SOUS L'ARCHONTE PHR\N1CUS
La 4^ année de la i io<^ olympiade.
(Depuis le ij juillet de l'an ZZ"] y jusqu'au -j juillet de
l'an 336 avant J. C.)
Les Lacédémoniens refusèrent de paraître à la diète de Corinthe. Philippe s'en plaignit avec hauteur, et reçut poui* toute réponse ces mots : « Si tu le crois plus grand après ta
is§ VOTAG2
• YÎotoîre , mesure ton ombre ; elle n*a pas « augmente d^une ligne. » Philippe irrité répliqua : « Si j'entre dans la Laconie, je toiis « en chasserai tous. » Ils lui répondirent :
« Si. »
Un objet plus important Tempécha d'effectuer ses menaces. Les députés de pi*esque toute la Grèce étant assemblés, ce prince lem* proposa d'abord d'éteindre toutes les dissensions qui jusqu'alors avaient divisé les Grecs , et d'établir un conseil permanent »
chargé de veiller au maintien de la paix universelle. Ensuite il leur représenta qu'il était temps de venger la Grèce des outrages qu'elle avait éprouvés auti'cfois de la part des Perses , et de porter la guerre dans les états du grand-roi. Ces deux propositions furent reçues avec applaudissement, et Philippe fut élu tout d'une voix généralissime de l'armée des Grecs , avec les pouvoirs les plus amples. En même temps on régla le contingent des troupes que chaque ville pourrait fournir ; elles se montaient à deux cent mille hommes de pied et quinze mille de cavalerie , sans y comprendre les soldats de la Macédoine , et ceux des nations bai'bares soumises à ses lois.
D'ANACHARSIS. da;
Après ces résolutions , il retouraa dans ses Étals pour se préparer à celle glorieuse expédition .
Ce fut alors qu^expira la liberté de la Grèce. Ce pays si fécond en grands hommes fiera pour long -temps asservi aux rois de Macédoine. Ce fut alors aussi que je m'arrachai d'Athènes, malgré les nouveaux efïbrts qu*on fit pour me retenir. Je revins en Scythie , dépouillé des préjugés qui m'en avaient rendu le séjour odieux. Accueilli d'une nation établie sur les bords du Borysthèue, je cultive un petit bien qui avait appartenu au sage Anacharsis, un de mes aïeux. J'y goûte le caTme de la solitude ; j'ajouterais, toutes les douceurs de l'amitié, si le cœur pouvait réparer ses pertes. Dans ma jeunesse je cherchai le bonheur chez les nations éclairées ; dans un âge plus avancé , j'ai trouvé le repos chez un peuple qui ne connaît que les biens de la nature.