REFRAIN
Parcours nos immenses espaces Aux rives des deux océans:
Tu trouveras partout les traces Et les bienfaits de tes enfants.
Dans l'enceinte où leur zèle brille D'un éclat si majestueux,
Nous ne formons qu’une famille Et nous venons t'offrir nos vœux.
Entonnons un chant d'allégresse !
Ce jour est un jour de bonheur; Chantons et que chacun s’empresse Auprès du noble visiteur!
Sur cette terre d'Amérique, Oh! que le ciel guide tes pas, Toi dont le sceptre pacifique Conduit la marche des Obiats!
Un élève lit ensuite la belle adresse que voici :
Au Très RÉVÉREND PÈRE Louis SOULLIER,
Supérieur général des Oblats de Marie Immaculée.
TRÈS RÉVÉREND PÈRE
C'est avec la joie la plus vive et l’empressement le plus sincère, que nous nous réunissons aujourd'hui pour vous souhaiter la bienvenue dans l'enceinte de notre jeune Université. Nous ne pouvions désirer une occasion plus favorable, ni choisir un moment plus solennel pour donner libre cours au sentiment de respect, de vénération et d'amour, que nous portons à la noble Congrégation des Oblats dont vous êtes le chef suprême.
Depuis un demi-siècle que la Société des Oblats est établie sur les bords du Saint-Laurent, beaucoup de ses enfants ont ici fermé les veux à
la lumière, sans avoir eu la consolation de connaitre celui qu'ils appelaient leur Père; beaucoup de jeunes gens aussi nous ont précédés sur les bancs de cette Université, et nous ne croyons pas être des moins fortunés, puisqu'il nous est donné aujourd'hui de saluer le Supérieur général des Oblats de Marie Immaculée, Il aura une place à part dans les archives de l'Université, ce jour mémorable: et votre visite fera naître une ère nouvelle dans l'histoire de notre A/ma mater.
Sur ce vaste continent, très révérend Père, d'un océan à l'autre, les fils de Mgr de Mazenod se sont fait des amis et des protecteurs; leur zèle apostolique, leur dévouement sans borne et leur esprit de sacrifice ont fait bénir le nom des Oblats; et nous revendiquons pour nos dévoués professeurs et maitres une large part de cette auréole de gloire qui entoure, au Canada, la Congrégation des Oblats. Nous les voyons tous les jours à l'œuvre, ces professeurs zélés: nous les avons sous les yeux pendant dix mois de l'année, et à mesure que nous avançons dans la vie, nous comprenons mieux l'immensité des sacrifices que leur impose la direction de l'Université. L'activité intellectuelle, l'énergie morale et le zèle ardent qu'ils déploient dans l'accomplissement de leur devoir, très révérend Père, ils les ont puisés dans le sein de cette famille religieuse dont vous êtes le glorieux chef, Et s'il m'est permis d'ajouter un mot, je dirai : Ils sont les héritiers de nobles traditions : ils continuent la grande œuvre du P. Tabaret et de ses héroïques coadjuteurs, dont le souvenir se perpétuera dans cette capitale.
Soyez donc le bienv nu, très révérend Père; nous sommes un peu vos enfants puisque nos dignes professeurs sont vos fils: nous osons même dire que nous sommes Obiats par le cœur, et nous espérons que nous ferons honneur à l'enseignement que nous dispense ici votre Congrégation. Oui, quelle que soit la direction donnée à notre vie par la divine Providence, nous serons toujours des chrétiens dévoués, des fils soumis de la Sainte Eglise, tels, enfin, que nous auront formés les Oblats.
Et maintenant, vous nous permettrez, très révérend Père, de dire un mot à votre illustre compagnon de voyage, au R. P. Antoine, autrefois Provincial de la province du Canada, aujourd'hui Assistant général.
Votre nom, révérend Père, est encore vivant dans bien des cœurs en Canada, et bien souvent, dans nos conversations, nous l'associons à celui de nos anciens professeurs. Sous vos auspices, le collège d'Ottawa a grandi, et, durant les longues années de votre administration provinciale, vous avez travaillé avec zèle et persévérance à en favoriser le développement. La consolation de revoir cette institution vous était due; l'Université aujourd'hui vous ouvre ses portes, et les élèves vous offrent leurs salutations respectueuses.
LS em QG A
Que votre main, très révérend Supérieur général, daigne bénir ces jeunes membres de votre grande famille; qu'elle fasse descendre sur nous les
Mgr DUHAMEL archevèque d'Ottawa, chancelier de l'Université d'Ottawa.
grâces qui inspirent les nobles sentiments. et nous pourrons longtemps redire, en parlant de votre visite : Transiit benefaciendo. « Notre R. Père Supérieur général, continue le narrateur, répond
ms 18 —
de la manière la plus heureuse. Ses paroles sont accueillies avec un véritable enthousiasme ; je ne surprendrai personne en ajoutant que cet enthousiasme ne fut nullement refroidi par l’annonce de deux grands congés.
« Le mardi 24, grande réunion au collège. Nous avons l’honneur de posséder au milieu de nous Mgr Duhamel, archevêque d'Ottawa et chancelier de l'Université, Mgr Routhier, vicaire général, les curés de la ville et des représentants de toutes les communautés religieuses d'hommes.
« A la fin du diner, le T. R. Père Général se lève et exprime à tous ces hôtes vénérés sa reconnaissance pour l’honneur qu'ils lui font en venant prendre part à cette fête de famille; il remercie surtout Mgr Duhamel de la bienveillance qu’il daigne témoigner à la Congrégation des Oblats et des faveurs dont il ne cesse de combler cette institution, qui a si merveilleusement grandi sous la bénédiction de Dieu.
« Mgr Duhamel répond en proposant la santé du T. R. Père Général et la prospérité de la famille religieuse dont le T. R. Père est le chef; il énumère les obligations qu’il déclare avoir aux Oblats, qui, après avoir été ses maîtres, sont restés ses auxiliaires . ivoués ; il affirme à nouveau sa bienveillance particulière pour les enfants de Mgr de Mazenod et pour l’Université catholique, dont i1 direction leur a été confiée par le Souverain Pontife.
« Monseigneur profite de cette circonstance solennelle pour donner communication d’une lettre qu’il vient de recevoir de Sa Sainteté ’ éon XIII. C’est la réponse à l'adresse de remerciements et de félicitations que les professeurs de l'Univers'té sur la proposition de Mgr le Chancelier, avaient envoyée au Pape à l’occasion de son Encyclique sur l’étude de l’Ecriture sainte. A la demande de Sa Grandeur, le R. P. Gohiet fit la lecture du bref en latin et en français. Ce fut le bouquet de la fête. »