‹ Voyage du T.R.P. Louis Soullier en Amérique [microforme]Chapitre 72 sur 83 · II. — À LA BAIE-DES-PÈRES · texte numérisé non relu

II. — À LA BAIE-DES-PÈRES

« Après un jour de repos, écrivait le 'R. P. Lefebvre, provincial du Canada, nos illustres visiteurs prirent le chemin qui conduit de Mattawa à la Baie-des-Pères, village ainsi nommé parce qu’il doit son établissement aux missionnaires Oblats. Ils étaient accompagnés par le R. P. Lefebvre, provincial du Canada ; le R. P. Guillard, provincial des Etats-Unis; le R. P. Gendreau, curé de Mattawa, et le R. P. Blais, missionnaire au Manitoba.

« Une partie du trajet se fit par le nouveau chemin de fer de Long-Sault, et l’autre, un parcouïs de 5o milles, se fit sur le steamer le Clyde, capitaine Blondin, bateau mis gracieusement à la disposition de la petite caravane.

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« Notre T. R, Père Général était enchanté de revoir ce beau lac Témiscamingue, qu'il avait parcouru dix-huit ans auparavant en canot d’écorce, et de reconnaître les endroits où i! avait dû camper.

« Vers dix heures du soir, nous étions à l'ancien Fort, Nous saluons avec un respect pieux la modeste croix qui recouvre les restes du R. P. Laverlochère, le vétéran de nos missionnaires sauvages. Nous avons un souvenir affectueux pour tous ceux des nôtres qui ont déployé sur cet humble théâtre tant de zèle, de dévouement et d’abnégation.

« Après quelques instants, nous apercevons le village gracieusement assis sur les bords de la baie des Pères. Là où, quelques années auparavant, nos visiteurs n'avaient vu que des arbres séculaires, ils sont heureux de contempler un magnifique hôpital, dirigé par nos dévouées Sœurs Grises d'Ottawa ; une jolie église, la résidence des missionnaires, plusieurs maisons de commerce, en un mot, un village florissant et qui, né d’hier, donne déjà de magnifiques espérances.

« Si ce village n’a pas encore toutes les ressources que possède Mattawa, dont l'établissement remonte à une date beaucoup plus ancienne, il a voulu prouver, en cette mémorable circonstance, que le cœur de ses habitants n’est ni moins affectueux, ni moins reconnaissant que celui de ses aînés. Aussi, quel spectacle ravissant ! Pas une maison, pas un édifice public qui ne fût brillamment illuminé. Une très belle lumière placée beaucoup plus haut que les autres se faisait surtout remarquer. Le sympathique M. Mann, bourgeois de l'honorable Compagnie de la baie d'Hudson, avait tenu à illuminer son mât, afin de montrer qu’en ce beau jour, Anglais comme Canadiens, protestants comme catholiques, ne faisaient qu’un pour honorer la Congrégation dans la personne de son chef et lui souhaiter la plus cordiale bienvenue.

« Nos Pères et nos Frères, M. le notaire Guay, maire du village, et de nombreux citoyens étaient venus saluer les visiteurs à l’arrivée du bateau. Un instant après, nous étions dans notre chère maison de Témiscamingue.

« Le lendemain, après dîner, lee citoyens, sans distinction de croyance ni d’origine, se réunissaient à la résidence des missionnaires. M. le maire lut, au nom de tous, une magnifique adresse :

Au Très Révérend Père SOULLIER, Supérieur général des Oblats.

| TRÈS RÉVÉREND PÈRE

Permettez-nous de venir vous souhaiter une respectueuse et cordiale | bienvenue à votre arrivée dans notre colonie naissante, et de vous saluer comme le digne successeur de l’illustre Fondateur de votre Congrégation, h 4 Mgr de Mazenod, de sainte mémoire, dont vous conservez si bien les | nobles et pieuses traditions.

En visitant vos nombreuses Missions disséminées sur le continent d'Amérique, vous n'avez pas oublié cette partie de votre famille, nos bons missionnaires, qui, établis à Témiscamingue depuis plus de trente ans, se sont mis au-dessus de toutes les considérations de la terre pour venir enseigner la foi qui soutient et console, aux peuplades habitant cette immense région.

Aussi, nous sommes heureux de dire que leurs privations, leurs rudes labeurs et leurs sacrifices ont été couronnés ds succès ; car nous reconnaissons avec bonheur que la religion catholique, de mème que la colonisation, ont fait d'immenses progrès sous leur habile direction.

Nous profitons de votre présence parmi nous pour témuigner à nos bons Pères notre reconnaissance pour avoir enrichi la colon:e d’une jolie église, d’un hôpital spacieux et d’un superbe presbytère, qui font l’ornement de votre village.

Cette Mission de Témiscamingue est comme le grain de sénevé dont

parle l'Evangile, qui est devenu un grand arbre dont les rameaux bienfaisants s'étendent déjà au loin dans cette partie de l'Amérique du Nord ; car, depuis les confins sud de la province de Québec jusqu'aux climats froids de la baie d'Hudson, nos courageux Pères Oblats comptent ie nombreuses Missions prospères et florissantes, dont celle de Baie-des-Pères est la plus importante.

Mais si nous constatons autant de progrès dans le domaine spirituel, nous devons dire aussi que le temporel n’a pas été négligé, et c’est grâce à l'établissement de nos zélés missionnaires dans cette partie du Canada, si nous voyons aujourd’hui une colonie aussi prospère et si pleine d'avenir, qui attire l'attention des étrangers. Les premiers colons n'ont pas oublié l'assistance qu'ils ont reçue de nos Pères pour leur subsistance et l'aide nécessaire pour défricher et ensemencer leurs terres aux débuts, toujours si rudes, de la colonisation.

Espérons que ces charitables Pères trouveront toujours dans leurs paroissiens les sentiments de reconnaissance et de générosité qu'ils sont en droit d’en attendre.

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L'ancien établissement des Pères Oblats à Téimiscamingue.

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