‹ Voyage en CalifornieChapitre 10 sur 26 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

CUaiat de San Francisco. — Arrivée du cnmmodni'eSlocklon. - Bruits de réhellioii dans le sjd. — Trihuiial californien. - Fandango. — Boault-s californiennes. Béceplion du con inodore.

Je restai à San Francisco du 21 septembre au 15 octobre. Durant tout cet espace de temps, le cii'i Fat conslammenl clair. San Francisco a, par sa position, un climat particulier. Pendant l'été et l'automne, le vent souffle de l'ouest et du nord-ouest. I^s matinées sont ordinairement calmes et d'une chaleur agréable. Vers midi, le vent qui vient de l'Océan rafraîchit assez en plein été la température pour qu'on soit obligé de prendre des vêlements de laine. Vers le soir le vent tombe , et les soirées et les nuits sont calmes. En hiver, le vent souffle du sud-est; la température est agréable; le thermomètre tombe rarement au-dessous de SO" '. Lorsque le vent souffle de l'Océan , il ne pleut pas ; quand il vient de terre , ce qui arrive ordinairement en hiver et au printemps, le

■ D'après le Itiermomëlre Fahrenheit , environ 10» Réaumur.

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VOYAGE EN CALIFORHIE. 51

Leinps est pluvieux el ressemble à celui du mois de mai à la même Iulilude sur la côle atlantique. La fi-a1dieur du climat et la vivacité de l'air sont, comme nous l'avons dit, un des phénomènes particuliers de celte position; on ne le retrouve ni dans l'intérieur du piiys, ni sur les autres points de la côte.

Le SI, je dinai à bord du Porutttouih avec le capitaine Honigomery el plusieurs auti'es ofliciers de marine. Le soir , je soupai chez M. Frank Ward avec des habilatits de la ville, des oGBciers de bâtiments baleiniers. Tous étaient Américains, et dans celte réunion rien ne nous rappelait que nous étions si loin de notre terre natale. C'est une opinion établie, que la Californie doit désormais faire partie des États-Unis, et chaque Américain se considère ici comme dans son propre pays.

Le 27 seplembi-e, la frégate uuiéricaîne le Cangress, portant le pavillon du cummodore Stockton, et la frégate ta Savannalt, commandée par M. Mervins, jetèrent l'aucie dans le port.

Le 1" octobre, un courrier qui venait du sud annonça que les habitants de Los Angeles s'étaient insurgés contre l'autorité américaine; qu'ils avaient capturé, dans le port de San Pedro, un navire marchand des EtatJi-Unis, et pillé sa cargaison. La frégate la Savannak partit immédiatement pour Los Angeles.

Pendant ce temps, j'assistai à Sau Francisco à un jugement par le jury, le second tribunal de ce genre qui fût établi en Californie. La séance élail pi'ésidée par M. Bartiell. De part et d'autre il y avait des avocats qui discutèrent et pérorèrent avec une étonnante

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32 VUVAGE En CALIFORNIE.

véliéiiieRce de gestes el de langage. A|>rès (oiis les débals , dans lesquels les juges fttient obligés d'inlervenir avec une sorle de despotisme miliraire , pour se dégager eux-inémes de la trame lissue par les avocats, les jui'és ne purent tomber d'accord sur la solution de la cause, el l'affaire en resta au point oîi elle en élail avant les plaidoiries.

Un soir, j'assislaichez un Anglais, H. Ridiey, à un fandango auquel élaienl conviés plusieurs personnes des ranctios du voisinage. Les femmes californiennes dansent avec beaucoup de grâce el d'aisance. La valse e^l leur danse favorite. Il n'est ixiint interdit de fumer dans ces réunions, et les femmes et les jeunes filles usent (rès-joliment de la cigarrila dans les ondulations du cotillon et le tourbillon de la valse.

Le 5 octobre, on annonça la prochaine arrivée du Commodore Sto(^klon. Les citoyens furent convoqués par l'alcade, afin d'aviser aux mesures à prendre pour la réception qui devait élre faite à ce fonctionnaire, investi liù titre de gouvei-neur civil. La note suivante est ex.Irjile du journal californien du 24 oclobi-e 1846 :

t Le public apprendra avec plaisir qu'un nombre considérable de citoyens de Francisco et des environs de la ville s'est réuni au square de Porismoutli pour aller au-devant de Son Excellence H. R. Stocktun, el lui offrir rhospilulité de la ville. A dix beures, le cortège s'est rais en marche avec un corps de musique, une escorte militaire, les magistrats du district, les consuls étrangers, les officiers des bâtiments en station dans le port '. l) s'est avancé par la rue de Porls-

' Suit une lisie de tous Jes iiom^ de ces officiers qui, si nous

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VOVAGB EN CALIFOItHlE. 55

uioiitb à lu i-eiitionLre de M. SlocktOn, qui a été harangué par M. Ward,

< Après la réplique du gouverneur, lu procession s'est remise en murcbe el s'est arrêtée devant la maison de H. Leidersdoff, où le gouverneur est entré avei; sii suite el a été présenté à un cercle de dames rassemblées pour lui souhaiter ta bienvenue. M. Stockton a fait ensuite, avec plusieurs personnes, une excursion à clieval à la mission de San Francisco Dolores, puis il est revenu déjeuner chez M. Leideisdorff, oii différents toasts lui ont été portés par les membres du comité de réception et par d'autres convives. En réponse à un de ces toasts, M. Stockton a fait un élo> quent discours qui n'a pas duré moins d'une heure. Les harangues prononcées en anglais étaient aussitôt traduites en espagnol, et vice vertà.

t Le soir, un bal organisé par le comité a réuni les femmes de la ville el des environs, les ofliciers des trois bâtiments de guerre et les uiBciej's des navires marchands. Tel était le charme de cette fête, qu'elle s'est prolongée jusqu'au lendemain matin. >

Parmi les divers bâtiments qui se trouvaient alors dans le port, il y avait un brick russe de Silku, principale station de la compagnie russe- américaine. Sitka, située sur la côte nord-ouest du continent américain, à une haute latitude septentrionale, a quatre à cinq mille habitants ', la plupart Indiens du pays, con-

iK nous trompons, ne peuvent guère iiiLëresser les lecteurs

rranfaU.

' a. Bryanl exagère les proportions de celle ville. Silka ou la

' Mouvelle-Archaugel, <|ut esl en effet le centre «les opérations de

la compagnie russe qui fait lecommercedes fourrures, esl située

v'.dogIf

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verlis au christianisme. Le brick dont nous parlons avait été construit dans le Massachusels; il était commandé par M. le lieutenant RudenofT, qui noas donna un déjeuner composé de poissons fumés, d'œufs de poissons et d'autres mets hyperboréens dont j'ignore ift nom, mais qui étaient très-savoureux.

Le 12 octobre, le capitaine Fremont arriva à San Francisco avec une troupe de volontaires pour marcher avec le commodore Stockton contre les insurgés de Los Angeles. J'avais ofiert déjà précédemment mes services à M. Stockton, je renouvelai ma proposition, car bien que je ne fusse dans ce pays qu'un simple voyageur, je me faisais un devoir de concourir à la défense du pavillon américain. Cette fois encore il me fut répondu que le nombre de soldats destinés à cette expédition était assez grand pour qu'il ne fAt pas nécessaire de l'augmenter.

dans une des lies que Vancouver nomma rarcbipel du Roi Georges. Elle a un bon port, un chantier de construction, une forteresse, mais ou n'y compte pas plus de douze cents haMlants.

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