FIN DU VOYAGE
Hors a (page 7). Sur les Rhoâkns.
Le caractère que je donne aux Rhodiens est îonAé SOT quantité de passages des anciens auteurs , en particulier sur les trâioignages d ^estime quMs reçurent d^Alexandre; sur ce fameux siège qu^ils soutinrent avec tant de courage contre Demeirius Poliorcète, trente-huit ans après le voyage d^Anacharsis dans leur lie; sur les puissans secours qu^ils fournirent aux Romains , et sur les marques de reconnaissance qu^ils en reçurent.
Non b (page 16). Sur le Labyrinthe de Crète,
Je n^ai dit qu^un mol sur le fameux Labyrinthe de Crète , et ce mol je dois le justifier.
Hérodote nous a laisse une description de celui qu^il aTait vu en Egypte auprès du lac Mœris. Grêlaient douze grands palais contigus , communiquant les uns aux autres, dans lesquels on comptait trois mille chambres , dont quinze cents étaient sous terre. Strabon , Diodore de Sicile , Pline , Mêla, parlent de ce monument avec la même admiration qu^Hérodote. Aucun d^enx n^a dit qu^on Teût construit pour ^arer ceux qui entreprenaient de le parcourir ; mais il est visible
330 KOTKS.
qu^en le parconrmot sans ^ide , pn courait risqae de
•*^arer.
C^esi ce daiij^ qni , sans dovle , introduisit une nouvelle expression dans la lan^e grecque. Le mot labyrinthe , pris au sens littoral , désigne un espace circonscrit , et percé d^une quantité' de routes dont lei unes se croisent en tout sens , comme celles des carrières et des mines, dont les autres font de» reVolutions plus ou moins grandes autour du point de leur naissance , comme ces lignes spirales que Ton Toit sur cenaines coquilles. Dans le sens figuré , il f«ii applique aux questions obscures et captieuses , aux r«^Bsei ambiguës et détournées , à ces discussions qui , aprêi de longs écarts , noua ramènent au terme d^où nom sommes partis.
De quel nature était le labyrirohe de Crète f IHodoR de Sicile rapporte comme une conjecture , et Plin« comme un fait certain , que Dédale avait construit et labyrinthe sur le modèle de celui d^Egypte , quoique sur de moindres proportions. Ils ajoutent que Minos en avait ordonné Pexécution , qu'il y tenait le Minotaure renfermé , et que de leur temps il ne subsistait plus , soit qu'il eût péri de vétusté , sok qu^on Teât démoli à dessein. Ainsi Diodore de Sicile et Pline regardaient ce labyrinthe comme un grand édifice, tandis que d^antres écrivains le reprnentent simf^ ment comme un anire creusé dans le roc et plein de routes tortueuses. Les premiers et les seconds ont rapporté deux traditions différentes. 11 reste à choisir la plus vraisonblable.
Si le labyrinthe d< Cr^e avait été construit par Uédale serus M inos , pourquoi nVn serait-il pas fait
NOTES. 3Ji
m«niion ni dan* Homère , qui paile plu* d^une foi» de ce prince , «idsi que de la Crète ) ni dan* Hérodote , qui décrit celui d^gypCe , après aroir dit que le* moDumen* dea Egypticna tenl fort tupérieurfl à ceux des Grecs ^ ni dans les plus anciens géographes ; ni dans aucun des écriTains des beaux temps de la Grèce?
On attribuait cet ouvrage à De'dale , dont le ttom suffirait pour decrëditcr une tradition. En effet , ce nom est devenu , comme celui d^Hercule, la ressource de Tignorance « lorsquVlle porte ses regards sur les siècles anciens. Toutes les grandes entreprises , tous les ouvrages qui demandent plus de force que d'esprit, •Ile les attribue k Hercule ; tons ceux qai tiennent aux arts , et qui exigent une certaine intelligence dans rexecutioû , elle les rapporte à Dcidale. On peut se rappeler que, dans le cours de cet ouvrage S j^ai di^à cite les principales découvertes dans les arts et métiers, dont les anciens ont fait honneur à un artiste de ce nom.
L^opinion de Diodofe et de Pline suppose qmt , de leur temps , il n^exisiait plus en Crète aucune trace du labyrinthe , et quW avait même oublié l'époque de M destruction. Cependant, il est dit qu^il fut visité pat* les disciples d^ApolIonius de Tyane, contemporain de ces deux auteurs. Les Cretois croyaient done alots posséder encore le labyrinthe.
Je demande qu'on fasse attention à ce passage de Strabon ; « A Nauplie , près de Faneiemie Argoa , dit
• rb.T|iilrc XXXVII , .irticledc8;^ctonc«-t l« iiolecorrc» pondante.
c ce judicieux écrivain, on Toit encore de Tasies cat vemet où sont construits des labyrinthes qu^on t croit être Touvrage des Cyclopes >. > Ce qui signifie que la main des hommes avait ouvert dans le roc des routes qui se croisaient et se repliaient sur elles-mêmes, comme on le pratique dans les carrières. Telle est , si je ne me trompe , Pidée quM faut se faire du labyrinthe de Crète.
Y avait-il plusieurs labyrinthes dans cette île? Les auteurs anciens ne parlent que d^un seul. La plupart le placent à Cnosse ^ quelques-uns, en petit nombre , à Gortyne.
Belon et Toumefort nous ont donné la description d^une caverne située au pied du mont Ida , du c6li du midi , à une légère distance de Gortyne. Ce n^était qu^'une carrière, suivant le premier; cVlait Pan* cien labyrinthe, suivant le second. J''ai suivi ce dernier, et j^ai abrégé son récit dans mon texte. Ceux qui ont ajouté des notes critiques à son ouvrage , outre ce labyrinthe , en admettent un second à Cnosse , et citent principalement en leur faveur les médailles de cette ville qui en représentent le plan, suivant la ma* nière dont le concevaient les artistes. Car il paraît , tantôt de forme carrée , tantôt de forme ronde; sur quelques-unes , il n^est qu^indiqué ; sur d^auires , il renferme dans son milieu la tête du Minolaure. J^en ai fait graver une , dans les Mémoires de PAcadémie des belles-lettres , qui me parait être du cinquième siècle avant Jésus-Christ, et sur laquelle on voit d^lD
* J'en ai parlé dans le cTiapitre LUI de cet ouvrage , t. 5, p.«.3i3.
chié 11 fifnre du M inoUvre^et de Tantre le plan informe du labyrinthe. 11 est donc certain que, dès ce tempslà , les Cnossiens se croyaient en possession de cette célèbre caTeme; il paraît encore que les Gortyniens ne croyaient pas devoir la revendiquer , puisquMs ne IVmt jamais représentée sur leurs monnaies.
Le lieu où je place le labyrinthe de Crète n''est , suivant Toumeforl, qu^à une lieue de Gorlyne; et suivant Strabon , il est eloi^e' de Cnosse de six à sept lieues. Tout ce qn^on en doit conclure, c^est que le territoire de cette dernière ville s^e'tendait jusques auprès de la première.
A quoi servaient ces cavernes auxquelles on donnait le nom de labj/riathe? Je pense qu Viles furent d^abord eltauchées par la nature, quVn certains endroits on en tira des pierres pour en construire des villes; que, plus anciennement , elles servirent de demeure ou d^asile aux habitans d^un canton expose' à des invasions fréquentes. Dans le voyage d^Anacharsis en Pho« cide, jVi parlé de deux grandes cavernes du Par* nasse , où se réfugièrent les peuples voisins ; dans Tune , lor» du déluge de Deucalion •, dans Pautre , à Tarrivée deXercès '. J^ajoute ici que, suivant Diodore de Sicile, les plus anciens Cretois habitaient les anlres du mont Ida. Ceux quVn interrogeait sur les lieux mêmes disaient que leur labyrinthe ne fut , dans Torigine, qu^une prison. On a pu quelquefois le destiner à cet usage ; mais il est difficile de croire que , pour «^assurer de quelques malheureux , on eût entrepris des travaux si immenses.
( CbapiUre XXII de cet ouvrage.
Mon e (p«9« 4B.) Sur ta grandeur de ftk de Samas.
3lr4}>pn, Agaihimère, Plioe «t bidore , -ririeBl sur la circoofëreftoe de S9f)ai>s. Stt<Y»n( U pr^mieF , elle est de <ix eenis màen ^ qol font vinf l»de«x de bm lieues et mille sepi ceuU ioi^sc , diaqae LieiM de deiff mille çioq «renju loj«es i suivrai le seeood , de «iz «ent treole stades, ou viogtTtrpis lieuies eldeaKflAiUc treiKev ciiiq tpises i «uivapt Pline, 4e i|nalre-Vingi-«eplmill«s romains, c'esirÀ-dire, de vingtpsix lieues et deux ce»t soixante-dou^ lpis«s ^ i^nfio, sVfVABt Isidoiw, de ettA milles romains , c^est-à-dire de huit ceats stade* , «a trfiute lie^ies et aix cents toisest On trouve souvent de p^ireiJlefi djiïerenpes dans 1^ mesujres des anciens.
Note d (page 6a.) Sur V Anneau de PolycrfUe^ SuiyaotS. Ûlemenl «l'Alexandrie, œt «nncan ffeprésentait une lyre, Ce fait •** P«» iwppriaBt. Mais en peul remarquer avec quelle intention ies Aom^ins eoB' servaient les d^is de r«nliqn«ti^. »» hmps d« Pline, on montrait à Rome , d^ns le temple de la Concnrde , lœe sar-doine^^onyx , que Ton disait être Tanneau de Polycrate, et que Ton ienait r-enlermoe dan* «m cor- QAl d'ori c'éiait «n présent d'Auguste. Solin donne aussi le nom de sar<foioe à la pierre de Polycratti nvais il peraîl, par le témoignage de quelques autenrs, et surtout d''Herodole, «[ue c'était unerâiéraude.
Note e (page 1 66). Sur une inscription relfUivfiaux FeUi de Délos.
En 1739 , M. le comte de Sandwich apporta d'Athènes à Londres un marbre sur lequel est gravée une
kag«0 inscripiioa. Elk «ooiniu Pvlat ém itrow qni te trouTaieni àam ui tempk dt Delos, aok ptr 4et parûcwlicr* , toit pur 4es rillat entières. On y spÀïifie Îm somme» qai oBi«le' «equittaes «t celles qni ne l^ont pes éle'. On y remarque aussi les frais làe U théorie oa depils bon des Aibeniens ; savoir , ponr la cooronne (IW qui fui {wesentee au dieu, la main-d^oMiTre comprise , mille cinq cenu drachmes (mille trois cent cinipiarl^ liTPas)^ powr les tr^Mcds donnes $mx vainqnenrs , la maijn-d'œuvre paiement comprise , mille drachmes (neuf cenu livres) ; pour les architéorcs , un talent (cinq miUe quatre cents livres) ; pour le capitaittB 4e la galère qui avait transporté la théorie , sept miUe drachmes (six miUîB trois cenu livres) { pour l'achat de cent neuf boNls destinés aux sacrifices, huit mille quatre cent quîoM drachmes (sept mille cinq ceaa seûenio-treiM liirres dix sous) , etc. , etc. Celte inscription , éclaircie par M. Taylor et par le P. Corsioi • est deTanAyant ieuis-Chrit 373 ou 37a , H nVet antérieure que dWviron 3s ans eu voyage éhi jeune Anachersis à Délos.
Note /(page i^i). Si les anciens Philosophes grecs ont admis Vunilê de Dieu.
Les premiers apologistes du christianisme , et pin* sieurs eute«rs modernes , à leiur exemple, imt sontenn que les anciens philosophes n^aveioil reconnu qu^un seul Dieu. D^auires modernes , au contraire , prétendit que les patsages favorables è celte opinion ne doi« vent •''entendre que 4c U nature, de Tame du men4e, du soleil , pUomt presque teos ces philoeophes an nombre des spinosistes et des athées. Enfin il a |)ara
dans eet deraien temps des critiques qui , après de longues veilles consacrées à T^ude de Tancienne philosophie , ont pris un juste milieu entre ces deux sentimens. De ce nomhre sont Brucker et Moshem , dont les lumières m^ont ele' très utiles.
Plusieurs causes coniribuenl à obscurcir celle question importante. Je vais en indiquer quelques-unes; mais je dois avertir auparavant quM s''agît ici principalement des philosophes qui pre'oe'dërent Ariside et Platon , parce que ce sont les seuls dont je parie dans mon ouvrage.
lo La plupart d^enlre eux voulaient expliquer la formation et- la conservation de Tunivers par les seules qualités de la matière \ cette méthode était si générale, qu''Anaxagore fut blâmé, ou de ne Ta voir pas toujours suivie, ou de ne Tavoir pas toujours abandonnée. Comme , dans Pexplication des faiu particuliers , il avait recouw, tanldt à des causes naturelles , tantàt à cette intelligence qui , suivant lui , avait débrouillé le chaos, Aristote lui reprochait de faire au besoin descendre un Dieu dans la machine, et Platon de ne pas nous montrer dans chaque phénomène les voies de la sagesse divine. Cela supposé, on ne peut conclure du silence des premiers physiciens qu^ils niaient pas admis un Dieu , et de quelques-unes de leurs expressions , qu^ils aient vauIu donner à la matière toute les perfections de la Divinité.
a» De tous les ouvrages philosophiques qui existaient du temps d'^Arislote , il ne nous reste en enlior quHine partie des siens, une partie de ceux de Platon, an petit traité du Pythagoricien Timée de Locres sur Tiime du monde , un traite' de Tunivors par Ocellos
éè hûctimt , a dire <lite«pl« de Pythagore. 0««lkM , ému» ce#petU Irarl^ « cba-ch»m moiii» à deV^pper là foraition du monde qv^h prourer «on ëiernité , n\ pu oecasion de faire agir la Divinité. Mais, dans na de ses onrtages dont îTiofaiee nous a transmis un frag • ■aeott il disait que Tharmonie conserve le monde , et que Dieu eal l*»utet>r de cette harmonie. Cependant je ^«■1 bien ne pat m^appnyer de son autorité ; mais Ti- MM, Platon et Aristote ont établi formellement Tv- •ilé d^in Dieu ; et ce n'est pat en passant , c^ett dans des ouvrages suivis, et dans Pexposilion de lenrs systèmes fondés sitr ce dogme.
Les cscrits des antres philosophes ont p<»>i. Noos ■^en avons que des fragmens , dont les uns dépotent hautement en faveur de celte doctrine , dont les autres , en très petit nombre , semblent la détruire ; parai ees derniers, il en est qu^on peut interpréter de divorses manières , et d''autres qui ont été recneillis et altcrés par des auteurs d^une secte opposée, tels que ce Velléins que Cicéron introduit dans son ouvrage sur U nature des dieux , ei qu^on accuse d^avoir défiguré plat d^une Ibis les opinions des anciens. Si , d'*après de M faibles témoignages, on voulait juger des opinions des anciens philosophes , on risquerait de faire à leur égard ce que , d'après quelques expressions déleeh^ et mal interprétées, le P. Hardouin a fait k i^égard de Descartes , Mallebranche , Arnaud , et autres qn^il aceuse d'*athé)sme.
3* Les premiers philosophes posaient pour prin> oipe que rien ne se fait de rien. De là ils conclurent , on q«e le monde avait toujours été terqu^l est , on que du moins la matière est étemelle. D^autre part il
existait vne ancienne tradition soirant laquelle loutei choses avaient été' mises en ordre par TEtre suprême. Plusieurs philosophe» t ^^ voulant abandonner ni le principe ni la tradition , cherchant à les concilier. Les un» , comme Ari&tote , dirent que cet être avait formé le monde de toute éiemité ; les autres , comme Platon , quMl ne Tavait formé que dans le temps , et diaprés une matière préexistante, informe, dénuée des perfections qui ne conviennent qu^à TElre suprême. L*VLn et Tautre étaient si éloignés de penser que leur opinion pût porter atteinte à la croyance de la Divinité , qu^Aristote n^a pa» hésité à reconnaître Dieu comme première cause du mouvement , et Platon comme Punique ordonnateur de Tunivers. Or , de ce que les plus anciens philosophes n'^ont pas connu la création , propronenl dite, plusieurs savans critiques prétendent qu^on ne les doit pas ranger dans la classe des athées.
4° Les anciens attachaient en général une autre idée que nous aux mois incorporel^ immatériel, simph. Quelques-uns, à la vérité , paraissent avoir conçu la Divinité comme une substance indivisible , sans étoidue et sans mélange ; mais par substance spirituelle, la plupart nVntendaient qu''une matière infiniment déliée. Cette erreurs subsisté pendant une longue suite de siècles, et même parmi des auteurs que TEglise révère; et, suivant quelques savans, on pourrait Tadmetlrc sans mériter d^éire accusé d^athéisme.
50 Outre la disette de monumen» dont j^ai parié plus haut, uous avons encore à nous plaindre de Paspèce de servitude où se trouvaient rédaiu les anciens philosophes. Le peuple se moquait de ses dieux , mais
M troulftii pu en duiifer. Anaxafore ayait dit qat 1« soleil n^euit qiiHine pierre on qii\uie Unie de métal enflammée. 11 fallait le condamner comme physicien « on Taccosa d^impiete'. De pareils exemples avaient de* pois long-temps accoutomé les philoso|^«s à user de menagemens. De U cette doctrine secrète qu^il n^cftait pas permis de révéler aux profanes. 11 est très difficile, dit Plaion , de se faire une juste idée de Paoleur de cet univers ) et si on parvenait à la concevoir, il faudrait bien se garder de la publier. De là ces expressions équivoques qui conciliaient en quelque manière Terreur et la vérité. Le nom de Dieu est de ce nombre. Un ancien abus en avait étendu Pusage k tout ce qui, dans Punivers, excite notre admiration \ à tout ce qui , parmi les hommes, brille par Texcellence du mérite ou du pouvoir. On le trouve , dans les auteurs les plus religieux , employé tantôt au singulier , tantôt au pluriel. En te montrant tour k tour sous Tune ou Tauire de cesfonnes, il satisfaisait paiement le peuple et les gens instruits. Ainsi , quand un auteur accorde le nom de Dieu k la nature, k Fâme du monde, aux astres, ou est en droit de demander en quel sens il prenait cette expression ; et si , au dessus de ces objets, il ne plaçait pas un Dieu unique auteur de toutes choses.
6* Cette remarque est surtout applicable k deux opinions généralement introduites parmi les peuples de Tantiquité. LHine admettait au dessus de nous des génies destina k r^ler la marche de Punivers. Si cette idée n'^a pas tiré son origine d^une tradition ancienne et respectable, elle a dû naître dans les pays où le souverain confiait le soin de son royaume k la vigilance de ses ministres. U paraît en effet que les
Grecs U reeuMilt àm peaplet qui TWaicDl aiMit tau §o«T^iienieiit monarefaîque^ et de plut, Tauienr d^nn ocnmfe attribue faMseaiebi à Arisioie, nuiit nenn iBoiiu très «Dcieii^ observe <|Qe, paiscpMl n^e»t pas de la d^nile an roi de Perse de s'oceaper des minces détails de radministratioa , ce travail conTieni encore moins à ITtre sapréme.
La seconde opinion avait poor objet cette conitnaile d^actions et de réactions qn W voit dans tonte la m* tare. On supposa des âmes particulières dans la pierre d^aimant, dans les corps où Pon croyatt distinguer on principe de mourement et des étincelles de vie. On supposa «ne âme universelle répandue dans tontes les parties de ce grand tout. Cette idée nVuit pas coatraire à la saine doctrine. Car rien n^empéebe de dire tyue Dieu a renfermé dans la matière un agent invisible, un principe vital qui en dirige les opérations. Mais par une suite de Fabus dont je viens de parler, le nom de Dieu fut quelquefois décerné aux gôites et à rame du monde. De là les accusations intentées contre plusieurs philosophes, et en particulier contre Platon et contre Pythagore.
Comme le premier, ainsi que je Tai déjà dit , emploie le nom de Dieu tantôt au singulier, Unt6t an [dnriel , on lui a reproché de s^étre contredit. La réponse était facile. Dans son Timée , Platon , développant avec ordre ses idées, dit que Dieu forma Tunivers , et que , pour le régir, il établit des dieux snbaltem» f ou des génies, ouvrages de ses mains , dépositaires de sa puissance , et soumis à ses ordres. Ici la distinction entre le Dieu suprême et les autres dieux est si clairement énoncée , qu^il est impossible de la
NOTES. 34i
mécemuStre, et PUion pouvait prêter hn méniM vue», el demander les mêmes grâces au souverain et à ses ministres. Si quelquefois il donne le nom de Dieu an monde , au ciel, aux astres, à la terre , etc. , il est ▼{• lible qu^il eniend seulement les génies et les âmes que Dieu a semés dans les différentes parties de Punivers , pour en diriger les mouvemens. Je n''ai rien trouvé dans ses autres ouvrages qui démentît cette doctrine.
Les imputations faites à Pytbagore ne sont pas moins graves , et ne paraissent pas mieux fondées. 11 admettait , dit-on , une âme répandue dans toute la nature « élroitemenl unie avec tous les èires qu^elle meut, conserve el reproduit sans cesser principe éternel doni nos âmes sont émanées , et quMl qualifiait du nom de Dieu. On ajoute que, n^ayant pas d^autre idée de la Divinité, il doit être rangé parmi les aihées.
De savans critiques se sont élevés coulre celte accu» sation , fondée uniquement sur un petit nombre de passages susceptibles d^une interprétation favorable. Des volumes entiers suffiraient à peine pour rédiger ce qu'ion a écrit pour el coptre ce philosophe i je me borne à quelques réflexions.
On ne saurait prouver que Pytbagore ait confondu Pâme du monde avec la Divinité , et tout concourt à nous persuader qu'il a distingué Tune de Tautre. Comme nous ne pouvons juger de ses sentimens que par ceux de $ei disciples , voyons comment quelquesuns d^entre eux se sont exprimés dans des fragmens qni nous restent (ie leurs écrits.
Dieu ne s^est pas contenté de former toutes choses , il conserve et gouverne tout. Un général donne ses ordres à son armée , un pilote à son équipage , Dieu
3<a NOTES,
aa monde. 11 ett par rapport à iNinivers ce qa^an roi est par rapport à son empire. L^univers ne pourrait subsister, s''il nVtait dirige' par Tharmonie et par la Providence. Dieu est bon , sage et beureux par lui* même. 11 est r^arde' comme le père des dieux et des hommes , parce quMl re'pand ses bienfaits sur tous ses sujets. Lcfgislaleur équitable, précepteur éclaire' , il ne perd jamais de vue les soins de son empire. Nous devons modeler nos vertus sur les siennes, qui sont pures et exemptes de toute affection grossière.
Un roi qui remplit ses devoirs est Timage de Dieu. L^union qui règne entre lui et ses sujets est 1» même qui règne entre Dieu et le monde.
Il n^ a qu'*un Dieu très grand , très haut , et gouvernant toutes choses. 11 en est d^autres qui possèdent différens degrés de puissance , et qui obéissent à ses ordres. Ils sont à son égard ce qu^esl le chœur par rapport au coryphée , ce que sont les soldats par rapport au général.
Ces fragmens contredisent si formellement Pidée qu''on a voulu nous donner des opinions de Pythngore, que des critiques ont pris le parti de jeter sur leur authenticité des doutes qui n''ont pas arrêté des savans également exercés dans la critique. Et en effet, la doctrine déposée dans ces fragmens est conforme à celle de Timée , qui distingue expressément PEtre suprême d''avec Tâme du monde , quMl suppose produite par cet être. On a prétendu quMl avait altéré le système de son maître. Ainsi, pour condamner Pythagore, il suffira de rapporter quelques passages recueillis par des écrivains postérieurs de cinq à six cents ans à ce philosophe , et dont il est possible qu'ils niaient pas saisi
le véritable sens \ et pour le justifier , ii ne suffira pas de citer une foule d''auloriles qui déposent en sa faveur , et surtout celle d^nn de ses disciples qui vivait presque dans le même temps que lui , et qui y dans un ouvrage conserve en entier, expose un système lie' dans toutes ses parties 1
Cependant on peut , à Texemple de plusieurs critiques éclaires , concilier le témoignage de Timee avec ceux qu'ion lui oppose. Pythagore reconnaissait un Dieu suprême , auteur et conservateur du monde , être infiniment bon el sage > qui étend sa providence partout , voilà ce qu ^attestent Timée et les autres Pythagoriciens dont j^ai cité les fragmens. Pythagore supposait que Dieu vivifie le monde par une âme tellement attacha à la matière , qu^elle ne peut pas en être séparée; celle âme peut être considérée comme un f«n subtil , comme une flamme pure \ quelques Pythagoriciens lui donnaient le nom de Dieu, parce que c^est le nom qu'ails accordaient à tout ce qui sortait des nains de TElre suprême : voilà , si je ne me trompe , la seule manière d^expliquer les passages qui jettent des doutes sur Torthodoxie de Pythagore.
Enfin il est possible que quelques Pythagoriciens , voulant nous donner une image sensible de Taction de Dieu sur toute la nature , aient pensé quM est tout entier en tout lieu, el qu^il informé Tunivers comme notre âme informe noire corps. C'est Topinion que semble leur prêter le grand-prêtre de Cérès , au chapitre XXX de cet ouvrage. J^en ai fait usage en cet endroit, pour me rapprocher des auteurs que je citais en note , el pour ne pas prononcer sur des questions qu'il est aussi pénible qu'inutile d'agiter. Car, enfin ,
3i4 NOTES.
c* nW pu d^aprè^ queltfues ezfr«MioM eqvÏToqiie», et par uu long e'iaU^e de prioeipes el de cooM^pieiK-e* quMl faut juger de la croyance de Pylhagore : c*cai par sa morale praiique, el surtout par cet ioalitut qu^il avait forme , et dont db des (M'incipaux devoir» euiit de «''occuper de la Divinité, de se tenir toujours en sa présence, et de mériter ses faveurs par les abstineoces^ la prière , la méditation el la pureté du couir. 11 feni avouer que ces pieux exercices ne conviendraient guère k une société' de spinosistes.
70 Ecoutons maintenant Tauteur des poisees sur la comète. • Quel est rélat de la question , lorsqu^en « veut philosopher teuchant Tunilé de Dieu? C^est de « savoir êW j a une intelligence parfaitement simple , « totalement distinguée de la matière et de la furme « du monde , et productrice de toutes choses. Si Ton
• affirme cela, Ton croit qu^il n^y a qu^un Dieu \ mais « si Ton ne Taffirme pas, on a beau siffler low les dieax
* du paganisme , el témoigner de Pborreor penr la I multitude des dieux , on admettra réellement «ne ■ infinité de dieux. > Bayle ajoute quM stfait malaise de trouver, parmi les anciens , des auieurs qui aient admis Punité de Dieu sans entotdre une substance composée. 1 Or une telle subsunce n^est «ne qu^abn- « sivement et improprement , on que sous la notion « arbitraire d^un certain tout, ou d^un être collectif. *
Si, pour être placé parmi les polythéistes, il suffit de n^avoir pas dejustes idées sur la nature des esfM^ts, il faut, suivant Bayle lui-même, condamner non seulement Pylhagore, Platon, Socrate, et tous les an» ciens, mais encore presque tous ceux qui , jusqu'à née jours , ont écrit sur ces Aiatières : cor voici ce qu'il dit
«ku» son dictoennaire : • Jusqo^à M. Dmeartet , toiM M nos 4i>rtenrs , soii théologiens « *oii philosophw , « «▼«ient doDD^ une ^leodue aux esprit* , infinie à « Dieu , finie aux anges et aux âmes raisonnables. Il I est vrai quMls soutenaient que retle e'tendue n*m « point matérielle , ni composée de parties , et que les « esprits sont tout entiers dans chaque partie de Pes* • paca quMs occupent. De là sont sorties les trois es* « pëees de f^ése^i-e locale : la première pour les corps, » la seconde pour les esprits créés , la troisième pour « Dieu. Les CariÀiens ont renverse' tous ces dogmes ; « ils disent que les esprits n^ont aucune sorte dVten- « due , ni de prnence locale \ mais on rejette leur « sentiment comme très absurde. Disons donc quVn- «4:ore aujourd'hui tous nos philosophes et tous nos « théologiens enseignent , conformément aux idées
■ populaires , que la «nbstance de Dieu est répandue
■ dans des espaces infinis. Or il est certain que c^est
■ ruiner d^un c6ié ce que Ton avait bâti de Pautre \
■ c^est redonner en effet à Dieu la matérialité que Ton M lui avait dtée. ■
LVtat de la question n^est donc pas tel que Bayle Ta proposé. Mais il s^agit de savoir si Platon , et diantre* philosophes antérieurs k Platon, ont reconnu un premier être , éternel , infiniment intelligent , infiniment sage et bon ; qui a l'orme Punivers de toute éternité ou dans If temps , qui le conserve et le gouverne par lui* même ou par ses ministres; qui a destiné dans ce monde ou dans Pautre des récompeases à la vetlu et des punitions au crime. Ces dogmes sont clairement énoncée dana les écrits de presque touf les anciens philosophes. S'ils y sont accompagnés d'erreurs grossières
sur Tessence de Diea , nous rcfpondroiu que ces auteurs ne les avaient pas aperçues , ou du iBoins ne croyaient pas quelles détruisissent Punite' de PEtre suprême. Nous dirons encore quM n''est pas juste de reprocher à des écrivains qui ne sont plus des conséquences qu''ils aoratent vraisemblablement rejetées s^ils en avaient connu le danger. Nous dirons aussi que notre intention n''est pas de soutenir que les philosophes dont je parle avaient des idées aussi saines sur la Divinité que les nôtres , mais seulement quHls étaient en général aussi éloignés de Palhéisme que du polythéisme.
NoiB g (page a 5 1 .) Sur la Théologie moraU des anciens Philosophes grecs. .
Les premiers écrivains de TEglise eurent soin de recueillir les témoignages des poêles et des philosophes grecs favorables au dogme de Tunité d^un Dieu , à celui de la Providence, et à d^autres également essentiels.
Ils crurent aussi devoir rapprocher de la morale du christianisme, celle que les anciens philosophes avaient établie parmi les nations , et reconnurent que la seconde , malgré son imperfection , avait préparé les esprits à recevoir la première, beaucoup plus pure.
11 a paru dans ces derniers temps différens ouvrages sur la doctrine religieuse des païens 4 et de très savans critiques, après Pavoir approfondie, ont reconnu que, sur ccruins points, elle mérite les plus grands éloges. Voici comment s'explique M. Frérel par rapport au plus essentiel des dogmes : « Les Egyptiens et les Grecs « ont donc connu et ador^ le Dieu suprême , le vrai
> Dieu , quoique d^une manière indigne de lui. 1 Quant h la morale , écoutons le célèbre Huet , éréque d^Avranche : Je mihi quidem sœpenumerà contigit , ut eiim ea legerem quœ ad vilam recte probique instituendam y vel à Platane , vel ah Aristotele , vel à Cicérone , vel ah EpicMo tradita sunt , mihi viderer ex aliquihus christianorum scriplis capere normtun pietatis.
Autorise' par de si grands exemples, et force', par le plan de mon ouvrage , à donner un précis de la théologie morale des Grecs, je suis bien éloigné de pen» ser qu^on puisse la confondre avec la ndlre , qui est d''un ordre infiniment supérieur. Sans relever ici lea avantages qui distinguent Touvrage de la sagesse divine , je me borne à un seul article. Les législateurs de la Grèce sVtaient contentés de dire : Honorei les dieux. LVvangile dit : Vous aimerez votre Dieu de tout votre cœur, et le prochain comme vous-même. Celte loi, qui les renferme et qui les anime toutes , S. Augustin prétend que Platon Tavait connue en partie^ mais ce que Platon avait enseigné à cet égard n^élait qu'aune suite de sa théorie sur le souverain bien , et influa si peu sur la morale des Grecs , qu^Aristole assure qu'*it serait absurde de dire qu''on aime Jupiter.
NoTK h (page a 6 6). .Sur quelques Gtations de cet Ouvrage.
A Pépoque que j^ai choisie , il courait dans la Grèce des hymnes et d^autres poésies qu^on attribuait à de irèa anciens poêles ; les personnes insiruiies en connaissaicol si bien la supposition , qu'^Arisiote doutait même de Pexistence d''Orphée. Dans la mile, on plaça lea noms lea plus célèbres à la lêie de t|uantité d^écriis
dont les vrais auteurs étaient ignorés. Tais sont quelques traites qui se trouvent aujourd'hui dans les ciditions de Platon et d'Aristote ; je les ai cités quelquefois sous les noms de ces grands hommes , pour Abréger, et parce quMIs sont insérés parmi leurs ouvrages.
Note t (page 268J. Sur le nombre des Puces de théâtre qui existaient parmi le» Grecs vers le milieu du quatrième siècle avant J.-C.
C'est d'après Suidas , Athénée , et d'autres auieors dont les témoignages ont été recueillis par Fabricitu* que j'ai porté à environ trois mille le nombre de ces pièces. Les calculs de ces écrivains ne mâ*itent pas la même confiance pour chaque article en particulier. Mais il faut observer qu'ils ont cité quantité d'auteurs dramatiques qui vécurent avant le jeune Anacharsia ou de sou temps , sans spécifier le nombre de pièces qu'ils avaient composées. S'il y a exagération d'un côté , il y a omission de l'autre, et le résultat ne pouvait guère différer de celui que j'ai donné. 11 monterait peut-être au triple et au quadruple , si , au lieu de m'arrêler à une époque précise , j'avais suivi toute rhis(oire du ihéâire grec. Car, dans le peu demonumens qui servent à l'éclaircir, il est fait mention d'environ trois cent cinquante poètes qui avaient composé des tragédies et des comédies.
II ne nous reste en entier que sept pièces d*Eschyle , sept de Sophocle , dix-neuf d'Euripide , cnse d'Aristophane, en tout quaranle-quatre. On peut y joindre les dix -neuf pièces de Piaule et les six d« Té* rence , qui sont des imitations de comnlies grecques. Le temps n'a épargne aucune des branches de la
liiterstare d«i Gree«) litres dlibtotfe, otnrrtget relatifs AUX sciences exactes , systèmes de phllosofthie , traites de politique , de morale , de médecine , etc. , presque tout i péri ; les lirres des Romains ont eu le même sort f cenx des Egyptiens, des Phéniciens et de phisiem^ autres nations éclairées, ont élé engloutis dans «in naufrage presque ntiiversel.
Les copies d^un ouvrage se multipliaient atHrefbis si difficilement , il fallait être si riche potfr se former vue petite hibltothëque , que les lumières d^un pays avaient beaucoup de peine à pénétrer dans un autre , «1 encore plus à se perpétuer dans le mène endroit. Cette coBsid^tion devrait nous rendre très circonspects à regard des connaissances que nous accordons ou que nous refusons aux anciens.
Le défaut des moyens , qui les égaraient souvent au milieu de leurs recherches, n^arréle plus les modernes. L^imprimerie , cet heureux fruit du hasard , cette découverte , peut-être la plus importante de toutes , met et fixe dans le commerce les idées de tous les temps et de tous les peuples. Jamais elle ne permettra que les lumières sVteignent , et pent-éire les poriera-t-elle à un point , quMles serom autant au dessus des nôtres que les nôtres nous paraissent être au dessus de celles des anciens. Ce serait un beau sujet à traiter que Tinfluence quV enejusqu^à présent Pimprimerie sur les esprits , et celle qu^elle aura dans la suite.
NoTB j (page » 84). Sur les Griphes et sur les Impromptus .
Le mot fpHphe signifie un filet \ et c^est ainsi que furent désignés certains problème qu'un se faiMit un
jeu de propoier pendant le souper , et dont U solution embarrassait quelquefois les convives. Ceux qui ne pou* ▼aient pas les rendre se soumettaient à une peine.
On distinguait différenles espèces de griphes. Les uns n^étaient , à proprement parler, que des énigmes. Tel est celui-ci : t Je suis très grande à ma naissance y • très grande dans ma vieillesse, très petite dans la vi- « gueur de Tâge. ■ L'ombre. Tel est cet autre, i 11 « existe deux sœurs qui ne cessent de s^engendrer Tune « et Tauire. ■ Le jour et la nuU. Le mot qui désigne le jour est féminin en grec.
D^autres griphes roulaient sur la ressemblance des noms. Par exemple : i Qu^est-ce qui se trouve à la fois « sur la terre , dans la mer et dans les cieux ? JLe chien , < le serpent , et l'ours. > On a donne le nom de ces animaux à des constellations.
D\autres jouaient sur les lettres, sur les syllabes, sur les mots. On demandait un vers déjà connu qui commençât par telle lettre , ou qui manquât de telle autre ^ un vers qui commençât ou se terminât par des s;irilabes indiquées; des vers dont les pieds fussent composés d''un même nombre de lettres , ou pussent changer mutuellement de place sans nuire à la clarté ou à Tharmonie.
Ces derniers griphes , et dWtres que je pourrais citer, ayant quelques rapports avec nos logogripbes , qui sont plus connus, j^ai cru pouvoir leur donner ce nom dans le chapitre xxv de cet ouvrage.
Les poêles , et surtout les auteurs de comédies , faisaient souvent usage de ces griphes. U paraît qu^on en avait composé des recueils , et c^est un de ces recueib que je suppose dans la bibliothèque d^Eucltde.
NOTES. 36i
Je dis dans le même endroit que la biblioiticque d^Euclide contenait des impromptus. Je cite an passage d^Athénée qui rapporte six vers de Simonide faits surle-champ. On peut demander en conséquence si Tu* sage dHmproTiser nViait pas connu de ces Grecs , doués d^une imagination au moins aussi vive que les Italiens , et dont la langtfe se prêtait encore plus à la poésie que la langue italienne. Voici deux faits dont Tun est antérieur de deux siècles , et Tautre postérieur de trois siècles au voyage d^Anacharsis. i^ Les premiers essais de la tragédie ne furent que des impromptus, et Aristote fait entendre qu^ils étaient en vers. 3** Strabon cite un poêle qui vivait de son temps, et qui était de Tarse en Cilicie ; quelque sujet qu^on lui proposât , il le traitait en vers avec tant de supériorité, qu^il semblait inspiré par Apollon ; il réussissait sur* tout dans les sujets de tragédie. Strabon observe que ce talent était assez commun parmi les babitans de Tarse. Et de là était venu sans doute Tépithète de tarsique , qu^on donnait à certains poètes qui produisaient , sans préparation, des scènes de tragédie au gré de ceux qui les demandaient.
FIN DBS NOTES.
TABLE
COMTXHAIIT
LES FRIIfCIPALCS EPOQUES DE L HISTOIRE GRECQUE, DEPUIS LA FONDATION DU ROTAUME d\rG08 jusqu'à la fin du REGNE D* ALEXANDRE.
Je dois ayertir que , pour les temps antérieurs k la première des olympiades , j'*ai presque toujours suivi les calculs de feu M. Fréret , tels qu^ils sont exposés , soit dans sa Défense de la Chronologie , soit dans plu* sieurs de ses Mémoires insérés parmi ceux de PAcad^ mie des Belles-Lettres. Quant aux temps postérieurs à la première olympiade, je me suis communément r^lé sur les Fastes attiques du P. Corsini.
éPOQXJES. .t"îfc.
Colonie conduite par loachoc à Argoa. 1970
Pboronée «on fil« ... 1945
Déluge d'Ogjgès dan« la Béotie 1796
Colonie de Cécrop» a Atbènu 1657
Colonie de Cadmai à Thèbe* 1 594
Colonie de Daoaûs à Argoc . . 1586
Déluge de Dencalion aux enrirons du Parnawe , on
dan« la partie méridionale de la TlieMaL'e 1580
Commencement des arts dai^ la Grèce 1547
Règne de Pertée à Atgos 1458
Fondation de Troie 1425
NaiiMDce d'Hercule 1384