I.es cùles du .Ia|)on sont riches en coraux rouges. Il
VOÏAr.E E> CHINE.
paraît, d'après une encyclopédie chinoise, que l'on trouve dans les montagnes de Iloa-clian, de l.u-linn> chang et de liin-lung*cliun , département de Soutchéou, province du Kiangsnu , une espèce de corail blanc qui est, dit-on, d'autant plus estimée qu'elle a été tirée d'un gisement plus élevé.
Le corail noir est le |>lus recherché dans le commerce ; mais le beau rouge est aussi fort demandé. Sa valeur est en raison de sa dimension, de sa dureté, de l'éclat de sa couleur, et, par conséquent, extrêmement variable. Le corail attaqué par les vei*s est considéré comme rebut.
Le prix des beaux coraux varie, è Canton, de -îO à ■I 00 piastres le picul, ou de 3 fr. GOc. à9 fr. le kilo.
Les ornements en corail sont, pour les Chinois, des emblèmes de puissance et d’autorité. Les boutons rouges que les mandarins de première et de deuxième dusse portent au haut de leur chapeaux, sont de cette substance.
La Chine expédie du corai! dans l'Inde. Mais on n’a pas de renseignements certains sur le chiiïrc de cette exportation.
Le droit de sortie est le même pour cet article que pour les deux précédents.
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IBTICLES d’eXPORTATIOA'.
C’ubébe.
Le Piper cubebu qui produil la graine de cubche^ csl une plante griinpanlc de Chine et de Java.
Ce cubèbe ressemble beaucoup au poivre. Il ost de .bonne qualité quand sa graine est grosse et lourde. Sun prix ordinaire est de à 20 piastres le picui ou de I fr. CO c. à J fr. 7o c. le kilo.
Il ne s'est exporté, en J844, de Canton, que jwur une valeur de l2o piastres de cet article, qui paye à la sortie un droit de \ taël 5 inèccs par picui, ou de ■18 fr. 00 c. par kilo.
CulYre en feiililee.
C'est un article que les Chinois emploient sous mille formes dilfércnics, dans leurs fêtes, dans leurs cérémonies, pour orner leurs temples, pour décorer leurs outels. Ces feuilles de clinquant sont souvent dentelées, écbancrées. taillées à jour, ornées de fleurs artifieiellcs, et maintenues au bout d'un léger manche en bois; elles se nommeul alors en mandarin kin-houa et en eantonais kam-fa.
Le débit de c&s feuilles est très-considérable; il y a
VOYAf.R KN f.HINK.
une rue clos fauboui't's de Canlon, dont toutes les boutiques sont remplies de ces ornements bizarres, qui se fabriquent dans la cité, en aplatissant du laiton à coups de marteau
Cet article valait, en ^8^^, î8 j)iastres le picul ou
4 fr. 50 c. le kilo.
Il s’expédie en caisses d’un picul à Singapour cl au Bengale où il est aussi très-rccbercbé comme ornement de pagode. Ce commerce est entre les mains des Parsis.
Canton a exporté, en 1844, 140 caisses de cuivre en feuilles, d’une valeur de 2,815 piastres. Mais l’exportation ordinaire en est évoluée à 400 caisses cl A 20,000 piastres.
Cet article est frappé d’un droit de sortie de I laél
5 mcces |)ar picul ou de 18 fr. 00 c. par kilo.
C'iirlosltën.
Il est impossible d’énumérer un à un les nombreux objets de curiosité, de luxe et de collection qui s'exportent de Canton. Celte ville est peut-être celle de toute la Chine où ces articles se trouvent en plus grande quantité cl se fabricjuenl avec le plus de perfection. Statuettes en bois, en pierre et en métal, vases de jade etde porcelaine , boites cl plalcaux de la(|uc, médailles et
lUi'icLKs ii ExroHnrio.N.
oniciiienU anliqiios, Innleriics aux formes bizarres, pancartes et tableaux fantasli(|ues , armes, bijoux, bronzes, minéraux curieux, collections d'insectes et de eo(|uillages, tout cela et mille autres coûteuses bagatelles SC rencontrent dans ces nombreux magasins d’objets d’art , dont cerlaines rues de Canton sont remplies, et qui sont pour l’étranger autant de musées, où il peut s’initier aux particularités les plus intéressantes de l’existence chinoise.
On ne saurait fixer d’une manière quelque peu certaine le ehilTre des exportations de ces articles, mais on suppose qu’il dépasse d 00,000 fr. par an.
Ia'S objets de simple curiosité ne payent point de droits à la sortie.
CcHllIe fie tortue.
I.a province du Kouang-toung produit des tortues. La Cbinc tire aussi des écailles de ces animaux des iles environnantes.
L’écaille de première qualité vaut, à Canton, de 5b0à 380 piastres le pieul, ou, on moyenne, 52 fr. 80c. le kilo; les qualités de rebut ne coûtent que 00 piastres le pieul.
Il se fabrique à Canton une quantité de petits objets
Digilized by Coogte
en écaille de lorlue, qui s'exporlenl dans les diverses parties du monde; mais on n'a pas non plus la moindre donnée précise sur le chiffre de celte exporlalion.
Ces articles sont frappes d’un droit de sortie de ^0 taëls parpicul, ou de 424 fr. par (00 kilos.
Encre de C'hine.
L’encre de Chine se présente en petits gâteaux de forme quadrangulairc ou ovale, ordinairement marqués de caractères et quelquefois ornés de peintures élégantes.
Elle se fabrique avec du noir de fumée et de la gomme, auxquels on ajoute souvent un peu de musc et diverses autres substances. Le noir de fumée employé dans cette fabrication, s'obtient en plaçant un dôme en métal au-dessus de la flamme d’une lampe, et en enlevant au bout d’un certain temps la légère couche de noir provenant de la fumée, qui se dépose sur les parois du dôme. La qualité de l’encre dépend, diton, de celle de l'huile de la lampe.
La meilleure encre est celle qui possède un certain poli, et dont la cassure est d'un noir brillant. Quand on la mouille et qu’on la frotte sur l’ongle, elle doit s’étendre sans laisser d’impuretés ni de sable, et répandre un parfum agréable. Elle doit aussi se délayer
ARTIOLKS l) KXPüRTAllOX.
promplcmcnt dans l’eau par le frotlemeiit, et y rester longtemps en suspension avant de se précipiter.
I.a meilleure enere de Chine est celle de Hoéï-teliéou, province deNganouai. La plupart des villages de la localité sont peuplés d’ouvriers qui fabriquent cette encre, et de marchands qui la vendent. Elle se fait remarquer par les jolies peintures de fleurs et d'animaux dont elle ornée. C’est à Hoéi-tchéou que les marchands de Nankin se procurent toute l’encre qu’ils débitent sous le nom d’encre de Nankin.
On trouve sur le marché de Canton trois qualités d’encrc : la première, venant de Nankin, coûte ^ piastre 2oc. le catty, ou H fr. 35 c. le kilo; la seconde, fabriquée à Canton, vaut 90 c. le catty ou 8 fr. c. le kilo; la troisième, 70c. le catty ou 6 fr. 33 c. le kilo.
On ne connaît pas le chiffre de l’exportation de l’encre de Chine. Cet article ne paye point de droit de sortie.
Évrntall* et ëeraiie.
Les Chinois et surtout les Cantonais fabriquent une grande variété d’éventails, les uns à montures en laque et à plis en papier ou en soie , avec figures en os et en ivoire incrustées; les autres en écaille, en argent ou en
VOV40K K.N CHINE.
ivoire ciselé; il'aiilres, cnliii, simplcmenl en hninhoii cl en |)aj)ier. Fleurs écrans sont lanlôlcn papier recoiivcrl (le soie, lantéit en soie seuleinenl, tantôt en plumes hiandies ou en plumes d’argus. Les premiers, de iorme arrondie, hexagone ou oelogone, sont ornés de peintures grotesques et de [lelils honsliommes en ivoire incrusté; les écrans à plumes blanches, taillés en cœur ou en triangle, sont ordinairement aussi enrichis de quelques peintures de ileurs et d’oiseaux.
Les prix de ces divers articles sont aussi variables que leurs formes.
Il s’est exporté, en -ISdü, de Canton, 55,Gî)8 kilog. d’éventails et d’écrans d’une valeur de 5l8,fi57 fr. I>a moitié, à peu près, de celle exportation était à la destination de rAméri(|ue, et l’autre moitié, à celle de r.Mlemagne.
Les éventails et écrans en papier sont soumis à un droit de sortie de 5 mèecs par picul ou de 0 fr. 20 c. par 100 kilos. I^es écrans en plume payent I taél par picul ou 12 fr. -{Oc. les 100 kilos.
CSnlniiKn.
On donne ce nom en anglais nia rneinc d’une plante (|ui croit dans les provinces du Kouang-loung cl du Fo-kien , et (pie les (Chinois appellent liany-kiang . I^e gu-
AKTICLKS I» EXronTATlO.N.
liiii{»a csl employé comme assnisoinicniciil. Son prix iloUait, en IS'io, cuire 1 1/2 el2 5/5 piastres le piciil. Il s’eii expéiiie dans l’Inde.
On en a exporté, en 1815. de Canton, 5 5,275 kilos d’une valeur de 8, -505 fr.
Cel article est tarifé à ^ nièce le picul ou t fr. 25 e. les 100 kilos.
a uinme-Kiil tr .
Cette gomme est produite par le (larcinia cambogia, arlire qui, comme son nom rin(li(|uc, croit dans le Camboge, ainsi qu’en Cbine, en Coeliinehiiie et à Siam. Celte substance est employée en j»einlureet en médecine. On s’en sert aussi comme d'assaisonnement.
La gomme-gutte de première qualité vaut 80 piastres le picul ; celle de second choix n’en vaut que -50.
Celle substance se nomme lang-houang en chinois.
On ne connait pas le chiffre de son exportation.
La gomme-gutte est soumise à un droit de sortie de 2 taëls |>ar picul ou de 25 fr. 80 c. pur 100 kilos.
lllii-Iiou ou toile de CIiIbip.
l.es Chinois donnent le nom de hia-pou ou de tissu
220 VOÏiGi; E> CH IM..
d’élé, et les Anf^lais celui de grass-cloth, à un tissu qui rem|)locc nos toiles de clianvre et de lin pour les habitants du Célestc-Kmpii’c.
Nous avons cru devoir conserver à ce curieux tissu sa dénomination chinoise, car celle que lui ont donnée les Anglais est impropre et inexacte : il n’est point fabriqué avec derherhe; voilà ce qui est certain aujourd’hui. Mais dans quelle famille ranger la plante ou plutôt les plantes textiles qui fournissent le fil duhia-pou? I.Æ commence la difficulté.
Quand ou demande aux Chinois le nom de la plante employée à faire le hin-poii, ils vous répondent que c’est le ma, et ils ont raison, car le signe ou caractère ma se retrouve, allié il est vrai, à d’autres signes, dans les noms d’un grand nombre de plantes textiles.
Morrison , dans son Dictionnaire chinois, traduit ma par hmp ou chanvre, et dit que le ma est une plante dont le fil est employé à faire des toiles, et dont la graine se mange.
I..a même signification est attribuée au mot ma dans les dictionnaires de Thaberd de Medhurst.
On lit dans la ehrestomalhie chinoise :
« I.C chanvre (en chinois u-ma) est de deux qualités : l’une fine, l’autre grossière; la première se tisse en diverses sortes de grass-cloths; la seconde sert à faire des cordes. »
I.Æ docteur Abel, membre de l’ambassade de lord Macartnev, rapporte que les Chinois fabrii|uent des
ARTIf.l.F.S d'exportation. •
tissus avec la fihrc d'une ortie desséchée, aussi bien qu’avec les rilamenls du chanvre.
Quelques botunislcs afGrinenl que ce sont des plantes delà famille des «<V/a, qui fournissent aux Chinois les fils employés à In confection du hia-pou.
Il parait, d'après le diclionnairc de Kanirhi, qu'une variété de tno lexlile, nommée aou-ma, croit dons les terrains humides ou marécageux. D'après ce même dictionnaire, une autrè variété, connue sous le nom de tin-ma ou de lioang-ma , et ayant- des feuilles semblables à celles de l’oignon , se rencontrerait sur les montagnes, et fournirait deux sortes de lilamcnls, dont les plus grossiers seraient employés à faire des cordes, et les plus lins à confectionner des vêtements de deuil pour le peuple, et des sacs de riz. Cet ouvrage dit aussi que le hoang-ma de King-tchéou, département de Hokien-fou, province du Pe-tchi-li, sert à fabriquer des tissus très-fins destinés à l’empereur.
D’après le Poun-(sao, le fa-ma-yen serait le ma dont on fait des tissus.
Enfin, M. Manuel Blanco, auteur d’un excellent ouvrage, la Floredes Philippines, assure que lema dontles Chinois font leurs tissus d’été, n’est autre que \'l rlica nivea, plante employée au même usage dans le nord de file de Luçon et aux lies Balanes^
Que conclure de ces opinions si contradictoires émises sur la nature du hia-pou? Un fait qui nous semble tout d’abord en ressortir, c’est que ce n’csl point avec
VOYACi; !•> CIIINT..
une seule et même j)l;in(c que les Chinois fal)nquenl leurs nombreuses variélés Je lis.sns d’élé. Quanlii énumérer les divers liliimenls que leur industrie met en univro pour eol usage, il ne sera sans doute possible de le faire (pic lorsque l'intérieur de la Chine ne sera plus fermé aux étrangers. Des renseignements les plus certains qu’il a été en notre jmuvoir de nous procurer, il nous parait cependant résulter que la plante employée pour la fabrication des qualités supérieures do hia poit vendues sur le. marelié de Canton, est bien l urtica nivea. Sa tige est droite et s’élève ordinairement à la hauteur d’un mètre et demi. Ses feuilles ont un peu de la forme et de la couleur de celles des grosses orties; leurs bords sont fortement dentelés. Vers le sommet de la plante on remarque une quantité degrap|K*s attenantes à la tige, et (|ui portent des graines.
Il parait <pie celle plante se rencontre en grande abondance dans le Kiang-si, à l’ilc Formose, dans certaines parties du Kouang-loung, ainsi qu'aux environs de Tien-tsin , et dans les plaines voisines du IVi-bo.
Les environs do Tehao-hou-fou, dans le Fo-kien, le département de Sin-lcbéou-fou, dans leKouang-si, celui de Tong-lcbuen-fou, dans le Sé-tebuen, et diverse.s parties du ivoueï-tebéou et du Ilou-kouang, produisent également des plantes textiles dont l'industrie chinoise tire un grand parti.
AnricUEs D KxronTATiON.
A Sin-IioiuVIiien, province ilii Kotiang-lotinjr, il se fal)ri(jno des élolfes de ma li es-fiiies. iinminées sin(/-nia ou pcï-mo.
Los (|iialilés {grossières, jwiir vêlements de luiivrcs, sacs cl inonsli(juaircs, nommées lo ma on liouaag nm, SC font à Hian{j-lclian, dans la même province.
Il parait (jiie les fabricants du Kouan{j-loim{j tirent du Sé-lcliucn de fortes cinanlilés de lilamenls de ma bruts, destinés à la confection des tissus lins, pour lesquels la fdjre des plantes textiles de la localité est trop {jrossière.
Au dire de plusieurs Cbinois de (".anlon, une seule et même plante dénia fournit trois qualités de lilamenls bien distinctes. La première provient de l envcloppe extérieure de la li'jo, la seconde d’un deuxième têjjument, et la troisième d’une dernière fibre après laquelle on ne trouve plus que du bois. A mesure que l’on avance dans l’intérieur de la lifje, la fibre devient plns{;rossière.
I.e prix des filaments de nia en gros brins est de 10 à IG piastres le picul. Pour les préparer au lissajfc, on a riiabilude de les tremper dans de l’eau, puis des femmes se mettent à diviser les brins en fils plus ou moins épais , qu’elles ruissenl par les bouts, en les tordant avec les doi(jts, et en les enroulant autour d’une ba{;uclte de bambou. Les fils de ma ne se vendent pas au poids, mais à réebeveau. Un écbeveau de fil de premicrequalité a environ 085 mèl. delnn{jucur, et coûte I fr. •’î.H e. Le même fil sert pour ebaine et
VOYAOE F.N CHINE.
pour Irame. Ou fabrique quelquefois des mélangées de ma el de coton, en prenant ce dernier pour la trame.
Occupons-nous maintenant du tissu de ma ou hiapou, qui fait l’objet de cet article.
Le hia-pou que l’on rencontre sur le marebé de Canton , peut se diviser en deux grandes classes , dont chacune renferme bon nombre de variétés différentes. Ces deux classes sont le liia-pon écru ou tsing-cha-pou, et le A/a/iou blanchi ou peï-ma-pou. La dénomination [générale de hta-pou ou de tissu d’été, s’appliquer d'ailleurs indifféremment à ces deux sortes , comme à toutes les étoffes , sauf celles de soie , de coton et de laine , employées comme vêtements d’été.
Nous avons eu sous les yeux quinze qualités de hiapou écru , en pièces de 45 cent, de large et de 5G mèl. 55 cent, de long.
Lt 1" qualité vaut 18 pioslru, 97 fr. 7â c. la pièce, et 2 fr. 07 le mètre. 2* — 17 —
5* — 14 — . - . . poids, 42 taëlii.
yr — 10 —
Kl- — 6 —
14» — 5 — .... poids, 92 taéli.
1 5» — 4 — et 59 centimes le mètre.
Digilized by Ci
inTU'-UFS II FAl’Oirr vTIO.N.
Tnc (leniièie (|iinlilt\ Irès-lqièro, l'csseiuliiniil à du canevas, cl loiijiue de 27 iiiél. ;iÜ cciU., sc vend au bas prix de 1 piastre 10 e. la pièce.
Il ne SC débile point de hia-pou écru en grandes lai/es.
On trouve à Canton seize qualités bien distinctes de hia-pou blancbi , de AA cent, de large et de 5G inèl. îj.’) cent, de long.
La !•'
vaut piastres la pièce
du poids de 27 tat-ls.
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