L*£T1IA
La fumée, remplie de vapeurs sulfuriques comme celle du Vésuve, était suffoquante; la base du pic offrait aussi une issue, par ^e nombreuses fissures, à un grande quantité de fumée de même nature.
11 est difficile de donner une juste idée de la beauté de la vue dont on jouit au sommet de TEtna. Le ciel étant pur et le temps serein, nous pûmes découvrir toute la Sicile, les montagnes qui dominent Palerme et une grande étendue de la côte de Calabre : c'est un admirable panorama.
Après avoir contemplé à loisir le magnifique 8|>ectacle offert à nos yeux, nous redescendîmes et revînmes à Nicolosi, où nous étions de retour après une marche consécutive de dix heures. Nos voitures nous conduisirent en deux heures et demie à Gatania, où nous logeâmes dans une trèsbonne auberge, comparable aux meilleures de l'Italie.
CATANU.
Catanfa, détraite plusieurs fois, mais toujours rebâtie ft cause des avantages de sa position et de la richesse du pays qui l'environne , est fort régulière ; ses raes sont longues et droites , ses maisons en général d'une belle constraction; sa population est de soixante mille âmes environ , et malgré que son port soit misérable , elle est fort commerçante. On j fabriqtie, entre autres choses, des étoffes de soie qui ont une grande vogue en Italie; la récolte de la soie est encore un des grands produits de Tindustrie assez développée de ce pays; on y travaille aussi l'ambre et le corail. L'ambre récolté au
CATAHIA. Vi
bor4 de la mer sur Un oMes roisiaet tll plut beau et plus coloré que celui de la Baltique» On croit l'anibre composé de la substauoe réaineuae prove- D8Dt d'an arbre 9 et qu'enfouie dans la terre par une révolution du gloèe» cette aubstidice s'eat combinée a?eo des sels et des oiydes métalliques qui avec le temps lui ont donné sa dureté et aa couleur» 11 se rencontre souTent dans l'ambre des insectes bien conservés , ce qui prouve que prinu* tiyement il a été liquide^
Nous trouvâmes à Catania le prince Manganelli, intendant 9 et le prince Ache, général commandant, qui nous firent les honneurs de la ville. Dès le soir même, nous allâmes voir les antiquités. D*abord un théâtre, dont, une portion est déblayée et le reste enfoui sous la lave et sous les attérissements produits par le temps. Son entrée n'a rien de remarquable; cependant le théâtre lui-même ne manque pas d'étendue. Nous visitâmes l'amphithéâtre, dont on n'a pu découvrir que le pourtour. On assure qu'il pouvait contenir trente mille spectateurs. Quelques statues et des colonnes de marbre décoraient l'entrée de ce monument ; elles ont été enlevées de la place qu'elles occupaient et déposées dans le musée riche et curieux du prince Bischery. Nous visitâmes les bains anciens ordinaires et aussi les bains d'étuve : leurs restes ont beaucoup de magnificence ; le bain d'étuve surtout
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reçoit une imposaDte beauté des proportions de la salle pribcipale.
En terminant notre journée , nous allâmes Toir la cathédrale, bâtie dans le douzième siècle par Roger II; elle est vaste et peu ornée, maïs d*une architecture simple et noble. En général tous les monuments du moyen âge en Sicile, toutes les fondations importantes, tout ce qui mérite l'admiration est l'œufre des deux Roger, tout h la fois grands princes et grands hommes.
Le 2 juillet nous continuâmes nos courses et nous commençâmes notre journée par la visite de runîyersité , fondée par le roi Alphonse au quatorzième siècle. Elle était la seule qui existât en Sicile : depuis quarante ans, une université rivale a été établie à Palerme. On enseigne dans l'établissement de Gatania le grec , le latin, le français et l'italien, les sciences exactes, la jurisprudence, la théologie et la médecine. Cette université confère tous les degrés et le droit 4'exercer. Son administration est dirige par un conseil de quatre rectcipirs et iin président. Cette dernière dignité, autrefois attribuée à l'évèque de Catania, est maintenant déférée au président du tribunal supérieur*