I. — À PRINCE-ALBERT
Le 21 mai, le Supérieur général et ses compagnons reprenaient la grande voie du Canadian Pacific, jusqu’à Regina, capitale de l’Alberta, au Nord-Ouest, ville située à peu de distance de Qu’appelle. Un embranchement conduit de Regina à Prince- Albert. « Ce n’est plus, écrit un voyageur (1), ce n’est plus la prairie déroulant à perte de vue les plis onduleux de son écharpe verte. D'un côté c’est une colline que des arbres ombragent, et que de jolies villas couronnent, cachant à demi leurs toits rouges dans la verdure printanière des feuilles qui s'ouvrent. De l’autre côté, c’est la ville avec son joli couvent, ses grands magasins, ses hôtels, ses constructions de tous genres, — il faut ajouter aujourd’hui la cathédrale — ; et au delà c’est la Saskatchewan du nord, roulant ses flots jaunâtres, baignant à droite la grande rue de Prince-Albert et à gauche les grandes forêts qui s’échelonnent en amphithéâtre et vont se confondre avec les nuages du ciel. »
Depuis 1891, Prince-Albert est devenu le siège d’un évèché ; le diocèse a été formé avec des paroisses et des missions détachées de celui de Saint-Ailbert. Mgr Pascal est le premier évêque de la nouvelle église. Onze Pères et six Frères convers l’entouraient à l’arrivée du T. R. Père Général. L’un des missionnaires, le R. P. Cochin, a raconté les incidents de cette visite, après l’humoristique entrée en matière que voici :
« Nous sommes assis depuis quelques instants sur le bord
(1) M. le juge Routhier.
Lens 100 — enchanté d'un grand fleuve qu'on appelle la Saskatchewan, et
dont vous avez entendu parler bien des fois. Il est trois heures