GEORGES CARON
29 juillet 1894.
« Le T, R. Père Général répondit à peu près dans les termes suivants :
Je suis vraiment touché des bonnes paroles que vous avez bien voulu m'adresser au nom de la paroisse de Saint-Charles. Cette adresse, que vous venez de lire, est parfaite ; elle a été certainement composée par des hommes d'intelligence et de cœur. Elle est parfaite parce qu'elle n'oublie personne. Tous ceux qui vous ont fait du bien ont une place dans votre souvenir. Vous parlez du vénérable Mgr Laflèche, qui a été comme le fondateur de cette paroisse, et cet illustre prélat ne pourra qu'être touché d'apprendre que sur ce coin de terre du Nord-Ouest, arrosé de ses sueurs apostoliques, on se souvient de lui avec reconnaissance. Vous mentionnez le nom du bon P. Allard, qui a été un des premiers pasteurs de cette paroisse et dont vous regrettez comme moi l'absence en ce jour. Des affaires urgentes l'ont empêché de donner suite au projet qu'il avait formé de venir assister à cette fête de famille. Son absence est d'autant plus regrettable qu'il représente celui que nous pleurons tous et auquel il succède, pour un temps, dans l'administration du vaste diocèse de Saint-Boniface.
Vous rendez hommage au dévouement de votre vénérable curé, le P. Dandurand, que vous considérez tous, à juste titre, comme votre père, votre ami et votre pasteur.
Vous parlez du grand deuil qui me prive, à mon retour de la Colombie Britannique, du bonheur de revoir un grand évêque et un fils très affectueux, Mgr Taché. Vous avez raison de vous souvenir de lui, car j'ai pu constater, dans mes conversations avec le regretté défunt, durant mes deux visites précédentes, l'une il y a dix-huit ans et l'autre il y a onze ans, que Saint-Charles occupait une large place dans son cœur. Depuis quelques années, ses infirmités ne lui permettaient plus de venir vous bénir, mais il faisait souvent cette visite en esprit.
Enfin vous rappelez le temps où Saint-Charles était le point de départ, ou mieux la dernière étape des caravanes de missionnaires allant à la recherche des brebis perdues de la maison d'Israël jusque sur les bords de l'océan Glacial. Ces bons Pères ont gardé au cœur le souvenir de
Saint-Charles ; ils m'en ont parfois parlé avec bonheur. Ils ont contracté avec Saint-Charles comme des liens de parenté qui leur rendent ce lieu toujours cher, Je serai heureux de dire, à ceux de nos Pères de France qui ont vu Saint-Charles, combien la foi des fidèles y est vive, et quelle belle réception ils m'ont faite, Ces voitures et ces cavaliers qui m'ont fait escorte, ces fidèle: rangés pour me recevoir, toutes ces démonstrations extérieures ne sont pas seulement un acte de courtoisie, mais elles sont aussi la preuve du grand esprit de foi qui vous anime. Vous honorez un prètre, et en ma personne vous honorez le sacerdoce catholique, vous honorez tous les prêtres du monde... Et puis, vous êtes trop modestes en parlant du peu d'éclat de cette réception; je dois vous l'avouer, peu de manifestations m'ont été plus droit au cœur. Assurément, si quelque chose avait pu manquer à l'intérêt que nous portons à Saint-Charles, cette fête comblerait !. déficit et ferait verser la mesure de notre affection.
Votre adresse contient un vœu exprimé en termes discrets comme il convient à des âmes délicates de le faire. Je vous ai compris, nous nous comprenons. Nous voulons bien que Saint-Charles devienne un jour le siège d'une de ces œuvres qui permettent à une Congrégation religieuse de s'étendre en multipliant le nombre de ses membres.
Le site de Saint-Charles est ravissant ; c'est un lieu plein de paix et de tranquillité, et je sais que la terre y est fertile et l'air vivifiant. Vous êtes aux portes d’une grande ville et par conséquent vous avez un marché toujours ouvert au fruit de votre labeur.
Que le bon Dieu récompense votre foi, même ici-bas! Qu'il bénisse les enfants afin qu'ils aient toujours au cœur l'amour et le respect de leurs parents ! Qu'il bénisse les jeunes hommes, afin qu'ils marchent toujours vaillamment dans la voie du devoir! Qu'il bénisse les parents, qui portent si courageusement le poids du jour et de la chaleur, afin qu'ils ne succombent point sous le fardeau ! Qu'il benisse les vieillards! Puissent-ils être l'objet du respect et de la vénération de tous ! En un mot, qu'il vous accorde toutes les bénédictions spirituelles et temporelles que vous pouvez désirer !
« Notre bien-aimé Père dit ensuite quelques mots au sujet de la bénédiction de: deux belles statues achetées par les paroissiens et leurs amis.
« Cette allocution a produit le plus grand bien ; les paroiïssiens de Saint-Charles ne l’oublieront jamais.
« A la suite de ce discours, le R. P. Dandurand, interprétant la pensée de ses ouailles, sollicite pour son peuple la bénédiction
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