VI
FAMILLE DES SERRICORNES.
TRIBU DES BUPRESTIDES.
Sternocera castanea, Fabr., Oliv., Herbst, Gory, etc. JuLODis CAiLLAUDi , Latr., Gory ( Monogr. ). BuPRESTiSALBiciNCTA.Reiche,Voy. deFerretetGalinier, pi. XVII, fig.2.
ACMÉODERE GRAND. — PI. II , F. i .
ACMMODERA GRANDIS.
A. viridi-nitens , clypeo , ore antennisque nigris ; thorace lato , profundè punctato, in medio profundè canaliculato, laterihus impresso; elytris convexis , profundè excavato-striatis ; corpore infrà pedibusque nigris.
D'un beau vert brillant à reflets dorés en dessus , noir en dessous. La tête est fortement rugueuse en dessus , avec le chaperon un peu relevé, noir, ponctué , à peine échancré en avant; il y a en avant de la tête , près de la ligne qui sépare la partie verte du chaperon noir , une double tache d'un rouge métallique, à reflets bleus. Les antennes et toutes les parties de la bouche sont noires. Le corselet est plus large que la tête et même que les élytres, transversal, à côtés arrondis; il offre un profond et large sillon longitudinal au milieu , et, de chaque côté , une petite fossette placée près du bord postérieur. Toute sa surface est couverte de gros points enfoncés, plus forts, et devenant presque de petites fossettes un peu ovalaires et transversales, à mesure
qu'ils s'éloignent de la ligne médiane. Le bord antérieur est assez profondément échancré pour recevoir la tête, un peu avancé au milieu, avec les angles latéraux arrondis; ce bord présente un liseré qui simule un petit bourrelet. Le bord postérieur est un peu sinueux, avec les angles latéraux presque aigus, il a une petite bordure finement crénelée et de couleur bronzée. 11 n'y a pas d'écusson apparent. Les élytres sont allongées, à côtés parallèles , un peu acuminées en arrière, avec une forte sinuosité au bord externe, près de la base, et garnies d un grand nombre de dentelures sur ce bord, d'autant plus fortes qu'elles sont plus postérieures. Chaque élytre a neuf stries longitudinales ou sillons profonds, dont les intervalles élevés et lisses portent une série de petits points. Le fond de chaque strie ou sillon offre une série de gros points enfoncés, lesquels sont d'une grosseur modérée dans les deux ou trois premiers sillons, en partant de la suture, mais qui grossissent tellement ensuite et prennent une forme transversale, qu'ils finissent par occuper tout le sillon jusqu'aux intervalles saillants, et donnent aux côtes des élytres un aspect crénelé et guilloché de plis et de cavités transverses. Le dessous est noir luisant ainsi que les pattes. Le corselet, la poitrine et l'abdomen sont couverts de points enfoncés qui s'élargissent à mesure qu'ils deviennent plus latéraux, et forment sur les côtés de larges fossettes peu profondes. Les pattes sont ponctuées, couvertes d'un léger duvet blanc, avec les éponges des tarses brunes.
Cette belle espèce est très-voisine des Acmœodera
gibbosa, Fab.^ et politay Klug (Sytnh. phys.y Bupr. , n° 7, pi. I, f. 7). Mais elle est beaucoup plus grande, le sillon longitudinal de son corselet est beaucoup plus profond, et son chaperon est bien moins fortement échancré en avant. Elle doit être placée en tête du groupe dont MM. Gory et de Laporte ont formé la troisième division du genre Acmœodera.
CHRYSOBOTHRIS PANTOCHLORE. —PI. II, F. 2. CHRYSOBOTHRIS PANTOCHLORA.
C. viridis; crehrè punctata; thorace transverso, lateribus subsinuato , scutello nigro. Corpore subtùs pedibusque viridi-auratis , antennis tarsisque cupreis.
Cette jolie espèce est entièrement verte, dessus et dessous , luisante , avec quelques reflets un peu dorés en dessous. Sa tête est ponctuée , coupée verticalement en avant, ayant, entre les yeux et au haut du front, une élévation transversale, épaisse, précédée en dessus d'une fossette également transversale , en forme de parenthèse qui n'atteint cependant pas les yeux. Audessous de cette bosse transverse, de cette sorte de crête arrondie , le front forme un disque arrondi et enfoncé , couvert de petites stries courtes , se suivant bout à bout et formant des lignes concentriques ou, si l'on veut, un grand nombre de cercles interrompus. Le chaperon est seulement ponctué, échancré au milieu. Les antennes sont d'un vert un peu cuivreux, et le labre , ainsi que les parties de la bouche, sont noirs. Le
corselet est transversal, fortement sinueux en arrière , avec le lobe du milieu prolongé notablement. Ses côtés sont presque droits, très-faiblement sinueux au milieu, avec les angles arrondis. Il est entièrement couvert de points enfoncés qui deviennent de petites rides transverses sur les côtés. L'écusson est noir, petit, triangulaire, avec une petite impression au milieu. Lesélytres sont un peu élargies au milieu, arrondies à l'extrémité, et elles ne présentent à leur bord externe que de faibles traces de dentelures. Toute leur surface est couverte de points enfoncés, d'autant plus gros qu'ils sont plus éloignés de la suture. Vus à la loupe et éclairés par le côté, ces points offrent un aspect singulier et comme chagriné , et leur fond semble contenir un ou deux petits tubercules saillants et brillants. On voit aussi sur chaque élytre de faibles traces de trois ou quatre petites côtes longitudinales, et il y a à la base deux fossettes peu profondes. Le dessous du corps est vaguement ponctué et offre sur les côtés de courtes stries arquées qui présentent un aspect écailleux. Le dernier segment abdominal est à peine échancré à l'extrémité, arrondi, avec une petite carène élevée au milieu. Les stries latérales sont plus allongées et forment des lignes ou des portions de cercles concentriques. Les pattes sont ponctuées et les cuisses antérieures portent en dessous une forte épine.
Cette jolie espèce est très-voisine des Chrysobothris gultata, Olivier, vol. II, g. 32, p. 70, pi. VI, f. 58 (picticollis , Gory, p. 4, pi. 1, f. 4), dorsata, Fabr. , chalcophana f Klug, et serrata^ Olivier; mais elle est
facile à distinguer par sa jolie couleur verte uniforme. Sa ponctuation est trois fois plus forte que celle du Chr. guitata, que nous avons vu dans la collection de M. Gory. Elle est surtout bien distincte des chr. Chalcophana et serrata, par le dernier segment de son abdomen , simplement échaacré en arrière , sans épines aux angles saillants de cette échancrure , n'offrant au milieu qu'une médiocre carène peu saillante, qui ne se prolonge pas en une sorte d'épine en arrière, au milieu de l'échancrure , et par les bords de sesélytres, présentant à peine quelques traces d'échancrures en arrière, tandis qu'elles forment des dents de scie chez les espèces auxquelles nous la comparons.
TRIBU DES ÉLATERIDES.
TÉTRALOBE SUBSILLONNÉ. PI. II, F. 3.
TETRALOBUS SVBSULCATUS.
T. castaneo-niger, flavo-grisea pubescentia tectus; capite antice angulato, in medio elevato, subtus fortiter punctato ; thorace subdepresso, angulis posticis acutis, deflectentibus , postice incurvis ; elytris thorace quadrupla longioribus , leviter sulcatis {fœm. ).
Sa tête est petite, de forme arrondie, excavée en avant, comme dans toutes les espèces de ce genre. Vue de face et en dessus , son bord antérieur, à partir des yeux, offre trois pans bien distincts, quoique les angles qu'ils font entre eux soient arrondis, et le bord
antérieur, ou le pan moyen, est assez fortement relevé et présente au milieu, quand on observe la tête en devant, une espèce de dent assez saillante. De plus, l'espace compris, en dessous de cette carène, entre elle et le labre , est garni de gros points enfoncés. Le corselet est plus large que long, rétréci en avant, assez déprimé en dessus, arrondi sur les côtés, terminé en arrière de chaque côté par une forte épine dirigée en arrière et en dehors , à pointe un peu courbée en bas. La tranche des bords ne produit pas un véritable bourrelet formé de deux côtes interceptant un sillon; elle est seulement déprimée ou aplatie, granuleuse, et ne présente qu'une faible trace de fossette vers son extrémité postérieure, qui est le point le plus élargi. Sa surface est couverte de petits points enfoncés et de poils courts, cendrés et couchés, et elle n'offre pas de fossettes latérales. Le bord postérieur est creusé comme chez les autres espèces, avec le milieu relevé vis-à-vis Técusson et présentant une petite échancrure. L'écusson est semblable à celui des espèces de tout le genre. Les élytres sont allongées, parallèles, arrondies au bout, quatre fois plus longues que le corselet, assez manifestement sillonnées pour présenter huit ou neuf espèces de côtes peu élevées , arrondies, alternativement plus larges. Toute leur surface est couverte de petits points très-serrés et d'un duvet cendré semblable à celui du corselet, mais ce duvet est enlevé, sur toutes les côtes et sur les autres points saillants, par le frottement. Le dessous et les pattes sont finement ponctués, couverts de duvet cen-
dré; l'abdomen est très-épais, et les côtés de ses segments ne présentent que de très-faibles traces de fossettes.
Cette espèce ne peut être comparée qu'au Tetralobus Goryi , Hope (Monogr. on the Coleopt. , fam. Phyllophoridœ, proceed. of the Zool. Soc, 1842, p. 73) ; mais l'espèce signalée par M. Hope est beaucoup plus petite, et ses élytres ne sont que trois fois plus longues que le corselet, suivant la description du savant Anglais.
Nous ne possédons qu'une femelle mutilée , dont les antennes ont été cassées; nous pensons que c'est une femelle, parce que son ventre est excessivement bombé.