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quelques gouttes de cette onde limpide, après avoir traversé la chaine de nos grands lacs. iraient battre la plage près de laquelle une mère bienaimée priait pour son fils, pour qu'il füt un bon Oblat, un saint missionnaire.
Je savais que, toute préoccupée du bonheur de ce fils, elle écoutait le moindre murmure du Nord-Ouest, jusqu'au moindre bruit de la vague, comme pour y découvrir l'écho de sa voix, demandant une prière, pro-
mettant un souvenir.
On reconnaitra sans doute en ces quelques lignes la main d'un maitre dans l’art d'écrire. Mgr Taché parlait une langue sobre et nerveuse, imprégnée de sentiment et de vie, avec une noble distinction et la saveur particulière qu’y ajoutait Je goût du terroir canadien.
Il mit ce don comme les autres au service de l'Eglise catholique et il ne se ménagea ni en discours, ni en écrits éloquents, pas plus qu'en actes, pour la défense de son troupeau et l'extension du W règne de Jésus-Christ.
Enfant d’une Congrégation religieuse, il eut pour cette mère î une véritable affection filiale. Il en donna les plus belles preuves à
au cours de son existence. Ce ne fut pas le moins touchant témoignage de cet amour que la lettre suivante, écrite lors de l'élection du Supérieur général actnel, et avant même que le pieux archevèque eût pu connaître l'élu de Dieu.
Au Très Rérérend Père Supérieur général de la Congrégation
des Oblats de Marie Immaculée.
Mox TRës RÉVÉREND ET BIEN CHER PE,
La voix de Dieu, par celle des représentants de notre bien-aimée famille
religieuse, vient de se faire entendre et vous place à la tête de la Congré- ÿi ation, Cette voix décisive, en vous investissant de l'autorité de Supérieur F
général, vous constitue le successeur de notre vénéré Fondateur et du
digne fils qui l'a remplacé immédiatement. En même temps cette voix du
ciel nous dit à nous tous, vos Oblats, le dévouement. l'obéissance, l'amour
que nous vous devons. C'est pour obéir à cette inspiration que je veux
ètre un des premiers, parmi vos fils les plus éloignés, à vous offrir l'hom \.
mage de mon respect et de la soumission la plus entière. Le nom sous
lequel ‘os frères vous ont désigné jusqu'à présent m'est inconnu, il est
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vrai; mais, en retour, le titre que vos fils viennent de vous donner m'est
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familier, dans touts: l'étendue des sentiments qu'il inspire. des obligations qu'il prescrit. Vous êtes mon Père! Mon cœur franchit la distance qui nous sépare pour s'unir à ceux des nôtres qui ont l'avantage d'être auprès de votre personne vénérée, et dire à votre paternité que, par delà de grandes étendues de terre et de mer, il est un vieillard intirme, mais Oblat de tout cœur, qui, pendant les jours qui lui restent à vivre, veut être et se dire Votre fils tout dévoué et affectionné.