ensemble de ses ruines et les bouleversements de son sol étendu une idée de ce qu'elle a pu être. Une multitude d'excavations ont été pratiquées sous l'ancien emplacement de la ville pour se procurer les matériaux nécessaires aux contructions ; mais plusieurs de ces cavernes ont des proportions si vastes qu'elles sont évidemment l'ouvrage de la nature. Syracuse .a donc été bâtie en partie sur un sol creux. Les plus remarquables de ces cavernes servaient de prisons.

L'une, située i l'ouest, est connue aujourd'hui sous le nom d'Oreille de Denis : on comprend difficilement Tétymologie de ce nom , à moins que quelque effet d'acoustique ne permit d'entendre ce qui s'y disait à une grande distance. Elle a quatrevingts à cent pieds de hauteur et se termine à sa.

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partie supérieure par un fort rétrécissement. Un superbe écho s*y fait entendre , et un bruit médio* cre y produit l'effet d'une grande explosion.

A peu de distance de VOreille de Denis ^ dans remplacement de Néapolis, sur la pente du plateau et ouvert en face de la mer, est un ancien théâtre découTert en, partie : taillé dans le rocher ainsi que les gradins, comme celui de Taormina, il n*a eu besoin pour servir que de constructions inférieures d'assez peu d'importance; sa capacité, calculée pour quinze mille spectateurs, ne correspondait pas à l'immensité supposée de la population de la . Tille : probablement chaque quartier avait son théâtre. A peu de distance de ce lieu , en se rapprochant d'Ortigia et toujours sur l'emplacement de l'antique Néapolis, était un amphithéâtre dont on reconnaît encore quelques restes.

En marchant vers l'est hi le centre de la ville, sur l'emplacement de Tica et d'Achradina , le plateau, couvert de débris, est encore sillonné par d'anciennes carrières devenues des catacombes et qui servaient autrefois de sépulture. On retrouve des tombeaux ornés d'architecture, mais vides et déserts; on place de ce côté, au commencement de l'emplacement de Tica , celui d'Archimède : deux simples pilastres taillés dans le roc en marquent l'entrée. Longtemps ignoré, quoique l'objet de recherches fréquentes , Cicéron eut ,|dit-on , la

W Y0TA61 ni nciLi.

[Ivoire de le déeouTrîr et d'indiquer le Heu regardé aii^oordliiiî oonme ayant reçu les restes de ce grand homme ; une s|Mre inscrite dans un cylindre rappdttit une de ses découfertes et sculptée sur la porte du tombeau serfit à le faire reconnaître.

A peu de distance est située l'église de Saint- Martial; au-dessous sont des catacombes qui renferment une autre église souterraine, la plus ancienne de la Sicile; mais c'est tout à fait à l'est que sont placées les grandes prisons de Denis, connues aussi sous le nom de Latomies( carrières): elles sont si remarquables qu'il est confenable de les décrire.

Au-dessus et à leur entrée est aujourd'hui bâti le couvent des* capucins. Un chemin étroit, en pente régulière , ouvert dans le rocher , conduit à un vaste espace environné de rochers k pic et comme taillés au ciseau; la forme variée de leurs contours divise le terrain qu'ils enferment en parties plus ou moins grandes , mais dont la réunion compose plusieurs arpents. L'élévation des rochers est au moins de cent pieds; le sol est une terre végétale abondante , la culture et les arbres nombreux qui y croissent en ont fait un très-bean jardin : on y voit peu le soleil , et cependant les fruits y mûrissent. Diverses grottes y aboutissent et servaient sans doute de logements aui prison-

8TRACU8t, 8f

Qiers en même temp« que l'espace découTert pouvait leur être abandonné sans que Ton eût à craindre leur évasion ; ainsi les prisonniers recevaient quelques adoucissements a leur triste sort. C'est là probablement que furent déposés et détenus les sept ou huit mille Athéniens qui survécurent aux désastres de Tarmée de Nicias et de Démostènes.

Nous naviguâmes quelques moments dans la rade, et après Favoir traversée, nous entrâmes daos une rivière de très-bonne eau douce \ elle a droit à une mention particulière. Ses sources sont très-voisines et deux affluents s^ réunissent : celui de gauche se nomme Ânapo, celui de droite Cyané. Sur le bord de ce dernier on trouve en grande quantité le papyrus , dont on se servait avant l'invention du papier. Le papyrus de Syracuse était ein{4oyé de préférence par les anciens : on en prépare encore comme objet de curiosité. La partie inférieure de la tige se coupe longitudinalement en bandes extrêmement minces que Ton assemble en les collant avec de l'amidon les unes à côté des autres, et sur lesquelles on en place d'autres en croix . pour assurer leur cohésion. Une fois sèches , on peut écrire sur ces feuilles sans aucune difficulté.

Près du lieu où nous nous trouvions était jadis le magnifique temple de Jupiter-Olympien : deux colonnes indiquent son emplacement. Un peu plus loin, de ce côté et sur le fleuve Asinare, est en-

M TOTAca n nau.

eore debout UDe colonne élerée poor perpétoer la mémoire de la destruction de Farmée athénieDO^. Noos rerlnmes en rille poor en Tisiter Yintérîenr. Les senls monuments anciens dignes d'attention qu*elle renfferme sont le temple de Minenre) devenu la catiiédrale : quarante colonnes da style dorique, liées par des murs modernes , en forment Fenceinte; un portail appliqué à l'entrée de rédifice lui a foit subir la transformation nécessaire â sa destination actuelle; et un musée destiné à reocToir les objets trouTés â Syracuse, à peu près Tide encore , et qui renferme cependant une assez belle statue de Venus sortant do bain, Tantée beaucoup , mais mutilée et prirée de la tète et du bras droit.

Après vingt-quatre heures passées à Syracuse » nous repartîmes pour Calania. Voyageant de jour cette fois , nous pûmes en passant jeter un coup d'œil sur Augusta, dont la situation, sous les rapports maritimes, est superbe. Un enfoncement de huit ou dix milles forme une immense rade parfaitement sûre et qui pourrait Contenir tous les vaisseaux de r£urope. La passe est large; cependant un phare en signale l'entrée à cause des bas-fonds situés en avant de la .presqu'île sur laquelle Augusta est bâtie. Les fortifications de la ville sont peu de chose , mais le port est défendu par de bons forts placés dans Teau et couvrant le mouillage intérieur. Augusta s'élève sur les ruines d'une ancienne ville nommée Mégare, fondée 5 8

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per une colonie de Mégariens chassée de Tapsos.

Dans la cinquante-septième olympiade (cinq cent quarante-huit ans avant Jésus-Christ ), Théognis de Hégare donnait des leçons de sagesse en très-heaux Ters élégiaques. Lors de la guerre entre Athènes et Syracuse , Hégare resta neutre : les Romains la laissèrent à Hiéron par le traité qu*ils firent avec lui; elle fût constamment depuis sous la domination de Syracuse , jusqu'au moment où , dans la cent quarantième olympiade , Harcellus la prit d*assaut.

De retour à Catania dans la nuit, nous nous mimes en route de bonne heure pour l'intérieur de la Sicile.

Une bonne route praticable aux voitures et construite nouvellement conduit de Catania â Palerme : nous la suivîmes pour aller à Calalanisetta , d'où nous avions Tintention de nous rendre à Girgenti , l'ancienne Âgrigentum , et ensuite à Palerme en visitant les ruines de Sélinonte et le temple de Ségeste.

En partant de Catania , nous continuftmet i con* tourner l'Etna. Dominatettr majestueux de laSiolle, ce géant est ru de partout ; mais Ici nous rampions à ses pieds. Nous traversâmes les bourgs de Paterno et de Biancarilla : prérenus de notre passage, les habitants foulaient nous retenir et nous fêter, mais nous ne nous arrêtâmes pas , et après avoir fait Tingt*-éinq milles, nous arrÎTâmes à Aderno,où nous nous reposâmes. Au milieu de ce pays, qui doit sa création â l'Etna, on Toyage toi^ours au milieu des lares, car les éruptions s'y sont succédées sans relâche, et l'on se demande, sans pouvoir rexpliquer autrement que par le fait, comment des hommes peuvent se soumettre Tolontairement à vivre sur un sol toujours prêt à trembler, à s'ou-

02 TOTAGt Bll SICIU.

¥rir, à 8*enflammer. Mais Thomme est resclave de Thabitode; le temps familiarise arec les plus grands périls , et si imposant , si terrible qu'il soit, un spectacle renouvelé tous les jours cesse de nous émouvoir : c'est le danger nouveau qui intimide, c'est la chose imprévue, ignorée, qui frappe Tesprit de la multitude ; Timagination nous crée une vie idéale dont les rêves ont souvent bien plus de puissance sur nous que la réalité elle-méime. Les hommes sont avides de sensations , et on les conduit plus aisément par l'étonnement qu'on leur cause que par le bien qu'on leur fait. Étrange mystère que l'homme! Nos désirs, nos facultés, tout ce qui nous environne est un mystère.

A partir d'Aderno , on s'éloigne de l'Etna ; et dès lors on tourne constamment le dos à cette montagne. Nous descendîmes dans une vallée étroite et nous traversâmes le Giavetto , rivière peu considérable et torrentueuse comme toutes les rivières de la Sicile. Des montagnes toutes de terre, mais privées d'arbres, forment cette vallée; les monta* gnes supérieures, sèches et dépouillées , présentent le paysage le plus triste et donnent une teinte grise à tous les alentours. Cependant la culture dont elles sont susceptibles pourrait les embeUir ; mais faute de bras, elles produisent seulement des herbes, que l'ardeur du soleil a bientôt réduites en poussière. Le partage des eaux étant constamment au

ADEBNO. 95

nord, les rnootagoes traversées par la route se composent de contre-forts confus et tourmentés qui sont séparés par des ravins profonds , ouverts au midi, et destinés à donner issue aux eaux dans la saison des pluies et au moment de la fonte des neiges.

En quatre heures et demie, d*Aderno nous allâmes à Régalbuto : même nature de pays et solitude désolante; aucun troupeau n'anime le paysage, la rencontre d'aucun voyageur ne lui donne de la Tie. Régalbuto , comme tous les bourgs de la Sicile, est adossé à une montagne et situé aux trois quarts de son élévation. Un vieux château en occupe le sommet , circonstance qui rappelle la féodalité et les guerres du moyen âge : ces forts multipliés maîtrisaient les populations et en même temps les défendaient contre leurs ennemis. L'agglomération des habitants date de cette époque de désordre ou lui est encore antérieure. Là point de villages à la manière du continent; mais aussi, excepté les villes maritimes , point de cités comme

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les nôtres $ et par les mœurs de oeui qui y TÎTent et la nature de leurs habitations , on peut indiffé* remment et à sa Tolonté leur donner ces deux noms : les Tilles sont de gros villages ou les Yil* lages sont de petites filles.

En tràrersant les populations ^ nous étions firap-» pés de la variété qui existe dans l'habillement des femmes : il rappelle leurs diverses wigines et lel différentes races dont descendent les habitants de la Sicile. Mais le costume des hommes , presque partout le même , o£Fre aux yeux un disparate oho* quant avee celui des femmes : sévère et triste , il est rendu ridicule par la coiffure générale. Le vul* gaire, le trivial bonnet de coton blanc, dont Tu* sage en France a pour limites Tenceinte de l'hôpital et de la cuisiiie, est universel dans les campagnes $ partout on le retrouve avec sa longueur démesurée, qui en Ait jretomber l'extrémité sur l'épaule, et le cavalier comme le piéton le portent sans éprouver le besoin de se garantir la vue de l'action d'une ln« mière vive et éclatante. Bien de moins poétique as* sûrement, et ce pays est pourtant le berceau de la . poésie.

N'ayant pas trouvé de maison logeable à Eégalbttto, nous continuâmes notre route et marchâmes encore U*ois heures et demie pour arriver è Saint- Philippe d'Ârgiro , bourg à peu près semblable i Régalbuto par sa grandeur et sa position. Arrivés

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