‹ Voyage du comte de Forbin à Siam, suivi de quelques détails extraits des mémoires de l'abbé deChapitre 15 sur 15 · DE L'ABBÉ DE CHOISY · texte numérisé non relu

DE L'ABBÉ DE CHOISY

J'étais tranquille dans le séminaire des Missions-Étrangères, lorsque Bergère l, premier commis de M. de Croissy, et mon ancien ami, m'y vint voir. Il me conta dans la conversation qu'il était venu des mandarins indiens, et qu'on parlait d'envoyer un ambassadeur au roi de Siam pour

* L*abbé de Clioisy passa une partie de sa jeunesse habillé en femme, sous le nom de comtesse des Bartes ; il fut môme engagé pendant plusieurs mois, en qualité d'actrice, au théâtre de Bordeaux. Il se convertit à la suite d'une maladie , et n'écrivit plus que des ouvrages de piété. Il dit que le désir de convertir les infidèles le porta à faire le voyage de Siam ; il avait un autre motif dont il ne parle pas : c'était la nécessité d'échapper à ses créanciers. Il se fit ordonner prêtre, par le vicaire apostolique des Indes, pendant son voyage même. 11 s'attacha depuis ati cardinal de Bouillon, et mourut âgé de quatre-vingts anâ.

Nous n'avons rien emprunté au Journal de son voyage à Siam, écrit romanesque dont la lecture aujourd'hui ne présente plus d'inlérét. Le fragment que nous publions est extrait de ses if(^ moires pour servir à Vhistoire de Louis XIV,

lui proposer de se faire chrétien; qu'il y avait beaucoup de dispositions, et que c'était là un emploi digne d'un ecclésiastique habile et zélé. Il me dit de plus qu'il me conseillait d'y songer, et que si cela dépendait de M. de Croissy, mon affaire serait bientôt faite; mais qu'à cause de la marine cela était entièrement au pouvoir de M. de Scignelai.

Il n'en fallut pas davantage pour me mettre dans le cœur l'ambition apostolique d'aller au bout du monde convertir un grand royaume.

J'en parlai au cardinal de Bouillon , mon ami dès l'enfance; et, sans perdre de temps, il alla me proposer à M. de Seignclai son ami.

Ce ministre lui dit qu'il venait trop tard, que le chevalier de Chaumont , homme de qualité et de vertu , était nommé ambassadeur, qu'on avait été assez embarrassé à trouver un homme propre à cet emploi-là; que le chevalier de Nesmond avait été sur les rangs, et que deux jours plus tôt mon affaire était faite. Le cardinal me rendit cette réponse, mais je ne perdis pas courage; les idées de missions étaient entrées trop avant. Je lui représentai que le chevalier de Chaumont pouvait mourir en chemin , et que l'ambassade tomberait entre les mains de quelque marin peu versé en ces sortes de matières; que la religion en pouvait souffrir; que d'ailleurs le roi de Siam voulant se

convertir, le chevalier, médiocre Ihéologien, lui (lonnerail des instructions assez superficielles; enfin, je le priai de demander pour moi la coadjutorerie du chevalier et l'ambassade ordinaire, en cas que le roi se fît instruire dans la religion chrétienne. Il en parla au roi, qid m'accorda ma demande, en disant : « Je n'avais pas encore oiû parler d'un coadjuteur d'ambassade ; mais il y a raison, à cause de la longueur et du péril d'un

pareil voyage. »

Mais pour moi on ne m'en dit pas un mot. Je partis deux jours après contre l'avis de tous mes parents qui faisaient fort les colères , peut-être pour ne pas être obligés de m'offrir une pistole. Il n'y eut au monde que le cardinal de Bouillon qui me donna mille écus. Les usuriers me fournirent tout le reste qui m'était nécessaire, et mirent sur ma tête à la grosse aventure. Ils s'en sont bien trouvés par la suite ; mais pour moi , si j'en ai rapporté le moidc du pourpoint, mes affaires en ont été renversées dix ans durant.

Il faut bien du temps à un ecclésiastique pour prendre sur ses revenus vingt mille livres d'extraordinaire. Mon frère me fit souvenir d'un certain horoscope où l'on m'avait dit beaucoup de choses qui me sont arrivées , et il y avait que je devais courir grande fortune sur l'eau. Je m'en moquai , et partis ; et j'avoue que quoique je mé-

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prise ces sortes de pronostics, cela me revint à l'esprit à quatre mille lieues d'ici , dans une tempôte qui nous rapprocha fort près du centre du monde. Notre voyage commença et finit fort heureusement; mais il y avait cinq mois que nous étions sur la mer sans que le chevaUer de Chaumont eût eu aucune ouverture pour moi. Cela commençait à me fatiguer ; je prévoyais que si cela durait , je serais un zéro en chiffre à Siam , lorsqu'au travers de la cloison qui séparait ma chambre de la sienne je l'entendis ruminer sa harangue. Je lui dis huit jours après (car il chantait toujours la même note) que j'avais ouï les plus belles choses du monde.

Là-dessus il me mena dans sa chambre, et me la répéta. Je la trouvai sans faute. Il commença h me parler de ce qu'il y avait à faire en ce pays-l;i; je lui donnai mes petits avis. Il est bonhomme, homme de bien, de qualité, mais il ne sait pas la géométrie. Je n'eus pas beaucoup de peine h lui faire sentir que, par aventure, je pourrais lui être bon à quelque chose. Depuis ce jour-là il ne cracha plus sans m'en avertir. Dès que nous fûmes arrivés à Siam , et que j'eus entretenu l'évêque de Métellopolis et l'abbé de Lionne , je connus clairement qu'on avait un peu grossi les objets , et que le roi de Siam voulait bien protéger les chrétiens, mais non pas embrasser leur religion; qu'il avait

agi en politique qui veut attirer les étrangers et le commerce dans son pays, et s'assurer une protection contre les Hollandais, que tous les rois des Indes craignent beaucoup. M. Constance me dé^ couvrit la vérité malgré lui, et donna dans le panneau que je lui tendis ; il me proposa de donner au roi la ville de Banco , à condition qu'on y enverrait des troupes , des ingénieurs , de l'argent et des vaisseaux. Le chevalier de Chaumont et moi ne crûmes pas la chose faisable, et nous lui dîmes franchement que le roi ne voudrait pas s'engager sur sa parole à une dépense de quatre à cinq millions, qui peut-être seraient perdus. La chose en demeura là; et je crois qu'il n'y eût jamais songé , sans une retraite que je fis au séminaire de Siam pour me préparer à recevoir les ordres sacrés. Il arriva quelque affaire dont M. Constance voulut parler au chevalier de Chaumont.

Il fallait un interprète , il se servit du père Tachard ; il lui trouva un esprit doux , souple , rampant, et pourtant hardi, pour ne pas dire téméraire; il lui parla de la pensée qu'il avait eue, pensée que nous avions traitée de chimère.

Le père Tachard offrit de s'en charger, de la faire réussir : il dit à M. Constance que nous n'avions aucun crédit à la cour ( il n'avait pas graïui tort ) , et que s'il voulait en écrire au père de La-

chaise y sa révérence en viendrait bien à boul. Pendant que cela se négociait, M. Païunart, missionnaire , qui était toujours chez M. Constance , en eut quclçiue vent, et vint m'en avertir ; mais je ne voulus pas quitter ma retraite , et je laissai faire le père Tachard , qui par. là me souffla un beau crucifix d'or que le roi de Siam me devait donner à l'audience de congé, et dont le bon père fut régalé avec justice, puisque le chevalier de Chaumont et moi n'étions plus que des personnages de théâtre, et qu'il était le véritable ambassadeur , chargé de la négociation secrète. Je ne sus tout cela bien au juste qu'après être aiTivé en France ; mais quand je me vis dans mon pays , je fus si aise que je ne me sentis aucune rancune contre personne.

M. Constance était un des honunes du monde qui avaient le plus d'esprit, libéral, magnifique, intrépide , plein de grandes idées ; et peut-être qu'il ne voulait avoir des troupes françaises que pour tâcher de se faire roi lui-même à la mort de sou maître, qu'il voyait fort prochaine. Il était fier , cruel , impitoyable , d'une ambition démesurée. Il avait soutenu la religion chrétienne parce qu'elle pouvait le soutenir, et je ne me serais jamais fié h lui dans les choses où son élévation n'aurait pas trouvé son compte.

En arrivant à Brest, j'appris deux nouvelles

bien différentes : Tune, que M. Boucherai était chancelier (j'en fus fort aise); l'autre, que M. le cardinal de Bouillon était exilé (j'en fus fort filché). Nous partîmes aussitôt , le chevalier de Chaumont et moi, et fîmes ensemble la première journée ; il regardait toujours les Bretonnes , et m'avoua, avec toute sa dévotion, qu'il les trouvait aussi belles que la princesse de Conti. Noua venions de voir les Siamoises. Il arriva le premier à la cour, comme de raison ; j'y arrivai trois jours après. On nous entourait comme des ours. Le roi me fit beaucoup de questions , il m'en fit une entre autres dont on parla fort : il me demanda comment on disait manger en siamois ; je lui dis qu'on disait kin. Un quart d'heure après, il me demanda comment on disait boire ; je lui répondis : KIN. « Je vous y prends , dit-il ; vous m'ayez dit tantôt que kin signifie manger. — Il est vrai , Sire , lui repartis-je sans hésiter ; mais' c'est qu'en siamois kin signifie avaler \ et pour dire manger, on dit KIN KAOU , avaler du riz ; et kin nam , avaler de l'eau. — Au moins, dit le roi en riant, il s'en tire avec esprit. » Je disais vrai , et l'esprit n'a point aidé en cette occasion.

Un mois après que je fus arrivé à Paris, les ambassadeurs du roi de Siam y arrivèrent. Le roi les fit défrayer partout, et leur donna audience dans la grande galerie de Versailles. On y avait

élevé un trône magnifique. Ils firent une fort belle harangue, que l'abbé de Lionne, missionnaire , expliqua en français. Ils marquèrent au roi des respects qui allaient presque jusqu'à l'adoration ; et en s'en retombant ils ne voulurent jamais tourner le dos, et allèrent à reculons. Les présents qu'ils avaient apportés étaient rangés dans le salon au bout de la galerie. M. de Louvoîs, qui n'estimait pas beaucoup les choses où il n'avait point de part , les méprisait extrêmement, w Monsieiu* l'abbé, me dit-il en passant, tout ce que vous avez apporté là vaut-il bien quinze cents pistoles ? — Je n'en sais rien , monsieur , lui répondis-je le plus haut que je pus , afin qu'on m'entendît ; mais je sais fort bien qu'il y en a pour plus de vingt mille écus d'or pesant, sans compter les façons ; et je ne dis rien des cabinets du Japon , des paravents , des porcelaines. » Il fit , en me regardant, un sourire dédaigneux et passa. Quelqu'un apparemment conta au roi cette belle conversation ; car dès le soir même, M. Bontemps me demanda , de la part de Sa Majesté, si ce que j'avais dit à M. de Louvois était bien vrai. Je lui en donnai la preuve en lui donnant im mémoire exact du poids de chaque vase d'or, et je l'avais fait faire h Siam avant que de partir : je suis persuadé qu'on le vérifia dans la suite. Cette bagatelle ne laissa pas d'irriter M. de Louvois contre

moi ; il ne ni*aiinait pas déjà, parce que j'étais (les amis du cardinal de Bouillon , sa bête. Quatre jours après , il conta h Mcudon , en pleine table , une histoire de moi , fausse depuis le commencement jusqu'à la lin, où M. l'archevêque était fort mêlé. L'archevêque le sut,. m'envoya quérir, me conta tout , et me dit : « Mon pauvre abbé , ne relevons point la médisance ; c'est le moyen de la faire crever. >» Je ne dirai rien davantage des ambassadeurs siamois, il y a des livres imprimés de leurs bons mots ; et, dans le vrai, le premier ambassadeur avait beaucoup d'esprit : il avait soin de nous à Siam ; il faisait à peu près la fonction de gentilhomme ordinaire. Je dis à M. Constance que cet homme-là me paraissait propre à réussir en France : il me dit qu'il n'était pas assez grand seigneur pour le charger d'une si belle timbassade, et que d'ailleurs il était malcontent de la cour, parce qu'à la mort du barcalon, son frère, on lui avait ôlé deux millions. Je lui répondis qu'on pouvait lui faire donner un plus grand titre, et que les bienfaits effaçaient les injures : il y songea, en parla au roi de Siam, le fit opra et ambassadeur. Il faut pourtant avouer que M. Constance avait raison. Ce bon ambassadeur se mit à son retour dans le parti de Pitracha, et par ses conseils contribua beaucoup à le faire roi, et à faire scier en deux le pauvre M. Constance. Il est

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;i présent barcalon , c'est-ii-dire premier ministre. La haranfrue qu'il Gt au roi à son audience de congé fut admirée : on me fit Fhonneur de me sou|)conner d*y a^oir mis lu main. Le roi m*envoya cherclier pour me la demander : il la voulait faire voir à M"** de Maintenon. Je lui en portai un l)rouillon qui se trouva dans ma poche ; il m'ordonna de lui en apporter au retour de la chasse une copie bien écrite, ce que je fis. La vérité est que les ambassadeurs avaient mis dans leur patois une partie des pensées qui y sont. L'abbé de Lionne les avait traduites en français ; M. Tiberge y avait donné ce tour simple, naturel et noble qu'il sait donner à tout ce qu'il fait ; et j'y avais marqué quelques points et quelques virgules. On sera peut-être bien aise de la retrouver ici.

« Grand Roi , nous venons ici pour demander h Votre Majesté la pennission de nous en rçtoumer Acrs le roi notre maître. L'impatience où nous savons qu'il est d'apprendre le succès de notre ambassade , les merveilles que nous avons à lui raconter, les gages précieux que nous lui portons (le l'estime singulière que Votre Majesté a pour lui, et surtout l'assurance que nous lui devons donner de la royale amitié qu'elle contracte pour jamais avec lui, tout cela, beaucoup plus encore que les \ents et la saison, nous invite enfin à partir, pendant que les bons traitements que nous

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recevons ici de toutes parts par les ordres de Votre Majesté seraient capables de nous faire oublier noire patrie et, si nous l'osons dire, les ordres mêmes de notre prince. Mais, sur le point de nous éloigner de votre personne royale, nous n'avons point de paroles qui puissent exprimer les sentiments de respect, d'admiration et de reconnaissance dont nous sommes pénétrés. Nous nous étions bien attendus à trouver dans Votre Majesté des grandeurs et des qualités extraordinaires : l'effet y a pleinement répondu, et même il a surpassé de beaucoup notre attente. Mais (nous sommes obligés de l'avouer) nous n'avions pas cru y trouver l'accès , la douceur que nous y avons rencontrés ; nous ne jugions pas même que des qualités qui paraissent si opposées pussent compatir dans une même personne , et qu'on pût accorder ensemble tant de majesté et de bonté. Nous ne sommes plus surpris que vos peuples, trop heureux de vivre sous votre empire , fassent paraître partout l'amour et la tendresse qu'ils ont pour votre royale personne. Pour nous, grand Roi, comblés de vos bienfaits , charmés de vos vertus , touchés jusqu'au fond du cœur de vos bontés, saisis tfétonnemenl à la vue de votre haute sagesse et de tous les miracles de votre règne , notre vie nous parait trop courte, et le monde entier trop petit pom* publier ce que nous en pensons. Notre

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mémoire aiirail peine à retenir lanl de choses; c'est ce qui nous a fait recueillir dans des registres fidèles tout ce que nous avons pu ramasser; et nous les terminerons pat une protestation sincère, que, quoique nous en disions beaucoup, il nous en est encore beaucoup plus échappé. Ces mémoires seront consacrés à la postérité , et mis en dépôt entre les monmnents les plus rares et les plus précieux de FÉtat; le roi notre maître les enverra pour présent aux princes ses alliés; et par là l'Orient saura bientôt, et tous les siècles à venir apprendront les vertus incompréhensibles de Louis le Grand. Nous porterons enfin l'heureuse nouvelle de la santé parfaite de Votre Majesté , et le soin que le ciel a pris de continuer le coiu's d'une vie qui ne devrait jamais finir.» Cette harangue , qui reçut tant d'applaudissements , fut suivie de seize autres que les ambassadeurs firent le même jour aux princes et princesses de la maison royale ; il y avait du bon sens et de l'esprit partout. Je mettrai encore ici celle qu'ils firent à M. le duc de Bourgogne.

i Grand Prince, qui serez un jour la gloire el l'ornement de tout l'univers , nous allons préparer dans l'Orient les voies à la Renommée, qui f portera dans peu de temps le récit de \os victoires et de vos grandes actions. Si nous vivons encore alors, ïe témoignage que nous rendrons de ce que

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nous avons découvert en vous , fera croire tout ce qui dans vos exploits pourra paraître Incroyable. Nous Tavons vu, dirons-nous, ce prince encore enfant; et dès ce temps-là son âme paraissant sur son front et dans ses yeux, nous le jugions capable de faire un jour tout ce qu'il fait aujourd'hui. Mais ce qui comblera de joie le roi notre maître, sera l'assurance que nous lui donnerons que le royaume de Siam trouvera en vous un ferme appui de l'amitié que nous sommes venus contracter avec la France. »>

Je retrouve encore dans mes papiers le petit compliment qu'ils firent à M. le duc de Berri :

« Grand Prince , à qui le ciel réserve des victoires et des Conquêtes, nous aurons l'avantage de porter au roi notre Inaître la première nouvelle qu'il ait jamais reçue de vous, et nous Id remplirons de joie en lui marquant le bonheur que nous avons eu de vous ^voir naître , et l'heureux présage que l'on a tiré dé cette ambassade pour votre grandeur future. Nous souhaitons que votre réputation nous suive de près, et passe bientôt les mers après nous pour répandre l'allégresse dans une cour et dans un royamne où vous serez parfaitement honoré. »

Madame la Dauphine était accouchée de M. le duc de Berri quelque temps après l'arrivée des ambassadeurs de Siam« On Chanta le Te Deum h

Notre-Dame. M. le chancelier et les évoques se plaignirent de ce que les gardes du corps n'étaient pas sous les armes en leur présence; mais Sainctol, maître des cérémonies, leur dit que les gardes du corps ne faisaient que battre du pied pour M. le chancelier, et que pour ces messieurs du clergé ils ne prenaient les armes que lorsqu'ils allaient en corps à l'audience du roi. Il y eut le soir im grand bal à l'hôtel de ville, où les ambassadeurs de Siam ne voulurent point aller, disant qu'ils n'avaient pas encore fait toutes les visites de la maison royale, et que leurs devoirs devaient marcher devant leurs plaisirs.

FiN.

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