‹ Voyage en AbyssinieChapitre 51 sur 64 · VI · texte numérisé non relu

VI

Nous voyons, à la page 141 du catalogue des espèces du genre Acrœa^ dans le Gênera ofDiurnal Lepidoptera de Doubleday (Part. XXI. Lond. 1 848) que cet entomologiste avait partagé l'erreur de Godart, car à la suite du nom de VAcrœa Serena il cite Cramer de façon à comprendre ses deux figures, puisqu'il a mis en synonymie : u P. Eponina Cramer, t. CCLXVIII, f. A. D. Du reste il n'a fait que reproduire la synonymie qu'il avait placée à la suite de cette espèce dans le catalogue des Lépidoptères de la collection du musée Britannique, Part. I, p. 63. (Lond. 1844.)

Nous ne comprenons pas pourquoi Doubleday, qui paraît avoir partagé les excellents principes publiés par ses compatriotes et par M. L Geoffroy-Saint-Hilaire (Assoc. Brit. pour V avancement de la science f 27 juin 1842, Revue zool. 1843, p. 202 et 207) relativement aux règles qui doivent guider les zoologistes en fait de nomenclature, ne les a pas complètement appliquées dans le bel ouvrage que nous citons. Pourquoi n'a-t il cité que VEntomologia systematica de Fabricius, qui est de 1793, quand cet auteur avait donné la même description de son P. Serena dans le Systema entomologiœ qui a paru en 1775? En ne mentionnant pas cette date de publication si antérieure à celle de l'ouvrage de Cramer, il pouvait induire les zoologistes en erreur relativement au nom qu'il convenait d'adopter définitivement pour cette espèce, et en appliquant les règles admises on aurait été obligé de rejeter le nom de Fabricius, qui semblait dater de 1 793, pour admettre celui de Cramer, publié en 1782.

Il résulte de ces observations que l'on doit admettre comme type de l'espèce qui nous occupe, le P. Serena de Fabricius, regardé par Cramer, Godart et Doubleday comme la femelle du P, Eponina de Cramer, et que ce dernier doit être inscrit comme une espèce distincte dans le genre ^crœa, sous le nom de A. Eponina (Cramer).

L'examen que nous avons fait de plus de vingt-cinq individus des deux sexes des Acrœa Serena et Manjaca, tant dans la collection du Muséum que dans celles de MM. Boisduval, de Feisthamel, etc., nous a fait acquérir la conviction que les Lépidoptères décrits sous ces deux noms, ne forment qu'une seule et même espèce qui offre quelques variétés locales. Ceux de Madagascar que M. Boisduval a décrits et figurés sous le nom de A. Manjaca (Faun. eut. de Bourbon, Maurice et Madagascar, p. 33, pi. IVfig. 6 et pi. V, fig. 6, 7) n'est distincte des types provenant du Sénégal que par quelques légères différences dans la bordure noire des ailes inférieures en dessous. Quant à la taille, elle est aussi variable dans les individus de Madagascar que dans ceux de Guinée.

Nous avons vu plus de douze individus d'une variété provenant d'Abyssinie, de la variété dont nous nous proposions de faire une espèce sous le nom d'A. Roiigetii, quand nous avons composé notre atlas, avant d'avoir eu l'occasion de faire les recherches qui précèdent. Tous ces individus abyssins ont les taches rouges situées dans la bordure noire des ailes beaucoup plus larges, et dans quelques-uns, le noir qui

limite intérieurement la tache fauve de l'extrémité des ailes supérieures, large à la côte, se rétrécit brusquement et ne vient pas toucher le bord postérieur. Dans la majorité, comme dans ceux de la Guinée, il n'y a pas de tache noire près de la côte, entre cette bande et la base des ailes supérieures, mais dans quelques individus on trouve une grosse tache à cet endroit, comme on le voit à la figure de notre variété Rougetii (pi. XL, fig. 6).

Il paraît qu'en général les femelles offrent des couleurs sombres ou pâles et qu'elles sont beaucoup plus rares. Nous avons une femelle provenant de la Casamance, dont le fond des quatre ailes est d'un brun enfumé avec les taches des bordures et celles du bout des supérieures blanchâtres. Il y a dans la collection de M. Boisduval plusieurs individus de cette couleur. Nous y avons vu aussi une femelle de la variété Manjaca dont la couleur est jaune blanchâtre. Enfin nous possédons une variété femelle, provenant du port Natal et qui semble bien appartenir à cette même espèce par tous ses caractères , chez laquelle les ailes supérieures sont d'un brun rougeâtre enfumé, tandis que les inférieures sont rouges, avec les taches de la bordure noire très-petites en dessus.

En définitive voilà comment il convient d'établir la synonymie de cette espèce ;

ACR^A serenâ.

Papilio (Heliconii) serena, Fab., Syst. ent., p. 461 (1775).

Papilio Eponina (fœm.), Cram., Pap. 23, p. 138, pi. CCLXVIII,

fig. A. B (non fig. C, D), (1782).

Acrxa serena, God., Enc. méth., t. IX, p. 232 (1816). (Non la

citation de Cram., fig. C, D; non tout ce qui a rapport au

mâle dans la description.) Acrxa manjaca, Boisd., Faun. de Bourbon, etc., p. 33, pi. IV,

fig. 6, et pi. V, fig. 6, 7 (1833). (Var. locale.) Acrxa serena, Doubleday, Gêner. Diurn., Lepid., p. 141,

n° 29 (1848). (Non la citation de Cramer, fig. C, D.) Acrxa manjaca, Doubl., id., n° 28.

Guinée, Natal, Abyssinie, Madagascar. — C'est par erreur, comme l'a fort bien fait remarquer Godart, que Fabricius a donné l'Inde comme patrie de cette espèce. Ajoutons que c'est aussi par erreur qu'il est dit dans VHistoire naturelle des animaux articulés, t. III, p. 438 (Paris, \ 840, Dumesnil), que toutes les Acrées connues appartiennent à l'Afrique et quelques-unes à l'Asie, car on en connaît plusieurs d'Amérique.

ACRJIA EPONINA.

Papilio eponina {mk]e), Cram., Pap., 23, p. 138, pi. CCLXVIII, fig. C, D (1782). (Non fig. A, B.)

Acrxa serena (mâle), God., Enc. méth., t. IX, p. 232 (1816). (Non la citation de Cram., fig. A, B; non tout ce qui a rapport à la femelle dans la description.)

Acrxa serena, Doubl., Gêner. Diurn., Lepid., p. 141, n" 29 (1848). (Non la citation de Cramer, fig. A, B.)

Elle a environ 45 millimètres d'envergure et quoique le noir occupe, en dessus, plus de place que le rouge sur les ailes, on peut dire que l'ensemble des quatre ailes est rouge, largement bordé de noir avec

37/i VOYAGE

une grande tache noire commune, transverse et de forme rhomboïdale, située au milieu de la partie rouge centrale, occupant la base des inférieures et envahissant celle des supérieures sans aller toucher à leur bordure de la côte. Les ailes supérieures, en dessus et en dessous, ont près de l'extrémité une bande rouge oblique et un peu arquée en dehors. Il n'y a aucune tache fauve dans la large bordure noire du bord externe, ni aux ailes supérieures ni aux inférieures. Le dessous diffère en ce que l'on voit une série de taches jaunâtres triangulaires dans la bordure noire et près du bord. Les ailes supérieures ont le fond rouge du dessus, mais la bande apicale est jaune et le noir qui se trouve au milieu du rouge de leur base n'est représenté que par deux taches fondues. Les ailes inférieures ont le fond jaune avec des taches noires à la base, séparées et assez petites près du corps, et plus ou moins réunies et confondues entre elles ensuite, se terminant extérieurement en ligne et formant une espèce de bande transversale assez limitée qui correspond au noir du dessus. Les antennes sont noires et les palpes jaunes, comme dans toutes les espèces africaines que nous avons pu voir. Le thorax est tacheté de jaunâtre en dessus et en dessous, les pattes sont brunes et l'abdomen est noir avec des taches jaunes sur les côtés.

L'individu que nous décrivons est un mâle provenant d'Angola. Nous en avons vu deux autres du même sexe et tout à fait semblables chez M. Boisduval et provenant de Guinée.

Ce qui distingue surtout cette espèce des nombreux

EiN ABYSSINIE. 375

individus di'Acrœa serena que nous avons étudiés, c'est la place que les points noirs de la base des ailes inférieures occupent dans cette dernière espèce, ces points descendent plus bas vers la bordure postérieure et s'il leur arrivait d'être plus gros et de se réunir dans quelque variété, ils ne formeraient jamais l'espèce de bande transverse et assez nette qui se voit dans VA. Eponina. Ajoutons que cette espèce a été distinguée aussi par M. Boisduval, qui lui avait donné provisoirement, dans sa collection, le nom â'A. Erina.

AGRÉE LYCIA. PI. X. F. 4, 5.

ACRMA LYCIA , Var. : Sgansini. Fabr.

Voilà encore une espèce qui a donné lieu à quelque confusion et qui se trouve en même temps en Guinée, en Abyssinie et à Madagascar.

Fabricius l'a décrite pour la première fois en 1 775 dans son Systema entomologiœ (p. 464) de la manière suivante :

P. H. Alis integerrimis, concoloribus, fuscis, albo maculatis; posticis disco albo punctis nigris.

Habitat in Sierra Léon, Africœ. — Mus, Banks.

Affînis prxcedenii, at paulo minor. Thorax fuscus, flavo maculatus. Aise anticœ fuscx, macula albida nigro punctata ad marginem interiorem et fascia macularis ante apicem , posticx disco albo punctis plurimis nigris sparsis.

Cette description, entièrement reproduite dans VEritomologia systematica , t. III, pi. I, p. 176, a été traduite par Godart, dans V Encyclopédie méthodique, Ins.,

t. IX, p. 239, et il a dû se borner à donner cette traduction parce qu'il n'a pu trouver l'espèce en nature dans les collections de cette époque.

En 1 832, M. Boisduval, dans sa Faune entomologique de Bourbon ^ Maurice et Madagascar j, a décrit et figuré, sous le nom à'Acrœa Sganzini, des individus qu'il était impossible, à cette époque, de rapporter à l'espèce de Fabricius, mais qui n'en diffèrent cependant pas, comme on le verra plus bas.

C'est Doubleday, qui a attiré l'attention sur les différences notables de coloration de ces Lépidoptères, en publiant dans le magnifique ouvrage qu'il avait commencé en association avec M. Hewitson, la figure d'une variété fauve qui fait partie du Musée britannique. En rapportant ce papillon de couleur fauve à l'espèce blanchâtre que Fabricius a nommée P. Lycia^ il a appelé l'attention des naturalistes du continent, la variété fabricienne s'est trouvée dans leurs collections, chez nous, chez M. Boisduval, et cet entomologiste a pu reconnaître que son Acrœa Sganzini formait une de ces variétés fauves, mais à un degré inférieur à celle du savant anglais.

Aujourd'hui nous pensons que ce sont les Acrœa Lycia à fond blanchâtre qui doivent être considérées comme les variétés, car sur un assez grand nombre d'individus que nous avons vus dans les collections de Paris, nous n'avons trouvé que trois ou quatre sujets à fond blanchâtre. Nous en possédons un provenant d'Angola et un autre de Natal. M. Boisduval en a un de Guinée, mais il y a des individus à fond fauve plus

OU moins vif de Guinée, de Natal, d'Abyssinie et de Madagascar.

Parmi ceux que nous avons bous les yeux nous trouvons les deux sexes dans la variété fauve et un mâle dans la variété blanche, ce qui montre qu'ici la coloration ne coïncide pas avec les différences sexuelles.

Doubleday, ne possédant pas au Musée britannique d'individus de ÏAcrœa Sganzini provenant de Madagascar, et n'ayant pas assez étudié la description et les figures que M. Boisduval a données de son espèce, n'a pas eu l'idée de la rapporter à la variété qu'il a figurée. S'il avait eu sous les yeux en même temps, les figures de l'ouvrage de M. Boisduval et l'individu qu'il a figuré dans son Gênera, pi. XIX, fig. 1, il aurait été obligé de rapporter cet individu fauve à VA. Sganzini ou il aurait reconnu l'identité qu'il y a entre ce Sganzini et les variétés fauves de VA, Lycia, ce qui l'aurait empêché d'admettre l'A. Sganzini comme espèce distincte.

Voici comment il faudra désormais établir la synonymie de cette espèce.

ACR^A LYCIA.

Papilio (heliconii) lycia, Fabr., Syst. entom., p. 464(1775).

(Var. Alba).

Acrœa lycia, God., Enc. ins., t. IX, p. 239 (1819). (Var.

Alba.) Acrœa Sganzini, Boisd., Faun. ent. de Madag., p. 34, pi. VI,

fig. 6, 7 (1832).

Acrxa lycia (var. fulva), Doubl., Gêner. Diurn., Lepid.,

p. 140, nM2, pi. XIX, fig. 1.

Acrxa Sganzini, Doubl., id., p. 142, n" 33. (Hab. la Guinée, Angola, l'Abyssinie, port Natal et Madagascar.)

II y avait encore dans la collection de M. Th. Lefèvre, les espèces suivantes :

ilcr^rt weo6w/e, Doubleday et Hewitson, Gêner. Diurn., Lepid., p. 140, pi. XIX, fig. 3 (1847).

Cette espèce n'a pas été décrite par ces entomologistes, mais ils en ont donné une excellente figure vue en dessus. Ils n'ont connu qu'une femelle à fond des ailes jaune , tandis que l'individu rapporté par M. Lefèvre est un mâle à ailes rouges. Du reste dans notre mâle, comme dans la femelle figurée par MM. Doubleday et Hewitson, le nombre et la disposition des taches noires sont les mêmes. Cette espèce sera décrite dans le Voyage de Ferret et Galinier, et l'unique mâle en notre possession est figuré dans l'atlas de ce Voyage , pi. XXXIII, fig. 1 , 2. Nous pensons que l'espèce nouvelle que l'on voit dans la collection de M. Boisduval sous le nom inédit à'Acrœa Seis , n'est qu'une variété de cette espèce. Elle provient de la Guinée et a été trouvée dans notre établissement de laCasamance.

AGRÉE DE DOUBLEDAY.

ACR^A DOUBLEDAYI.

Nous n'avons reçu qu'un individu femelle de cette nouvelle espèce, qui est très-voisine de celle que M. Boisduval a décrite sous le nom d'.4. Petrœa dans le catalogue des Lépidoptères recueillis par M. Dele-

gorgue au port Natal. {Voyage dans l'Afr. austr., vol. 11, p. 589,1847.)

Les ailes supérieures de notre exemplaire femelle sont d'un brun enfumé lavé de rouge briqueté sur le disque et surtout près du bord externe, où cette couleur forme des espèces de taches vagues. Elles offrent au delà du milieu, du côté du sommet, une courte et étroite bande noire transverse et maculaire, composée de quatre taches contiguës, suivie d'une bande transverse blanche, vaguement limitée, et précédée du côté de la base de cinq ou six taches inégales et noires. Le dessus des ailes inférieures est d'un rouge assez vif avec la base un peu enfumée et une assez large bordure noire nettement limitée en dedans, et leur disque est marqué de dix-neuf ou vingt gros points noirs dont quelques-uns sont situés assez près de la bordure inférieure. Le dessous des supérieures est semblable au dessus pour la disposition des taches, mais d'un rouge moins enfumé avec les nervures de l'extrémité, qui est d'un fond jaune, marquées en noir, et une raie rougeâtre entre chacune d'elles. Le dessous des inférieures est jaune tacheté de rouge brique avec les mêmes points noirs du dessus et six grandes taches jaunes dans la bordure postérieure. Le corps est noir taché de jaune, les pattes sont jaunes.

Les principales différences qui distinguent cette espèce de l'A. Petrœa consistent dans la bordure inférieure des ailes postérieures qui est nettement limitée en dedans, tandis qu'elle envoie des rayons noirs chez la Petrœa. Dans cette dernière les points noirs de ces

mêmes ailes descendent à peine au milieu de leur disque, tandis qu'ils s'étendent beaucoup plus près du bord postérieur dans la nôtre.

Nous avons consacré cette espèce à la mémoire de M. Doubleday, trop tôt enlevé à la science et à ses amis. Elle sera figurée dans le Voyage de MM. Ferretet Galinier, pi. XXXIII, fig. 1,2.

Hypanis Illythya (Biblis Ilithya), F. Cram., God., Enctjcl.

méth. Papilio, t. IX, p. 327.

Hypanis Anvatara, Boisd., Faune de Maurice et Madagascar^

p. 204, pi. VII, fig. 5.

Vanessa (Salamis) Cloantha, Cram., God., Enc. meth., Ins.,

t. IX, p. 322.

Vanessa gardui, Lin.,Fabr., Godart, etc.

Vanessa Octavia, Fabr., Cram., God., etc. Vanessa Orithya, Lin., Fab., Cram., Godard, etc.

(Chine, Java, Afrique.)

Vanessa Clelia, Fabr., Cram., God., etc.

Vanessa jEnone, Lin., Fab., God., etc.

Vanessa LiMNORiA, Klug et Ehr., Sijmb. physic, pi. XL VIII,

fig. 6, 7. — Junonia Limnoria^Doubleà. et Hewitson, Gênera

diurn., Lepid., part. XXV, p. 210.

Nous avons représenté cette belle espèce, pi. XI, fig. 1,2.

Vanessa Zingha, Fabr., God., Enc, IX., p. 807. — Amestris , Drury. Van. Emma, God., Enc, IX, p. 315.

Nymphalis iCharaxes) Epijasius, Reiche, Voy. de Ferret et Galinier, pi. XXXII, fig. 1,2. {Van. Naib.)

Nymphalis (^rfo^ias)MELEAGRis, Cram., Fab., Godard, etc.

Les deux sexes de cette espèce diffèrent notablement et elle offre des variétés intéressantes. M. Reiche a

KN ABYSSINIE. 381

figuré une belle variété femelle dans le Voyage de MM. Ferret et Galinier, pi. XXXIl, f. 3, 4.

Nymphalis (Limenitis) Saclava , Boisd., Faune de Maurice et Maday., p. 197.

, Nous avons reçu plusieurs individus de cette espèce dans la collection faite en Abyssinie par M. Lefèvre. Jusqu'à présent on ne la connaissait que de Madagas-

car.

Nymphalis (JDiadema) Bolina, Lin., Fab., God.

(Commune dans l'Inde, à Madagascar et dans l'Afrique australe.) Nymphalis (Z)mc?ma) Salmacis, Drury, Fab., God., etc.

SATYRE MADERAKAL. PI. X. F. 1, 2, 3.

SATYRUS MADERAKAL.

S. hrunneus, alis brunneo ferrugineoque ciliatis. Mx superiores apice oculo mayno nigro, albo pupillato, flavo annulato, et oculo minimo simili, juxta et antice jacente; intus fascia nebulosapallidiore; inferiores cum tribus oculis,posticepositis, intermedio majore nigro, albo pupillato. Subtus alx pallidiores superiores brunneo undulato, cum duobus oculis ; inferiores oculatis, brunneo litteratis.

Ailes d'un brun un peu roussâtre, à reflets soyeux, ciliées de poils jaunâtres devenant noirs à l'extrémité de chaque nervure. Extrémité des supérieures un peu plus pâle, cette teinte bordée en dedans d'un brun plus foncé; avant l'extrémité, un grand œil noir, avec une petite pupille blanche, entouré d'un cercle jaune, et en avant un très-petit œil de même forme. Ailes inférieures avec trois yeux inégaux situés en arrière, les deux latéraux jaunâtres, avec une pupille brune, celle du milieu, plus grande, noire, avec une pupille blan-

che. Ailes plus pâles en dessous, les supérieures ayant dans la moitié basilaire quatre bandes transversales, sinuées; elles représentent les deux yeux du dessus : entre ces yeux et le bord externe, deux bandes ondulées brunes, l'externe peu marquée; les inférieures sont parsemées d'écaillés d'un brun plus foncé, serrées, elles offrent, vers la base, plusieurs lignes brunes brisées, irrégulières : la partie apicale est grisâtre , avec six yeux séparés les uns des autres par les nervures qui sont brunes; le premier et le quatrième sont les plus grands, noirs, avec une pupille blanche, cerclés de deux anneaux minces, bruns, séparés par une teinte gris jaunâtre , les autres offrent au milieu un petit point blanc entouré d'une ligne noire , mince , et de deux anneaux bruns comme les autres : le dernier est contigu à un autre plus petit, et tous deux sont entourés par la même ligne brune.

Ce petit satyre tient le milieu entre les S. Mœra et Megera. Nous lui avons donné le nom d'un jeune Abyssin élevé en France et qui a été ramené dans son pays par M. Lefèvre après avoir fait de bonnes études dans nos collèges.

Satyrus funebris, Guér., Iconogr. du règne animal, Ins.; texte,

(Du Sénégal et d'Abyssinie.)

Satyrus (Cyllo) Leda, Lin., Fab., God., etc.

PoLYOMMATUS Perion, Cram., Fab., Godard, EncycL, Ins., t. IX,

Godart le dit de Surinam. L'individu que nous avons reçu d'Abyssinie ne diffère pas notablement de la description donnée par les auteurs.

m ABYSSJNIE. '6H-6

PoLYOMMATUs {Tjjcœna) BiETicus,Lin., Fab., God., p. 653.

(De tous les pays. (Commun en Abyssinie.)

PoLYOMMATus Phl^as, Lin., Fabr., Godart, p. 670.

(Commun dans tout l'ancien monde etjusque dans l'Amérique septentrionale.)

POLYOMMATE .lESOUS. PI. XI. F. 3, 4.

POLYOMMATUS JE SOUS.

P. cœrulescens, albo ciliatus, linea marginali nigricante : subtus albidus, brunneo fasciatus, alœ pusteriores brunneo-nigro maculatis, macuUs ad angulum analem viridi metallico inspergatis

En dessus bleu, avec une bande marginale noirâtre très-étroite, les taches inférieures se distinguent un peu par transparence. En dessous les ailes sont blanches avec une teinte très-pâle, brunâtre vers la base : les antérieures ont une bande brune qui part de la base et se termine au milieu en crochet; le bord est finement marginé de brun ; le long du bord une rangée de points bruns, inégaux, cernés en arrière par une ligne brune ; entre cette ligne et le crochet de la première bande, une fascie brune transverse ; vers la base un point brun isolé. Les inférieures ont à la base quatre taches assez grandes, d'un brun noir, et au milieu quelques fascies brunes ; le bord externe est finement marginé de noir avec une rangée de points bruns dont les intermédiaires presque effacés, les deux derniers vers l'angle anal sont noirâtres, avec quelques écailles d'un vert métallique; cette rangée est bordée en arrière par une ligne brune ondulée.

Ce Polyommate vient se placer à côté du P. Cassius

38a VOYAGE

dont il diffère par le dessus des ailes moins maculé, et parce que la région du bord interne des secondes ailes n'est pas blanchâtre.

Nous lui avons donné le nom de Jesous, général de l'armée d'Oubié.

POLYOMMATE AMARAH. PI. XI. F. 5, 6.

POLYOMMATUS AMARAH.

P. Pallide fuscus, alis transverse-sub-undatis ; posticis angulo ani fulvo maculatis, ocellis nigris ; suhtus pallide cinerascens, albo nigroque undatis basi punctis nigris.

Ce petit Polyommate, qui est une femelle, est en dessus d'un brun assez pâle et montre par transparence quelques stries ondulées un peu plus brunes et correspondant à des stries noires du dessous. Les ailes inférieures ont en outre, près du bord, une petite bande maculaire blanchâtre, suivie d'une autre bande obscure et, à l'angle anal, une assez grande tache d'un jaune fauve dans laquelle il y a deux taches noires, l'une près de l'angle, peu marquée, l'autre un peu plus loin, grande, ronde et très-limitée. Il y a encore deux ou trois autres points noirs plus petits après ce gros point placé dans le fauve. Le dessous est d'un gris cendré pâle, marqué de traits noirâtres transversaux, bordés de blanc en dedans et qui commencent, aux premières ailes, un peu avant leur milieu. Elles offrent de plus, à la base, une assez grande tache noire, coupée en carré long. Les ailes inférieures ont les mêmes stries ondées, trois gros points noirs à la côte, plus

FN ABYSSIME. 385

quatre autres points noirs, également bordés de blanchâtres, à la base. Elles ont à l'angle anal un petit point noir finement pupille de bleu argenté et surmonté de roux, et plus loin un autre point semblable, mais beaucoup plus gros. L'abdomen est noir avec les segments bordés de blanc en dessus, il est tout blanc en dessous. On devra placer cette espèce non loin du P. Bœ tiens.

POLYOMMATE SEBAGADIS. PI. XI. F. 7, 8.

POLYOMMATUS SEBAGADIS.

P. supra cxruleus, alis albo ciliatis margine omni laterali nigricante, subtus cinereus, sericeus; alœ superiores punctis nigris sex albo circumdatis, seriatim disposais : medio macula brunnea pallida, oblonga, albo circumdata; alx inferiores subtns cum punctis tribus nigris albo annulatis, duo ad marginemantico, aller ad angulum analem, medio macula duplex albido : ante marginem, annuli albidi seriatim dispositi : ad marginem ipsmn fasciae pallidse albidseque , cum macula flava, supra obsoleta.

Ailes brunes à reflets bleus avec toute la bordure externe brune, ciliées de poils blanchâtres. En dessous, d'un blanc cendré soyeux. Ailes supérieures ayant une rangée de six points noirs cerclés de blanc : au milieu une tache oblongue d'un brun très-pâle entourée de blanc; sur le bord latéral des fascies blanchâtres et d'un gris foncé. Ailes inférieures ayant trois points noirs cerclés de blanc, deux près du bord antérieur et un très -petit vers l'angle anal; au milieu deux fascies blanches courtes ; avant le bord externe, une ^i- 25

rangée d'anneaux blancs ; l'espace entre les anneaux et le bord est nuancé de blanc et de gris avec une tache jaune en croissant, qui se perçoit à peine en dessus.

Cette espèce, très-voisine dnP.Messapus, God. Eiic. méth. IX, 682, 205, en diffère par l'absence de point noir bordé de fauve sur la région anale des ailes inférieures en dessus. Nous lui avons donné le nom d'un chef abyssin.

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