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est PE À
Mgr PASCAL, Vicaire apostolique de la Saskatchewan.
de l'après-midi ; il fait un temps superbe, comme il en fait toujours le jour de la Fête-Dieu : un beau soleil au milieu d’un ciel bleu foncé. Un bon paysan breton, un émigrant arrivé dans ce
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pays depuis quelques jours, s'approche de nous, et, soulevant un peu sa casquette : « Ah! bonjour, monsieur, dit-il. Dame! je « n’vous connaissons point. — Bonjour, monsieur. Comment « trouvez-vous ce pays-ci? — Dame! c'est un beau pays; mais « y a ben des p'tites bêtes qui piquent; c’n’est point comme ça « dans not pays. Ah! dame! je n'm’y attendions point. Mais, « monsieur le curé, comment appelez-vous ce p'tit bétail-là ? — « Eh bien, monsieur, on appelle cela des maringouins ; mais ceux- « ci ne sont rien; il y en a d’autres en hiver qui piquent bien « plus fort. — Dame! Ah! ah! Dans not pays, c’n’est point « comme ça... »
« Nous allions entamer une conversation interminable, toute composée de « [ci c’est comme ça ; chez nous c’n’est point comme ça », lorsque le son des cloches vint tout à coup nous délivrer de cette innocente conversation et attirer notre attention vers quelque chose de plus intéressant.
« En face de nous, sur le bord du fleuve, d’une petite maison sans grande apparence, qu’on ne soupçonnerait point du tout être la demeure d’un prince de l'Eglise, nous voyons sortir un vénérable vieillard aux cheveux tout blancs ; il nous regarde avec un sourire si bon, si paternel, que nous ne pouvons nous lasser de le contempler avec un amour filial ; c’est notre très révérend et bienaimé Père Supérieur général. Il est venu de bien loin, de notre chère patrie, la France, pour nous voir, pour nous entendre et pour nous béñir. Il est accompagné de S. Gr. Mgr Pascal, notre bon et vénéré Evêque et Vicaire apostolique, et du R. P. Antoine, son second assistant et son vénérable compagnon de voyage. Par toutes les issues de la maisonnette, on voit sortir onze Pères et six Frères convers du vicariat accourus de leurs lointaines Missions pour voir leur Père bien-aimé. J’oublie donc complètement mon interlocuteur, et je me joins à cette honorable compagnie.
« Il faut dire ici en passant que c’est depuis mardi soir que nous jouissons de la présence de notre vénéré Père Supérieur général. Jeudi, vendredi et samedi, le R. P. Antoine, un véritable apôtre, nous a prêché une retraite, dont nous nous souviendrons toute notre vie, et, ce matin, nous avons renouvelé nos vœux entre les mains de notre bien-aimé Père. Puis, après la grand’messe, il y a eu une belle et imposante procession du Très Saint Sacrement
porté par le T. R. Père Supérieur général, de la cathédrale au couvent des Fidèles Compagnes de Jésus. Comme ces cérémonies, si belles qu’elles aient été ici, ne sont pas nouvelles pour les lecteurs de nos annales, je leur en éviterai la description. Je leur dirai seulement que, depuis mardi soir, nous, pauvres missionnaires sauvages, si longtemps isolés, nous nous croyons en paradis, et nous chantons sinon à pleins poumons, au moins du fond de notre cœur débordant de joie : Quam bonum et quam jucundum habitare fratres in unum !
« Nous nous dirigeons donc tous vers la cathédrale, où, dit-on, doivent avoir lieu quelques cérémonies intéressantes. Je ne vous dépeindrai point cette église, belle quoique inachevée, son site incomparable, les charmes de la nature et le printemps de civilisation qui l'entourent. Je laisse à d’autres plumes plus civilisées et plus poétiques que la mienne le soin d’en faire la description. Une foule compacte de Canadiens français, d’Anglais, de métis et quelques sauvages, en grand nombre catholiques, et en plus grand nombre encore protestants, les premiers poussés par les principes de leur foi, les autres plutôt par les convenances et la curiosité, se pressent aux abords de l’église. Quant à nous, nous entrons dans la sacristie ; une douzaine de petits enfants de chœur charmants et pleins de vie revêtent leurs soutanes rouges et leurs beaux surplis en dentelle ; puis on se rend en procession en face du maître-autel. Une belle statue du Sacré-Cœur et, plus bas, un christ magnifique, couleur de chair et de grandeur naturelle, apparaissent au-dessus du tabernacle; de chaque côté de ce tabernacle, deux beaux petits séraphins semblent s’anéantir de respect devant la majesté de Dieu. Notre très révérend et bienaimé Père Supérieur général préside la cérémonie; tandis qu’il bénit ces précieux objets, nos cœurs débordent de joie, de reconnaissance et de ferventes prières pour les âmes généreuses d’outremer qui les ont procurés à Monseigneur par leurs aumônes.
« Cette première bénédiction terminée, la procession, suivie de la foule, sort de l’église et vient se disposer en demi-cercle en face d’une magnifique statue en bronze du Sacré-Cœur de Jésus placée dans une niche au-dessus du portail. C’est encore là un beau souvenir de la France, de Montmartre, de nos généreux compatriotes, de vrais amis du Sacré-Cœur. Aussi nous ne pouvons
contenir plus longtemps notre émotion, et de nos âmes s'échappe, plein d'enthousiasme, un beau cantique en l'honneur de celui qui a tant aimé les hommes. Puis, le T. R. Père Général asperge la statue d’eau bénite. Le Divin Cœur de Jésus a dû entendre favorablement la prière de notre Père, et ces quelques gouttes d’eau envoyées à son image, ayons-en la douce confiance, retomberont sur chacun de nous, sur la foule qui nous entoure, sur chacune de nos Missions et sur le diocèse tout entier que nous représentons, — en une pluie abondante de grâces et de bénédictions.
« La procession se remet en marche et se dirige quelques pas plus loin à gauche, où nous nous trouvons en face d'une nouvelle fondation. C’est encore quelque mille piastres sorties de quelques bourses généreuses de la mère-patrie qui vont se changer en demeure épiscopale. Dans ce coin, à droite du côté de l’église, une petite excavation a été pratiquée, et, au-dessus, une grosse pierre est suspendue à une poulie, attendant qu’on vienne la mettre en place. Le R. P. Lebret monte sur les fondations, et, dans quelques mots anglais bien dits et bien sentis, explique à la foule attentive le pourquoi de cette cérémonie. Une bouteille, contenant l'acte de la fondation écrit en latin et signé par le Révérendissime Vicaire Mgr Pascal et ses assistants, est déposée dans l’excavation, et le T. R. Père Supérieur général, après les bénédictions d'usage, fait descendre à la place destinée la première pierre de la demeure qu’habitera le premier Evêque de la Saskatchewan. Sur cette pierre fondamentale, dans un vase en argent, quelques-uns des assistants, voire même des protestants, viennent faire tinter les élans de leur satisfaction.
« Aussitôt après notre arrivée à Prince-Albert, nous avions dû nous mettre en retraite, et nos catholiques, ou, pour mieux dire, la population de Prince-Albert, avaient attendu avec impatience le moment favorable pour témoigner leurs sentiments au T. R. Père Supérieur des Oblats. Aussi, sur le perron de l’église, deux adresses sont présentées : la première, en anglais, par l’honorable juge Mac Guire au nom de la population anglaise; et la seconde, en français, par M. Louis Smiths au nom de la population française et métisse.
Voici d’abord l'adresse anglaise et sa traduction,
Adresse anglaise.
Au Très Révérend Père L. SOUL- LIER, Supérieur général des Oblats de Marie Immaculée.
TRÈS RÉVÉREND PÈRE
Au nom des membres de langue anglaise de cette paroisse, je demande à vous offrir nos plus affectueux souhaits de bienvenue et à vous féliciter pour la haute position à laquelle vous avez été appelé comme Supérieur général des Oblats de Marie Immaculée.
Non seulement la cause de la religion, mais encore celle de la civilisation en général ont contracté une grande dette, toujours croissante, de gratitude envers l'esprit de sacrifice, le dévouement, le zèle de la noble armée que forment les missionnaires de votre Ordre. Ce sont eux qui, aux premiers jours de notre histoire, laissant derrière eux les cités affairées, tout le confortable de la civilisation, s'exilant eux-mêmes de ieur maison et de leur parenté, poussés par aucune ambition personnelle, aucune espérance de gloire ou de récompense terrestres, mais excités et enflammés seulement par l'unique désir de répandre la joyeuse lumière de l'Evangile et d'apporter au sauvage abandonné la connaissance rédemptrice du Sauveur, vinrent bravement dans les espaces presque sans fin de cette « grande terre solitaire », sans autre arme que le crucifix,
To the Very Reverend Father SOULLIER, O. M. I. Superior General of the Oblates of Mary Immaculate.
VERY REVEREND FATHER
On behalf of the English-speaking portion of this Congregation 1 beg leave to tender you our most hearty welcome and to congratulate you upon the honored and exalted position to which you have been chosen as Superior General of the Oblates of Mary Immaculate.
Not only the Cause of Religion but also the cause of Civilization in general owes a large and everincreasing debt of gratitude to the self-sacrificing devotion and zeal of the noble army of Missionaries of your Order. It was they who in the early history of this Country, leaving behind them the busyÿ haunts of men and all the comforts of civilization, exiling themselves from their homesand kindred,—prompted by no mere personal ambition or hope of earthly glory or rewara, but incited and inflamed by the desire to spread the glad tidings of the Gospel and to bring to the untutored Savage the saving knowledge of the F Aeener-went bravely forth into the almost unbroken wilderness of this Great Lone Land, with no weapon but the Crucifix, arrayed in no glistening armour but clad simply in the sombre and unpretending garbof the Order, —in
that « Black Robe » which has become, for the Redman, the
synonym of the Catholic Missionary and the true friend of the Aborigine.
But very Reverend Father, you do not now for the first time look upon the swift waters of the Saskatchewan ; you know far better than [can presumetotell you, thetoils and privations, — the hopes and disappointments,—ofthose early Pioneers of the Army of Christ and I allude to these things merely to attest that we, who are witnesses to the fruits of these labours, recognize and wish to acknowledge how much is due to the devoted members of your Order and that we are therefore sincerely rejoiced to welcome their Superior General.
You have no doubt observed the marked advance which this Town and surrounding settlement have made during the eleven years which have elapsed since you last visited Prince Albert and in particuliar you must have been gratified that the Gatholic Church, as usual, has not been a laggard in the onward march of progress. Thanks to the efforts of our beloved Bishop, we have now, as you see a commodious and comfortable Cathedral. This was His Lordship's first care-with praiseworthy self-abnegation he post-
parés d'aucune armure brillante, mais revêtus du sombre et simple costume de l'Ordre, cetts « robe noire », qui est devenue, pour les hommes rouges, le symbole du missionnaire catholique, du véritable ami des aborigènes.
Mais, Très Révérend Père, vous n'êtes pas un étranger dans ce pays.
Ce n'est pas la première fois que vos regards 5e portent sur la Saskatchewan aux flots agiles. Vous connaissez, mieux que je ne puis le dire, les espérances et les désap-
intements de ces premiers pioniers de l’armée du Christ, et si je rappelle brièvement leur souvenir, c'est simplement pour 'iéster que nous, les témoins des iruits qu'ont produits leurs travaux, nous reconnaissons et nous voulons proclamer combien nous sommes redevables aux membres dévoués de votre Ordre, et combien sincère est la joie avec laquelle nous saluons leur Supérieur général.
Vous aurez sans doute remarqué avec plaisir les progrès considérables accomplis dans cette ville et les districts environnants, durant les onze années écoulées depuis votre dernière visite à Prince-Albert. En particulier, vous aurez constaté que l'Eglise catholique, comme toujours, n'a pas traîné dans sa marche en avant. Grâce aux efforts de notre évêque bien-aimé, nous avons maintenant, comme vous voyez, une cathédrale parfaitement conditionnée. Ce fut le premier soin de Sa Grandeur. Avec une abnégation
Paysage des Montagnes Rocheuses,
poned, to this, the erection of a much-needed residence, but ere the snow flies again we hope to see His Lordship and his worthy sacerdotal assistants in more suitable quarters than they have hitherto had to put up with.
Our beautiful Convent and substantial School are evidence that the cause of Education has not been lost aight of.
But our people are comparatively few and poor, and we trust that our humble e‘forts to help ourselves will invite the assistance of kind friends outside and in particular that your Reverence, when you have retourned to the beautiful banks of the Seine, will not forget the atruggling congregation by the far-off waters of the Saskatchewan.
In conclusion, Very Reverend Father, let me thank you for your kindly visit and to wish you a bon
voyage...
On behalf of the English speaking portion of the Congregation :
M. GUIRE.
digne d'éloge, elle a fait passer cette construction avant celle d'une résidence, pourtant bien nécessaire ; mais nous espérons voir, avant que la neige papillonne encore, Sa Grandeur et ses dignes collaborateurs dans le sacerdoce logés dans une demeure plus convenable que celle dont ils ont joui jusqu'à présent.
Notre beau couvent, avec ses bonnes Sœurs, et une école sérieuse sont la preuve évidente que la cause de l'éducation est allée la main dans la main avec celle de la religion.
Mais notre population est relativement petite et pauvre, et nous avons confiance que nos humbles efforts pour nous aider nous-mêmes inviicront nos amis du dehors, et, en particulier, que Votre Révérence, une fois retournée sur les belles rives de la Seine, n'oubliera pas la paroisse qui travaille le long des flots de la Saskatchewan.
Pour conclure, Très Révérend Père, acceptez nos sincères remerciements pour votre bonne visite et permettez-nous, en vous souhaitant un bon voyage, de vous dire, non pas adieu, mais au revoir !
Signé au nom des catholiques de langue anglaise :
Tho. H. M. GuUIRE.
Adresse française.
TRÈS RÉVÈREND PÈRE,
Les catholiques de Prince-Albert de toute classe et de toute nationalité se font un agréable devoir de vous offrir la plus cordiaie bienvenue et leurs plus respectueux hommages, en votre haute qualité de Supérieur
général des révérends Pères Oblats. Ils ne peuvent pas rester indifférents à une visite si extraordinaire, si honorable pour eux et si consolante pour leurs pasteurs, visite qui ne peut être, d'ailleurs, que très importante et très avantageuse pour eux et pour leurs frères disséminés dans ce vaste vicariat. Nous saisissons avec empressement cette occasion unique de vous témoigner notre profonde vénération et notre gratitude la plus vive, car nous n'ignorons rien de ce qu'a fait pour le Nord-Ouest la zélée Congrégation des missionnaires dont vous êtes aujourd’hui le chef aimé et respecté. En effet, s'il est un pays au monde qui a contracté une dette de reconnaissance envers les fils de Mgr de Mazenod, c'est bien le nôtre. Depuis cinquante ans qu'ils l'ont pris sous leur protection, ils ne l'ont plus abandonné. Au contraire, ils y ont dépensé tout le zèle et toute l'ambition dont ils étaient capables. Ils l'ont parcouru en tout sens pour y répandre la civilisation chrétienne, et, aujourd'hui, il n'y a pas un coin de l'Amérique du Nord qui n'ait reçu les bienfaits de leur apostolat.
Et cette petite Mission de Prince-Alhert, à peine vieille de dix ans, a plus sujet encore que toute autre de se féliciter des faveurs reçues de votre généreuse Congrégation. Elle a l'heureux privilège de posséder dans son sein un évêque Oblat, évêque si bon et si bien aimé de tous, et qui nous a voué toute son existence.
Elle a, de plus, deux Pères et trois Frères, tous missionnaires des plus charitables et des plus dévoués, qui nous font chérir tous les jours davantage l'Ordre religieux auquel ils appartiennent et à qui nous devons tout.
Quand nous considérons toutes ces erreurs, ces aberrations et ces désordres de toute sorte qui affligent le monde entier et que la religion seule peut conjurer, nous ne pouvons assez remercier le bon Dieu de nous avoir donné son Evangile, avec la grâce d'en observer tous les jours les préceptes vivifiants au moyen des avis, des exemples et du ministère de nos bons missionnaires. Pour toutes ces raisons, mon Très Révérend Père, vous ne voudrez pas douter de la sincérité des sentiments qui animent la population que vous voyez devant vous, et dont je m'efforce d’être le fidèle écho, quoique d’une manière imparfaite. Soyez donc le bienvenu, et puissiez-vous n'emporter que des souvenirs agréables de votre visite à Prince-Albert !
Quant à nous, nous ne pouvons que vous remercier d'être venu nous voir, et prier Dieu, par l’intercession de sa Mère Immaculée dont vous portez le nom, de répandre sur votre auguste personne, sur celle de votre vénérable compagnon de voyage et sur votre Congrégation tout entière ses plus abondantes bénédictions.
Louis SMiTHs.
« Le Très Révérend Père remercie ensuite très chaleureusement les paroissiens anglais et français de Prince-Albert des précieux témoignages de respect et d’estime qu’ils lui donnent. Il exprime son étonnement de voir, après onze ans seulement, les rapides progrès qui se sont opérés, alors qu'il n’y avait à Prince-Albert qu’un seul missionnaire, le dévoué et regretté P. André, et quelques pauvres masures ne contenant qu’une poignée de métis et de sauvages, dont un très petit nombre seulement étaient catholiques, tandis qu’aujourd’hui se dresse une ville charmante, renfermant dans son sein environ quatre cents catholiques, ayant à leur tête un évèque, deux missionnaires et des Sœurs. Puis. au lieu de pauvres masures, une magnifique cathédrale, les fendations d’un bel évêché et un superbe couvent.
« Il encourage Canadiens français et anglais, m'ssionnaires et fidèles, chacun dans sa sphère, en termes très chaleureux et très éloquents qui demeureront à jamais ineffaçables dans le cœur de tous. Ensuite, le R. P. Lebret, qui parle bien l'anglais, sait trouver, dans sa verve tout exceptionnelle, les termes les plus heureux pour interpréter cette belle réponse du T. R. Père Supérieur général.
« Cependant, tout n’est pas fini pour nous. Ce ne sera que mercredi ou jeudi prochain que nous nous séparerons pour retourner dans nos lointaines Missions. Pendant ce temps-là, nous allons encore jouir de la présence de notre bon Père et achever de verser tout notre cœur dans le sien.
« Au moment où je recopie ces quelques notes, je me sens encore tout impressionné de cette belle retraite, de ces belles cérémonies que je n'avais pas vues depuis treize ans que je suis au milieu des sauvages les plus arriérés du vicariat. La vue de notre très révérend et bien-aimé Père et de tous mes chers Frères Oblats réunis remplit mon cœur d’une émotion indescriptible, et c’est les yeux humides ct le cœur rempli de regrets que je vais laisser Prince-Albert pour m'en retourner au milieu des barbares de Sainte-Angèle. Fiat voluntas tua ! Enfin, le moment de la séparation arrive. Notre très révérend et bien-aimé Père et son compagnon nous regardent faire nos préparatifs de départ, et chaque fois que nos regards se rencontrent, c’est pour nous dire : « Adieu peut-être pour la terre, mais au revoir pour le ciel! »