‹ Voyage du T.R.P. Louis Soullier en Amérique [microforme]Chapitre 53 sur 83 · PE · texte numérisé non relu

PE

hautement que les missionnaires leur ont fait et continuent à leur faire un bien immense.

« Chers Pères Oblats, réjouissez-vous en voyant ces heureux résultats de vos labeurs. Vous avez semé dans les pleurs et au milieu des contradictions de tout genre. Aujourd’hui, vous récoltez dans la joie. Que les gerbes de vutre moisson sont belles et glorieuses! Combienils sont beaux vos pieds d’ambassadeurs du Christ, qui ont parcouru, en tout sens, ce pays de votre adoption !

« On vient de bénir et baptiser solennellement une belle cloche de 500 livres, qui est destinée à la mission des Seychells, qui se trouve sur les bords de la mer, à 40 milles au nord de la ville de Vancouver. Cette cloche a été achetée par les sauvages de cette localité, qui ont déjà une très jolie église.

« L'Evêque ayant terminé les prières et les cérémonies de la hénédiction, des repr'sentants de chaque tribu se sont approchés, et, après avoir fait parler l’airain de la prière, ont déposé leurs offrandes.

« Dars ce moment, nos chers congressistes sont bien éprouvés dans leurs exercices religieux. Une pluie battante ne cesse de tomber depuis hier. C’est égal, ils n'en font pas de cas. Cette abondance d’eau, dont ils souffrent tant depuis le printemps, n'éteint pas le feu de leur dévotion: Aquæ multæ non potuerunt extingucre charitatem. »

Le deuxième ou le troisième jour de la retraite fut marqué par la grande cérémonie du serrement des mains; c’est ainsi que les sauvages souhaitent la bienvenue. « Pour eux, écrit le R. P. Lacombe, donner la main, c’est donner le cœur! C’est un signe de paix et d’union, comme le signe de la Croix. Ceci est si vrai qu’anciennement, alors que les sauvages de ce pays avaient été trompés, maltraités et scandalisés, et qu’ils avaient usé souvent de vengeance contre les étrangers, un moyen d’être bien reçu et souvent de sauver sa vie, c'était d'offrir sa main aux sauvages, après avoir fait le signe de la Croix.

« On dit que des Américains, pour éviter la colère de l’Indien sur le point de frapper, s’empressaient de se signer {tant bien que mal), et alors, on les recevait comme amis. Ce signe de salut a été, dès le commencement de la colonisation de ce pays, comme un interprète de paix entre les sauvages et les blancs.

« Donc, pour terminer cette journée du vendredi, déjà si bien employée, les congressistes voulaient officiellement « donner la main » à Monseigneur, au Père Général et à tous les autres Pères. »

Au moment marqué, les Indiens sortent en foule de leurs blanches tentes, et aux sons de sept fanfares viennent se ranger près de la maison des missionnaires. Les capitaines font exécuter les mouvements avec une précision militaire. Voici ies hommes d’un côté et les femmes de l’autre. Sur une estrade ont pris place le T. R. Père Général, Mgr Durieu, le R. P. Antoine, le R. P. Lacombe, et tous les missionnaires présents. L'un des chefs s’avance et dit en chinook ce discours traduit par le R. P. Chirouse:

Nous sommes heureux de te voir aujourd’hui. Depuis longtemps, nous entendons parler du grand chef de nos prêtres. Tous, nous te saluons. Nous te remercions de nous avoir envoyé ces missionnaires qui nous ont faits ce que nous sommes à présent. Autrefois, nous ne connaissions pas Dieu ; aujourd’hui nous le servons et nous l’aimons. Regarde tous ces sauvages. Vois comme ils paraissent heureux. Ils t'appellent leur « Grand Père » puisque tu es le père de nos Pères. Continue à nous envoyer des missionnaires, pour continuer le bien parmi nous. Nous te promettons d'en avoir bien soin et de les écouter. Les prêtres ne nous ont pas seulement instruits pour connaître le bon Dieu, mais ils nous ont appris à vivre en hommes civilisés, comme tu peux le voir. Merci donc pour tout ce que tes enfants nous ont fait de bien. Nous voulons être bons, Aidenous à être bons.

Un autre chef s’avance alors et offre à Mgr Paul Durieu les souhaits de toute l'assemblée à l’occasion de la fête de Monseigneur. « Merci, dit-il en terminant, merci à notre évêque qui nous aime tant et que nous aimons de tout notre cœur ! »

Après la réponse du T. R. Père Général et celle de Monseigneur, les détilés commencent pour le serrement des mains. Les fanfares, pendant ce temps, iancent leurs harmonies joyeuses. Après avoir touché la main au Supérieur général, à Monseigneur et à tous les Pères, les sauvages se placent de manière à se saluer aussi chacun l’un l’autre. « De façon qu’en moins d’une heure, dit le Month, il y eut 4.000.000 — quatre millions — de serrements de mains. »

“OonbruumI 21AUIOI0ON) SIHIBNV-OIUIES € JUOWOIONIO NP eoUuQos ET

Page 1