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voyage en France, l’état délabré de sa santé lui fit craindre de ne pouvoir retourner mourir dans son cher vicariat. Il fit le vœu à Notre-Dame de Lourdes de lui élever une chapelle à la Mission Sainte-Marie, s’il revenait en Colombie Britannique. Revenu, mais bientôt cloué sur un lit de souffrances, il n'avait pu réaliser sa promesse et l'avait confiée à son coadjuteur, Mgr Durieu. Le
SDS D AD a BL PAP RÉ S M AD N E D 7 - :
Mgr d'HERBOMEZ, premier évèque de New-Westminster.
25 juin, en présence du Supérieur général, le successeur de Mgr d'Herbomez réalisait la parole donnée. Le sanctuaire gracieux s'élève parmi des pins et des cèdres.
Le lendemain avait lieu l'ouverture de la grande retraite. Le R. P. Lacombe raconte ainsi cette cérémonie :
« C'est aujourd’hui qu'au retentissement du canon, au son bruyant des différentes fanfares et sous le charme de l’harmonie des hymnes ct des cantiques, s'ouvre solennellement et officielle-
ment le grand congrès des sauvages catholiques de ces contrées. Malgré le mauvais temps, plus de 2.000 sauvages, de langues et de nationalités différentes, sont déjà arrivés au rendez-vous. L'enthousiasme cause un entrain admirable parmi tous ces groupes représentant les différentes bandes. Comme je vous l'ai déjà dit, le panorama est féerique. Ces nombreuses tentes, blanches comme la neige, encadrées dans la noire forêt, se dessinant dans le mirage des eaux du grand fleuve, rorment un aspect magique. Pour moi, qui porte tant d'intérêt et d’affection à ces bons sauvages, je considère leur réunion d’aujourd’hui comme un des plus beaux sports religieux qu’on puisse imaginer. Les missionnaires oblats, Mgr Durieu à leur tête, ont droit à la reconnaissance publique pour avoir, par leur zèle, leur dévouement et leur persévérance, formé et organisé un semblable système, qui fonctionne si bien et fait tant de bien parmi les tribus indiennes.
« Ce qui se passe aujourd’hui sous nos yeux n'est autre chose qu’une vraie retraite d'une communauté religieuse, avec ses heures d'exercices, ses temps de prières, d'examens, de catéchisme, de sermons, et que vous dirai-je encore ? Hommes, femmes et enfants suivent le règlement avec une ponctualité minutieuse. Mais voici quelque chose qui rappelle les heureux temps des premiers chrétiens. Pendant les temps libres, une tribu se rend dans une immense tente. L'assemblée est présidée par les chefs, sous la surveillance de l’Evêque ou d’un missionnaire. C’est la cour de révision, où prennent place les grandes assises. On pourrait appeller cela « Le grand Pardon. » C’est alors que les nécheurs, qui ont donné scandale et causé de la peine à leurs frères, viennent s'agenouiller et faire leur confession publique. Les accusateurs sont là pour dire l’histoire du pauvre pénitent, qui promet de ne plus y retourner. La coulpe terminée, on lui impose une pénitence publique. Il salue ses juges et les remercie. Si c’est quelqu'un qui a maltraité son épouse, il lui touche la main, l’embrasse, et la paix est faite. En voyant ces scènes si touchantes, on ne peut s'empêcher d’aimer notre sainte religion et ses apôtres, qui, avec des hommes auparavant si barbares, ont réussi à faire de si bons chrétiens. Comme on est heureux de redire, du cœur et des lèvres : « Pauperes evangelizantur, les pauvres sont évangélisés ! »
« Les Indiens ainsi christianisés ne sont pas sans reconnaître
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