‹ Voyage du comte de Forbin à Siam, suivi de quelques détails extraits des mémoires de l'abbé deChapitre 14 sur 15 · VOYAGE DU COMTE DE F0R6IN · texte numérisé non relu

VOYAGE DU COMTE DE F0R6IN

demeurerait entre les mains des Français tandis que le roi de Siam et M. Constance vivraient ; mais que l'un des deux venant à manquer, les Siamois sollicités, et par leur propre intérêt, et par les ennemis de la France, ne manqueraient pas de chasser nos troupes d'une place qui les rendait maîtres du royaume.

Deux jours après, le cardinal de Janson me dit d'aller trouver le père de Lachaise qui souhaitait de m'entretenir sur le nouvel établissement des Français dans le royaume de Siam. « Mon cousin , me dit le cardinal , prenez bien garde à ce que vous direz, car vous allez parler à l'homme le plus fin du royaume. — Je ne m'en embarrasse pas, lui répondis-je, je n'ai que des vérités à dire. » Dès le jour même je fus introduit par un escalier dérobé , et présenté à sa révérence par le frère Vatblé.

Ce révérend père ne me parla presque que de religion et du dessein que le roi de Siam avait de retenir des jésuites dans ses États, en leur bâtissant à Louvo un collège et un observatoire. Je lui dis que M. Constance, qui voulait avoir à toute force la protection du roi , promettait au delà de ce qu'il pouvait tenir ; que l'observatoire et le collège se bâtiraient peut-être pendant la vie du roi de Siam; que les jésuites y seraient nourris et entretenus ; mais que ce prince venant à mourir, on

pouvait se préparer en France à chercher des fonds pour l'entretien des missionnaires , y ayant peu d'apparence qu'un nouveau roi voulût y contribuer.

Quand le père de Lachaise m'eut entendu parler ainsi : « Vous n'êtes pas d'accord avec le père Tachard, » me dit-il. Je lui dis que je ne disais que la pure vérité , que j'ignorais ce que le père Tachard avait dit , et les motifs qui l'avaient fait parler, mais que son amitié pour M. Constance , qui , pour arriver à ses fins , n'avait rien oublié pour le séduire, pouvait bien l'avoir aveuglé, et ensuite le rendre suspect : que pendant le peu de temps qu'il avait resté à Siam avec M. de Chaumont, il avait su s'attirer toute la confiance du ministre , à qui il avait même servi de secrétaire français dans certaines occasions, et que j'avais vu moi-même des brevets écrits de la main de ce père, et signés : par Monseigneur, et plus bas, Tachard. A ce mot, ce révérend père sourit, et reprenant dans un moment son maintien grave et modeste qu'il ne quittait que bien rarement, il s'informa si les missionnaires faisaient beaucoup de fruit dans ce royaume.

Je lui répondis ce que j'en avais dit au roi, ajoutant que ce qui retardait le plus le progrès de l'Évangile, était le genre de vie dur et austère des talapoins. « Ces prêtres ou moines du paY8^

lui dis-je, vivent dans une abstinence continuelle, ils ne se nourrissent que des charités journalières qu'on leur fait. Ils distribuent aux pauvres ce qu'ils ont au delà de leur nécessaire , et ne réservent rien pour le lendemain; ils ne sortent jamais de leur monastère que pour demander l'aumône , encore la demandent-ils sans parler. Ils se contentent de présenter leur panier, qui, à la vérité, est bientôt rempli, car les Siamois sont fort charitables.

• Lorsque les talapoins vont par la ville, ils portent à la main un éventail qu'ils tiennent devant le visage pour s'empêcher de voir les femmes. Ils vivent dans une continence très-exacte, et ils ne s'en dispensent que quand ils veulent quitter la règle pour se marier. Les Siamois n*ont ni prières publiques, ni sacrifices. Les talapoins les assemblent quelquefois dans les pagodes, où ils leur prêchent. La matière ordinaire de leur sermon est la charité; cette vertu est en trèsgrande recommandation dans tout le royaume , où l'on ne voit presque point de pauvres réduits à mendier leur pain.

« Les femmes y sont naturellement fort chastes ; les Siamois ne sont point méchants et les enfants y sont si soumis à leurs pères , qu'ils se laissent vendre sans murmurer, lorsque leurs parents y sont forcés pour se secourir dans leurs besoins.

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Cela étant , il ne faut pas espérer de convertir aucun Siamois à la religion chrétienne; car, outre qu'ils sont trop grossiers pour qu'on puisse leur donner facilement l'intelligence de nos mystères, et qu'ils trouvent leur morale plus parfaite que la nôtre , ils n'estiment pas assez nos missionnaires qui vivent d'une manière moins austère que les talapoins.

« Quand nos prêtres veulent prêcher à Siam les vérités chrétiennes , ces peuples qui sont simples et dociles, les écoutent comme si on leur racontait des fables ou des contes d'enfant. Leur complaisance fait qu'ils approuvent toutes sortes de religions. Selon eux le paradis est un grand palais où le maître souverain habite. Ce palais a plusieurs portes par où toutes sortes de gens peuvent entrer pour servir le msdtre selon l'usage qu'il veut en faire. C'est à peu près , disent-ils , comme le palais du roi qui a plusieurs entrées, et où chaque mandarin a ses fonctions particulières. U en est de même du ciel , qui est le palais du Tout- Puissant , toutes les religions sont autant de portes qui y conduisent , puisque toutes les croyances des hommes quelles qu'elles soient , tendent toutes à honorer le premier être, et se rapportent à lui, quoique d'une manière plus ou moins directe.

« Les talapoins ne disputent jamais de religion

avec personne. Quand on leur parle de la religion chrétienne ou de quelque autre, ils approuvent tout ce qu'on leur en dit; mais quand on veut condanmer la leur, ils répondent froidement: Puisque j'ai eu la complaisance d'approuver votre religion, pourquoi ne voulez-vous pas approuver la mienne? Quant aux pénitences extérieures et à la mortification des passions , il ne serait pas convenable de leur en parler, puisqu'ils nous en donnent l'exemple et qu'ils surpassent de beaucoup , au moins extérieurement, nos religieux les plus réformés.

« Au reste , mon père , continuai-je , les jésuites ne manquent pas d'ennemis dans ces missions.

Vos missionnaires, qui ont des talents supérieurs aux autres , viennent facilement à bout de s'attirer la faveur des princes, dont ils se servent pour soutenir la religion ; de là il est difficile que la jalousie n'excite bien des cabales contre eux , nonseulement en Europe, mais encore dans les Indes.

« Pendant mon séjour à Siam, plusieurs Chinois qui ont de l'esprit et du savoir, m'ont avoué qu'ils ne . comprenaient pas comment des gens d'une même croyance qui avaient quitté leur patriej^«^*^||f ersé des mers immenses , prétendaient

(entils à eux, tandis qu'eux-mêmes l'accord dans leur conduite ; les uns

vivant avec beaucoup de modestie et de charité , et les autres se livrant à la haine et aux dissensions, pour ne rien dire de plus. C'est là le langage que m'ont tenu tous les Chinois à qui j'ai parlé. Cette vérité est si constante et si publique dans les Indes , que non-seulement je crois devoir vous en informer, mais encore la publier toutes les fois que j'en aurai occasion. »

J'étais à Paris depuis quelques jours, lorsque, ne voyant pas arriver le messager de Brest , je commençai d'être inquiet sur les ballots que je lui avais confiés. Pour m'en éclaircir, j'allai au bureau, j'y appris justement ce que j'avais appréhendé. Les commis de la douane de Pontorson y avaient arrêté tous mes effets , et non contents de la confiscation, qu'ils prétendaient avoir heu, parce que j'avais dans mes ballots des indiennes dont l'entrée était pour lors défendue dans le royamne , ils m'avaient condamné à une amende de cinq cents livres, connue ayant contrevenu aux ordonnances du roi.

Je crus dans cet embarras n'avoir rien de mieux à faire que de recourir à M. Céberet, que je savais être fort connu des fermiers généraux. Après l'avoir instruit du contre-temps qui m'arrivait , je lui représentai qu'ayant ignoré les défenses du roi, je ne devais pas être puni pour les avoir violées ; que la bonne foi qui paraissait dans

toute ma conduite me justifiait assez, puisque j'avais déclaré moi-même au messager la qualité des marchandises en faisant une expresse mention des indiennes , ce que je n'aurais pas fait si je les avais crues défendues. Céberet me rassura le plus qu'il lui fut possible , il me dit qu'il connaissait les fermiers, qu'ils étaient fort honnêtes gens, que je pouvais les aller trouver moi-même quand ils seraient assemblés dans leur grand bureau, et qu'il était persuadé qu'ils me donneraient satisfaction.

Je profitai de l'avis qu'il me donnait, et je ftis me présenter à ces messieurs. Je me plaignis du jugement qui avait été rendu contre moi , je leur fis valoir toutes les raisons que j'avais déduites à M. Céberet; j'insistai principalement sur ma bonne foi , et je demandai qu'en conséquence ils ordonnassent que mes ballots me fussent rendus. Sur cet exposé ils condamnèrent unanimement ce que les commis avaient fait par rapport aux marchandises, dont l'entrée n'était pas défendue. Quant aux indiennes, il fut dit qu'on ne pouvait pas les relâcher, attendu l'ordonnance qui défendait de les laisser entrer, mais que je poavais m'adresser au roi , et que Sa Majesté à ma sollici» tation et à celle de mes amis, pourrait ordonner qu'elles me seraient rendues.

Ensuite de cette délibération , je priai ces messieurs d'envoyer leurs ordres à Pontorson pour

qu'on fît venir dans le bureau de Paris tous les ballots qui étaient à moi , et je déclarai que j'étais prêt d'en acquitter, non-seulement tous les droits, mais encore de payer tous les frais qu'il faudrait pour le transport. Sur-le-champ M. de Lulie, président de l'assemblée , ordonna qu'on écrivît aux commis, et la lettre fut faite et signée devant moi.

Au sortir du bureau, je me rendis incessamment à Versailles où je fus trouver Bontemps , et lui ayant raconté ce qui m'arrivait, je le priai d'en parler à M. Le Pelletier , contrôleur général des finances. Bontemps s'employa pour moi avec son zèle ordinaire. Le ministre, qui Taimait, lui répondit qu'il n'avait rien à lui refuser ; qu'il jugeait pourtant convenable d'en parler au roi avant que de rien ordonner. Sa Majesté accorda tout ce qu'on lui demandait, sur quoi le ministre, qui voulait faire plaisir à Bontemps, me fit expédier un ordre de la part du roi à MM. les fermiers généraux , par lequel il leur était enjoint de faire rendre incessamment, et sans payer aucuns droits, toutes les marchandises qui appartenaient au chevalier de Forbin.

Je ne parlai à personne de ce que la cour venait de faire en ma faveur ; mais lorsque je sus que mes ballots étaient arrivés à Paris, je fus signifier moi-même à M. de Lulie l'ordre que j'avais ob-

tenu ; charmé de la satisfaction qu*on me donnait, il fut au bureau et me fit rendre tout ce qui était à moi : cette affaire se termina ainsi à mon avantage. Je fus redevable de ce bon succès à l'amitié de Bontemps ; je lui dois ce témoignage qu'il n'a jamais manqué de s'employer avec ardeur dans toutes les affaires où je me suis adressé à lui, comme on a déjà pu voir.

Sur quoi je dirai en passant au sujet de cet ami , qu'il n'y avait guère à la cour de protection si utile et si recherchée que la sienne, puisqu'il y avait peu de seigneurs qui eussent autant de crédit que lui. Je pourrais dire ici bien des choses à son avantage. Je ne les passe sous silence que parce qu'elles me mèneraient trop loin ; mais ce que je ne passerai pas , et ce qui le met bien au-dessus de tant d'autres qui l'emportaient sur lui par la naissance , c'est que son zèle et son attachement sincère pour la personne du roi lui avaient tellement gagné la confiance de son maître , confiance qu'il posséda jusques à la mort, qu'il obtenait tout ce qu'il demandait ; et ce qu'on ne trouve presque nulle part, il usa toujours si bien de la faveiu*, que jamais personne ne la lui envia ; aussi observa-t-il toujours d'employer ce qu'il avait de crédit pour rendre service, et jamais pour nuire à personne.

Je passai le reste de cette année à Paris, où

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quelques mois après mon arriTée , nous apprîmes en France l'entreprise du mandarin Pitracha , sur le royaume de Siam. Quoique je n'en aie pas été témoin, tout ce qui se passa dans cette occasion a tant de rapport à ce qui a été dit ci-devant , et justifie si bien par l'événement tout ce que j'avais prédit de l'alliance des deux couronnes , et de l'établissement des Français à Bancok, que je me persuade que le lecteur sera bien aise de trouver ici en peu de mots quel fut le succès de cette entreprise^ et conunent nos Français furent obligés d'abandonner la place qu'on leur avait confiée dans ce royaume.

Ce fut vers le milieu du mois de mai de l'an mil six cent quatre-vingt-huit, que le royaume de Siam, qui était violemment agité depuis quelque temps par des mouvements d'autant plus dangereux qu'ils étaient cachés, devint tout à coup le théâtre d'une révolution qui changea la face de tout ce pays , et qui en éteignant toute la famille royale , coûta beaucoup de sang à tous ceux qui jusqu'alors avaient eu part aux affaires, et détruisit dans un moment tout ce qui avait été fait au sujet de l'alliance avec les Français.

J'ai déjà remarqué que, quoique tout parût tranquille à Siam, il y avait dans le fond peu de mandarins qui dans l'âme ne soupirassent après le changement. Pendant mon séjour dans ce

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royaume, j'avais reconnu cette disposition dans les esprits, et j'eus encore plus lieu de m'en convaincre dans Taffaire du sieur de Rouan où, conune nous avons vu, l'attente des mandarins fut trompée par le soin que je pris de disculper H. Constance. Parmi ceux qui pouvaient le plus remuer , un mandarin nonuné Pitracha , honune de résolution, estimé courageux parmi les siens, et respecté pour l'austérité de ses mœurs, osa former le projet de secouer le joug et de monter lui-même sur le trône.

Cet honune, que j'ai connu fort particulièrement, conservait encore dans un âge assez avancé toute la vigueur de sa première jeunesse. Il se comporta avec tant de prudence, et mania les esprits si à propos , qu'après avoir engagé les talapoins dans son parti , il y fit entrer non-seulement les mandarins , dont il flatta l'ambition , en leur promettant de partager le gouvernement avec eux; mais encore tout le peuple qui, toujours amateur de la nouveauté, espérait sous un autre maître un gouvernement moins rigoureux.

Toutes ces menées ne furent pourtant pas si secrètes que Constance n'en eût avis ; il ne tint qu'à lui de prévenir la conjuration, mais soit qu'il se fît une délicatesse mal entendue d'accuser et de faire arrêter Pitracha , sans avoir en main de quoi le convaincre pleinement de son attentat, soit

qu'il se crût toujours assez en état de réprimer les factieux, il laissa engager Talfaire trop avant. 11 s'en aperçut un peu tard , et pour réparer sa faute, autant qu'il était possible, il eut recours aux Français qui étaient à Bancok. Mais ceux-ci, sur de fausses relations qui leur furent faites des troubles et des mouvements de la cour, appréhendant de s'engager mal à propos dans une affaire qui pouvait avoir de fâcheuses suites pour la nation, se tinrent tranquilles dans leur forteresse, malgré les lettres et les courriers envoyés coup sur coup par M. Constance qui les conjurait de venir à son secours.

Quand j'appris ce détail, je fus si indigné de la conduite de nos Français , que je ne pus m'empêcher de dire à M. de Seignelai qui m'en parla, que si je m'éfais trouvé pour lors à Bancok, je n'aurais pas balancé à voler au secours de M. Constance, quelque sujet que j'eusse d'ailleurs de me plaindre de ses mauvais procédés à mon égard. Et s'il faut dire la vérité , connaissant le peu de valeur des Siamois, je suis persuadé que si je m'étais rendu à Louvo avec cinquante hommes de ma garnison, je n'aurais eu qu'à me montrer pour dissiper toute cette populace qui m'aurait abandonné son chef sans oser entreprendre la moindre chose; trop heureuse d'apaiser ainsi la cour par une prompte soumission.

Le secours qu'on avait sujet d'attendre de la garnison française ayant manqué , et tout concourant à assurer l'entreprise de Pitracha , il se déclara , se mit à la tète du peuple , et s'assuta de la personne du roi, après s'être rendu maître du palais. Au premier bruit de cette démarche , Constance courut auprès du roi , résolu de mourir en le défendant; mais il n'était plus temps , il fut arrêté lui-même et mis aux fers.

Pitracha, qui voulait rendre son usurpation moins odieuse , jugeant que le roi , dont la maladie augmentait chaque jour, ne pouvait vivre que fort peu de temps , non-seulement n'entreprit pas sur la personne de son prince après l'avoir fait prisonnier ; mais ne prenant pour lui que la qua- Uté de grand mandarin, il affecta de ne donner aucun ordre que sous le nom du roi, à qui il laissa sans peine tout l'extérieur de la souveraineté.

Jusque-là tout avait réussi au gré de l'usurpateur, les suites ne lui furent pas moins favorables. Les différents ordres de l'État s'étant soumis à sa domination, il ne lui manquait plus pour jouir paisiblement de ses crimes que de chasser les Français du royaume. 11 ne craignait qu'eux ; et, en effet, ils étaient les seuls qui eussent pu traverser son bonheur. 11 s'aperçut bientôt qu'il avait eu tort de les redouter. Ayant reconnu leur

faiblesse, et en particulier le peu de part qu'ils prenaient au sort de M. Constance à qui il n'avait conservé la vie jusqu'alors que parce qu'il ignorait les dispositions des Français sur ce sujet , il n'hcsita plus h se défaire d'un ennemi qui lui avait été si odieux, et qu'il avait déjà dépouillé de tous ses trésors.

On a ignoré le genre de mort qu'il lui fit souffrir. Ceux qui étaient à Siam pendant la révolution , assurent qu'il supporta tous ces revers avec des sentiments très-chrétiens et un coiu'age véritablement héroïque. Malgré tout le mal qu'il m'a fait, j'avouerai de bonne foi que je n'ai pas de peine à croire ce qu'on en a dit. M. Constance avait Tûine grande , noble , élevée ; il avait im génie supérieur, et capable des plus grands projets, qu'il savait conduire à leur fin avec beaucoup de prudence et de sagacité. Heureux, si toutes ces grandes qualités n'avaient pas été obscurcies par de grands défauts , surtout par une ambition démesurée , par ime avarice insatiable , souvent même sordide, et par une jalousie qui, prenant ombrage des moindres choses , le rendait dur, cruel, impitoyable, de mauvaise foi, et capable de tout ce qu'il y a de plus odieux.

Le roi ne survécut pas longtemps h son ministre, il mourut peu de jours après, et Pitraclia fut reconnu tout d'une voix roi de Siam. Enfin , pour

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que rien ne manquât à son bonlieiu% nos Français, après un siège de quelques mois, où ils eurent tout h souffrir, furent obligés d'abandonner Bancok et de repasser en France , où nous vîmes arriver leurs tristes débris. Tel fut, par rapport à la nation , le succès de celte entreprise mal concertée , qui coûta beaucoup , qui ne pouvait ôtrc d'aucune utilité au royaume, et dans laquelle la cour ne donna que parce qu'on l'éblouit par des promesses belles en apparence, mais qui n'avaient rien de solide.

EMPRCIITÉS AUX MÉMOIRES

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