COUP D’OEIL SI R LE COMMERCE GÊNERAI. DE LA CJUNE
Mouvement commercial de Hong-Kong. — Avenir do celle colonie. — Commerce de .Mac.10. — Commerce des Russes à Klakia. — Commerce total de la Chine avec l’étranger, en ISCi. — Commerce intérieur de la Chine. — Commerce de cel empire avec les contrées environnantes.
Mainlennnt que nous avons pasbé on revue le commerce de Canton et des t|uatre ports du nord , il nous reste à jeter un coup-d’neii sur celui de Ilong-kong, de Macao et de Kiakta , aûn de compléter l'examen des relations mercantiles de la Chine avec les autres pays.
Voici quelques renseignements sur le mouvement commercial de Hong-kong, dont nous sommes redevable à robligcancC de M. le docteur Gutzlalf, secrétaireinterprète de la cülonic.
Les points de la côte de Chine les plus voisins de Ilong-kong, tels que Canton, Pouan-yu, Toung-koiian,
rOMMEBCR GÉNÉRAI. DF. LA CniNF..
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Nan-lnot) , Kiang-momi , Tcliionj-lchaou , oiivoiont cliaqiie mois, à Vicloria, nue soixaiilaine de gros bateaux mnrciiands , qui y apportent les vivres nécessaires aux linbitants, et qui s’en retournent avec un petit clinrgement de long-clolhs et d’autres produits de l’industrie européenne.
Hong-kong reçoit ciiacpic mois de ^2à ^ 8 cent mille kilog. de sel, par les petites jonques de Ilaï-Iiong, de Koucï-tclien et de Taï-tcliou, qui y vendent cette denrée aux marebands de Pouan-yu.
Nous avons déjà dit que le sel constituait un monopole très-lucratif pour le gouvernement, et qu’il donnait lieu , depuis quelque temps , à une contrebande des plus actives. Les jon(|ucs qui l’apportent à Ilong-koug, prennent en retour de r(q>iuni et d’autres articles, qui se débitent dans les boutiques de la ville de Victoria,
Quelques bateaux ebiuois exportent chaque mois de Hong-kong pour l'iie d’Haï-nan et pourTièn-pak , une certaine quantité d’opium et de tissus de colon et de laine.
L’iledeFormose fournit du camplire, et Tchaou-an, de l’alun, à llong-koug.
"Les seuls ports (jui y envoient des jonques vides, sont Kit-yéo et Ilaï-yéo; ils s’y appro\isionuent d’opium et de quelques tissus de coton. Ce commerce se fait avec un grand mystère.
I.c commerce d’escale est celui qui a le plus d’importance à Houg-koug.
VOYIGF. EN CHINE.
Une li'cntainc de jonques faisant roule des ports méridionaux du lu Cliine pour Tiün-Uin, Chang-haï et ÎSing-po, touchent chaque mois à celle Ile, et il est rare qu'elles n'y complètent pas leur cargaison d'une certaine quantité de marchandises européennes destinées à des ports fermés aux navires étrangers.
Il est entré, en -I84 i, dans le porlde Victoria, -1 ,54G navires et hatcaux, jaugeant 187,'! 25 tonneaux, et, en 4845, 4 ,054 , dont 720 bateaux à sel et 554 jonques ; le tout jaugeant 487,240 tonneaux.
Hong-kong a été visité, en 4845, par 40 bateaux de Chang-haï, jaugeant 40,654 tonneaux et chargés de soieries , d’alun et de gypse ; par 14 jonques d’Amoy, de 2,880 tonneaux, apportant du sucre , du camphre et de l'argent ; par 720 bateaux à sel, de 20,000 tonneaux.
Il est sorti de ce port, pendant la même année, 50 bateaux de 9,649 tonneaux, chargés d'opium ; 26 embarcalions de 6,906 tonneaux, faisant voile pour Changhaï, cl 42, de 2,457 tonneaux, pour Amoy, avec, des marchandises anglaises. Les bateaux à set, sortis de Hong-kong, jaugeaient 48,000 tonneaux.
M. GutzIalF évalue à 100,000 le nombre des pièces àe long-clolks (calicots anglais) exportées, en 4 845, de Hong-kong pour la c»')lé orientale de Chine. La vente de l’opium a été fort considérable; mais on ne saurait en préciser le chilfre.
La colonie comptait, en 4845, 24 maisons de coni-
r.oMMr.nci- ci':nkr\i, df, c.iiinf.
morce eiiropéonnes, doiU 2 américaines, 1 danoise et tontes les autres anglaises.
On sait que Honjj-kong a été déclaré port Iranc en passant sous la domination britannique.
Cet île n’est ni assez peuplée, ni assez fertile, ni assez convenablement située, pour pouvoir devenir un marché important, aussi longtemps que Canton et les quatre ports du nord seront ouverts aux naviresét rangers. Ce ne serait queduns locasd’une nouvelle collision entre l’Angleterre et la Chine, que l’on verrait sans doute cette possession britannique se changer en un entrepôt considérable. Aujourd'hui elle n’est, en quelque sorte, que la sauve- garde des négociants européens établis en Chine, un lieu de refuge en cas de guerre, et un établissement militaire formidable , qui rend indirectement les plus grands services au commerce anglais , on tenant sans cesse en respect le gouvernement chinois. La rapide et heureuse expédition, dirigée récemment par sir Francis Davis , gouverneur de 1a colonie, contre les forts de In rivière de Canton, prouve l’immense utilité de Hongkong pour la Grande-Bretagne, qui , sans ce point d’appui , verrait sans cesse son commerce de China soumis aux caprices du gouvernement local.
La décadence de Macao était une des causes des espérances exagérées que les Anglais avaient conçues, dans les premiers temps de leur colonie chinoise. L'n système de douanes déplorable, une administration inintelligente ont, en effet, contribué à dépr)uiller peu
VOYAdK KN CHINE. — T. III. Î1
n peu Macao des nombreux avantages que lui donnait sa magnilique position , et l'on a vu les nombreuses familles anglaises et américaines, fixées jadis dans cette ville, In déserter , pour aller s'établir à Victoria et ù Tan ton.
Mais le gouvernement portugais |>arait être enfin revenu de ses erreurs; en ouvrant le port intérieur de Macao aux navires de toutes les nations, et en supprimant des droits de douane ridiculement exagérés, il a clierclié à réparer, autant qu'il était en son pouvoir, les funestes résultats de l'ancienne législation.
Je n’ai pu me procurer, pendant mon séjour en Chine, l’état officiel des valeurs des importations et exportations de Macao. Voici les quantités des princij)aux articles déchargés dans le port intérieur de cette ville, en -I8IÔ:
.\cier
tiCiO picttli
Arec , . . . ^ .
an, 062
Ailerons tic reqiiiii'i.
c,oaa
Kstumars dr .
voo
(’oton
Indiço
Kinîi». . . .
Camplire
Colle
Cuirit
Cloifs de girofle.
NaUf.fi
(Vr
' l.f pii’ul — fiO Allô» i5-
COMMERCE CiÉNÉRiL DE I.A Cin?(F..
Bière
22,104 bouteille
ICaii'dovie
Vin
Liqueurs diverses. .
Ivoire
100 piculs.
Nids <rhiri)tidclles. . . .
Or en pondre et travaillé.
3,010 tafis.
Piastres neuves
74,813 pièces.
Poivre
1 1,773 piruls.
Tonneaux de vin.
3,562 pièces.
Id. d'eau-de-vie..
Id. de bière. .
Rotins
23,;>02 piculs.
Bois de sandal
I^i^ de sapin. ....
I.e lolal des droits perçus à la douane de Macao sur les importations de 184.>, s’est élevé à C06,C58 fr.
Le commerce de la Russie avec la Chine, se fait, comme nous l’avons dit au commencement de ce volume, par Kiakta, ville située dans le {joiivernemenl d’irkoutbk, à l’extrémité de la Sibérie orientale, et sur la frontière septentrionale de la Chine. C’est une jolie petite ville d’environ 500 maisons et de 4000 habitants. A peu de distance de Kiakta, mais de l’outre c«')té do la frontière, se trouve la ville chinoise de Maïmatchin, nommée l’ancienne kiakta, et qui est le véritalile siéffe du commerce. Il n'est permis à aucun oflicier et è aucun clranfjer d’y passer la nuit. On y rencontre de vastes ma(jasins et une cinquantaine d’habitations de néjrociants chinois.
Les Chinois transportent leurs marchandises à Kiakta
à <los (lo chameaux. Le commei'ce dure depuis le mois de janvier jusqu'au mois de mars. Les |)riiicipaux arlieles d im|iorlalion des Jlusses sont les tissus de laine et les fourrures, qu'ils échangent contre du thé. L’introduction de l'opium en Chine est sévèrement interdite par le gouvernement moscovite.
Les Hus>es payent 25 p. 100 de droit sur les lourrures et 20 seulement sur les autres articles. Il parait <|iie la eonlrohaiidc est assez active. Le commerce de Kiakta se fait exelusivement par échanges.
('.'est dans la ville russe que les Chinois viennent choisir les marchandises dont ils ont besoin. Llles sont marquées d’un sceau en leur présence. Les Russes, de leur côté, se rendent à Maïmatchin, pour acheter leurs thés. Outre les pelleteries et les draps, ils importent encore des toiles de coton et de lin, des velours, du verre, des métaux et des come.stihles. Ils achètent, indé- |)enduininent du thé, de la porcelaine, du coton, des meuhles, des cannes , des matières tinctoriales, des peaux de tigres, du riz, du tabac, de la rhubarbe et du musc. Le commerce de Kiakta procure aux Russes un facile déhouché pour des articles dont le transport de Sibérie en Kurope serait fort dispendieux. Il leur donne, en outre, les thés à bien meilleur marché qu’ils ne pourraient les tirer d’Europe. Par contre, la marine marchande russe se trouve exclue du port de Canton en vertu d’un traité particulier.
OOMMEBCE GÉNÉBAE DE l.i CHINE.
■ Voici le délnil des principales marchandises écliangces par les Russes à Kiakta en ^843 :
’ Mezeritskv
pièces.
Draps.
Mas|.,ir.
l Kaniovoy
Camelots.
Hussein
Hollandais.
ni’cliines
^ Trhesluivk.a
Tissus (le liii.
^ Cüutil
( Kanuvat
Velvétiiies
ou velours de coton. • •
' de citévre