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« Pendant ce temps-là, a publié le journal d'Edmonton, la jolie Mission catholique de Saint-Albert s'était parée, ornée, trans: formée, comme dans ses plus beaux jours de fête, pour souhaiter la bienvenue à l’illustre général des Oblats de Marie Immaculée. Un noble enthousiasme s'était emparé de tous les cœurs, et c'était, chez tous les joyeux habitants de Saint-Albert, à qui témoignerait davantage sa gratitude et son affection, dans la personne du Général, pour les prêtres, les religieux, les missionnaires Oblats, qui, depuis tant d'années déjà, se dévouent sans mesure à notre bien-être spirituel et temporel. Les drapeaux anglais, canadiens, français, américains, se mêlaient aux couleurs pontificales et flottaient au sommet des mâts érigés sur presque toutes les maisons de la petite ville et sur tous les édifices religieux qui couronnent la superbe colline de Saint-Albert. Des arcs de triomphe avaient été élevés sur le parcours de la route d'Edmonton au palais épiscopal. Partout, au milieu de la verdure et des oriflammes, se détachait, en lettres formées par l'amour et la reconnaissance, le souhait cent fois répété de : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, Benedictus qui venit in nomine Domini; Welcome, bienvenue, respect, amour et reconnaissance au très révérend Père Supérieur général des Oblats. »
« La distance d'Edmonton à Saint-Albert est de neuf milles anglais. Cette distance est franchie en une heure et quelques minutes. Il nous tarde d'arriver à la résidence épiscopalc de Mgr Grandin. A mi-chemin, nous rencontrons un nombre considérable de voitures et de cavaliers qui viennent au-devant de nos bien-aimés visiteurs. Ils ont hâte de voir le chef de la famille, dont leurs prêtres, leurs missionnaires, sont les fils dévoués et soumis; ils ont hâte de témoigner au T. R. Père Général combien ils sont fiers et heureux de le recevoir. Rangés sur les deux côtés de la route, ils saluent profondément le Général de l'Ordre et s'inclinent en même temps pour recevoir la bénédiction de leur évêque, qui revient au milieu d'eux. Puis, nos chers orphelins de Saint-Albert, que, tout d’abord, nous n’apercevions pas dans la foule, sortent soudain des rangs, s’'arment de leurs instruments de musique, et font retentir les prairies et les bois qui nous environnent des plus beaux airs de leur riche répertoire. C’est ainsi que nous continuons notre course vers Saint-Albert.
« A neuf heures trente, les joyeuses volées des cloches de la cathédrale, le bruit de la fusillade, le sourd grondement des canons primitifs, fabriqués pour la circonstance par notre bon frère forgeron avec toutes les enclumes qu'il a pu se procurer, enfin les sons harmonieux de la musique instrumentale de nos petits métis ou sauvages, tout annonce à la populution de Saint Albert que nos illustres visiteurs sont proches. Nos catholiques se massent sur le perron et dans le jardin de l'évêché. Tous les Oblats du district de Saint-Albert, Pères et Frères, arrivés depuis plusieurs jours déjà de leurs Missions respectives, s’avancent alors à la rencontre de leur père. Ils ont hâte de se sentir pressés sur son cœur, aussi bien que sur le cœur de leur évêque et frère en religion, Mgr Grandin, qui veut à tout prix, dans la circonstance présente, oublier sa dignité épiscopale pour se souvenir seulement et avec bonheur qu’il est Oblat de Marie Immaculée, et, à ce titre, le fils le plus dévoué, le plus affectueux, le plus soumis du T. R. Père Général. Ils ont hâte, les Oblats de Saint-Albert, de donner l». olade fraternelle au R. Père Antoine, assistant général, et à notre vieux doyen de missions, le R. P. Lacombe. Quelques instants plus tard, nous sommes tous aux pieds de Jésus-Eucharistie et de Marie Immaculée, dans la chapelle de l’évêché, où, de tout cœur, nous entonnons l'hymne de la reconnaissance etle Magnificat. Puis, notre T. R. Père Général reçoit les adresses, qui lui sont présentées en français et en anglais par nos chers catholiques de Saint-Albert. Les voici :
To the Right Rererend L. SOUL- | Au Très Révérend Père Louis LIER, Superior General of the SOULLIER, Supérieur général Oblates of Mary Immaculate. des Révérends Pères Oblats de
Marie Immaculée.
RiGur REV. FATHER, TRÈS RÉVÉREND PÈRE GÉNÉRAL,
ILis with the most profound fee- C'est avec les plus profonds sentilings of respect and admiration that | ments de respect et d'admiration we, the English speaking people of | que les catholiques de Saint-Albert S' Albert assemble to wish you | sont ici aujourd'hui assemblés pour and Very Rev. Father Antoine a | vousdire,à vouset au R.P. Antoine: thrice happy welcome. | soyez trois fois les bienvenus au milieu &e nous,
Lo tre
dE
{| si
Ayant l'honneur de saluer en votre personne l'illustre Supérieur général des Oblats de Marie nous comprenons €t nous sentons
Immaculée,
bien vivement, que c'est un devoir pour nous de vous dire combien nous apprécions ces grands et nobles missionnaires, Oui, les Oblats sont bien chers aux cœurs de tous Îles catholiques de ce vaste Nord-Ouest.
Avec quel dévouement, avec quelle fidélité et pendant combien d'années déjà n'ont-ils pas travaillé P Avec quelle patience n'ont-ils pas sur monté tous les obstacles dont leur chemin était pavé ? Pendant de d'épreuves et de souffrances, ils se sont dévoués et
longues années
se dévouent toujours à la propagation de l'Evangile. Mais ils n'ont point travaillé en vain; l'état prospère de la religion et de la foi dans toutes ces Missions confiées à leurs soins le prouve éloquemment. Oubliant, méprisant toutes les aises de la vie, dans nos immenses prairies comme dans vos vastes forêts du Nord, ils ont montré, par la pratique de sacrifices héroïques, que nos déserts, si souvent et si longtemps ensevelis sous les neiges. peuvent encore fructifier par le sang des martyrs.
Aujourd'hui, Très Révérend Père, vous avez la consolation de visiter la florissante colonie de Saint-Albert, siège épiscopal de Mgr Vital Grandin.
I nous serait bien difficile de trop exalter les rares qualités de l'esprit et du cœur de notre saint évêque.
Les progrès accomplis dans le dio-
Having the honor of saluting in your person the illustrious Superior General of the Oblates of Mary Immaculate, we feel it our bounden duty to express thehish appreciation we entertain for these great and noble missionaries. Yes, the Oblates are dear to the heart of all Roman Catholics of this vast North West.
long and faithuflly they not labored ? How patiently
How have have they not worked to overcome the obstacles which strewed their path ? Through long years of trial and suflering they have devoted themselves to the spread of the Christian Faith, and that their labors have not been in vain is eloquently proved by the spiritual condition of the mission of evangelization confided to them. Theyhave worked, forgetful of all life's comforts, on the prairies, as well as in the thick forests of the North, and they have proved by their heroic deeds of that our plains may still be fructified by the blood of Marstrs.
sacrifice snow-covered
To-day, Right Rev. Fathe:, you have the consolation of visiting the flourishing settlement of S' Albert, the episcopal see of the Right Rev.
Vital Grandin. It would bedifficult to over estimate the rare qualities of heart and mind of our saintly Bishop. The progress of the diocese
under his wise guidance, inspires
gratitication and astonishment ; parishes, churches and schools have sprung up with a rapidity which recalls the history of the spread of the true faith in the early ages of the Christian Church.
A happy prosperous people surrounds you now, desirous to proclaim that their happiness and prosperity are mainly due to the abnegation, self sacrifice and generositv of your devoted sons. — Nor are these the only benefits derived from the Oblates. Our rights in the sacred cause of education have been nobly defended by the great illustrious and deeply regretted Archbishop of S' Boniface who passed from among us, with arms still in hand, defending the cause so dear to our hearts. We admire no less the noble efforts of our worthy Father Leduc and we trust and pray that might will yield to right and that our devoted Oblates will soon reap the consolation of having fought the good fight and gained the final victory.
May the days vou spend in our midst be replete with happiness, and may the near future afford us the pleasure of again greeting vou.
(1) D, MULONEY, À. PRINCE, WW, Eusr.
S'-Albert, July 12", 1894.
(1) La tin du texte anglais ne nous est point parvenue.
cèse, SOUS Son sage gouvernement, sont une source de bien légitime satisfaction aussi bien que d'étonnement. Des Missions, des paroisses, des églises, des écoles, ont surgi avec une rapidité telle, qu'elle rap pelle l'histoire de la propagation de la foi dans les premiers siècles de l'ère chrétienne. Un peupie heureux et prospère vous environne, désireux de proclamer devant vous que ce bonheur et cette prospérité, il les doit principalement à l'abrigation, au dévouement, à la génf ‘ de vos enfants. Et ce ne sont p… encore là les seuls bienfaits qu'ils ont reçus des Oblats de Marie Immaculée. Nos droits dans la cause sacrée de l'éducation ont été noblement défendus par le grand, par l'illustre et si profondément regretté archevèque de Saint-Boniface, que la mort a surpris, les armes à la main, combattant pour une cause si chère à nos cœurs. Nous n'admirons pas moins les nobles efforts de notre digne P. Leduc, et pleins de confiance nous prions pour que la force cède au droit et que nos dévoués missionnaires Oblats, après avoir eu la consolation de combattre Île bon combat, remportentune victoire complète et finale.
Que l'expression de notre reconnaissance soit pour nous un bon heur comme un devoir sacré. vous le voyez, Très Révérend Père Général, par la joie et aussi par la tristesse qui déborde de nos cœurs (allusion à la mort de Mgr Taché). Puissent les jours que vous allez passer au
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milieu de nous être des jours de joie et de bonheur! Soyez sûr que le souvenir de votre visite à Saint-Albert se perpétuera bien longtemps, et que le temps n'effacera jamais de notre mémoire tout ce que nous devons à votie Congrégation si dévouée. Oui, les Oblats seront toujours aimés, bénis et respectés par nous et par ceux qui viendront après nous.
Signé: Dan. MuLoNEY, Ant, PRINCE, W. Eusr.
Adresse française.
Au Très Révérend Père LOUIS SOULLIER, Supérieur général des Oblats de Marie Immaculée.
TRÈS RÉVÉREND PÈRE
C'est avec une émotion bien profonde que les catholiques canadiens et métis français du District de Saint-Albert ont appris votre arrivée au milieu d'eux, et viennent ce soir vous souhaiter la bienvenue.
Général de cette vaillante armée de missionnaires Oblats, une des organisations les plus admirables que le catholicisme ait jamais produites, la haute position que vous occupez dans l'Eglise impose pour votre personne un respect universel, Mais pour nous il y a plus. A ce sentiment de respect se joignent aussi des sentiments de vénération et de reconnaissance. Car il n'est peut-être pas au monde une population qui doive autant à la Congrégation dont vous êtes le chef, que la population catholique française de cette partie lointaine du Nord-Ouest.
On dirait, Très Révérend Père, que la Mère de Dieu a eu pour ce paysci une prédilection toute spéciale, puisqu'elle a voulu que ses Oblats, ceux qui se sont offerts à elle, aient choisi tout particulièrement ce pays comme un des lieux de leurs sacrifices.
Et quels sacrifices !... Que de souffrances physiques et morales ! Depuis l'embouchure de la rivière Mackenzie jusqu'à l'autre extrémité de l'Amérique du Nord, il n'est pas un endroit où l'inaltérable dévouement des réverends Pères Oblats ne soit connu. Evangélisant et civilisant les nations sauvages, ils ont offert ce pays à la colonisation, et le Canada leur doit aujourd'hui une des plus belles parties de son territoire, Et cela au prix de leurs santés et même de leurs vies. Vous avez eu vos martyrs et, parmi les vieux missionnaires du pays, il n'en est pas un qui ne termine prématurément, dans les souffrances physiques, une vie de sacrifices, de misères et de privations. Notre évêque bien-aimé que nous sommes si heureux de revoir, aurait lui-même été une des victimes, si la Providence n'avait voulu le conserver pour le besoin de l'Eglise du Canada ; car un autre vient de disparaître, celui qui commandait au temps de l'immense
travail, un grand parmi les grands, un fort parmi les forts. Celui-là aussi était Oblat, il avait aussi mené la vie de missionnaire, il ne pouvait pas vivre bien vieux.
Mais quelle vie il a vécu !... Mgr Taché était peut-être, Très Révérend Père, le plus grand et le plus distingué de vos enfants du Canada, comme il était l'un des plus grands et des plus distingués de nos compatriotes. La perte, si vivement sentie par toute la Puissance, serait irréparable pour la population catholique française de ce pays, si nous n'avions pas encore des Oblats pour venir à notre secours.
Mais dans cette lutte pour nos écoles et pour notre langue, lorsque nous avons pour défenseurs Mgr Grandin, le P, Lacombe, le P. Lestanc, le P. Leduc, le P. Fouquet et tous nos autres Pères, nous ne pouvons perdre espérance.
Aussi est-ce avec un extrême plaisir que nous venons vous saluer, et vous dire à vous, Très Révérend Père, et aussi à votre compagnon de voyage, le R. P. Antoine, qui a toujours été si aimé des Canadiens français, combien nous sommes heureux de vous voir au milieu de nous, et combien sont sincères les souhaits que nous formons pour le succès du long et important voyage que vous avez entrepris.
Et la population catholique canadienne et métis française de Saint- Albert ne perdra jamais le souvenir de votre aimable visite,
Antoine Prince, M. L. A. Saint-Albert.
E, BRossEAU, David CHEVIGNY,
GEORGE GAGNON, Saint-Albert, 12 juillet 1894.
« La réponse du T. R. Père Général trouva de suite le chemin de tous les cœurs. Pendant vingt minutes, il tint son auditoire sous le charme de sa parole si affectueuse et paternelle. Chargé de l'interpréter en anglais, je n’eus besoin de personne pour me rappeler qu'il était dix heures du soir et que nous n'avions rien pris depuis midi. Je pris sur moi d’abréger les éloges si délicatement donnés à notre population par le T. R. Père Général, Quel-
ques instants plus tard, nos bien-aimés visiteurs prenaient une réfection dont ils avaient bien besoin. Inutile de dire que, ce soirlà, nous fûmes dispensés du grand silence. Nous avions tant besoin
d’évancher nos cœurs !
« Le samedi 13 juillet, Mgr Grandin, seize Pères Oblats, un Frère scolastique et seize Frères convers forment la couronne du