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Voyage en Abyssinie

Cette curieuse espèce appartient à la cinquième division de M. Dejean (Species, I, p. 39) qui ne renferme que des Cicindèles africaines et asiatiques.

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La Cicindèle de Petit ressemble , pour la taille et pour la forme, à la C. campestris. Sa tête est d'un beau vert-pré dessus et dessous, finement granuleuse et offrant des stries longitudinales et très-serrées, situées au-dessus et au-dessous des yeux. La lèvre supérieure est plus large que longue, avancée au milieu et armée en avant de cinq fortes dents ; elle est largement bordée de noir, surtout chez la femelle, et porte en dessus et près du bord antérieur quatre gros points enfoncés, au fond de chacun desquels s'insère un fort poil noir dirigé en avant. Les mandibules sont assez grandes, jaunes chez le mâle avec l'extrémité noire; chez la femelle, on peut dire qu'elles sont noires avec le côté externe de leur base taché de jaune. Les palpes sont jaunes , avec les deux derniers articles des maxillaires et le dernier seulement des labiaux, noirs, garnis de poils ou cils blancs; la lèvre inférieure , ou menton, est cuivreuse; les antennes ont leurs quatre premiers articles lisses et luisants, cuivreux à reflets rouges et verts; le cinquième est tomenteux, noir, avec la base testacée, et les suivants sont noirs et également tomenteux. Chez le mâle, la base des trois premiers articles est jaune, et le cinquième est presque entièrement de cette couleur.

Le corselet est trapézoïde, rétréci en arrière avec les côtés droits et le disque assez aplati ; il offre en dessus deux sillons transversaux assez marqués, arqués, réunis au milieu par une faible ligne longitudinale. Il est d'un beau vert-pré avec les bords latéraux cuivreux, sa surface est entièrement rugueuse comme

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le dessus de la tête, et ses cotés sont coupés perpendiculairement, lisses, et offrant un disque arrondi, cuivreux, comme dans la C. campestris et dans beaucoup d'autres espèces de la même forme. L'écusson est de moyenne grandeur, exactement triangulaire, vert et rugueux.

Les élytres sont de forme ovale allongé, deux fois plus larges que le corselet, lisses, ternes, d'un beau vert-pré, avec la bordure et la partie réfléchie d'un cuivreux violet très-luisant. Elles ont chacune une large bande longitudinale jaune, placée au milieu de leur largeur, partant de. l'angle humerai où elle est très-étroite, se dirigeant, en s'élargissant , vers la suture, descendant ensuite droit pour aller se terminer à l'extrémité postérieure, en se courbant vers l'angle suturai, qui est lui-même arrondi. Cette bande produit, en dedans et vers le milieu de sa longueur, deux dents assez fortes , et elle est bordée , des deux côtés , de noir profond, fondu insensiblement avec le vert; chez le mâle, elle est remplacée par deux petites taches triangulaires et une linéole de la même couleur , placées sur une large bande noire fondue de chaque côté. Ces petites taches sont situées l'une au tiers antérieur, l'autre un peu au delà du milieu , et la linéole commence derrière cette seconde tache et va se terminer à l'extrémité, près de l'angle suturai.

Le dessous du corps est d'un beau violet métallique très-luisant , à reflets verts , garni de poils blancs peu serrés et couchés ; les cuisses sont de la couleur du dessous du corps; les jambes sont testacées, rougeâtres^

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avec des reflets métalliques et rextrémité verte ,* les tarses sont de la même couleur, avec l'extrémité de chaque article vert obscur. Ces pattes sont garnies de poils Ijlancs peu serrés.

Nous avons dédié cette Cicindèle remarquable à la mémoire de M. Petit, naturaliste de l'expédition, victime de son zèle pour les sciences naturelles.

CICINDÈLE DE RUPPELL. — Pl. I, Fig. 3. CICINDELA RUPPELIL

C. siibcylindrica , suprà ohsciirè senea, oculismagnis. Elytris viridi-rubro-cupreis , nitidis , crebrè-punctatis , posticè subsinuatis, apice uni-spinosis, latâ vittâ tnarginali niveâ, anticè rectâ, in medio intiis dentatâ et posticè sinuatâ.

Cette belle espèce est assez voisine de la C. biramosa pour la forme et pour la distribution des couleurs, mais elle s'en distingue par sa tête beaucoup plus grande, relativement à son corselet, par ses yeux extrêmement saillants , par ses élytres un peu sinueuses en arrière et par la belle et large bordure blanche dont elles sont ornées. Elle appartient comme elle à la sixième division, suivant l'ouvrage de M. Dejean; sa tête est grande, transversale, fortement excavée et finement ridée entre les yeux dans le sens longitudinal. La lèvre supérieure des femelles, le seul sexe que nous connaissions, est blanche, transversale, armée au milieu de trois dents assez fortes , brunes à extrémité noire; les mandibules et les palpes sont

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blanches, avec l extrémité noire ou brune; les antennes sont de longueur moyenne, d'un brun tirant au fauve, avec quelques reflets cuivrés et les troisième et quatrième articles d'un vert cuivreux, surtout dans leur milieu. Le corselet est de forme carrée, rétréci en avant et en arrière, un peu arrondi sur les côtés, finement granulé ou chagriné; les deux sillons transversaux sont bien marqués , mais la ligne longitudinale est très-faible; la couleur de la tête, ainsi que celle du corselet, est d'un vert foncé à reflets un peu cuivreux. L'écusson est grand, triangulaire, finement chagriné. Les élytres sont plus larges que le corselet, allongées, un peu plus larges en arrière, un peu sinuées et atténuées, très-finement denticulées, à partir du dernier tiers de leur longueur et terminées par une pointe ou épine suturale assez forte; leur disque est un peu bombé , d'une belle couleur de cuivre rouge tirant un peu au violet et au vert, suivant le jour, et couvert de nombreux points enfoncés assez forts, de forme triangulaire , à bord un peu relevé du côté antérieur, et produisant l'effet des cavités faites sur une râpe un peu usée ; elles ont chacune une large bordure d'un beau blanc pur, arrivant jusqu'au bord externe, mais n'occupant pas le fin rebord, qui reste cuivreux, partant de l'angle humerai et terminée en arrière à la suture. Cette bande est d'abord droite jusqu'au milieu de sa longueur; elle se dilate alors en une petite dent arrondie, qui atteint le milieu de la largeur de l'élytre, puis elle atteint l'extrémité après avoir formé deux échancrures, l'une derrière la dent et l'autre près de

la suture, ce qui produit entre cette dent médiane et l'extrémité une autre espèce de dent très-obtuse. Le dessous du corps est d'un cuivreux violet très-luisant et très-lisse, avec les côtés du corselet, de la poitrine et de l'abdomen ornés de poils blancs très-serrés et couchés. Le dernier segment abdominal tire un peu au fauve ; il présente une impression en forme de V , dont la pointe est tournée en arrière.

Cette Cicindèle, dédiée au voyageur Ruppell, qui a fait de si belles découvertes zoologiques en Abyssinie, a été rencontrée aussi dans le Sennaar.

TRIBU DES GARABIQUES.

( TRONCATIPENNES , Latr. )

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